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Abdelkrim Benatik. Après les jeunes, les femmes
Sport. L'ovalie ne tourne pas rond
Environnement. Le fléau "Mika kahla"
États-Unis. Le retour des Démocrates
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

(DR)

Tétouan. Petit festival grandira

Le Festival international du cinéma méditerranéen de Tétouan a des rêves de grandeur. L'hommage programmé cette année à Abdelhalim Hafez, orphelin devenu épopée, renverrait à son propre parcours. Retour en arrière. 1985, les “Amis du Cinéma”, une poignée d'universitaires tétouanais aficionados du 7ème art, ont cette vague idée : organiser des rencontres cinématographiques. Au bout de trois ans et après plusieurs combinaisons, ils trouvent une identité à leur passion. Méditerranéenne elle sera. 1999, la manif prend un nouveau tournant, exit les rencontres et place au spectacle. Dans la nouvelle
formule, on parle de compétition de films. Le projet prend de l'ampleur, attire bon an mal an les férus de cinéma, mais reste fébrile. Les soucis s'accumulent et les cinq amis du cinéma sont dépassés. En 2003, au sommet de la crise, l'édition est annulée. Quatre ans de remise en question organisationnelle. Et en 2007, les moustachus amis du cinéma rencontrent les filles de A3. Elles prennent sur elles de “rendre le festival moins radical (entendez plus accessible) et plus glamour” pour reprendre les mots du ministre de la communication Nabil Benabdelah, au lancement de cette édition-renaissance cette semaine. Désormais aussi, le festival devient annuel, s'offre une section documentaire et plus d'invités. Cette année, les Îles Canaries, le nouveau cinéma italien et le Festival international du documentaire de Marseille…

Du 24 au 31 mars à Tétouan.



Sortie. Pure adrénaline

Jason Stathan, fidèle premier rôle de son dénicheur, Guy Ritchie (Arnaques, crimes et botaniques, Revolver, Snatch…), et acteur dont le seul nom suffit à définir ce qui vous attend. Traduction : 1h 30 de stress, d’angoisse, de colère et d’adrénaline pure. Cette fois-ci, Stathan est dirigé par Mark Neveldine et Brian Taylor, deux amateurs de jeux vidéo qui fantasmaient à l’idée de transposer leur monde virtuel à la pellicule. Résultat, ça carbure ! Pitch pour comprendre : Chev, tueur à gages de son état, est arraché au sommeil par une voix. Un enregistrement vidéo où il apprend qu’il a été empoisonné dans son sommeil. Il ne lui reste qu’une heure à vivre. En attendant l’arrivée de son médecin, il doit maintenir son niveau d’adrénaline très haut. Et c’est parti ! Une course chaotique à travers la ville, à la recherche de son assassin. On n’a pas le temps de souffler que le générique de fin est monté. Et on a envie de recommencer pour la dose d’adrénaline, comme Chev et ces autres accros aux jeux vidéo.

Hyper tension, au Mégarama de Casablanca.



Débat. Naïda, toute une movida

Naïda par-ci, Naïda par-là, le Maroc aurait-il trouvé sa Movida ? Pour démêler le fantasmagorique du réel, l’Institut français de Casa invite Momo et Hicham du L’Boulevard, le documentariste Ali Essafi, le rappeur Bigg, l’écrivain Driss C. Jaydane et l’universitaire Moulim Larroussi. “Naïda, la nouvelle création artistique marocaine”, la table animée par l’écrivain Driss Ksikes, sera diffusée en visioconférence sur le Stand Culturesfrance, au salon du livre à Paris. Question de faire savoir que ça bouge de ce côté-ci, mais aussi “pour sortir des clichés, on a choisi de mettre l’accent sur la nouvelle scène culturelle”, explique-t-on au sein de l’organisation.

Le 24 Mars à 16h30, à l’IF de Casa.



Ateliers. Oyez oyez Amazighs !

L’initiative émane de l’association gadirie, Abaraz. Du 5 au 8 avril 2007, elle lance à Mirleft, Asnflul, la première Rencontre nationale des jeunes créateurs amazighs. Une série d’ateliers résidences étalées sur quatre jours et réunissant musiciens, théâtreux et artistes peintres, travaillant autour de l’amazighité et en provenance du whole world. Le tout saupoudré de projections ciné, de soirées musicales, conférences et autres petits à-côtés. L’appel a trouvé preneur auprès de quelques grands artistes de la cause, partants pour encadrer les volontaires. On retiendra entre autres, le groupe canarien Izuran - signe des changements de temps et du retour identitaire. Côté marocain, les Tafsu sont, à cette date, en tête d’affiche des ateliers. L’assoc est en outre à l’affût de tout nouveau partant. L’appel est ouvert jusqu’au 25 mars. Plus on est de fous, plus on s’amuse !

