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N° 270
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

L’idylle entre l’ONA et Auchan
est-elle finie ?
(AFP)

Distribution. ONA – Auchan : le divorce ?

Partenaires depuis 2001, le holding ONA et le géant de la grande distribution Auchan seraient sur le point de rompre. Certaines sources avancent même l’échéance de fin juillet comme délai pour le rachat des 49% détenus par les Français dans le capital de Cofarma. À l’origine de la discorde entre les deux groupes, une divergence des visions quant au rythme d’expansion des magasins Marjane et Acima, mais aussi des mésententes sur la politique d’approvisionnement. La tension a atteint son paroxysme quand le groupe ONA a cherché à prendre le contrôle du directoire, en demandant un second siège. Il est
même allé jusqu’à saisir le tribunal pour trancher sur cette doléance rejetée par Auchan. Le holding royal obtint finalement gain de cause, mais la décision n’a pas convenu à son partenaire français, qui l’a qualifiée de “contraire à toutes les pratiques du droit international et à tous les avis d’experts juridiques marocains et internationaux consultés sur cette question”. La tenue par la suite d’un conseil d’administration, après plusieurs reports, semblait marquer une réconciliation entre les deux groupes. Mais la trêve n’aura été que de courte durée, puisque les rumeurs d’une séparation définitive ont repris de plus belle cette semaine. Officiellement, ONA comme Auchan préfèrent évoquer une simple “discussion pour l’évaluation du partenariat”.


Crédit à la consommation. Et de deux pour Elalamy !

La touche de Moulay Hafid Elalamy se fait déjà sentir sur Taslif. Un mois seulement après sa prise de contrôle par le groupe Saham, Taslif annonce l’acquisition d’une petite société de crédit à la consommation, Salaf. “L’opération a été réalisée depuis quelques semaines déjà”, confie une source proche du dossier. Et de poursuivre : “C’est Moulay Hafid Elalamy qui menait les négociations pour ce rachat, via les fonds injectés dans l’augmentation de capital de Taslif”. Fidèle à sa stratégie, le patron des patrons compte donc bien atteindre une taille critique dans ce secteur, à l’image de ce qu’il avait réalisé dans celui des assurances avec le rachat de la CNIA et Essaâda. Pour l’heure, dans le secteur du crédit à la consommation, il reste bien loin du podium. Les leaders du secteur que sont Eqdom et Wafasalaf gardent une bonne longueur d’avance.


Centrale Laitière. Encore la mamelle fiscale ?

Vache à lait du pôle agroalimentaire de l’ ONA, la Centrale Laitière tente à nouveau de réaménager une loi. La société entreprend des négociations avec le ministère de l’Agriculture pour une révision à la baisse des droits d’importation sur la poudre de lait. Le prétexte avancé par l’entreprise gérée par Driss Bencheikh : l’envolée du prix à l’international de cette matière première. Les réunions qui se tiennent avec les pouvoirs publics ont officiellement pour objet de discuter de la situation de la production, en raison de la sécheresse, mais aussi des solutions à envisager pour le pic de la consommation en lait attendu pour ramadan. Autant d’arguments favorables à la filiale de l’ONA, à laquelle rien ne semble résister. En 2005, la fiscalité relative aux coopératives a été revue sous l’effet du lobbying de la Centrale Laitière. Depuis, l’entreprise se porte comme un charme : son résultat a bondi en 2006 de 12%, à 350 millions de dirhams.


BMCE. Benjelloun passe à la “Caja”

Le groupe financier espagnol, Caja de Ahorros del Mediterraneo (CAM), annonce le rachat de 5 % du capital de la BMCE. Cette transaction, de 1,5 milliard de dirhams, devrait transiter par la Bourse, qui valorise le titre BMCE Bank 20% plus cher, selon le dernier cours avant la suspension de la cotation de la valeur la semaine dernière. L’investisseur espagnol vient rejoindre la liste des partenaires internationaux du magnat marocain de la finance. Le capital de BMCE regroupe en fait Banco Espirito Santo, Union Bancaire Privée Suisse, Morgan Stanley… mais surtout le français Crédit Industriel et Commercial, qui détient 10% du capital de la banque et une participation conséquente dans RMA Watanya. BMCE Bank compte développer avec son nouveau partenaire un plan articulé autour des métiers de la banque d’affaires à l’international.


