Terrorisme. Les salafistes montrent patte blanche
Reportage. La chasse aux mendiants
Radioscopie. Le chaudron de Douar Sekouila
Enquête. Les VIP de Oukacha
Parution. Politique show
Affaires. Elalamy tisse sa toile
Tournage. Dans la peau de Ben Barka
Peinture. Corps et âmes
Hamid Zahir. Le troubadour de Marrakech
N° 267
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Ahmed Housni (g.), organisateur
du festival de Tétouan, aux côtés
de festivaliers, dont Ali Essafi (d.).
(MOHAMED REDA)

Festival. La rançon de la gloire

Le Festival de cinéma de Tétouan fait sa mue pour mieux grandir. Signe des temps, un tapis rouge accueillait les visiteurs de cette treizième édition. Même la presse régionale, longtemps écartée, a été conviée, badgée et placée pour assurer une meilleure couverture de l’événement. Must du must, des traducteurs étaient présents pour faciliter la communication entre les participants. Pour augmenter la fréquentation des salles, les organisateurs sont allés jusqu’à revoir les tarifs à la baisse. Résultat, Les anges de Satan de Ahmed Boulane, qui concourt dans la catégorie long métrage, a drainé près de 900 visiteurs
pour la seule journée de mardi, une réelle performance sous nos cieux. Revers de la médaille cependant ; une sécurité pléthorique déployée sur les sites du festival a dénaturé quelque peu le cachet familial de la semaine cinématographique tétouanaise. Certains regrettent déjà l’ambiance conviviale des années précédentes où le festivalier lambda pouvait taper la causette avec Youssef Chahine au hasard d’une projection. Strass, paillettes mais la touche rebelle s’accroche : pas de cravate ni de nœud papillon chez les officiels, un peu comme pour imprimer un style propre à ce festival. Autre signe des temps, le cinéma égyptien, grand invité de toutes les éditions du festival, et encore cette année avec cet hommage à Abdelhalim Hafed, a cependant trouvé concurrence tant dans la programmation que dans le protocole. C’est bien connu, les changements ne font pas que des heureux !


Sortie. Panne d’oreiller

Sur l’îlot de Sidi Abderrahmane, au large de Casablanca, un vieux footballeur (Hassan Skalli) vit dans le souvenir d’une finale qu’il aurait pu disputer s’il n’avait passé la nuit avec une chouafa (Raouia). Englué dans le ressentiment et les regrets, il a mis tous ses espoirs dans Alia, une gamine abandonnée que les flots lui ont offerte comme une pêche miraculeuse. Alia est une amie de Jade, un jeune orphelin rêvant de disputer la Coupe du monde sous les couleurs du Maroc. Sur l’îlot, la vie tourne au ralenti pour Jade et Alia, le temps y est suspendu plus qu’à l’accoutumée : tous les habitants attendent le résultat de la candidature du Maroc à l’organisation de la Coupe du monde 2010. Sur ce canevas, Narjiss Nejjar a tenté de réaliser un film catharsis pour un peuple déçu de voir ses rêves de grandeur partir en fumée. Sur l’écran, la guérison n’est pas au rendez-vous et l’overdose de drapeaux assurée. Passé le premier quart d’heure, beau et prenant, Wake up Morocco verse dans le patriotisme simpliste, victime de “watanounisme” aigu.

Wake Up Morocco, au Mégarama.



Concert. La croisière s’amuse

La bomba libanaise Haïfa Wehbe sera à nouveau au Maroc le 7 avril prochain pour un concert exclusif retransmis sur les ondes de Cap Radio, la station de Ali Lazrak, qui couvre les régions du Nord, du Rif et de l'Oriental. L’originalité n’est pas là, Haïfa étant chez nous plus souvent qu’à son tour. Mais cette fois-ci, ni test sida au programme ni banal concert marrakchi : Haïfa chantera sur un bateau au large de Tanger. Et pour que le mythe reste intact, presque inaccessible, le concert n’excédera pas 20 minutes top chrono et sera réservé à 200 privilégiés, invités de la radio du Nord. Après la sirène de Copenhague, la sirène de Tanger ?


Expo. Toiles sur roues

Quatre oeuvres d’art sur roues ! C’est ce qu’ont pu admirer les visiteurs de la Villa des arts de Rabat depuis le 16 mars dernier, et que leurs “homologues” casablancais auront le loisir de découvrir du 30 mars au 7 avril. Une exposition qui réunit quatre voitures, parmi les quinze pièces qui composent la collection BMW Art Cars, exposés au BMW Mobil Tradition, le musée munichois de la marque allemande. Des voitures ? Pas exactement. Plutôt des créations de peinture ou de sculpture, signées par des artistes renommés (dont Andy Warhol et Roy Lichtenstein) et prenant pour support les bolides allemands. La première de toutes, réalisée en 1975 par le sculpteur Alexander Calder, fait partie des quatre pièces déplacées par convoi spécial pour officier dans les deux expositions marocaines. Deux petits événements, concoctés conjointement par le constructeur allemand, son importateur marocain, la Smeia, et la Fondation ONA.

BMW Art Cars. Du 30 au 7 avril à la Villa des arts, Casa.



