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N° 269
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Hassan Hamdani

La semaine.

Quino
(AFP)

Festival d’animation. Mafalda au Maroc

Invité principal du 7ème Festival d’animation de Meknès du 10 au 18 mai prochain, le dessinateur de presse argentin Quino inaugurera l’exposition consacrée à Mafalda, son célèbre personnage de BD créé en 1963. Commencée il y a plus de 40 ans, l’histoire d’amour entre Quino et Mafalda a pourtant failli tourner court tout de suite après leur coup de foudre. “Las de dessiner amphores et plâtres”, Quino quitte les Beaux Arts, crée sa première bande dessinée pour une mercerie, avant d’inventer Mafalda pour illustrer la pub d’une marque d’électroménager. Mafalda devait s’inspirer des Peanuts de Charles Schultz (auteur de
Snoopy, le chien philosophe) ainsi que l’exigeait le brief de l’annonceur. Pourtant, Mafalda ne charme pas les vendeurs d’ustensiles de cuisine qui mettent fin à la campagne publicitaire. Quino récupère les planches et les publie dans un hebdomadaire argentin. Gamine de 6 ans à l’humour fin, Mafalda déride les zygomatiques des pays hispaniques avant de partir à la conquista du monde. La BD est d’abord traduite en italien, sous le titre évocateur de Livre des enfants terribles à l’usage des adultes masochistes. Un intitulé qui en dit long sur les ressemblances entre Mafalda et le petit garçon qu’est resté Quino à 75 ans passés. Notamment, leur haine commune pour la guerre, le racisme, les conventions sociales des adultes et la soupe. Puissent les écoliers invités par le festival à rencontrer Quino et Mafalda en prendre de la graine : méfions-nous de la soupe, elle fait certes grandir, mais trop vite...


Sortie. Sixième round

Un sixième Rocky ? Non merci, serait-on tenté de commenter cette énième prestation de Sylverster Stallone dans le short de Rocky Balboa. Contre toute attente, on aurait bien tort de le faire. De toute la saga du boxeur italo-américain, déroulée sur trente années, le premier et le dernier opus sont certainement les deux seuls à mériter le prix d’un ticket de cinéma.
Le synopsis a pourtant de quoi inquiéter : Rocky Balboa, la cinquantaine largement entamée, décide de remonter sur le ring pour affronter le nouveau champion en titre, un jeunot aussi costaud qu’antipathique. Mais les choses sont un tantinet plus subtiles. Rocky Balboa, c’est moins le topo “tout est possible avec de la volonté” que la chronique d’une résurrection ( la dernière ?). Celle du personnage d’abord, qui retrouve à la fois sa dignité et sa raison de vivre, celle de Stallone ensuite, qui, devant comme derrière la caméra, prouve qu’il valait bien mieux que ce que sa carrière en a fait.

Rocky Balboa, au Mégarama.



Rap. Style Souss producteur

Le quatuor porte drapeau de la scène rap amazigh, Style Souss créera sa propre boîte de production. “Notre label sera le premier dédié aux musiques alternatives à Agadir. Il permettra de structurer la production, la distribution et la création d’événements dans la région”, résume Fat Joe de Style Souss. Le combo est d’ores et déjà en train de négocier avec des artistes locaux qu’ils comptent signer ou distribuer. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, la première production made in Souss Records sera leur second opus de 14 titres “Révolution de Souss”, coup de gueule contre la marginalisation culturelle de leur région.


Radio. Cap sur le succès

Jeune ? Oui. Ambitieuse ? Absolument ? Complexée ? Certainement pas. Après seulement trois mois d’existence, Cap Radio a affiché ses objectifs tambour battant lors d’une conférence de presse samedi dernier (voir article “Haïfa à bâbord”, page 50). Après avoir réalisé “une étude portant sur un échantillon représentatif”, son directeur général, Ali Lazrak, la proclame première radio de la région Nord et Oriental, devant Médi1 et Radio 2M. De Tanger à Oujda en passant par Nador ou Figuig, les dirigeants de la station radiophonique ont recruté leurs troupes dans la région, pour être plus en adéquation avec leur cible. En l’occurrence, un marché évalué à 5 millions de personnes. Et pour ponctuer le quotidien des auditeurs, six bulletins d’information en arabe et autant en tarifit, des émissions de société, ou des programmes sportifs et culturels. Bref, une stratégie marketing bien ficelée qui risque de donner du fil à retordre aux concurrents directs.


