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Littérature. Les bonnes Nouvelles
N° 269
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Youssef Ziraoui

Littérature. Les bonnes Nouvelles

De g. à d. : Mourad Chérif (BMCI), Ahmed R. Benchemsi (TelQuel),
Bichr Bennani (Tarik Editions),
Kacem Basfao (président du jury),
et Khalid Aboukhalid (le vainqueur).
(TNIOUNI / NICHANE)

La seconde édition du Grand prix de la nouvelle, co-organisé par TelQuel et Tarik Editions et sponsorisé par la BMCI a consacré Khalid Aboukhalid, pour sa nouvelle “Ceci n’est pas à vendre”.


Il aura fallu plusieurs heures de discussion animée pour que les membres du jury élisent enfin le gagnant de la deuxième saison du Grand Prix de la Nouvelle, concours littéraire organisée par TelQuel, Tarik Éditions et la BMCI. “Les délibérations ont été particulièrement vives”, précise Isabelle Nyffegger, membre du jury représentant l’Ambassade de France, également partie prenante dans l’événement.
Retour en arrière. Mai 2006, l’appel à candidature est lancé. Dans les mois qui suivent, 177 nouvelles, affluant des quatre coins du royaume, atterrissent sur les bureaux de Bichr Bennani et Marie-Louise Belarbi, les deux éditeurs, parrains du Grand Prix. Un nombre conséquent, malgré la difficulté de l’exercice d’écriture d’une nouvelle. “Le nouvelliste plonge verticalement pour remonter ce qu’il entrevoit. Le romancier lui, fait la brasse, gentiment. Parfois, il fait la planche, et les pages sont un peu moins bonnes”, expliquera Anne Bragance, membre du jury qui pratique les deux disciplines.

Véritable engouement
Chez Tarik éditions, un comité de lecture regroupant des universitaires et des professionnels du livre se charge d’examiner les manuscrits pour un premier tri. Les oeuvres sélectionnées sont ensuite soumises au jury final. Au total, 26 nouvelles traitant de thématiques diverses, allant de la condition féminine à l’exode rural, sont choisies et publiées entre août 2006 et mars 2007 dans des suppléments de TelQuel.

L’effectif des auteurs est plutôt hétérogène. Dans le lot, on trouve des étudiants, des chercheurs, des cadres bancaires et même… un ergothérapeute. “Des nouvellistes âgés de 15 à 65 ans, de Kasbat Tadla à Sefrou en passant par El Hajeb, ont participé au concours. La volonté d’expression s’affirme progressivement, souligne le président du jury, Kacem Basfao, chercheur et universitaire. De plus, cette année, la parité hommes-femmes a été respectée chez les participants”. Un joli pied de nez aux prophètes de malheur, qui prévoient la fin de la nouvelle en tant que genre littéraire au Maroc. Marie-Louise Belarbi, qui couve l’évènement depuis sa naissance, espère également que le goût de l’écriture touche d’autres jeunes, et “qu’il y ait un effet boule de neige”. Comme l’enthousiasme, la qualité est au rendez-vous. Pour Driss Ksikes, journaliste revenu à l’écriture, “2007 est un bon cru. Le choix du gagnant ne m’a pas surpris, aussi bien pour le style que le respect du genre littéraire”.

Bonnes volontés
Même ambiance pendant la conférence de presse, annonçant les résultats du concours. C’est Khalid Aboukhalid qui remporte le Premier prix, pour sa nouvelle “Ceci n’est pas à vendre” (Supplément TelQuel n° 244). Les bonnes volontés fusent de toutes parts. Une journaliste suggère aux organisateurs de republier les nouvelles des deux gagnants. La phrase fait mouche, notamment auprès de Karima Morsy, directrice de la communication à la BMCI, sponsor du concours depuis ses débuts. Elle promet de soumettre l’idée à qui de droit. Dans la foulée, Anne Bragance se propose pour animer gracieusement des ateliers d’écriture. Bichr Bennani, plus pragmatique, précisera qu’il reste beaucoup de travail à accomplir, tout en ajoutant que les instances gouvernementales, notamment le ministère de la Culture, doivent encourager ce genre d’évènement. Et d’ajouter : “Il faut bien que les maisons de la culture servent à quelque chose”.

Driss Ksikes, dans un autre registre, y va de sa proposition : “L’expérience devrait devenir bilingue. Car si on trouve ici et là des gens qui écrivent en français, il devrait en principe s’en trouver bien plus qui écrivent en arabe, et qui cherchent de la visibilité”. Une piste à explorer pour les prochaines éditions. Un peu plus tard, lors de la cérémonie officielle de remise des prix, l’heureux élu apprend qu’il a droit, entre autres cadeaux, à un stage d’écriture à Paris. Khalid Aboukhalid, appelé à adresser un petit mot à l’assemblée, perd d’abord son verbe sous le coup de l’émotion, puis finit par retomber sur ses pattes, jongleur de mots qu’il est. Mais il ne perd pas le nord pour autant, et annonce qu’il recherche un éditeur pour faire paraître un recueil de nouvelles dont il est l’auteur. À bon entendeur…

 
 
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