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Cinéma. Films à développer
Sortie. La hayha est de retour !
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N° 264
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Une scène de El Ejido, la loi
du profit, de Jawad Rhalib.
(DR)

FESPACO. Le score marocain

El Ejido, au sud de l’Espagne, dix-sept mille hectares de serres, et des milliers de travailleurs immigrés, arrivés de toute l’Afrique à la recherche d’un eldorado pour finir esclaves d’un libéralisme inhumain. Dans le lot, un groupe de Maghrébins se laisse accompagner par la caméra du documentariste Jawad Rhalib dans El Ejido, la loi du profit. “Des cochons, qui ne savent ni lire ni écrire, c’est comme ça que les exploitants espagnols en parlent”, rapporte le réalisateur, récompensé la semaine dernière par le prix du meilleur documentaire au Fespaco 2007 (Festival panafricain de la télévision et du cinéma de
Ouagadougou). Premier de trois lauréats marocains à cette 20ème édition du festival burkinabé, à côté de Mohamed Ahed Bensouda, reparti avec le Poulain de bronze de Yennenga pour son court R’da et Mourad Boucif, prix spécial côté Doc pour La couleur du sacrifice - souvenez-vous, le documentaire-plaidoyer pour les anciens combattants sorti simultanément, mais discrètement, avec les “Indigènes” de Rachid Bouchareb. Un docu qui ne trouvera probablement jamais sa place sur nos écrans. Pas plus que l’El Ejido de Rhalib, lui-même auteur d’une dizaine d’autres beaux documentaires, mais totalement inconnus de nos festivals… Rien d’irrémédiable, toutefois, si le cœur y est. Preuve en est que l’auteur de “R’da”, Mohamed A. Bensouda vient tout juste d’obtenir l’avance sur recette du fonds d’aide pour un premier long-métrage : Histoire d’un lutteur Mchaouchi.


Sortie. La reine et le vizir

Stephen Frears a réalisé le film british de l’année. Froid et cynique comme le portrait qu’il brosse d’Elisabeth II. à la mort de la princesse Diana, le pays entier est plongé dans le deuil. Seule la reine est imperturbable. Elle veut à tout prix éviter des funérailles publiques. Le prince Charles, lui, est tout juste un gentil gars, à la personnalité quasi effacée, impuissant devant sa mère. C’est Tony Blair, fraîchement élu premier ministre qui amène la reine à accepter l’évidence : la voix du peuple doit être entendue. Et en homme d’Etat digne, il rend un hommage posthume à la défunte Lady Di. Stephen Frears a ingénieusement résumé le règne d’Elisabeth II ces dernières années. Les rôles sont clairement distribués. Et la reine en a perdu… au bénéfice de son premier ministre. Lequel se retrouve accusé de “sur-royalisme” coupable quelque temps plus tard par sa propre femme…Il n’y a pas de gentils dans la politique.

The Queen, au Megarama de Casablanca.



Concert. Duo Raï Mi Fa Sol

On l’a beaucoup aimé chanteur, un peu moins en mari violent, et voilà que le roi du raï (et des baffes) nous revient pour un concert en duo avec la non moins star libanaise Amal Hijazi. L’ex-mannequin a jeté son dévolu -musicalement parlant- sur le King version Maghreb après avoir poussé la chansonnette avec son homologue Faudel, petit prince de son état. Organisateur de l’évènement, LG ne s’y est pas trompée en surfant sur la vague des duos et la montée en flèche des stars libanaises. Le but de l’évènement, on s’en serait douté, est de promouvoir la marque à travers le Maghreb. Mission accomplie.

Le 10 mars, au complexe Mohammed V à Casablanca.



Festival. On se moque du rire

On ne sait pas ce qui risque d’être le plus drôle lors de la 4ème édition du Festival International du Rire de Casablanca. Annoncé comme principale – et unique – tête d’affiche, et à une semaine du Jour J, Hassan El Fad n’a toujours pas confirmé sa présence. Ceci n’a pas fait perdre son sens de l’humour à l’organisateur de l’évènement, Lotfi Barjey. Interrogé sur la pertinence de programmer des films sans rapport avec l’humour - El Harraga ou Ouarzazate movie projetés dans le cadre du ciné-débat du festival- celui-ci argue qu’il s’agit “d’humour noir”. Probablement plus drôle, une table ronde consacrée à la sitcom au Maroc regroupera des spécialistes du rire s’il en est. Pour l’aspect international du festival, spectacle russe en perspective. On a craint le pire un moment, mais il s’agit de mime ne nécessitant pas la présence d’un traducteur. Enfin, la présence de Hoba Hoba Spirit (encore chanteurs aux dernières nouvelles), viendra s’ajouter à ce chaos… hilarant !