Exposition. Nos ancêtres les pas Gaulois

Mais que se passe-t-il au ministère de la Culture ? Depuis quelque temps, le département d’Al Achaâri prend des initiatives heureuses dont l’exposition “Casablanca, il y a un million d’années” n’est pas la moindre. La manifestation retrace la préhistoire de la ville à travers les vestiges archéologiques venant des fouilles réalisées dans divers sites casablancais. Confié à un scénographe français, spécialiste de l’art de l’exposition, le parcours qui recompose l’apparition de l’homme sur le territoire marocain est clair et logique. On déambule sans avoir à chercher toutes les cinq minutes le sens de l’exposition. Et on y glane deux ou trois infos étonnantes. Ainsi, le visiteur sera surpris d’apprendre que Carrière Thomas a abrité la plus vieille présence humaine au Maroc avant produire des kamikazes en série. Petit bémol cependant, certains panneaux explicatifs sont trop techniques. Malgré une observation minutieuse des restes du Kolpochoerus phacochoeroides, impossible de deviner qu’il s’agit d’un sanglier sans une recherche sur Internet. Merci qui ? Merci Google.

Jusqu'au 25 avril courant à la Cathédrale Sacré-Cœur de Casablanca.



Jazz. Di Meola, Al guitariste

À la guitare en 1975 sur l’album Return to forever de Chick Corea, opus décrété culte par les amateurs de Jazz Rock, Al Di Meola est sans contexte la pointure de la 2ème édition de Jazzablanca. Di Meola a ses fans au Maroc, notamment tous les guitaristes fauchés qui n’avaient pas pu assister au concert de John Lee Hooker Jr, autre virtuose des cordes invité de l’édition précédente. Pour tous ceux-là, bonne nouvelle cette année. A l’instar des autres artistes programmés (DeeDee Bridgewater, Sam Kelly, Kenny Garret et Jason Miles), le prix des places pour le concert d’Al sera compris entre 200 et 800 dirhams, contre des tarifs valsant jusqu’à 1800 dirhams l’année dernière. Autre nouveauté, Jazzablanca délocalise au Quai du Jazz et Le Petit Rocher certains de ses concerts, comme l’avait fait avant lui Tanjazz.

Du 17 au 22 avril au Mégarama, Quai du Jazz et Le Petit Rocher.



Projection. Doc au Socco

Fidèle à ses promesses pédagogues, la Cinémathèque de Tanger, inaugurée à l’automne dernier, tient jusqu’au 22 avril ses deuxièmes ateliers DocMaroc, avec le soutien de The European Cultural Foundation. Une formation intensive à base du triptyque théorique-technique-classique, rassemblant douze apprentis réalisateurs marocains et britanniques, épaulés par le prestigieux Documentary Filmakers Group de Londres et des pros du documentaire made in BBC et Channel 4. Au finish, douze courts-métrages de trois minutes, concoctés en tandem biculturel autour du petit peuple du Grand Socco - caissières de cinéma, cireurs de chaussures ou fous de foot lors de DocMaroc 1 – à découvrir au cinéma Rif.

Samedi 21 avril à 14h30 à la Cinémathèque de Tanger, Grand Socco. Entrée libre.



Clip. Flow au cœur de la matrice

ça cogne fort chez les Fez City Clan. Le groupe de rap travaille à l’heure actuelle avec un réalisateur hors norme pour leur prochain clip “Mgharba fl’beat” qui devrait être prêt fin avril. Il s’agit de Len White, créateur des effets spéciaux de Matrix Revolutions et Spiderman 2 pour ne citer qu’eux. “J’ai rencontré Len White par hasard dans un train alors qu’il effectuait un voyage linguistique au Maroc. Emballé par notre travail, il a proposé de réaliser notre prochain clip”, s’extasie Nabil, le manager du groupe, tout tourneboulé par la modestie de Len White. Faute de gratte-ciel pour tisser sa toile, ce n’est pas Spiderman qui squattera les ruelles de Fès, mais plutôt des graffitis et tags vivants se baladant dans la ville.


