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Par Jean Berry
Peinture. Corps et âmes
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Florence Arnold
(JEAN BERRY)
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Florence Arnold vient dexposer à Casablanca une uvre troublante, faite de nus à la sensualité mélancolique et de matière composite. Rencontre, par tableaux interposés.
Elle a exposé à Alger, Paris, San Francisco ou encore New York, mais elle parle de son travail avec beaucoup de simplicité. Une toile, cest toujours lhumeur du moment, ce sont des morceaux de son âme quon essaie de faire sortir. Autodidacte approchant la quarantaine, Florence Arnold a commencé par laquarelle. Et très vite, elle en est venue à vouloir montrer des corps : Des baisers, des étreintes, des mères et |
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des enfants
Cest la sensualité qui minspire. Et puis jai eu envie de matière. En témoignent ces papiers dAsie, ces bandes de plâtre et de peinture intégrées, écorchées, arrachées, débouchant finalement sur des effets de transparence, quand ne subsistent plus de ce magma que quelques fibres ténues. Parfois on ne sait plus vraiment quel est le papier original, poursuit lartiste.
Ses fonds sont complexes et torturés, dans des teintes de terre, ocres, marrons, beiges et blancs, aux pastels, à lacrylique ou au fusain. Et sur ceux-ci, des corps de femmes, empreints dune mélancolie quasi originelle. Objet de désir, de convoitise, de réflexion ? La femme est nue, partiellement éclairée, montrée dans des positions dabandon, plus fragile que jamais. Mais lartiste ne cherche pas réellement à matérialiser ce choix. On ne peut pas tout dévoiler, il faut laisser du mystère. Cest peut-être lexpression dune certaine nostalgie, de peines de cur
Les choses de la vie en somme.
Obsession du corps
Lexposition montre aussi quelques corps dhomme. Des hommes fragiles, également dans des positions dabandon, de douleur
Hassan Bourkia, avec qui Arnold peindra bientôt à quatre mains, décrit un travail de fond, méticuleux, qui respecte le corps et lembellit
Et qui pose des questions sur le retour des passions. On est loin de lanimalité, ses corps sont habités par la passion et lamour de lautre. Comme lui, Assia Faraoui, de la galerie Nadar, qui a récemment accueilli une exposition de Florence Arnold, a été autant touchée par la personne que par lartiste. Dabord le sujet est inhabituel, presque personne ici ne peint des nus. Cest surtout cette sensibilité autour des corps qui ma touchée, car finalement la plupart des toiles nont pas tellement lair de nus. Cest un coup de foudre qui ne sexplique pas.
Cette quasi-obsession autour du corps, Arnold lassouvit aussi via la danse, quelle pratique depuis son plus jeune âge. Les danses que jai découvertes en Afrique noire pendant mon enfance mont marquée. Alors que la peinture est un exercice de création introspectif et douloureux, la danse permet de se laisser aller dans un échange direct avec le public. Réinstallée depuis cinq ans à Casablanca, elle danse en solo, entourée des chanteurs lyriques de la troupe Proarta, fondée par Johanna Rusu et Ciprian Oloï, sur du Oum Kalthoum. Quant à sa fille, Marine, elle chante Carmen début avril avec un chur denfants et lOrchestre philharmonique du Maroc. Bon sang ne saurait mentir... |
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Le bain, 1,40 x 50 cm, 2006.
Elle a une position de tristesse, on dirait quelle pleure. Pourquoi ? On ne sait pas trop, on garde du mystère, on cache certaines choses
Lidée est de montrer la féminité, mais sans dévoiler trop.
Ombrager, 145 x 55cm, 2006.
Celle-ci est presque absorbée par le fond, comme si elle était aspirée par le papier
Elle se dérobe, tout en conservant une position proche de celle dune statue.
Corpus, 110 x 54 cm, 2006.
Cest un homme, dont jai cherché à représenter la fragilité. Pas sa puissance, ni sa virilité, ni même sa musculature, même si elle est visible. Il pleure, et il se voile un peu la face
Nu en Appui, 67 x 81 cm, 2005.
Cette femme nous regarde droit dans les yeux. On ne sait pas qui elle regarde dailleurs, mais son regard est déterminé, elle na pas peur. On voit tout son visage, alors que souvent une partie reste dans lombre. Pendant longtemps, jai peint des visages aux yeux fermés, mais ils souvrent de plus en plus maintenant. On ne se ment plus, on ne se cache plus
Pleuvoir, 50 x 49 cm, 2006.
Le titre veut tout dire : elle pleure
Et puis il y a ces taches de sang. On ne sait pas doù il vient, mais on sent quelle est blessée, quelle souffre. |
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