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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Chadwane Bensalmia

“Je me sens vivante sur les planches”

Antécédents
Amal Atrach
Comédienne
(TNIOUNI / NICHANE)

1976. Naissance à Rabat.
1997. Premier rôle dans la pièce “Au-delà du mur” de Mohamed EL Hor.
2002. Première apparition télé, rôle de Aïcha dans la sitcom Lalla Fatima.
2004. Naissance de son fils, Haïtam.
2006. Retour aux planches au sein de la troupe Tensift.

Smyet bak ?
El Bouazzaoui Atrach

Smyet mok ?
Fatima bent Zahra.

Le nom du père, madame, vous vivez dans une société patriarcale…
Fatima bent Bendaoud. Désolée, mais je n’ai jamais subi d’interrogatoire. Je ne connais pas les usages.

Nimirou de la carte ?
A 606 663

C’est vite servi, pour quelqu’un qui ne connaît pas les usages…
Je le connais par cœur parce que c’est plus pratique. Besoin d’autres informations ? Mon tour de taille ? Ma pointure ? Je chausse du 37 et porte du 38…

Vous avez la réputation d’une bagarreuse.
Qui se laisserait marcher sur les pieds sans réagir ? Oui, je me bagarre, tous les jours de ma vie, parce que je n’ai pas le choix. Je me bagarre en tant que mère, que comédienne, que citoyenne et enfin en tant que femme divorcée. ça en fait des combats à mener pour une seule personne. Et heureusement pour moi, je n’ai pas à compter mon ex-mari parmi mes problèmes. Je n’en dirais pas autant de toutes les femmes de ce pays !

On vous voit traîner ces jours-ci avec les gens de L’Boulevard, vous vous faites de nouveaux amis ou vous préparez une reconversion ?
J’ai plutôt trouvé des Marocains qui me ressemblent. Des personnes avec lesquelles je partage les mêmes valeurs, les mêmes attentes, et les mêmes rêves pour ce pays. D’ailleurs, ce ne sont pas de nouveaux amis, pas des inconnus. Mais des gens que je connais depuis plus de dix ans maintenant. Nous avons tous démarré à la FOL (Fédération des œuvres laïques). C’est là que j’ai joué ma première pièce de théâtre, aux premières rencontres du théâtre amateur, en 1997. On se connaissait tous de vue, mais on ne s’est jamais vraiment rencontrés. Et ce ne serait probablement jamais arrivé si ce n’était les festivals. Il n’y a pas que le public qui respire pendant les festivals. Les artistes aussi. C’est là que les rencontres se font, que les amitiés se nouent et que les projets naissent.

Pourquoi cette disparition de la télé ?
Pour mieux apparaître au théâtre ! Je n’ai d’ailleurs pas vraiment abandonné la télé. J’ai tourné dans quelques téléfilms depuis Lalla Fatima, mais disons que je suis de plus en plus exigeante vis-à-vis de mon métier et de moi-même. Je n’ai peut-être pas raison dans tous mes choix, mais j’essaie.

Il paraît que l’essentiel des rôles qu’on vous a proposés après Lalla Fatima, se rapprochaient du personnage de Aïcha !
J’ai effectivement reçu pas mal de propositions qui y ressemblaient, que j’ai refusées. Mais j’en ai refusé d’autres qui n’ont rien à voir avec ce personnage. Ce sont les autres qui sont restés prisonniers de ce personnage, pas moi.

Quels autres ? Le public ?
Les autres !

Qu’est-ce que ça de si particulier, le théâtre, pour que vous y sacrifiiez une carrière vraisemblablement plus rémunératrice ?
Au théâtre, chaque jour est une nouvelle leçon. La formation du comédien se poursuit. Le public est réel. On le voit et on le sent. Et puis au théâtre, on assiste à la naissance du personnage, on l’accompagne, on l’influence, on y met un peu de nous.

Vous essayez de me dire que vous vous sentez plus libre sur les planches que devant une caméra ?
Tout à fait. Je me sens vivante.

Vivante dans un art mort, au Maroc du moins !
L’art comme l’Histoire ne meurent pas. Et puis, la mort n’est jamais la fin. Il y a toujours une renaissance, une nouvelle forme de vie.

Vous êtes bouddhiste ou désespérément romantique ?
Je dirais plutôt passionnée. Je crois sincèrement qu’il faut arrêter avec ce négativisme. Je refuse de baisser les bras. Si tous les comédiens de ce pays abandonnaient les planches, là, oui, le théâtre serait mort. Mais nous sommes plus nombreux qu’on ne pourrait le croire. On garde les portes ouvertes en attendant la renaissance et la relève. Il suffit d’y croire. Il faut y croire.

 
 
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