CCDH. Un agenda surbooké
Reportage. La mort programmée de Ben Guerir
Abdelkrim Benatik. Après les jeunes, les femmes
Sport. L'ovalie ne tourne pas rond
Environnement. Le fléau "Mika kahla"
États-Unis. Le retour des Démocrates
Distribution. La seconde vie d'Alpha 55
Festival. Désert, musique et propagande
Télévision. La Star Ac' sauce maghrébine
Hit Radio. Fréquence jeunes
N° 265
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Fouad Ali El Himma, Chakib
Benmoussa et Taïb Fassi Fihri,
entourant Philippe Douste-Blazy,
ministre français des
Affaires étrangères.
(AFP)

Sahara. Les pérégrinations de la dream team

Dernière ligne droite pour l’équipe chargée de la promotion de la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara. Après les capitales des pays membres permanents du Conseil de sécurité, les messagers de Mohammed VI ont été reçus par le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, le mercredi 14 mars. Pour cette occasion, Khelli Henna Ould Rachid a remplacé Chakib Benmoussa pour informer le secrétaire général de l’ONU “des grandes lignes du projet marocain”. Sans surprise, le responsable onusien n’a fait aucun commentaire à l’issue de cette rencontre “mais la rencontre est en soi un signe
positif”, estime une source au ministère des Affaires étrangères. Mais avant d’atterrir à New York, les émissaires du roi ont effectué des visites éclairs en Libye, en Tunisie, au Qatar, en Arabie Saoudite et au Bahreïn. Mais pour ces pays “de seconde importance pour le dossier”, la dream team a fait appel au banc de touche. Mohamed Moâtassim est ainsi parti plaider la cause sahraouie auprès des pays du Golfe alors que Mohamed Benaïssa a été dépêché en Argentine. Pendant ce temps, l’Algérie recevait le roi d’Espagne, Juan Carlos. Fidèle à lui-même, Abdelaziz Bouteflika en a profité pour lancer quelques déclarations hostiles au plan d’autonomie rappelant “qu’aucune solution unilatérale n’est viable”. Le vieux président algérien a quand même affirmé (en substance), dans une interview accordée à El Pais, que “le conflit du Sahara ne sera jamais une cause de guerre entre le Maroc et l’Algérie”.


Insolite. Le pickpocket indélicat

Les policiers chargés de l’enquête sur l’attentat du 11 mars à Casablanca, et qui étaient sur place quelques minutes après l’explosion, n’en revenaient pas. “On a failli perdre les principales pièces à conviction, à cause d’un pickpocket”, raconte l’un des agents. Profitant de la panique et du désarroi des personnes présentes sur la scène du crime, un voleur à la tire a subtilisé le blouson et le téléphone portable du deuxième kamikaze, avant de prendre la fuite. Ce sont les jeunes du quartier qui ont aidé les policiers à mettre la main sur le voleur qui a dû sûrement passer un bien mauvais quart d’heure.


Sondage. Bienvenue au pays des pots-de-vin

Selon un sondage du Forum économique international, qui dépend du Fonds monétaire international, le Maroc est en première position dans la région du Maghreb en ce qui concerne les pots-de-vin utilisés dans les transactions publiques, ainsi que dans les contrats et les projets. Le Forum s’est basé sur une enquête globale, qui a inclus plusieurs entreprises dont les responsables ont répondu à la question : “Est-ce que votre entreprise a eu recours au paiement de sommes d’argent de manière illégale, afin de garantir l’obtention d’une transaction publique ?”. La réponse était affirmative à 45% pour le Maroc, et 35% pour l’Algérie.


Presse. Assahifa is back

Le retour du quotidien Assahifa, qui avait suspendu sa parution il y a quelques semaines, est prévu pour bientôt. La même équipe rédactionnelle et le même actionnariat (conduit par Fadel Iraqi) sont en train d’apporter la touche finale à un projet de restructuration dont les nouveautés seront : une nouvelle maquette, un nouveau format (tabloïd) et de nouvelles rubriques. Pour rappel, le quotidien, lancé en novembre 2006, avait cessé de paraître le lendemain de la publication d’un article proposant une nouvelle lecture de la vraie-fausse découverte du pétrole à Talsint. La publication avait émis un communiqué pour s’excuser du contenu dudit article.


Justice. Lididi secrétaire d’Etat ?

