Bravo, Majesté !
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Cette séance de photos avec la presse marocaine est plus efficace que tous les poncifs officiels réunis !
Cest une première, quil convient de saluer chaudement : le roi Mohammed VI a reçu, au palais de Rabat, deux équipes de journalistes marocains, celles des magazines mensuels féminins Citadine et Nissaa Min Al Maghrib. Ce faisant, il a rompu avec une tradition (comme quoi, il y en a de mauvaises) qui consistait, pour la famille royale marocaine, à naccorder ses faveurs quà la presse étrangère. Bravo, Majesté, pour cet acte de patriotisme journalistique ! Dores et déjà, la
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haute tenue des reportages des deux magazines - photos impeccables, mises en pages élégantes, textes soignés - démontre ce que nous avions toujours écrit, sur ces mêmes colonnes : la presse marocaine est suffisamment mûre et professionnelle pour faire des reportages people de qualité, qui nont rien à envier à ceux de Paris Match.
Dès le lendemain de la naissance de la princesse Lalla Khadija, les propriétaires des deux mensuels ont été contactés par le protocole royal pour leur proposer (bel euphémisme !) un reportage-photo complet de la famille royale. Le jour de la prise de vues, Mohammed VI, apparemment décontracté, sest adressé aux photographes pour discuter (sympathique euphémisme, là encore) des angles de vue. On imagine nos confrères tétanisés, mais non ! Lun (ou lune) dentre eux a même suggéré, pendant la séance de pose, que Moulay Hassan fasse un bisou à Lalla Khadija. Ce à quoi le roi sest gentiment opposé, au motif quil était trop tôt pour demander ce geste à un petit garçon encore jaloux de lattention générale portée à sa sur. On a même appris, dans la même veine, que la première activité publique du jeune prince, 4 ans (il était aux côtés de son père, pendant une audience officielle), intervenue 5 jours après la naissance de Lalla Khadija, était un acte pédagogique royal léquivalent, chez les gens normaux, du cadeau que la petite sur a amené avec elle, du ventre de sa maman. Un petit garçon qui a dailleurs promis, face aux journalistes, quil partagerait ses jouets avec sa sur. Pas encore conscient de la réalité de sa condition, le jeune prince ne sait pas quil a assez de jouets pour les partager avec la moitié des enfants marocains, mais bon
La scène est indiscutablement touchante, et participe, infiniment mieux que tous les poncifs officiels, à adoucir limage de la famille royale. Dans le même registre, limage du roi enlaçant tendrement son épouse (ses doigts sont visibles sur sa hanche et son épaule !) fait particulièrement plaisir à voir. Sacrés, ces gens ? Peut-être, mais finalement humains, comme tout le monde. Ça, cest de la com intelligente ! Et quel bonheur, quon fasse (enfin) confiance à des Marocains pour la réaliser
Parce que tout ça, évidemment, cest de la com, pas du journalisme. Que nos consurs de Citadine et Nissaa ne nous en veuillent pas : il ne sagit absolument pas dune critique. Au contraire, le ton laudateur est la règle, dans ce genre dexercice Paris match, dailleurs, ne fait pas autre chose. Aujourdhui, on a la preuve que les Marocains aussi peuvent faire du (bon) people royal.
On attend, maintenant, la prochaine étape : pour parachever ce nouveau cycle de confiance qui souvre entre la royauté et la presse nationale, le roi doit accorder une interview politique à des journalistes marocains. Cest un exercice différent du people, parce quil suppose moins de déférence, et plus de questions pointues, voire embarrassantes. Quand ? Cest au roi de décider, et il prend manifestement son temps. On attendra, même si ça doit être Le Matin, et même si le protocole royal écrit les questions et les réponses ! Lessentiel est de marquer un pas. Il y a des jours, comme ça, où on a envie dêtre optimiste... |