Terrorisme. La guerre urbaine
Justice. La chute du rossignol adliste
Législation. Touche pas à mes donnees !
Presse. Du sexe, et plus si affinités
Moyen-orient. Abdallah l'équilibriste
Bourse. le hit-parade des résultats 2006
Noureddine Saïl. Mon cinéma (marocain) à moi
People. Haïfa à bâbord
Littérature. Les bonnes Nouvelles
N° 269
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Les Marocains ont dû attendre
plusieurs heures avant de voir
les premières images des
événements de Hay Al Farah,
à Casablanca.
(AIC PRESS)

Terrorisme. Le décalage des médias publics

Mardi 10 avril, il est 20 heures 45. Partout dans le pays, des millions de Marocains sont scotchés devant leur téléviseur pour comprendre “ce qui se passe à Casa”. Tous ont entendu parler de ces jeunes qui se sont fait exploser au beau milieu du quartier Hay Al Farah. Mais à part les quelques images des chaînes satellitaires arabes, il n’y avait pratiquement aucune information officielle à se mettre sous la dent. A l’ouverture du journal du soir, la déception est générale. La chaîne de Aïn Sebaâ emboîte le pas à sa sœur aînée et ouvre son JT sur deux sujets concernant des activités royales et le déplacement de
Mohammed VI à Chichaoua. Les télespectateurs ont donc dû attendre plus de six minutes avant de pouvoir visualiser les premières images, pourtant tournées plusieurs heures plus tôt, à Hay Al Farah. Même son de cloche du côté de la MAP. Jusqu’au-delà de 22 heures, l’agence de presse officielle n’avait toujours pas jugé bon de mettre une dépêche en ligne sur son site public. Coup de chapeau par contre aux radios privées qui n’hésitaient pas à interrompre leurs programmes pour relater les dernières informations recueillies sur le terrain par leurs différents reporters. à tel point que la dernière déflagration de 19 heures 10 a été diffusée en direct sur antenne, quand les reporters des stations Aswat et Atlantic transmettaient leurs correspondances depuis le lieu de l’explosion.


Rkia Abouali. Le feuilleton continue

L’affaire Rkia Abouali continue de faire des remous. Cette semaine, la jeune femme a reçu en prison la visite du procureur général de Fès accompagné d’un greffier… alors que c’est le parquet de Meknès qui instruit l’affaire. Rien n’a filtré du motif de cet entretien. Pendant ce temps-là, le calvaire de la famille Abouali se poursuit. Ses deux frères, incarcérés depuis plus d’une année pour une affaire d’extorsion de chèques, sont toujours en attente de jugement. Quant à sa mère et ses sœurs, elles auraient été victimes le week-end dernier d’une attaque perpétrée par quatre hommes cagoulés, venus chercher d’autres CD de Rkia impliquant, probablement, de nouveaux magistrats. À suivre.


Insolite. Le hrig par avion

L’information a été publiée par le site de l’AMPL (Association marocaine des pilotes de ligne) : le 24 mars, un message a semé la panique sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V à Casablanca. Un avion appartenant à une compagnie européenne s’apprêtait à décoller, quand l’équipage s’est rendu compte qu’un homme se dirigeait à toute allure vers l’avion, avant de s’engouffrer dans le logement du train d’atterrissage. Il ne s’agissait pas d’un terroriste, mais d’un simple “apprenti-clandestin” marocain, qui rêvait d’accompagner l’avion en Italie. Il a fini par être arrêté par la police, intervenue quelques minutes plus tard.


11 mars. Le stress du héros

“J’ai perdu mon gagne-pain, ma maison, ma voiture, ma fiancée et ma tranquillité d’esprit”. La phrase est de Mohamed Faïz, le héros du 11 mars, qui a osé s’opposer aux kamikazes du cybercafé de Sidi Moumen, interviewé cette semaine par notre confrère Maroc Hebdo International. Faïz révèle, dans la même interview, que sa vie est désormais en danger, menacée par les sympathisants des kamikazes du 11 mars, que ses voisins le fuient désormais, qu’il ne sort plus qu’escorté par des amis sûrs, qu’il ne passe pas deux nuits d’affilée dans le même endroit, que le cybercafé qu’il gère a été déserté par les clients… Héros, c’est pas un métier de tout repos !


Meryem Marzak. Détective ou espionne ?