C’est Mohamed Lididi, le secrétaire général du ministère de la Justice, qui reprend les rênes de l’administration pénitentiaire, en remplacement de Abdennabaoui, qui a été nommé par le roi directeur des Affaires pénales et des grâces de ce même département. Selon des sources judiciaires, “l’administration pénitentiaire, qui fait partie des directions du ministère de la Justice, devra être transformée en secrétariat d’Etat après les élections législatives du 7 septembre 2007”. La mission de Lididi, qui a déjà dirigé ce département dans le passé, consiste justement à préparer le terrain à ce passage délicat d’une direction à une structure indépendante.


RNI. Welcome Oukacha

Mustapha Oukacha a officiellement annoncé sa candidature pour le poste de secrétaire général du RNI après le retrait d’Ahmed Osman, déclaré il y a quelques jours. Le départ forcé du vieux loup a eu beaucoup de conséquences sur la vie du parti. Le congrès national, initialement prévu les 30 et 31 mars à Bouznika, pourrait être reporté de 15 jours, selon un membre du bureau politique. “Les choses sérieuses viennent à peine de commencer”, affirme-t-il. Selon une autre source, le départ de Osman a fait l’objet d’un deal. “Le communiqué annonçant son départ lui a été imposé par certains membres du bureau politique. En contrepartie, ces derniers lui ont promis de fermer les yeux sur le rapport financier qui sera soumis au congrès et de le valider du premier coup”, note notre source. Durs, durs, les poulains de l’ancien premier ministre Osman.


Université. Le tapage de l’UNEM

La température monte au sein de l’Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM). Vendredi 16 mars, l’organisation, dirigée par des étudiants proches de la Jamaâ de Abdeslam Yassine, devait organiser des sit-in de protestation dans toutes les universités du pays, demandant l’amélioration des conditions d’hébergement et de restauration des étudiants. “Moins de 11% des étudiants universitaires marocains logent dans des cités. Pire, sur les 19 cités qui existent, 5 seulement sont dotées d’un restaurant”, justifie Mohamed Benmassoud, secrétaire général de l’UNEM. “Nous voulons des cités universitaires et non des casernes militaires”, ont scandé les dirigeants de l’UNEM, en référence à la mainmise des sécuritaires sur les enceintes universitaires.


Politique. La gauche s’unit (enfin)

Le Grand rassemblement de gauche (GRG) est en cours de constitution. Le PSU passe à l’action en enclenchant des réunions avec le PADS d’Ahmed Benjelloun et le CNI de Noubir Amaoui, autres formations de gauche. Les trois directions ont décidé de constituer des commissions qui examineront plus en détail le principe des candidatures communes. Les amis de Mohamed Moujahid assurent que les trois partis seront traités sur un pied d’égalité, même s’ils ne pèsent pas de la même manière sur la scène politique. “Nous nous unissons pour nos idées, pas pour des calculs d’épicier”, explique Mustapha Meftah, membre du PSU. À bon entendeur...


Femmes. Marocaines du Golfe, défendez-vous !

Le Centre euro-méditerranéen migration et développement (EMCEMO, basé aux Pays-Bas) vient de mettre en ligne une pétition “Pour le respect des droits la femme marocaine immigrée aux pays du Golfe”. Extraits : “Si la migration marocaine vers les pays du Nord a bénéficié de plus d’attention pour des causes manifestes ou latentes, la migration marocaine vers les pays arabes, en général, et vers les pays du Golfe, en particulier, a souffert d’un silence qui frise la négligence”. Le document revient dans le détail sur les privations et le non-droit dans lesquels se retrouvent, le plus souvent, les Marocaines du Golfe.

pour plus d’information, consulter : www.emcemo.nl




3 questions à
Mohamed Benkaddour
[Président de la confédération des associations de consommateurs (CAC Maroc) ]


La journée mondiale du consommateur a eu lieu le 15 mars. Comment se porte, justement, le consommateur marocain ?
Comme vous pouvez l’imaginer, il est dans une situation difficile. Ses droits ne sont pas respectés et, pendant très longtemps, il n’avait aucun recours, aucun moyen pour faire entendre sa voix. Tout cela est en train de changer. Les consommateurs sont devenus plus exigeants et, mieux encore, on assiste à l’émergence d’une culture de la consommation.

