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People. Haïfa à bâbord
Littérature. Les bonnes Nouvelles
N° 269
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui
(envoyé spécial à Tanger)

People. Haïfa à bâbord

Haïfa Wehbe a enflammé un
car-ferry tangérois… pendant
vingt petites minutes.
(DR)

Un petit tour et puis s’en va. La star libanaise a fait le déplacement à Tanger pour le lancement de la station Cap Radio. Récit d’une journée particulière.


Vendredi 6 avril. Il est 20 heures quand Haïfa Wehbe, fraîchement débarquée de Beyrouth, foule le tarmac de l’aéroport Mohammed V de Casablanca. Dans ses bagages, sa garde rapprochée, composée de 6 personnes : manager, chef de sécurité, maquilleuse, photographe, coiffeur et DJ. Car Haïfa, surtout en play-back, a besoin de son DJ attitré. Normal, vu que c’est lui qui assure l’essentiel du boulot. Après
Casablanca, direction Tanger, pour se réfugier dans un 5 étoiles de la ville. La raison de ce déplacement ? La diva siliconée donne un concert le lendemain à l’occasion du lancement “médiatique” de Cap Radio, nouvelle station qui émet depuis Tanger vers le Nord et l’Oriental.

En fait, concert est un grand mot. Haïfa ne se produira qu’une petite vingtaine de minutes, pour lesquelles Cap radio a dû quand même débourser quelque 50 000 dollars… dont 25 000 payés d’avance par virement bancaire. À cela, il faut ajouter de menus frais : la star se déplace uniquement en Business Class dans les airs, et en limousine quand elle redescend sur terre ! Les organisateurs avaient bien pensé à d’autres stars (moins chères ?) mais, désistements successifs aidant, ils ont fini par opter pour Haïfa. Pas mal pour un choix par défaut ! “Pour nous, c’est une excellente association d’images. Haïfa est vraiment la star du moment”, acquiesce Samir Abdelmoula, co-fondateur de Cap Radio et accessoirement directeur marketing et ventes de Comarit.

Samedi 7 avril, le jour J. Usée par son long périple (près d’une dizaine d’heures entre le vol et l’escale à Casablanca), Haïfa s’offre une grasse matinée et passe le reste de la journée à cocooner dans sa suite. En fin d’après-midi, elle sort enfin du lit et commence à se préparer. Pas de dîner VIP avant le show. La star daigne tout de même recevoir quelques happy few, dont le ministre de la Communication, Nabil Benabdellah, accompagné de son épouse, ou encore Mohamed Hassad, Wali de Tanger.

Play-back “live”
Pendant ce temps-là, le commun des mortels (mais heureux invité quand même) embarque sur le Banasa. Pas de Haïfa à bord du car ferry de Comarit, mais un buffet gargantuesque pour faire patienter l’assemblée.

Vers 23 heures 30, l’humoriste Baz, improvisé chauffeur de salle, annonce l’arrivée d’une certaine “Daïfae”. Sourires gênés dans l’assistance. Une voix souffle un nom et Baz se corrige. Haïfa finit par faire son entrée, précédée par des gardes du corps bodybuildés. Les quelque 300 personnes à bord, jusque-là bien calmes, plongent dans un état quasi hystérique. La foule se rue sur la star libanaise, téléphone portable à la main, option appareil photo activée, pour immortaliser le moment. Haïfa adresse des “bahebkoum” et des “mirci” dans un accent caractéristique, avant de faire mine d’entonner sa première chanson… en play-back, bien sûr. Le MTV Unplugged version Moyen-Orient, c’est pas trop le genre de la maison.

Dans le public, des quadras BCBG désinhibés semblent retomber en adolescence, poussant des cris aigus à chaque mot (réellement) murmuré entre deux chansons par Haïfa. Les plus hardis des spectateurs, agglutinés à moins d’un mètre de Haïfa, grignotent l’espace vital de la star, qui leur demande gentiment “de reculer” (en français dans le texte), avant d’ajouter, sans transition, un “I love Morocco”, comme pour éviter d’être prise à parti. Ils s’exécutent, font un pas en arrière, avant de revenir à la charge, à la manière d’un mur de footballeurs qui grappille des centimètres au vu et au su d’un arbitre résigné.

Quelques minutes et chansons plus tard, fin des festivités. Haïfa tire sa révérence devant la foule surexcitée. Les vingt minutes contractuelles sont épuisées. Le public, toujours sur sa faim, n’est pas encore remis de ses émotions. La chanteuse, quant à elle, est déjà en route vers l’hôtel, pensant probablement à son prochain vol pour Beyrouth...

 
 
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