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Par Adil Mafhoum
Télévision. Vieille dame et nouvelle scène
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Photo de famille des artistes
de la nouvelle scène, invités
au Al Oula Show.
(DR)
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Avec une nouvelle émission, baptisée Al Oula Show, la TVM compte s'offrir une nouvelle jeunesse. Au programme : la crème de la nouvelle scène musicale marocaine. Rendez-vous le 21 avril pour la diffusion
Lundi 3 avril, les locaux de la TVM à Aïn Chock accueillaient une faune de non-habitués des lieux. Pas de luthiste moustachu ni un seul tarbouche rouge à l'horizon. Plutôt des jeunes gens en jeans rapiécés, t-shirts siglés et, pour certains, des coiffures invraisemblables. Les employés de la TVM sont les premiers dépaysés. Tous ces jeunes qui |
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débarquent ici, c'est complètement différent de ce qu'on a l'habitude de voir, confie un agent de sécurité. Et pour cause : la vieille dame cathodique avait osé une rencontre du troisième type, encore impensable il y a quelques mois : enregistrer une émission musicale avec la crème de la nouvelle scène marocaine, qui sera diffusée le 21 avril prochain.
Que du beau monde
Côté artistes, il n'y a que du beau linge : Amarg Fusion, Hoba Hoba Spirit, H-Kayne, Darga, Bigg et Fnaïre. Bref, ce qui se fait de mieux dans la scène underground
qui l'est de moins en moins. Momo Merhari, le co-organisateur emblématique du L'Boulevard, s'est chargé, quant à lui, de rameuter le public. Panique générale : pour le moment, ils ne sont qu'une petite trentaine à avoir fait le déplacement. La RTM, c'est pas vraiment le trip télévisuel jeune par excellence, s'excuseront les absents. Pour une fois, ils avaient tort. On n'a eu l'accord pour ramener notre public que le dimanche 1er avril. On n'a pas eu le temps pour rassembler assez de monde, souffle Momo en jonglant avec son téléphone portable. Quelques dizaines de minutes et autant de coups de fil plus tard, tout rentre dans l'ordre : l'effectif du public se monte désormais à près de 200 personnes.
Ali Essafi, le directeur artistique de la SNRT fraîchement nommé, déambule dans les couloirs, fait le détour par la régie, jette un il sur le studio, où quelques techniciens français effectuent les derniers réglages des lumières. L'équipe technique est française, avec quelques membres marocains, mais le tournage de cette émission nous permet aussi de former notre équipe à travailler sur ce type de programmes, confie-t-il. Maintenant, la brèche est ouverte aux artistes de la nouvelle scène avec Al Oula Show.
Le show, justement, peut commencer. Ou plutôt le tournage. Pour l'animation, on a été chercher Noureddine Karam, l'animateur de l'émission VIP sur Rabat Chaîne Inter. Il s'installe dans son nouveau décor, digne des émissions hexagonales, simple et efficace : de gros caissons en guise de chaises pour l'animateur et ses invités, des jeux de lumière à foison, une scène au centre et un public plus qu'enthousiaste tout autour.
Best of sur scène
Les groupes et artistes se succèdent sur la scène, dans une ambiance de concert, chacun pour trois titres. Bigg, le rappeur casablancais, vole une nouvelle fois la vedette. Quand il quitte la scène, les rappels du public fusent. En vain. H-Kayne ont eu la partie moins facile : les Meknassis ont dû rejouer leur Aïssawa Style à trois reprises avant que l'enregistrement ne soit jugé satisfaisant. Hoba Hoba Spirit, quant à eux, font un tabac avec leur imparable Bienvenue à Casa. Mention spéciale à Azeddine, le claviste de Darga, qui venait de perdre son père la veille. Il a quand même tenu à être de la fête, pro jusqu'au bout. Seul petit bémol : Bigg, comme certains de ses confrères, a dû sacrifier à l'exercice de l'autocensure sur certains de ses textes. Mais ne boudons pas notre plaisir. Ce n'est pas parce qu'elle s'offre un lifting qu'il faut brusquer les rhumatismes de la TVM.
Noureddine Karam prend le relais. Premier invité : l'inévitable Omar Essayed des Nass El Ghiwane, représentant de la génération 70's, qui dit tout le bien qu'il pense de la nouvelle vague : Ces jeunes sont en quelque sorte les successeurs de Nass el Ghiwane. C'est juste qu'ils s'expriment à leur manière. Personnellement je les considère un peu comme mes enfants. Vient ensuite le tour de Momo Merhari et des membres des différents groupes qui, pour la première fois, adressent la parole à un micro de la TVM.
Le tournage se poursuivra jusqu'à minuit. Réfugié à la régie, Faïçal Laraïchi, le patron du pôle audiovisuel public unifié, avait tout suivi sur les moniteurs. Et il avait du mal à cacher sa satisfaction... |
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