Pourquoi le mouvement que vous représentez donne-t-il l’impression de ne pas peser sur les débats ?
Il ne faut pas oublier une chose : ce mouvement est à un stade embryonnaire. Les premières associations n’ont vu le jour qu’au milieu des années 90, alors que dans d’autres pays elles ont déjà, pour certaines, plus de 50 ans d’existence. Et en plus de manquer cruellement de moyens, la loi ne nous permet pas aujourd’hui de nous impliquer davantage dans ce domaine. Nos associations n’ont toujours pas le droit d’être reconnues d’utilité publique et donc d’ester en justice. Voilà où le bât blesse.

Le projet de loi sur la protection du consommateur n’a toujours pas vu le jour. Pourquoi ?
Parce qu’il y a un lobby très fort qui ne veut pas de cette loi. Je pense notamment à tous ces prestataires de services qui y voient un danger pour leurs intérêts. Et comme nos associations ne peuvent pas ester en justice...


Civisme. Jilali El Mrabet, ce héros !

Jilali El Mrabet, le jeune infographiste d'origine marocaine, qui avait été violemment pris à parti par une bande au moment où il était venu porter secours à une jeune automobiliste à Sainte Geneviève-des-Bois (sud de Paris), le 9 février dernier, se porte mieux. Le jeune homme s'était retrouvé seul face à plusieurs personnes, qui l'avaient attaqué à coups de pelle dans le dos et à la tête. Grièvement blessé, il était sorti du coma le 12 février. Après lui avoir rendu visite une première fois à l'hôpital, Nicolas Sarkozy (accompagné de l’ambassadeur du Maroc à Paris, Fathallah Sijilmassi) lui a remis, mercredi 14 mars, la médaille du courage et de la bravoure. Bravo Jilali.


Argent. Savimbi et Hassan II

Une partie de la fortune de l’ancien chef des rebelles angolais de l’UNITA, Jonas Savimbi, mort en 2001, aurait atterri entre les mains du défunt roi Hassan II. C’est du moins l’hypothèse formulée par la presse angolaise, cette semaine. “En 1997, Savimbi avait décidé de transférer son argent à l’étranger, l’armée angolaise ayant intensifié l’encerclement des rebelles. L’ivoirien Bedié se serait taillé la part du lion. Savimbi aurait confié l’autre partie de son argent à Eyadema (ancien président du Togo) et au roi Hassan II (…). Aucun chiffre n’a toutefois été fourni, mais tout indique qu’il s’agirait de plusieurs millions de dollars” , peut-on ainsi lire dans la presse angolaise.


Clandestins. La version du CCDH

Près de 95% des migrants clandestins subsahariens entrent au Maroc via le territoire algérien. C’est ce qui ressort des conclusions d’un rapport concocté par le Conseil consultatif des droits de l'homme (CCDH), commentant la hausse notable des arrestations de candidats à l'immigration. Selon le document, la région d’Oujda reste la principale porte d'accès des candidats à l'immigration vers l’Europe. Le rapport, qui appelle tous les pays maghrébins à assumer leurs responsabilités dans ce domaine, ajoute que le voisin de l’est “ne se contente pas seulement de ne pas fermer, volontairement, ses frontières à l'ouest et au sud, mais (il) ferme les yeux sur l'existence de groupes d'immigrants en situation irrégulière qui se dirigent vers le Maroc”.


Télés, MAP. Un attentat à Casa, et alors ?

La rédaction de la TVM venait de se faire tirer les oreilles par Fayçal Laraïchi. Pourtant, le lendemain de l’attentat du 11 mars, et alors que des millions de Marocains étaient (pour une fois) scotchés devant le journal du soir, le reportage sur l’événement de la veille ne passe qu’en cinquième position. Avant, le roi recevait un émir du Golfe, Moulay Rachid l’accueillait à sa descente d’avion, etc. Sur le site de la MAP (agence officielle), la dépêche figurait à peine en Une, coincée entre deux activités ministérielles. À 2M, même si le sujet n’est passé qu’en troisième position (après les élections en Mauritanie !), la chaîne de Aïn Sebaâ y a néanmoins consacré le restant du journal. Les voies de nos médias officiels sont décidément impénétrables.