Telecoms. C’est parti pour Marseille !

L’opérateur historique peut se targuer de son nouveau projet Atlas Offshore, qui lui a coûté la bagatelle de (près de) 300 millions de dirhams. Samedi dernier, Maroc Telecom a lancé en grande pompe la pose du câble sous-marin Atlas Offshore, en présence notamment de Mohamed Hassad (Wali et Gouverneur de Tanger-Asilah) et Abdeslam Ahizoune. L’objectif du projet est de répondre à la demande croissante des centres d’appels et activités d’Offshoring au Maroc, grâce à un câble sous-marin à fibre optique reliant Asilah à Marseille. D’une capacité de 40Gbp/s extensible à 320 Gbp/s, ce câble permettra la connexion de plus de 500 000 appels simultanés. Et pour mener à bien cette opération, MT a fait appel à la société française Alcatel Submarine Network.


Inflation. Un taux de 2% en 2007

Malgré un vent d’optimisme affiché, Bank Al-Maghrib reste prudente sur ses prévisions d’inflation au titre de cette année. Les projections élaborées font ressortit un taux de 2%, au lieu de 3,2% enregistré au titre de l’année dernière. Selon la Banque centrale, ce recul serait expliqué, notamment par le ralentissement de la demande intérieure, la détente des prix des biens importés, hors produits pétroliers, et surtout le maintien des prix du gasoil à la pompe à son niveau actuel. Pour établir ses prévisions, Bank Al-Maghrib s’est basée notamment sur la campagne agricole et l’indicateur des salaires au niveau national, sans oublier bien entendu les fluctuations du cours du pétrole sur le plan international.



Pendant ce temps, le peuple….
Ali et l’autoroute

Compteur remis à zéro, ceinture de sécurité bouclée et chronomètre enclenché, Ali Brossi (Ali Prost pour les intimes) attaque l’autoroute flambant neuf Marrakech - Settat. Le tronçon de 145 kilomètres, ouvert mardi dernier, se laisse parcourir en moins d’une heure et demie. “Wallahila, ça fait plaisir ! Le Maroc se développe à 120 à l’heure”, pense l’apprenti-pilote. Mais Ali aimerait bien voir la roue du progrès tourner un peu plus vite. Des questions existentielles le taraudent : “N’est-il pas incompréhensible qu’un tronçon, prêt depuis 10 jours, ne soit mis en service qu’après le rituel de l’inauguration par le roi ? Et si le souverain était trop surbooké pour trouver le temps de le “bénir” de ses pneus royaux, faudrait-il attendre ad vitam aeternam ? À combien se monte le manque à gagner, en termes de recettes de péages, pour cette autoroute financée par un emprunt d’Etat de 3,2 milliards de dirhams ? Combien d’accidents pourraient, entre temps, être évités sur une route nationale meurtrière ?”. Rapidement, Ali Brossi prend conscience qu’il tourne en rond. “Awddi ! Inauguration ou pas, pourvu que de grands projets comme celui-ci continuent d’aboutir”, conclut-il. Il fixe tout de même un nouveau seuil pour le développement du pays : une ligne ferroviaire reliant Marrakech à Agadir. Une liaison en projet alors que Ali n’était qu’une lueur de désir dans l’œil de son père. Si ce projet voit le jour, Ali promet d’être le premier à faire des courbettes devant le train royal qui inaugurera, à tous les coups, cette voie ferrée.



OFF.

L’étude de faisabilité du projet gazier est finalement bouclée. Le consortium chargé de ce projet (ONE, Samir et Akwa) devrait, sous peu, soumettre les résultats de l’étude au ministère de l’Energie et des Mines. L’autorité de tutelle devra trancher sur le choix du site qui abritera ce terminal gazier. Néanmoins, des trois ports sélectionnés (Jorf Lasfar, Mohammedia et Tanger), c’est celui de Jorf Lasfar qui semble être le favori.


La part de l’investissement étranger dans la capitalisation boursière revient en 2006 à son niveau enregistré en 2004 et s’élève à 29,7% contre 35,6% en 2005. L’analyse par nationalité révèle, par ailleurs, une dominance des personnes morales françaises qui détiennent 22% de la capitalisation boursière et 77% du montant global de l’investissement étranger.

 
 
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