Contact : abarazweb@yahoo.fr
(070 58 41 56).



MFD 2007. Femme... et femmes 

Flotte un air de 8 mars sur la liste de Meda Films Development 2007 qui vient d’élire, entre autres, deux équipes marocaines 100% féminines. D’un côté, Nezha Drissi (Tact Production), productrice de documentaires engagés, aux côtés de Salima Benmoumen, actrice (Juanita de Tanger, Femme… et femmes) et jeune réalisatrice, remarquée lors des masterclass Marrakech/Tribeca avant d’être sélectionnée aux festivals de Namur et Berlin pour développer le scénario de son premier long métrage Le Grand Haydous, l’histoire de quatre générations de femmes d’une famille de l’Atlas au début du 20ème siècle, qui a convaincu le MFD. De l’autre, la productrice Rachida Saâdi (Bentaqerla Prod), en tandem avec Selma Bargach, auteure des courts métrages Jamais plus et L’Ascenseur, pour mener à bien son premier long La Cinquième corde, parcours initiatique d’un jeune vers la perfection musicale. Auprès d’elles pour cette nouvelle édition MFD, un projet algérien, un égyptien, trois israéliens, un jordano- tunisien et un tunisien.


Tournage. Obscure ville blanche

Après s’être essayé au téléfilm policier avec plus ou moins de bonheur (Al Kadia sur 2M), Noureddine Lakhmari reviendra sur les grands écrans marocains courant 2007 avec La Casa Negra dont le tournage débutera le 26 mars. Le pitch : une histoire d’amitié entre deux jeunes chômeurs, Adil et Karim, l’un rêve d’émigrer en Suède, l’autre désire à contrario faire sa vie au Maroc. Les acteurs principaux du film seront de parfaits inconnus, choisis après un casting sauvage dans les quartiers populaires de Casablanca. Ces néophytes seront épaulés, pour les rôles secondaires, par des acteurs confirmés à l’image de Hassan Skalli et Driss Roukh. “Le décor de l’aventure urbaine de Adil et Karim sera le Casablanca art déco du vieux centre-ville, un quartier magnifique, mais qui n’a jamais été mis en valeur au cinéma” souligne d’autre part Lakhmari.


Festival. Dijon a du goût

A partir de cette semaine et jusqu’à fin juin, Dijon glisse un œil dans la création marocaine, par l’intermédiaire de l’association Zutique productions et son festival Made in Maroc. Un regard pluridisciplinaire, et plutôt perspicace d’ailleurs, avec une rencontre insolite entre le malhoun de Touria Hadraoui, la poésie libre de Abdallah Zrika, le saxophoniste Louis Sclavis et le slammeur Dgiz, un duo réunissant Majid Bekkas et le guitariste espagnol Pedro Soler, ou encore les films de Ali Essafi, Ismaïl Ferroukhi et Daoud Aoulad-Syad. Côté nouvelle scène, Darga ouvrira pour Gnawa Diffusion, et Bigg, DJ Key et H-Kayne croiseront les platines avec DJ Idem (remember l’Boulevard) et Dee Nasty. Egalement au programme, le conteur Ahmed Bouzzine, une thématique “Traversées amazighes”, sous tente berbère sur le campus, et les voix de Aïcha Redouane et Chérifa. Une preuve de plus que Dijon a du goût...


Rap. Goodbye Muslim

Après dix ans de flows – son premier album est sorti en 1996 - Muslim, le rappeur tangérois, jette sa puce de téléphone, range ses disques dans un tiroir, supprime ses pages sur myspace et skyblog, et abandonne la scène rap. Il devient Mohamed Mezouri, futur père de famille et gérant d’un hip hop shop. “Il a refusé de signer avec trois labels dont un à Bruxelles. Quand il se balade dans les rues de Tanger, les gens hurlent son nom, le prennent en photo et lui demandent des autographes. Choses qui vont à l’encontre de ses principes, surtout que quand il a choisi le rap, il l’a fait pour rester underground”, confie son ex-manager Thug face. Muslim, lui, refuse de commenter sa décision. En dix ans, il aura signé sept albums et des centaines de tracks.