Documentaire. Free comme Frida

Entre l’Extase et la Douleur, ainsi vont la vie et l’esprit de Frida Kahlo, revisités le temps d’un flamboyant 52 minutes par Ana Vivas et Rodrigo Castano (France-Mexique, 2002), sur des textes de Marina Vlady puisés dans son journal intime. Artiste immense, à vif, écartelée entre symbolisme et surréalisme naïf comme par sa passion pour Diego de Rivera, la peintre mexicaine s’est hissée, aux yeux de Picasso, parmi les meilleurs portraitistes du 20ème siècle. À travers les représentations morcelées de son corps brisé par un terrible accident, Frida Kahlo peignait la violence charnelle et la fascination morbide qui sont aux fondements même de l’inconscient mexicain.

Jeudi 19 avril à 20h, IF de Casablanca



Le livre.

De l’indépendance jusqu’aux années 80, Agata a vécu au Maroc. Côtoyant aussi bien des intellectuels visionnaires que des analphabètes porteurs de traditions ancestrales, Agata refuse de tirer des conclusions hâtives et stéréotypées à l’instar de ceux qui “arrivent à la hâte, ingurgitent tout et le recrachent tout aussi hâtivement dans les pages de livres inconsistants”. Agata, quant à elle, se laisse imprégner par l’atmosphère et la quintessence du Maroc dont elle a presque touché l’âme. Dernier thé à Marrakech est un message adressé à un Occident qui se mure dans ses visions de suprématie coloniale, ses droits de l’homme à sens unique, s’entêtant à ignorer les perpétuelles mutations des civilisations et leurs interdépendances.

Dernier thé à Marrakech : Toni Maraini ; Editions Le lien.




Humeur.
Blind TV

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Il y a un décalage entre les infos de 2M et la réalité. C’est un fait accepté par tous les téléspectateurs, comme le sont les petits mensonges d’une sœur qu’on a appris à tolérer avec le temps. Pourtant mardi soir, le journal télé de la sister, relatant les attentats casablancais qui s’étaient produits le jour même, a donné envie de balancer son poste par la fenêtre à plus d’un Marocain. Et qu’elle tombe sur la gueule d’un kamikaze tant qu’à faire. Tandis que les Marocains étaient en quête de nouvelles fraîches du front, prenant conscience que le pop corn humain risquait bien d’être notre pain quotidien à l’avenir, 2M détournait la tête alors que ses équipes étaient sur les lieux depuis l’ouverture des hostilités. La sœurette de Aïn Sebaâ ouvrait son journal par l’annonce des explosions. Suspense, attente angoissée des premières images d’une réalité qui prenait forme… Retour subit à la virtualité : les activités royales. M6 inaugurait un truc dans un bled. On aurait voulu être plus précis, mais ce truc et ce bled semblaient loin de tout. Et surtout de nos préoccupations, vu qu’il n’y poussait rien et certainement pas des kamikazes. Toujours sur le qui-vive, friande d’actus brûlantes, Al Jazeera la moyen-orientale était chaude comme la braise. En comparaison, la Marocaine 2M était frigide, sèche comme du papier journal mâché et remâché. Et pourtant, c’est arrivé près de chez vous…



Votez fusion !
Le groupe de fusion Midnight Shems rejoint la caravane de Daba 2007 et sillonnera le Maroc pour une tournée de 3 mois qui s’achèvera le 23 juin. But : inciter les jeunes à aller jeter leurs bulletins dans l’urne. étapes prévues : Marrakech, Meknès, Fès, Oujda, Tanger, Kénitra, El Jadida, Safi, et Agadir.


Livres en stock
Une nouvelle librairie a ouvert ses portes, depuis la semaine dernière, Boulevard Ziraoui à Casablanca. Filiale du groupe d’édition français Hachette, La librairie Nationale propose sur 300 m2 des ouvrages de littérature générale et des ouvrages scientifiques.


La femme au baobab
Une africaine à moitié nue accrochée à un baobab surmonté d’un aquarium où un Père Noël s’ébat. Si le choc de ces images entre bande dessinée et psychédélique vous intrigue, filez à l’exposition de Monia Abdelali, une artiste peintre qui expose à la galerie Marone d’Agadir. Promis juré, c’est très particulier.

 
 
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