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N° 264
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Un nouveau produit vient de
naître sur la place casablancaise.
(DR)

Bourse. Les produits dérivés arrivent

Une première au Maroc… et même sur les places financières arabes. BMCE Capital vient de lancer les options sur actions. Communément appelée l’option Call, ce produit financier permet d’anticiper l’évolution du cours du titre en achetant le droit d’acquérir une action à un prix et une date fixés à l’avance. L’acheteur bénéficie de ce droit moyennant le paiement d’une simple prime. Les options ont donc l’avantage de permettre aux investisseurs d’avoir un fort effet de levier sans mise de fonds importante. En d’autres termes, l’investisseur peut ne pas disposer, au jour de l’achat de cette option, de la somme totale requise
pour acquérir le sous-jacent (c’est-à-dire les actions). Ces produits dits dérivés sont à l’origine du développement des places boursières internationales. Même la société gestionnaire de Casablanca a mené plusieurs études pour la création d’un compartiment dédié à ce type de produits. Dans un business-plan établi il y a quelques années, le conseil de la SBVC avait même annoncé que ce compartiment devait être crée au dernier trimestre 2006. Mais visiblement, seule la filiale du groupe BMCE s’est préparée sérieusement pour cette échéance. Elle vient d’avoir le feu vert des autorités de tutelle pour commercialiser ses produits auprès de sa clientèle. Pour l’heure, BMCE Capital se limite à lancer des options de type “europeans plain vanilla” sur des actions cotées à la Bourse de Casablanca d’une maturité maximale de 6 mois. Ces produits sont actuellement destinés exclusivement aux résidents marocains mais la banque d’affaires envisage d’élargir sa cible aux investisseurs internationaux mais aussi d’enrichir sa gamme pour offrir des options sur panier d’actions, voire sur indice.


Privatisation. Drapor devient gabonaise

La société de dragage des ports, Drapor (jusque-là détenue par la Sodep) vient de passer dans le giron de la société Satram (société d’acconage, de transport et de manutention). La société gabonaise dotée d’un capital de 550 millions de francs CFA, opère depuis une vingtaine d’années dans le domaine des services portuaires. Elle est dirigée par un richissime homme d’affaires marocain, Lahcen Jakhoukh, installé au Gabon depuis 1973 et qui est le président actuel de l’Amicale des Marocains résidant au Gabon. L’offre de Satram, la mieux disante des treize prétendants, s’élève à 327,6 millions de dirhams, soit 17% de plus que le prix minimum de 280 millions de dirhams initialement budgétisé. La cession de Drapor est la première opération de privatisation de l’année budgétaire qui table sur des recettes de 4,5 milliards de dirhams pour les opérations de transfert au privé.


Industrie. Sinfa devient américaine

La société américaine Clarcor vient d’acquérir 80% du capital de la société marocaine Sinfa appartenant à la famille Moamah. Le spécialiste de la filtration industrielle implanté à Franklin – Etat du Tennessee – entend élargir la gamme de produits du numéro 1 marocain de la filtration pour automobile, de manière à fournir les autres sites de Clarcor dans le monde. Le communiqué de la société américaine affirme que des investissements importants seront réalisés pour l’expansion du site de production et l’adaptation de la plate-forme aux nouveaux produits. Il est également précisé que Ali Moamah, président et fondateur de Sinfa, continuera de gérer la compagnie.


Concurrence. Maroc Telecom épinglé

L’ANRT vient de rendre publique sa décision au sujet du litige qui oppose Maroc Telecom à Méditel concernant l’offre “Phony” lancée par l’opérateur historique en septembre dernier. Le deuxième opérateur considérait les deux formules Phony (illimité soir & week end et illimité tout temps) comme anti-concurrentielles en raison des prix bas de ces offres (respectivement 120 et 200 dirhams). Néanmoins, l’Agence de régulation n’a donné raison à Méditel que sur la formule “illimité tout temps résidentiels”. Dans sa décision, l’ANRT somme l’entreprise dirigée par Ahizoune de lui transmettre “dans un délai maximum d’un mois (…) de nouvelles conditions permettant la replicabilité de l’offre”. En d’autres termes, Maroc Telecom devra revoir sa copie de manière à permettre à ses concurrents de proposer des offres dans des conditions similaires. Une manière déguisée de constater l’abus de position dominante de l’opérateur historique.



Homo Economicus.
“Saïss Valley”

“Projet d’une Silicon Valley au Maroc”. En lisant ce titre de journal, Abdou a d’abord cru à une mauvaise blague d’un politique. Il est néanmoins rassuré en apprenant que l’initiative est celle de deux éminents technocrates : Abdelaziz Meziane Belfqih, conseiller royal et Rachid Benmokhtar, président de l’Université Al Akhawayn. Abdou, étudiant en informatique, est même pris d’enthousiasme. “Malha ! Jerry Yang, le créateur de Yahoo!, n’est pas meilleur que moi”, se dit-il en pensant à sa réalisation de la veille : un programme de gestion des toilettes de l’école sur “Lotus 123”. Mais trois lignes plus tard, notre génie en herbe redescend sur terre. Il apprend que notre future Silicon Valley, située dans les collines du Saïss, repose sur les universités de la région, à savoir la prestigieuse Al Akhawayn d’Ifrane, la dangereuse Mohamed Ben Abdellah de Fès et la désertique Moulay Ismaïl de Meknès. “Au taux de change scientifique, les milliers d’étudiants et les centaines de chercheurs de ces honorables facultés ne rapporteraient même pas un étudiant en 2ème année à Stanford”, pense Abdou. Et pour cause, il sait que le rayonnement mondial de la Silicon Valley, la vraie, est étroitement lié au milieu académique de l’université de Stanford. D’ailleurs, à l’origine même de la création de ce pôle technologique américain, on trouve un professeur de l’université du coin (Frederic Terman qui a encouragé, vers la fin des années 30, ses deux étudiants Hewlett et Packard à créer leur entreprise à deux encablures du campus). Chez nous, aux alentours de la “Saïss Valley”, les facs ne produisent hélas que des chômeurs… Ou au mieux des télé-opérateurs.



OFF.

Les banques usent de tout leur charme pour convaincre Miloud Chaâbi de les mandater pour la réalisation du programme d’introduction en Bourse que l’homme d’affaire avait annoncé il y a quelques mois. Un programme très important dans la mesure où il concerne six sociétés du groupe. Résultat : Crédit du Maroc aurait tenu un déjeuner en l’honneur du président d’Ynna holding. Même le tout puissant Othman Benjelloun a invité l’homme d’affaires à souper… Question de rétablir le contact.

 
 
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