Du 13 au 17 mars à Casablanca.



Peinture. Des toiles chez le toubibs

“Ce n’est pas une galerie traditionnelle, mais un lieu offert aux artistes”, tient-elle à préciser. Et on ne va pas la contredire. Pédiatre de son métier et férue d’art à ses heures perdues, Leïla Tazi a trouvé le moyen de joindre l’utile à l’agréable. Désormais, son cabinet fera également office de salle d’exposition. Baptisé Souffle - il accueille aussi un centre de rééducation pour enfants asthmatiques -, l’espace répond à cette conception de la santé : l’expression de soi et la découverte artistique. Tiré par les cheveux ? Imaginatif serait plus juste. Pour son exposition inaugurale, la galerie exposera donc les derniers travaux de Hassan Bourquia. Un “cas” de la peinture abstraite marocaine. Les initiés ne le savent que trop bien, Bourquia n’utilise pas de peinture dans ses toiles… Collages de terres de différentes teintes, mêlées à la cendre ou au fer, ses tableaux n’aiment que la matière “parlante”. Comme cette terre de Tolède, en Andalousie, “où coexistaient pacifiquement les trois religions”, ou les cendres du souk hebdomadaire de Béni Mellal, entièrement détruit par le feu voici quelques années ….Thérapeutique !

Vernissage mardi 13 mars à partir de 19h, Espace Souffle, Résidence Yasmine, 45 bd. Ghandi, Casablanca.



Vidéo. Les dimensions du corps

Danse contemporaine, vidéo, théâtre et musique électronique, les quatre disciplines feront bon ménage durant le festival international d’art vidéo de Casablanca. Axée autour du “corps dans la création contemporaine”, cette 14ème édition rendra hommage au poetronic (poète du son et de l’image) Gianni Poti, un ancien client du festival. Deux têtes d’affiche du genre sont également attendues. La troupe espagnole Konic Thtr qui mêle technologie interactive, musique, danse et théâtre, et la compagnie française des Mulleras. Leur spectacle, “96 détails”, est un autre mix entre danse contemporaine et multimédia. Toute une movida de création alternative ailleurs. La participation marocaine, elle, se limitera aux expériences des étudiants de l’école des beaux arts, des deux facultés de Ben Msik et Mohammedia et de Art’Com.

Du 19 au 24 mars à l’IF de Casablanca, l’Institut Cervantes, et le complexe My Rchid de Casa.



Cinéma. Les amateurs se font des films

Ya pas que les paillettes et le 35 mm dans la vie ! Comme le clame l’équipe du cinéclub de Settat, l’heure est venue d’être reconnu pour le cinéma amateur qui, depuis quelques années et grâce à la révolution numérique, a pu s’ouvrir aux masses. Et pas question de rester dans la poussière des archives familiales. Dans un mois aura lieu à Settat le premier Festival national du film d’amateur, avec une brassée d’objectifs : de la doc pour tout le monde, des tables rondes et ateliers de formation (scénario, tournage, montage numérique), la participation à la production de quelques films, la création d’opportunités pour plus de projections, la consécration des meilleurs films parmi la trentaine en compétition.

Du 4 au 7 avril 2007.
Infos : Damir Yaqouti
Tél. 067 26 01 41
et email : septiemart_settat@yahoo.fr



Khmissa. 5 femmes et 10 bougies

Khmissa Lesieur-Cristal, l’événement annuel dédié aux femmes et organisé par les Editions Lilas, fête cette année son 10ème anniversaire. Une édition qui apporte sa touche de nouveauté, avec l’introduction de deux nouvelles catégories de récompense, “Administration et Secteur Public” et “Sciences, recherche et développement”, qui s’ajoutent aux trois catégories existantes, “Action sociale et humanitaire”, “Art et culture” et enfin “Sport”. Rappelons que pour chaque catégorie, l’heureuse élue est sélectionnée par le vote du public via Internet ou par l’envoi de SMS ou de courrier. La soirée de remise des prix se tient ce samedi 10 mars au Palais des congrès de Marrakech, avec la présence d’un plateau artistique plutôt relevé, comprenant entre autres Marwan El Khoury et Rajae Benlemlih.