Conférences. Benzine, le retour

Le jeune écrivain Rachid Benzine, défenseur de la relecture du Coran, est de plus en plus sollicité au Maroc pour des conférences sur le sujet. Du 20 au 27 mars, il sera l’invité des écoles HEM de Casablanca, Rabat et Marrakech pour une série de rencontres sur le Coran : Histoires et vérités. À Marrakech, l’écrivain tiendra des veillées sur l’éthique, qui “s’étaleront du coucher jusqu’au lever du soleil”, promet-il. Ces veillées, qui seront animées aussi par le philosophe Olivier Abel, traiteront de différents thèmes : le courage, les proches, la justice, les cultures et le différend… Bon courage.



Humeur. Tolérants et ouverts

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

C’est bien connu, les Marocains ne sont pas racistes. Ils sont, au contraire, tolérants et ouverts. Et ils respectent par-dessus tout la différence : de couleur, de peau, de sexe, de confession, etc. Prenons le cas de ce voisin, un chic type qui accompagne tous les matins ses enfants à l’école. C’est le genre de personne en paix avec tout le monde. Son seul problème, qui ne relève évidemment pas du racisme, est qu’il analyse tous ses tracas de copropriété (tapage nocturne, coupures d’eau, panne d’ascenseur… etc) de la même manière : “C’est la faute des Chinois d’en haut !”. Je connais un autre voisin, à la barbe bien blanche, un parfait honnête homme, qui aime bien les Chinois. Sa phrase préférée est : “Ils (les Chinois) sont presque comme nous, mon fils, je t’assure !”. Et que dire du président du conseil du syndic, qui se lève et va ouvrir sa porte avant de revenir : “Oh rien, ce n’était que les Noirs du palier !”. Impossible de ne pas relever, sinon, cette scène ordinaire au café du coin, quand une rangée entière de buveurs de lait a explosé de rire devant le mendiant en face, subsaharien, qui s’adressait à eux dans un langage objectivement indéchiffrable : “Missiè, siouplé, chouiya diram pou moi”. Si, comme on le sait déjà, nos voisins ne sont pas racistes, ils le doivent un peu à leur télévision. L’une des seules au monde, depuis l’Apartheid, capable de dire, en commentant un match de football : “L’équipe nationale a perdu son match parce qu’elle a évolué en terre africaine, et on sait ce que ça veut dire : arbitrage africain, terrain africain, ambiance africaine, hôtel africain, etc”. Même Driss Basri, du temps de sa splendeur, avait osé déclarer, le jour où Kofi Annan jugea bon de ne pas soutenir le Maroc dans le conflit du Sahara : “Oui, oui, je salue cet homme, je salue malgré tout cet Africain, oui, oui, cet Africain, etc”. Incroyable.



VITES !

L’information est signée MAP. Le roi Mohammed VI a offert une fontaine à la ville de Honolulu, capitale de l’Etat de Hawaï. La dépêche, très sérieuse par ailleurs, est même signée par un correspondant de l’agence à Honolulu, qui nous apprend que ce petit bout de paradis célèbre “la semaine du Maroc”. Décidément, tout baigne entre “plus beaux pays du monde”.


Les Marocains seraient 10 millions à pratiquer la langue française. Selon un rapport de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le royaume est classé au 6ème rang des pays les plus “francophiles” derrière la France, évidemment, l’Algérie et le Canada... mais devant la Belgique, seulement 9ème au classement.


L’Académie de police de Kénitra a convié ses cadres à un séminaire… axé sur la pédophilie. Des spécialistes de la Guardia civil espagnole ont conduit les débats autour des moyens à mettre en œuvre pour combattre le fléau. Pourvu que les leçons soient retenues.


Une pétition de solidarité avec les cinq avocats, radiés ou suspendus pour avoir dénoncé des cas de corruption dans les milieux de la justice à Tétouan, circule actuellement sur le Net. Le collectif d’ONG (AMDH, FVJ, Tansparency, etc) a par ailleurs adressé une lettre ouverte au premier ministre, lui demandant de réparer l’injustice qui frappe les cinq “robes noires”.


Le général algérien à la retraite, Mohamed Lamari, aurait acquis, si l’on en croit des sources fiables, une propriété agricole dans les Doukkala, près d’El Jadida. Les mêmes sources prêtent à l’ancien homme fort d’Alger l’intention de s’établir définitivement au royaume. Il vit actuellement entre l’Algérie, la France et le Maroc.
 
 
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