Vous souvenez-vous de Meryem Marzak, la première femme détective privée marocaine et arabe ? Après deux années d’exercice (elle a notamment travaillé sur des affaires d’adultère et d’escroquerie), notre Miss Marple nationale tire sa révérence. La dame a arrêté toute activité depuis plus d’une année et demie pour des “raisons personnelles”, dit-elle. Cette semaine, Meryem Marzak (re)fait parler d’elle lorsqu’elle confie à l’AFP “vouloir infiltrer un réseau islamiste et intégrer les services secrets marocains”. Drôle de manière de postuler pour un poste censé rester dans l’ombre. Meryem sourit et affirme simplement vouloir servir son pays et intégrer la police marocaine, qu’elle qualifie comme “l’une des meilleures dans le monde”. “Pour toute information complémentaire, contactez le journal qui transmettra”, sommes-nous tentés d’ajouter.


Houssaïni. Le Chimiste et Al Qaïda

Le juge d’instruction Abdelkader Chentouf, chargé des affaires de terrorisme, a démarré l’instruction du dossier de Saâd Houssaïni le 11 avril. Le dossier du chef présumé du GICM (Groupe islamique combattant marocain), actuellement incarcéré à la prison civile Zaki de Salé, est loin d’être clos. Le “Chimiste”, comme on l’appelle, serait le mentor d’une série de candidats au jihad en Irak et au Maroc. C’est aussi un personnage qui jouit de l’estime de la hiérarchie d’Al Qaïda. Selon des sources sécuritaires marocaines, un proche de Zawahiri aurait rencontré Houssaïni quelques jours à peine avant l’attentat du 11 mars de Casablanca.


Presse. Les remarques du CPJ

En visite au Maroc du 4 au 7 avril, une délégation du Comité de protection des journalistes (CPJ) s’est dite très préoccupée par “la tendance troublante” des poursuites judiciaires contre la presse indépendante. “Les tribunaux ont réussi à exiler de la profession, ou du pays, trois des journalistes les plus critiques du royaume (ndlr : Lmrabet, Jamaï, Ksikes)”, a expliqué Joël Campagna, qui conduisait la délégation. Le CPJ a été encore plus critique sur le projet du nouveau Code de la presse, actuellement en discussion au Parlement, lui reprochant, entre autres, la composition du futur Conseil national de la presse marocaine et ses prérogatives “exagérées”. Qu’en pense le législateur ?



3 questions à
Najib Salmi
[Président de l’association marocaine de la presse sportive (AMPS)]


Le week-end dernier, des scènes de violence ont eu lieu dans des stades de football, à Casablanca et Oujda. À quoi les imputez-vous ?
Il ne faut pas s’en étonner. Le public, dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 15 ans, est conditionné pour agir ainsi. Ça passe par les moyens de transport, l’accueil inacceptable dans les stades et le zèle des forces de l’ordre. Et puis, il y a une presse sportive qui jette de l’huile sur le feu, via ses commentaires (les expressions “guerre”, “ennemi”, “match de la mort”, sont monnaie courante), et des joueurs indisciplinés qui sont de mauvais exemples pour ces jeunes. Je crois que le pire est encore à venir.

Le phénomène est-il réellement nouveau ?
Dans le passé, la moyenne d’âge du public était plus élevée, les matchs se jouaient dans une ambiance quasi familiale sachant que les joueurs étaient très proches du public. Ils allaient ensemble au café, au hammam… Et puis les enjeux, même culturels, ne semblaient pas si importants. Les médias sportifs étaient rares, une faute d’arbitrage passait quasiment inaperçue…

Que faut-il faire ?
Il faut commencer par respecter le public. Comment ? En lui garantissant un transport et un accueildignes dans les stades. Les médias doivent aussi cesser de faire du sensationnel au détriment de l’information. Quant aux clubs, ils devraient être plus stricts avec leurs joueurs sur le plan de la discipline.


Partis. Mariage Belhaj - Lahjouji

L’Union entre Alliance des libertés (ADL) de Ali Belhaj et Forces citoyennes (FC) de Abderrahim Lahjouji sera officialisée le 21 avril prochain à travers un congrès national. Le nom de la nouvelle union n’a pas été arrêté. Une des propositions porte sur “Alliance citoyenne”, un mix entre les noms des deux partis. Selon Ali Belhaj, l’union a été possible grâce au référentiel libéral que partagent les deux formations. La loi sur les partis politiques oblige la nouvelle entité à présenter des candidats communs dans au moins 75% des circonscriptions. Quant au rapprochement avec le PJD qu’on a prêté à FC, il sera réexaminé après le congrès. “Une fois constituée, l’Union statuera sur l’opportunité de signer le projet de plate-forme avec le PJD”, assure Belhaj. On verra bien…


Chirurgie esthétique. Lifting dans la capitale

Il y a encore peu de temps, il fallait se rendre à Paris pour une séance intensive de botox (produit anti-rides) ou de rajeunissement facial. Aujourd’hui, les chirurgiens plastiques marocains croulent sous la demande. Témoin de cette déferlante, le botox est en rupture de stock chez de nombreux praticiens. “Les gens viennent parfois de l’étranger pour recourir à nos services. Nos tarifs sont compétitifs et le travail aligné sur les standards internationaux”, précise le Docteur Hassan Bennani, président de la Société marocaine de dermatologie esthétique et chirurgicale, organisatrice d’un congrès autour des techniques de lutte contre le vieillissement de la peau ce week-end au Hilton de Rabat.