Nouvelle scène. En route pour l’Boulevard

La saison de L’Boulevard a commencé. Le dépôt des candidatures est ouvert à partir de cette semaine aux aspirants au tremplin (dossier téléchargeable sur www.boulevard.ma et à déposer avant le 20 avril). Petite contrainte cette année cependant. Les dossiers devront impérativement être accompagnés d’une vidéo afin que les organisateurs s’assurent que les compositions appartiennent bel et bien aux groupes participants : “Les années précédentes, on a eu droit à des démos audio avec des passages de batterie ou des solos de guitare empruntés à d’autres groupes”, argumente Hicham Bahou co-organisateur de L’Boulevard. Maintenant que c’est dit, petite mise en bouche en attendant cette 9ème édition fixée du 31 Mai au 3 juin prochains. Gojira, Coldcut, et Puppet Masters ont déjà donné leur accord de principe…


Album. Terre de baiz nass

Dernière ligne droite pour les Fez city clan avant le bouclage de leur maxi “Ard l’Baiz nass”. Terre de Business ? Juste. Mais le titre se lit aussi Baiz Nass (prononcer ennass, les gens). “ça parle d’un pays où les gens se font arnaquer au quotidien, dans tous les domaines”, résume Simo des FCC. L’opus de 7 titres sera dans les bacs le 20 avril. Et comme le veut l’usage désormais, les rappeurs de Fès ont fait à appel à leurs voisins meknassis H-kayne, pour un featuring. Le temps de sa mise en boîte, le combo servira un avant-goût le 14 avril, à l’IF de Fès le 14 avril, et le 19 Avril à l’IF de Casablanca. Last but not least, l’actrice Amal Atrach a rejoint le clan des rappeurs de Fès pour cet album. Suspense…


Grand prix de la Nouvelle. J moins 10

Le compte à rebours est déclenché pour les 26 candidats du Grand Prix de la Nouvelle. Le 10 avril prochain, seront choisies et récompensées les deux meilleures nouvelles présentées lors de cette deuxième saison du concours. Sponsorisé depuis le début par la BMCI et soutenu par l’Ambassade de France, cet événement culturel, créé par Tarik Editions et TelQuel, s’adresse, rappelons-le, aux nouveaux talents. Le jury, présidé cette année par Kacem Basfao, chercheur et universitaire, est composé des écrivains Anne Bragance, Moha Souag, Amina Benmansour et Souad Balafrej, libraire et présidente de l’APELL (Association pour la promotion de l’édition du livre et de la lecture) et, last but not least, le grand Driss Chraïbi en personne ! Que le meilleur gagne.


Le livre.

Dans un registre proche de ses précédentes chroniques réunies dans “Je t'ai à l'oeil”, notre collègue de Nichane Maâti Kabbal revient avec tendresse et humour sur les décalages de perception qu'inspire l'exil en adoptant un regard amusé et léger sur l'épaisseur du monde. Les treize nouvelles du recueil mettent en scène des personnages plus improbables les uns que les autres, offrant un condensé de petites histoires de la vie de tous les jours que l'on parcourt avec fébrilité. Le dramatique y fait bon ménage avec l'humour, et les éclats de darija assaisonnent le tout d'une poignée d'épices. À déguster avec un bon berrad d'ataï ou un grand verre de lait. Au choix.

Maati Kabbal, Maroc, Eclats instantanés, Ed. Le Grand Souffle




Humeur.
Rock’n Al Moufti

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Un jeune ambitieux doit faire le parcours du combattant pour être considéré comme un chanteur engagé et devenir sex symbol chez les jeunes filles pubères. Répétitions, L’Boulevard, beaucoup de messages altermondialistes, Essaouira… Et après des litres de sueur, la consécration sous la forme des questions brûlantes d’Ajial sur 2M. Comme cela bouchonnait du côté rocker libertaire et de 2M, Rachid Ghoulam, chanteur sympathisant d’Adl Wal Ihsane, a préféré prendre en sens inverse la voie express vers la gloire et les midinettes. Chanteur de cabaret, il rencontre Cheikh Yassine qui lui donne deux trois conseils artistiques pour booster sa carrière. Rachid abandonne son répertoire pour ivrognes mélomanes afin de se lancer dans l’explicit lyrics en se (re)convertissant dans la psalmodie du Coran. Et après quelques ablutions, la consécration est très vite au rendez-vous : Rachid est arrêté pour adultère avec une groupie folle des chanteurs à texte. Même la pudique MAP, peu encline en temps ordinaire à se mêler des histoires de fesses des autres, s’est fendue d’une dépêche narrant les frasques sexuelles de Rachid. Toujours prêt à aider, Aujourd’hui le Maroc lui file aussi un coup de main en précisant, au passage, que Rachid a été appréhendé dans un quartier réputé avoir abrité plusieurs homosexuels étrangers. En deux temps trois mouvements, Rachid a réussi à se bâtir une image sex, drugs and rock’n roll. Il faut dire que depuis que son mentor Cheikh Yassine traverse sa période Yellow Submarine, champignons de Paris et d’ailleurs, il s’est ouvert les portes des médias. C’est Phil Spector puissance 10...



Maroc TeleSlam
Maroc Telecom se démène pour séduire les Djeun’s. Après s’être payé les services des aînés de la scène rap pour ses spots “MobiSud”, IAM lance le premier concours de Slam au Maroc. Les candidats ont jusqu’au 27 avril pour déposer leurs slams en ligne sur www.slam.ma


Entre parenthèses
Du 18 au 25 mai prochain, Hicham Fallah et Chrif Tribeq iront à la pêche au financement à Cannes. “Entre parenthèses”, premier long-métrage des réalisateurs, a été retenu par le Festival de Cannes, pour participer à l’atelier de la cinéfondation, lancé en 2005 pour assister les jeunes cinéastes.


Le film de Safi
Double hommage à Jilali Ferhati et Mohamed El Habachi, à la 5ème édition du Festival du film francophone de Safi, du 3 au 7 avril prochain. Côté compétition, “La couleur du sacrifice”, le docu-fiction de Mourad Boucif sur les anciens combattants fera concurrence aux “Indigènes” de Rachid Bouchareb.

 
 
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