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N° 265
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège de Bank Al Maghrib.
(AIC PRESS)

Change. Vers un dirham convertible ?

Encore un pas de plus dans la marche vers la convertibilité du dirham. Bank Al-Maghrib vient de rendre publique une circulaire portant sur le change manuel des devises. Jusque-là, les cours affichés par les banques étaient fixes. À partir du 3 avril (date de l’entrée en vigueur de cette circulaire), les établissements de change disposeront d’une marge de manœuvre pour pouvoir jouer la concurrence. Concrètement, pour l’achat ou la vente de devises, les banques et les autres intermédiaires de change agréés peuvent aller jusqu’à une réduction ou une majoration de 5% par rapport au taux fixé par l’institut d’émission.
Selon la banque centrale, cette nouvelle mesure de “libéralisation des conditions de négociation des moyens de paiement en devises permettra aux clients de faire jouer la concurrence entre les intervenants, les banques et les bureaux de change”. Une telle mesure est rendue possible par la bonne tenue de la position en avoirs extérieurs de Bank Al-Maghrib. Une disponibilité de monnaie étrangère qui s’explique par une nette progression des recettes de tourisme et des transferts des MRE ces dernières années. Mais cette décision confirme surtout la volonté du Maroc d’aller vers un système de change plus flexible qui devrait aboutir, à terme, à une convertibilité totale du dirham. À l’occasion de consultations avec le FMI, tenues l’année dernière, les pouvoirs publics avaient, d’ailleurs, clairement affirmé leur intention de préparer la transition vers ce système de change. Au sein du ministère des Finances, les études se rapportant à la convertibilité du dirham vont bon train et d’autres annonces devraient en principe avoir lieu cette année. On parle déjà d’une augmentation de la dotation touristique.


Assurances. RMA Watanya anticipe sur l’AMO

Le leader du marché des assurances vient de lancer un produit d’assurance complémentaire au régime d’assurance maladie obligatoire. “Notre rôle de leader nous impose d’anticiper le marché”, explique le staff dirigeant de la compagnie. En effet, la loi sur l’AMO accorde un délai de 5 ans (à partir de la date de sa publication) aux entreprises qui assuraient déjà une couverture maladie à leurs salariés. Moins de trois ans nous séparent de ce délai et les entreprise n’auraient d’autre choix que de recourir à un régime complémentaire. La loi explique que le basculement vers le régime AMO ne devrait pas remettre en cause les avantages acquis par les salariés. “Les assureurs proposeront, des produits complémentaires plutôt que des couvertures de base”, explique Fouad Douiri directeur général de la compagnie. Par ailleurs, RMA Watanya vient de lancer un système de parrainage et de scoring pour ses produits d’assurances automobiles.


Logistique. Gefco prend le volant

Le spécialiste de la logistique pour l’industrie, Gefco, renforce ses activités au Maroc. Sa première cible : l’industrie automobile sur laquelle il réalise déjà près de 20 % de son chiffre d’affaires au royaume. Ainsi, le groupe vient d’inaugurer une plate-forme Automotive sur une superficie de 10 hectares à la périphérie de Casablanca. Ce site de stockage sous douane devrait, selon la société, recevoir les marques distribuées par Sopriam ainsi que les Marques Nissan, Renault et Honda. La société Gefco assure, pour ces différentes marques, la totalité de la chaîne logistique. Depuis le départ de l’usine jusqu’à la mise à disposition des clients, l’expert de la Supply Chaîne se charge du transport maritime, des opérations de douane, du transfert sur site, sans compter les différentes opérations techniques.


Bourse. Atlanta Sanad pour bientôt

Un gros calibre fera bientôt son entrée sur les lignes de cotation de Casablanca. Il s’agit de la compagnie d’assurances Atlanta Sanad, du groupe Bensalah. Le groupe Holmarcom avait d’ailleurs clairement annoncé son intention d’aller en Bourse il y a deux ans quand il avait accueilli la CDG au tour de table des compagnies en lui cédant 40% du capital. Mais cette fois-ci, l’annonce est officielle, puisque la décision a été entérinée lors du conseil d’administration d’Atlanta Sanad, tenu le 8 mars dernier. CDG Capital a été désignée en tant que banque conseil pour cette opération, qui devrait se traduire par une cession en Bourse de 20% du capital. Le lancement effectif de l’opération devrait enfin, avoir lieu avant la fin du premier semestre de l’année en cours.



Homo Economicus.
Grève de tadwira

Samir est chauffeur de camion citerne. Il fait paisiblement son trajet avec une cargaison de Super sans plomb - à rayer Sidi Moumen de la carte - quand il tombe sur un barrage de police. Mécaniquement, il cherche alors un billet de 20 dirhams. “Ya Latif ! Au premier barrage, la taxe pour conduite de gros véhicule commence déjà”, se dit-il. Mais à la grande surprise de Samir, l’agent de circulation lui rend la monnaie : le flic lui demande de suivre le véhicule de la Sûreté Nationale et les deux motards qui l’escorteront jusqu’à sa station-service. Réflexe sécuritaire de Samir : “Al Irhab et Al Qaïda foutent vraiment les chocottes !”. Mais sur le trajet, notre conducteur remarque une impressionnante file indienne de taxis blancs traçant vers Rabat, des dizaines de camions bloquant la route et des chauffeurs syndicalistes lui faire des signes menaçants. Se sentant protégé par son escorte, Samir enfreint le code de la route et s’aventure à passer un coup de fil au volant. Son interlocuteur lui apprend alors que le secteur du transport routier (autocars, taxis et camions) est en grève. La revendication : une révision du projet de loi relatif au code de la route avec ses dispositions de retrait de permis et surtout ses amendes phénoménales (3000 dirhams au lieu de 400). Samir finit par tout comprendre. Les flics ne l’escortent pas pour assurer l’approvisionnement des stations-service mais plutôt pour briser ce mouvement de grève. Le nouveau code de la route est bien à leur avantage. “La ‘tadwira’ sera plus chère puisqu’elle est proportionnelle à l’amende”, conclut Samir, qui excelle dans la règle de trois… à défaut de connaître la règle de droit.



OFF.

La Bourse de Casablanca prépare sa candidature pour devenir membre de la Confédération internationale des places financières. Elle vient de se doter d’un Plan de continuité d’activité (PCA). Il s’agit de mesures permettant une réalisation des opérations, même en cas de sinistres majeurs (catastrophes naturelles, attentats terroristes, etc), et ce en rebootant les transactions sur un site distant. Ce mécanisme avait vu le jour au lendemain du 11 septembre où les Etats-Unis avaient été touché au cœur de son économie.

 
 
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