Elections. SMS makhzéniens

La révision des listes électorales a démarré le 5 avril et se poursuivra jusqu'au 4 mai. Pour tout citoyen qui veut connaître son lieu d'inscription sur les listes électorales, il suffira d’envoyer un SMS gratuit (au 2727, correspondant au service “Elections” du ministère de l’Intérieur). Nom, prénom et numéro de la CIN sont nécessaires pour recevoir l'information souhaitée. Dans la foulée, d’autres “services” ont été offerts aux futurs électeurs, comme les nouvelles mesures concernant l'enregistrement des électeurs ayant changé d’adresse, une procédure désormais prise en charge par l’administration.


Police. Mohammed VI au chevet des flics

Chakib Benmoussa, ministre de l’Intérieur, a dû reporter la conférence de presse initialement prévue le mercredi 11 avril pour la présentation du projet d’autonomie au Sahara et la remplacer par un point de presse consacré aux événements de Casablanca. Accompagné de Charqi Draïss, patron de la DGSN, et Mohamed Kabbaj,wali de Casablanca, le ministre a notamment affirmé que le roi a ordonné de débloquer 250 000 dirhams pour chacun des policiers blessés, et de les promouvoir au grade supérieur, en attendant qu’il les décore personnellement. Lors du point de presse commun, Charqi Draïss a affirmé que “le Conseil de ministres a décidé l’augmentation des salaires et des indemnités des policiers pour les heures supplémentaires”.


FVJ. La justice, on y arrive

Le Forum vérité et justice (FVJ) passe à la vitesse supérieure. Il entend, désormais, faire du lobbying auprès des parlementaires “pour ouvrir une enquête judiciaire concernant la fosse commune des victimes des événements du 20 juin 1981”, peut-on lire dans un communiqué rendu public par le FVJ. L’initiative, appelée 81/81, vise à “établir par voie judiciaire l’existence de la fosse commune en tant que crime irrécusable”, mais aussi à “établir les responsabilités individuelles et collectives”. La démarche (appeler des élus, interpeller le législateur, envisager le recours judiciaire) est une grande première en son genre.


Congrès. Les yeux dans Bleus

Ce sont près de 1200 congressistes, dont les membres du bureau exécutif, l’ensemble des ministres RNI et de nombreux parlementaires, qui ont fait le déplacement pour participer au congrès régional du Rassemblement national des indépendants pour la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaërs, dimanche dernier à Rabat. Les fans de Mohamed Aujjar, le chef de file du courant réformateur, ont opéré une descente en masse pour soutenir leur favori. Dans le lot, Mohamed Lakir, Mustapha Mansouri et Mustapha Oukacha, les trois autres favoris dans la course à la présidence, étaient également de la partie. Les principales propositions ont appelé à fixer les mandats du président à deux ans seulement. Le congrès national des “Bleus”, attendu les 21 et 22 avril à Rabat, devra valider ces propositions et, surtout, dégager un nouveau président à la place de Ahmed Osman.


Cinéma. Les anges cartonnent

Il est aux anges, Ahmed Boulane, le réalisateur des Anges de Satan : “En quatre semaines d’exploitation, le film a enregistré 80 000 entrées, ce qui en fait le plus gros succès, pour le moment, de l’année 2007”. Actuellement distribué dans les salles de sept villes du royaume, Les Anges de Satan devrait atteindre la barre des 100 000 entrées, avant une deuxième sortie prévue pour l’été 2007. “Pour le public des MRE”, précise le réalisateur. Pour l’anecdote, si le film peut être considéré comme un “carton”, ses chiffres sont loin de quelques succès historiques des années précédentes, notamment le fameux Bandits, de Saïd Naciri. La comédie avait en effet dépassé le million d’entrées.


Procès. Un Marocain haineux

Inspirateur présumé de l’attentat contre le World Trade Center en 1993, un Danois d’origine marocaine (il avait 32 ans à l’époque) a été condamné, mercredi dernier, par un tribunal danois à trois ans et demi de prison ferme pour incitation au terrorisme, selon l’AFP. Saïd Mansour était poursuivi pour diffusion de matériel vidéo appelant au jihad et pour propagande antisémite. Arrêté par les autorités danoises en 2005, il était placé depuis 2001 sous surveillance par les services de renseignements européens. La condamnation de Saïd Mansour est une première depuis l’adoption par le Danemark d’une législation antiterroriste en 2002.


