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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le chantier du port
Tanger Mediterranée.
(TNIOUNI / NICHANE)

Maritime. Tanger Med s’agite

Branle-bas de combat sur le futur port Tanger Méditerranée. Les premiers équipements pour le quai à conteneurs sont arrivés. Cinq grues aux mensurations gigantesques : 80 mètres de haut, 145 mètres d’envergure et 1 700 tonnes chacune. Des dimensions à la mesure de l’enjeu: APM Terminals Tangier, filiale conjointe d’Akwa et de AP. Moller Maersk, société attributaire de la concession de ce premier terminal, s’engage sur un transit minimum de 1,4 million de conteneurs par an. Pour ce faire, elle devrait injecter 1,76 milliard de dirhams dans cette concession qui emploiera un effectif avoisinant les 700 personnes.
L’arrivée de ces engins permet de rassurer sur le respect des délais : l’activité de transbordement devrait alors démarrer comme prévu par le calendrier initial, soit juillet 2007.

Le deuxième quai à conteneurs de Tanger Med fait aussi l’actu cette semaine. Le changement de l’actionnariat de la Comanav change la donne. En effet, la concession de ce quai avait été accordée à un groupement de cinq entreprises dont CMA-CGM et Comanav. Mais le rachat de la compagnie maritime nationale permet à CMA-CGM de monter à 40% dans le capital de Tanger Med Gate, l’entité créee pour gérer cette concession. Une bonne affaire pour l’opérateur français, lorsqu’on sait que Comanav a été vendue, en totalité, pour 2,25 milliards de dirhams. 50 millions de plus seulement que le prix minimum fixé par l’organisme d’évaluation.


Vision 2010. Les MRE deviennent des touristes

Assiyahia. C’est le nom qu’a choisi l’ONMT pour ses offres packagées à des tarifs préférentiels destinées aux MRE. Une nouvelle stratégie qui vise clairement à promouvoir le Maroc en tant que destination touristique auprès de cette cible. Assiyahia, commercialisée dans un premier temps en France et en Belgique, permet alors à ces Marocains résidant à l’étranger d’être dorénavant considérés comme des touristes à part entière. D’ailleurs, ils le sont déjà si l’on se fie au nombre de touristes annoncé par le ministère. En effet, sur les six millions de touristes déclarés pour 2006, pas moins de 50% sont des MRE. Malgré cette comptabilité relativement trompeuse, l’on est bien loin de l’objectif des 10 millions de touristes à l’horizon 2010. Néanmoins, en termes de revenus, les ambitions de la “vision 2010” devraient logiquement être revues à la hausse. Le ministère tablait sur 80 milliards de dirhams de recettes à cette échéance, alors que l’on frôle déjà la barre des 100 milliards de dirhams si l’on inclut les transferts des MRE aux recettes du tourisme.


Automobile. Après les Chinoises, les Indiennes

La marque indienne Mahindra fait son entrée au Maroc. Le constructeur indien a déjà fait parler de lui au niveau international en signant, récemment, un accord avec le groupe Renault pour la fabrication et la commercialisation de la Dacia Logan en Inde. Pour s’attaquer au marché marocain, Mahindra s’appuie sur le groupe français Bernard Hayot (GBH). Une filiale dédiée, Mediauto, vient d’être créée pour opérer comme distributeur exclusif de la marque indienne. Le premier show-room vient d’ouvrir ses portes et Mediauto ambitionne d’élargir son réseau à 11 points de vente. Un succès que n’a pas encore connu l’autre filiale du groupe BGH, Madiva, qui a commencé à commercialiser depuis plusieurs mois des marques chinoises.


Aérien. ça rame en Afrique

Après avoir vu la flotte de sa filiale au Sénégal clouée au sol pendant plusieurs jours en raison d’une grève, une autre mauvaise nouvelle vient perturber Royal Air Maroc. Les tractations pour la reprise de la défunte Air Gabon sont définitivement rompues. La nouvelle compagnie qui a pris le relais, Gabon Airlines (original comme changement de nom), annonce son premier vol pour le 10 avril. Pis encore, la nouvelle compagnie se montre agressive en proposant la liaison Paris-Libreville 20% moins cher que son concurrent, Royal Air Maroc. Cette dernière se console néanmoins par une reprise des négociations pour une prise de participation majoritaire dans le capital d’Air Mauritanie International. Un dossier qui est ressorti des tiroirs après les dernières élections présidentielles en Mauritanie. Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?



Homo Economicus.
Sex machine

Une fois n’est pas coutume, le personnage s’appelle James. En fait, c’est le sobriquet qu’a choisi Jamal Braouni, originaire du Moyen-Atlas, lors de son séjour à l’Université Libre d’Amsterdam. De retour au bled, il se positionne comme “challenger” pour lancer un projet de développement pour son douar, réputé offrir joie et plaisir aux automobilistes traversant la route nationale n°8. “Iwa malha ! Il y a bien des jeunes entrepreneurs moins doués qui passent à la télé”, se dit James. C’est qu’il est convaincu du succès de son entreprise : “Une maison close regroupant six filles et une maquerelle, à plein régime, dégage un chiffre d’affaires mensuel de 38 000 dirhams. Un volume d’activité suffisant pour intégrer l’économie formelle”, peut-on lire sur la fiche de présentation de son business plan. L’étude de faisabilité permet, selon ses prévisions, de rentabiliser le projet tout en garantissant l’Assurance maladie obligatoire aux travailleuses du sexe, leurs cotisations aux caisses de retraite et même… le reversement de taxes à l’Etat. “Aâlach La ! Quand le ministre des finances déclare en aparté qu’il aurait aimé imposer le pourboire des serveurs pour doper les recettes fiscales, autant taxer les p… Cela permettrait au moins d’élargir vraiment l’assiette”, argumente James. Naïf comme il est, notre proxénète en herbe ignore certainement que le business du sexe répond à un autre modèle économique. L’AMO ne couvre pas les MST, les cotisations sociales ne servent à rien quand on part à la retraite avant la ménopause. Quant aux taxes, les percepteurs du secteur ne sont pas des agents du fisc… mais tout simplement des agents en uniforme.



OFF.

Les licenciés de General Tire Maroc devraient bientôt toucher leurs chèques (après sept ans de chômage). Le tribunal a ordonné le début des procédures pour verser les indemnités des 226 salariés que le groupe Aït Mzal s’est engagé à prendre en charge lors de la reprise de la société. Il reste néanmoins 500 autres personnes qui devraient percevoir leurs indemnités en fonction de futurs jugements.

 
 
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