Workshop. Journaleux, cultureux

Une délégation de journalistes de divers pays européens était en visite ces derniers jours à Casablanca, sous l’égide de la Fondation européenne de la culture, pour préparer le programme de son second Popular culture journalism workshop, qui se tiendra début juin dans la ville blanche, après une première édition à Istanbul en septembre dernier. But avoué de l’opération : favoriser les contacts entre les journalistes de magazines européens axés sur la musique, la mode, le cinéma ou les cultures urbaines (ils étaient une cinquantaine l’an passé) et les médias et artistes des pays voisins de l’UE. Une initiative intéressante, coordonnée au Maroc par Nabyl Guennouni, programmateur metal du L’Boulevard et nouveau manager de Hoba Hoba Spirit.


Le livre.

Atteinte d’un cancer en stade avancé, Anne décide d’abandonner une thérapie inutilement douloureuse et s’offre un pèlerinage au Japon, sur les traces d’une historie d’amour inachevée et qu’elle croit à l’origine de sa maladie. Mais à la place de la mort paisible qu’elle espérait, elle se retrouve face à son ancien amant… Une histoire d’amour banale, avec le happy end qui s’y prête. Un appel à l’espoir enrobé d’une lourde tristesse et qui s’enlise par moments dans le mélodramatique superficiel. Toutefois, il y a cette idée à peine suggérée mais qui reste à l’esprit après la lecture – la matinée du dimanche y suffirait -, ce cancer ne serait-il finalement pas la conséquence de tous les comptes non réglés de notre vie ?

Une toute dernière fois Giselle Nesmon ; Société des Ecrivains.




Humeur.
Worst Seller

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Kadhafi vient de célébrer le 30ème anniversaire du livre vert. À cette occasion, le “penseur unique de l’humanité” est revenu sur le désintérêt planétaire qui a frappé cet opuscule censé révolutionner l’univers et sa grande banlieue. Le “Guide” s’est dit victime de la censure des pays occidentaux. Sinon, il en est certain, il serait en tête de gondole aux côtés de Harry Potter à la Fnac Paris. Pour en avoir le cœur net, nous l’avons lu. Premier constat : le titre a été mal choisi. Sur Google, le livre vert est noyé sous une montagne de manuels de jardinage. Une fois triés les pétunias des pensées de Mouâmmar, un deuxième grief s’impose. “La 3ème théorie universelle” est une accroche non contractuelle, dirait-on dans la pub. On s’attend à des révélations fracassantes : la date et l’heure de l’arrivée du Mahdi Mountadar ? Un E= MC5? Rien de tout cela. Dès les premières lignes, un plum pudding vous tombe sur le coin de la gueule. Le “plus grand évènement de tous les temps” se révèle être une mauvaise dissertation sur la démocratie. Kadhafi causant démocratie, un vrai rôle à contre-emploi. Cela aurait pu être drôle à lire, mais le style n’est pas toujours l’homme. Kadhafi est un show-man-né, sa littérature, en comparaison, est mortifère. Le vilain censeur occidental n’a même pas eu besoin de l’interdire. Pourquoi faire d’ailleurs ? Le livre vert assommerait le plus farouche guerillero...



H-Kayne chez Casa Crew
H-kayne ont rejoint les Casa Crew dans leur studio, cette semaine, pour poser leur voix sur un featuring à sortir dans le premier album des Casaouis, “L’Basma”. L’opus autoproduit par le groupe sera distribué par le label Clic Records à la fin du mois de mars.


Les Ghiwane tournent
Nass El Ghiwane partent en tournée-présentation de leur album comeback, Ennehla Chama. D’abord au Mégarama de Casablanca le 30 mars puis le 7 avril à Marrakech avant de décoller pour trois dates européennes, dont un concert à l’inaccessible Olympia… encore une fois.


Enfants de bohème
L’Orchestre philharmonique du Maroc, présidé par Farid Bensaïd, dirigé par Jean-Charles Biondi et accompagné d’un chœur d’enfants, donnera Carmen, l’opéra de Georges Bizet, le 18 avril à Casa (Espace Office des Changes), le 20 à Rabat (Théâtre Mohammed V) et le 21 à Marrakech (Théâtre royal).

 
 
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