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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“Pour être artiste il faut être libre”

Antécédents
Khansa Batma
Chanteuse
(DB / TELQUEL)

1979. Naissance à Hay Mohammadi à Casablanca.
1997. Baccalauréat Arts plastiques.
2000. Sortie de son premier album Mellitek, mellitek.
2000. Chroniqueuse à l’émission Entr’act, sur 2M.
2002. Décès de son père, Mohamed Batma (fondateur du groupe Lemchaheb).
2004. 2004. Présente des émissions sur une télé turque.

Smyet bak ?
Si Mohamed ben Rahal ben Taïb.

Dites Mohamed Batma, c’est plus simple !
Je croyais qu’il fallait répondre comme ça aux flics.

Smyet mok ?
Saïda Birouk. C’est bon monsieur ?

Je vois que mademoiselle n’a pas l’habitude des commissariats. Votre dernière fois au poste, c’était à quel sujet ?
Je me suis toujours débrouillée pour ne pas arriver au poste. L’unique fois, c’était pour récupérer ma carte nationale et c’était à Derb Moulay Cherif.

Vous chantez, aux côtés d’autres artistes, sur le clip Sma3ni, produit par Maroc Telecom. Ça a été votre plus gros cachet ?
Non. Il est correct, mais c’est un chiffre où il n’y a pas beaucoup de zéros. Je retiens simplement que c’est une belle expérience, au cours de laquelle je me suis immiscée dans ce monde du Rn’B, qui a un public énorme au Maroc. Je me suis posé beaucoup de questions avant de m’embarquer dans cette aventure, puisque je viens d’un monde musical différent. Je me demandais si le public de cette musique allait m’accepter ou me critiquer au point de me refuser. Finalement, je me dis que c’est un délire artistique passionnant et humainement enrichissant. N’oubliez pas qu’il y a aussi Bigg, H-Kayne et Steph Ragga Man sur le clip.

Et ça vous fait quoi de chanter pour vendre des portables ?
Je m’en fous. Je vois les choses autrement. Je vois une musique underground qui est diffusée à la radio et à la télé. Sur les forums de discussions Rn’B, les gens semblent apprécier notre musique et sont conscients que c’est une expérience qui ouvrira la voie à d’autres artistes. Je crois que travailler avec une grande entreprise comme Maroc Telecom est valorisant pour un artiste. Même les Ghiwane font la pub de Méditel.

Pourquoi on a cette impression de bien vous connaître, sans jamais savoir ce que vous faites exactement ?
Peut-être parce que je touche à plusieurs domaines. Parce que je suis passée à la télé ou que j’ai fait la couverture de quelques magazines. Il y a aussi mon nom de famille. Un Batma passe rarement inaperçu.

C’est lourd à porter comme nom ?
C’est énorme. Les Batma sont des légendes. Si je faisais de la médecine, ce nom aurait été facile à porter. Mais puisque je fais de la chanson, je dois absolument assurer. C’est pour cela que je préfère me présenter comme interprète plutôt que comme artiste. Il faut avoir fait des œuvres pour mériter ce titre.

C’est pour ça que avez zappé Batma de votre nom de scène ?
Je suis fière d’être la fille de Mohamed et la nièce de Larbi Batma. Mais je ne veux pas badiner avec un nom que je crois sacré d’un point de vue artistique.

Et vous êtes plutôt Lemchaheb, groupe de votre père, ou Nass El Ghiwane, groupe de votre oncle ?
Nass El Ghiwane ont ouvert la voie, Lemchaheb ont suivi. Cela dit, j’aime le monde des seconds et leurs paroles. Je trouve qu’ils n’ont pas eu sufisamment de reconnaissance. Ils ont arrêté en 1986 et ils ont eu plus de problème que Nass El Ghiwane. Ils ont même dû changer quelques textes. C’était peut-être leur choix de ne pas être sous les projecteurs. Mais je suis comblée de savoir que des étudiants préparent des thèses sur les poèmes de mon père et que sa musique est appréciée par des gens dans le monde entier.

Et vous n’avez pas le sentiment d’avoir trahi le style familial ?
Les Batma ne se ressemblent pas. Mohamed et Larbi ont pris des chemins différents, j’emprunte le mien. Il y a de tout dans ce que je fais. Je m’inspire des Lemchaheb comme des Ghiwane, mais aussi de toutes ces musiques que j’ai aimées tout au long de ma vie. Il n’y a pas de tradition familiale figée. Pour être artiste, il faut être libre.

Si demain, on vous invitait à chanter sur la place Nafoura à l’occasion de la fête du trône à 15h de l’après-midi, vous acceptez ?
Oui, et avec un énorme plaisir. Je suis très royaliste, vous savez. Je ne me demande pas ce que peut faire ce pays pour moi, mais plutôt ce que je peux lui apporter. Je suis dans cet état d’esprit actuellement. Et plutôt que de critiquer tout ce qui bouge, je préfère commencer par faire mon autocritique.

 
 
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