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N° 269
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Driss Jettou présidant une
réunion avec une délégation
de la CDT le 9 avril dernier.
(MAP)

Dialogue social. Un round très serré

Driss Jettou a dû reporter son voyage en Europe de l’Est pour se mettre autour de la table avec les syndicats. Si le dialogue social est devenu un rituel à chaque veille du 1er mai, cette année, le contexte est particulièrement tendu. D’une part, les organisations syndicales brandissent la menace de la grève qui pourrait paralyser différents départements de l’Etat, pour ne citer que les collectivités locales ou encore la Justice. D’autre part, le gouvernement, s’il est à la dernière année de son mandat, n’en est pas prêt pour autant à accorder des largesses qui pourraient handicaper la future équipe. D’autant que les
doléances des premiers syndicats qui ont défilé dans les bureaux du premier ministre sont nombreuses. La plus importante est sans doute la demande de l’UMT d’une révision à la hausse de 20% du SMIG. Les autres revendications communes aux centrales syndicales portent sur l’application du Code du travail (pourtant entré en vigueur depuis deux ans déjà), mais aussi sur le statut de la fonction publique. Sur ce registre, c’est le système de rémunération (notamment les primes) qui est sur la table des négociations. La formation professionnelle n’est pas en reste. La principale demande des syndicats sur ce point concerne l’abandon du “contrat de services” des formateurs. Les retraites ont aussi été au cœur des débats. Mais sur ce point, le gouvernement a une échappatoire : la Commission nationale chargé du dossier se réunira avant la fin du mois. Une réunion qui devrait permettre de lancer un audit détaillé des différents régimes par un prestataire externe. Affaire à suivre.


Agriculture. Un plan stratégique pour le sucre

Le 70ème congrès international de recherches betteravières (IRIB), tenu récemment au Maroc, a été l’occasion de dévoiler les grandes lignes d’une stratégie de revalorisation de la filière. Le rendement des cultures sucrières au royaume (5 à 6 tonnes par hectare) reste deux fois moins important que les standards européens. La piste la plus indiquée pour améliorer ce taux de productivité n’est autre que la modernisation de cette culture, via l’introduction de la semence monogerme. Autre handicap de la filière : la prédominance des petites exploitations. L’objectif est alors de favoriser les groupements d’agriculteurs possédant des superficies aptes à la pratique de méthodes modernes. De son côté, la Cosumar, principal opérateur du secteur (pour ne pas dire l’unique) compte définir avec l’Etat un cadre de partenariat, sous forme de contrat-programme, qui serait à même d’offrir une meilleure visibilité pour ses futurs investisseurs.


Emploi. Un nouveau site de recrutement

Après Rekrute.com, un nouveau site Internet de recrutement vient de voir le jour. Dénommé AmalJob.com, ce site met à la disposition des entreprises une base de données de CV déposés en ligne par les candidats. Les promoteurs du projet se veulent rassurants quant à la confidentialité du traitement des CV. “C’est fondamental pour attirer les candidats en poste qui craignent que leurs entreprises apprennent qu’ils sont en recherche d'emploi passive”, explique Hicham Lakhmiri, directeur associé d’AmalJob. Le projet vise aussi à faciliter l'insertion professionnelle au Maroc des étudiants et résidents marocains à l'étranger. “J'ai été moi-même étudiant en France et n'ai trouvé aucun moyen me permettant d'approcher efficacement les entreprises marocaines”, conclut Hicham Lakhmiri.


Investissement. Casablanca au top

Le directeur du Centre régional d’investissement (CRI) doit se frotter les mains. Et pour cause, les chiffres enregistrés au terme de l’année 2006 sont des plus impressionnants. 4395 entreprises créées, 10 milliards de dirhams de volume d’investissement et plus de 41 000 emplois créés. Des chiffres qui sont en nette hausse par rapport à l’année précédente. La ventilation par secteur d’activité révèle que le secteur des services est le premier employeur avec 75% des postes créés. Côté investissements, c’est le secteur du tourisme qui tient le haut du pavé en mobilisant, à lui seul, 4 milliards de dirhams. Autre source de satisfaction pour le CRI Casablancais, le délai moyen de création d’une entreprise a été divisé par deux pour s’établir à 6,2 jours à fin 2006. Pourvu que ça dure !



Homo Economicus.
Ligne de conduite

Saïd est un automobiliste, donc concerné par le projet de Code de la route qui fait tellement de remous. Mais il ne faut pas compter sur lui pour prendre le parti des taxis drivers, qui demandent la démission de Karim Ghellab. Sa prise de position se base sur une question de confort personnel. “Les taxis conduisent mal et, surtout, ils parlent trop. Le ministre, lui, construit des autoroutes et, surtout, casse les prix des billets d’avion”, argumente simplement Saïd. Cet avis, il s’y attache encore plus quand il tombe sur l’émission télé où Karim Ghellab est venu défendre son projet de loi. “Si seulement tous ses collègues du gouvernement avaient le même courage !”, se dit Saïd. Ce n’est pas pour autant que notre héros s’interdit de critiquer son cher Karim. D’abord, il n’aime pas trop le brouhaha qui règne dans son département de la communication. Et puis, il ne partage pas forcément l’approche adoptée. Si Saïd est convaincu qu’une réforme du Code de la route est plus qu’indispensable, il est aussi persuadé que d’autres paramètres touchant au secteur des transports méritent d’être dépoussiérés. En tête, ce système précaire d’agréments dont personne ne connaît vraiment les rouages. “Ne valait-il pas mieux goupiller un arsenal juridique complet pour ce secteur archaïque, avant de se lancer dans les négociations avec les partenaires sociaux ? Comme ça au moins, il y aurait eu une grève pour tout au lieu de courir le risque de nouveaux débrayages chaque fois qu’une loi tenterait de moderniser ce secteur”, se dit Saïd qui s’improvise stratège politique. Voire agent de la circulation. Mais ça, c’est une autre histoire…



OFF.

Le processus de la cession par l’Etat de 4% du capital de Maroc Telecom est en marche. L’appel d’offres pour la sélection de la banque d’affaires conseil vient d’être lancé par la direction des Entreprises publiques et de la Privatisation (DEPP), adossée au ministère des Finances. Attijari Finance Corp est donnée favorite, vu que c’est cette même banque qui a accompagné l’Etat pour l’introduction en Bourse de la société de télécoms en décembre 2004.

 
 
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