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Par Hassan Hamdani
Je suis modérateur, pas militant
| Antécédents |
Tarik Essadi
Webmaster de emarrakech.info
(DR)
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| 1971. |
Naissance à Marrakech. |
| 2000. |
Crée son premier site Internet. |
| 2001. |
Se marie et lance le portail emarrakech.info. |
| 2005. |
Remporte le prix Reporters Sans Frontières (RSF) pour son blog Aljinane et crée la première plateforme de blogs marocains. |
| 2006. |
Succès du débat sur lhomosexualité initié sur emarrakech.info |
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Smyet bak ?
Abderrahmane Essadi.
Smyet mok ?
Fatima Selouane.
Nimirou dla carte ?
E 344 834
On fait fortune sur le Net marocain ?
Bien au contraire. Jai dû travailler pour financer ma passion. Au Maroc, les success stories à la manière des créateurs de Google sont impossibles. Il faut plus de cinq ans pour quun site devienne rentable. Grâce aux rentrées publicitaires du portail emarrakech.info, jai des revenus équivalents à ceux dun citoyen de la classe moyenne marocaine. Jai réussi à macheter un appartement et consolider mon entreprise, mais je nai pas les moyens de faire des folies.
Vous ne vous êtes même pas acheté une X-Box 360 ?
Je ne suis pas à la recherche du gadget dernier cri, même si je me suis laissé tenter une fois par un Palm. Connecté plus de 12 heures par jour pour le travail, jai vite eu limpression dêtre encore au boulot, même quand je me détendais dans un café avec des amis. Au bout de deux mois, jai abandonné mon Palm. En fait, je nai pas le snobisme du type qui maîtrise la dernière technique en vogue. Cest léchange qui mintéresse. Je peux dailleurs même me passer de naviguer sur le Net. Par contre, je prendrais très mal le fait de ne pas pouvoir exprimer ma mailomanie. Je reçois 600 mails par jour et jen envoie une centaine.
Et votre femme, vous lavez aussi rencontrée sur Internet ?
Non, plutôt dans un cybercafé à Marrakech. Cétait le premier qui ouvrait au Maroc. En 1996, le prix de lheure de connexion était très élevé : 60 dirhams. Comme nous nous y croisions souvent, mon ex-future femme et moi avions décidé de partager la facture. Nous avions aussi mis au point un système pour nous faire payer des heures gratuites par les autres clients. On les initiait à Internet : une heure de cours nous donnait droit à une demi-heure de connexion gratuite. On a dû transmettre le virus Internet à notre fille. À 4 ans, elle reconnaît déjà le logo de Google.
Sur votre portail emarrakech.info, on débat souvent dhomosexualité. Cest votre petite touche marrakchie ?
Pas du tout. Le sujet a été lancé par les usagers eux-mêmes. Nous avons eu dailleurs des commentaires dinternautes du monde entier. Il faut dire que le site est bien référencé : Marrakech est un mot très recherché sur Google.
Surtout si on lassocie au mot sexe
Il est vrai que sur emarrakech.info, les internautes débattent beaucoup des excès dans la ville. Le bouleversement des murs sest fait si vite à Marrakech que je ne pense pas avoir le recul nécessaire pour le juger correctement. Dun côté, il y a la peur dêtre trop critique et de passer pour un islamiste. De lautre, il y a limpossibilité dignorer les changements sociétaux en cours. Ce constat fait, jai préféré favoriser les commentaires des internautes plutôt que mes opinions personnelles.
Suite au succès du débat sur lhomosexualité, vous avez été tout de même proclamé icône gay par un journal espagnol.
Il y a eu erreur. Je donne la parole à toutes les opinions, mais cela ne signifie pas que je les revendique. Je suis modérateur, pas militant.
Vous avez pourtant déclaré que les blogs seraient un moyen de débloquer la situation sociale au Maroc. Les Marocains qui affichent les photos de leurs copines sur leur blog, ils débloquent quoi au juste ?
Rien. Les blogs nont pas pris au Maroc car les gens ont du mal à exprimer leur individualité. Le souffle leur manque. On lance un blog, on commence par je mappelle Ahmed et jaimerais dire que et on abandonne son blog aussi vite quon la créé. Les jeunes au Maroc ont en fait un simple outil quils utilisent de manière mécanique. Dailleurs, partout dans le monde, les blogs sont en recul sur Internet. Ils nont pas été loutil idéal et final de la communication comme on lavait cru. |
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