Maroc-Algérie. Concours de mosquées

Rêvée par le président Bouteflika, la future Grande Mosquée d’Alger risque de faire de l’ombre à l’ancien cauchemar des contribuables marocains : la Mosquée Hassan II. Test comparatif : elle coûtera 2,5 milliards de dollars, contre 7 milliards de dirhams pour la nôtre. Le futur méga-lieu de prière algérien sera construit à Alger, face à la mer… comme le nôtre. Il pourra accueillir 120 000 fidèles, à l’instar de la lubie hassanienne. Mais l’honneur est sauf : la Grande mosquée d’Alger sera uniquement la 3ème plus grande du monde, après celles de Hassan II et de la Mecque. Dans son édition du 4 avril, le quotidien algérien El Moudjahid omet d’ailleurs de signaler la médaille d’argent du Maroc pour se focaliser sur la hauteur du minaret de la Grande Mosquée d’Alger. Il fera 300 mètres contre 200 pour la Mosquée Hassan II.



Humeur. Les patriotes

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Le cinéma n’est jamais aussi bon que lorsqu’il se place en rupture de la société, ébranlant, violentant les certitudes de Monsieur tout le monde. Mais il est mauvais, et même dangereux, quand il ne remet jamais rien en cause et se contente de reprendre à son compte le discours officiel. Deux films arabes, actuellement en circulation, sont à ranger dans cette - inquiétante - deuxième catégorie : Assifara fi al îmara (littéralement l’ambassade dans l’immeuble) et Wake up Morocco. “Assifara” filme un homme (Adel Imam) de retour dans son pays qui découvre, à sa grande surprise, que l’appartement mitoyen au sien… est occupé par l’ambassade d’Israël au Caire. Le sujet est beau, mais le traitement est “dangereux” : le scénario épouse une mentalité dominante (dans la rue arabe) qui représente l’Israélien en être vil, honteux, qu’il fait bon (re)jeter, ou ignorer en toutes circonstances. Wake up Morocco, de la Marocaine Narjiss Nejjar, est un film pas bon du tout, qui revient entre autres sur le ratage (par le Maroc) du Mondial 2010. Il nous explique platement ce que les médias officiels nous serinaient déjà, à l’époque : en gros, Sepp Blatter (le président de la FIFA) a tué notre rêve. Une idée pantouflarde, borgne, qui caresse dans le sens du poil. Un gros mensonge, en fait. “Assifara” et “Wake up” sont dangereux par le message qu’ils véhiculent, le même que l’on peut subir en restant scotché devant son téléviseur : nous, Marocains, nous, Arabes, sommes irréprochables, ce sont seulement les autres (Israël, Blatter, l’Afrique du Sud) qui nous empêchent de gagner à tous les coups. Le danger de ces films ne tient pas dans leur soi-disant patriotisme (après tout, l’Algérien Lakhdar Hamina a passé sa vie à écrire des films patriotiques, et ils étaient beaux comme le jour), mais dans l’exaltation de la bêtise qu’ils reprennent ouvertement à leur compte.



VITES !

Le rapport du CCDH sur les événements dramatiques dont ont été victimes des immigrés subsahariens dans le nord du Maroc (en octobre 2005) semble faire l’unanimité… contre lui. Un collectif de onze ONG, dont l’AMDH et plusieurs associations de Marocains en Europe, s’est constitué pour considérer ledit rapport comme “nul et non avenu”.


C’est le rush des cabinets d'avocats internationaux sur le royaume. Après le cabinets Francis Lefèvre et Gide Loyrette Nouel, c’est au tour du fameux cabinet parisien Reinhardt Marville Torre (affaires de droit bancaire, financier, immobilier, etc.) de s’implanter à son tour dans la capitale économique du royaume.


Les accidents de la circulation ont enregistré une nouvelle hausse en février 2007 : près de 27 % de tués de plus qu’en février 2006, d’après un document du ministère de l’Equipement et des Transports. Les champions de la “hausse” restent les régions de Casablanca et Marrakech.


Abderrazak Afilal, ex-patron de l’UGTM, écrit ses mémoires. Le livre, qui sortira dans quelques mois, contient “des révélations”, selon une source proche de l’auteur. Afilal revient sur ses débuts à l’Istiqlal, son rôle dans le mouvement ouvrier et ce qu’il appelle la “campagne politique” menée contre lui dans la suite des procès Slimani-Laâfora.
 
 
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