Prix. Bruxelles-Tanger... à pied

Dramatique, émouvant, poétique, révélateur, pédagogique : ce sont les mots qui ont convaincu le ministère de la Jeunesse et de la Culture belge de remettre, jeudi 1er mars, le 1er Prix Jeunesse et Education permanente 2007 (2500 euros) à l’association Interpôle – Le Chant des rues pour la réalisation du livre Bruxelles-Tanger, enfants des rues, co-édité par Biliki. 190 pages, tissées d’ateliers d’écriture de jeunes Bruxellois et Tangérois, d’interviews d’acteurs associatifs de la ville du Détroit, plus un DVD sur l’échange culturel de décembre 2005 et un CD relatant seize récits d’enfants des rues, entre souffrances et espoirs.

Disponible en librairies, sur www.rezolibre.com
et aux associations de Bruxelles et Tanger.



Le livre.

Le livre restitue deux interventions, données en 2002 à l'Institut du monde arabe, par Jean Baudrillard et Edgar Morin qui s'interrogeaient en sociologues sur le sens à donner aux attentats du 11 septembre. Baudrillard - qui nous a quittés cette semaine - voyait dans la terreur une forme d'action sans fin politique ou historique, mais non dénuée de cause. La violence symbolique de la chute des deux tours serait seule capable d'ébranler le système, sa puissance et son arrogance. Edgar Morin replace, lui, l'évènement dans une perspective historique et y lit un des symptômes de la perte de foi dans le progrès, tendance lourde du XXème siècle. Le futur serait-il alors vain ? Rien de moins sûr, car la force des civilisations réside dans leur capacité à se métamorphoser.

Jean Baudrillard et Edgar Morin, La violence du monde, Éditions du Félin.




Humeur.
Gimme five !

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Pour la naissance de Lalla Khadija, la télé a diffusé les réactions des Marocains de la rue. Au milieu de vœux de bonheur ponctués de Sidna, un message de félicitation d’un Marocain de l’étranger : “Sérieux, ça fait trop plaisir !”. Contrairement aux amateurs de fontaines publiques, panel de témoins préféré des chaînes nationales, ce jeune homme ignore les règles du protocole. Il a grandi en démocratie. Arrivé dans les années 60 en France, le père du jeune homme était classifié TME, Travailleur marocain à l’étranger. Pour Hassan II, c’était le temps bénit des forçats besogneux qui ne revendiquaient rien. Un beau jour, en haut lieu, on a considéré que TME était devenu obsolète. Cela faisait trop zoufri en proie à la frustration sexuelle pour cause de repos du guerrier laissé au pays. Par la grâce d’un changement administratif, le TME gravissait un à un les échelons de l’évolution. Il devenait RME (Résident marocain à l’étranger), puis MRE (Marocain résidant à l’étranger). Prononcé, ça donnait rmeuh ou mreuh, comme le nom d’une peuplade perdue, revenant en pèlerinage au Maroc avec plein de cadeaux bon marché pour la famille. Un autre beau jour, le MRE a débarqué en Mercedes SL sans porte-bagages, avec un regard exotique sur son pays d’origine. On a songé alors à l’appeler Marocain du Monde. Mais MDM faisait trop magazine déco. Il est devenu CME, citoyen marocain (résidant) à l’étranger, son nouveau patronyme depuis que Mohammed VI lui a accordé le droit de vote. Sans malice aucune, il lâche des “mabrouk lbniya” au roi comme s’il s’adressait à un pote. Pour un peu même, il tapait sur l’épaule du papa au lieu de la lui embrasser. Un jour, c’est inéluctable, il balancera à M6 un gimme five...



Fusion à la Casablancaise
Percu africaine, las Palmas flamenco, guitares rock, et des jeux de scène hors norme, ce sont El Bicho. Les fusionneurs espagnols rejoignent les Darga nationaux le temps d’un concert. Le 1er avril au Stade de la Casablancaise à Casa.


Attendant le 2ème Mazagan
Après Dakhla ce week-end même, les Mazagan embarquent leur Tradition qui coule, le 23 mars, au complexe Houria de Fès pour un petit exercice d’échauffement en préparation du rush festivalier. Le temps aussi de trouver de l’inspiration pour un second album… qui traîne !


Un week-end aux Habous
Petite agitation en perspective ce week-end au quartier Habous de Casablanca. Un café littéraire, des projections de films, un défilé de costumes traditionnels antiques, un triple atelier luth, zellige et calligraphie et une soirée musicale à l’Office des changes pour la clôture. Le tout au parfum de l’Andalousie.

 
 
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