Élections. La politique découvre la pub
Sahara. Et maintenant ?
Politique. Jettou le pompier
Parlement. Une affaire de familles
Société. Des bistouris et des hommes
Algérie. Le retour des attentats
Sport. L'herbe et l'oseille
Peinture. Enchères et en hausse
Mouvement. Culture pop vs sida
Festival. Le grand frère de L'Boulevard
N° 270
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Le transfert des détenus
salafistes de la Cour d’appel
de Casablanca vers le centre
pénitentiaire de Oukacha.
(AIC PRESS)

Détenus salafistes. L’AMDH dit stop

A l’occasion de la présentation de son rapport annuel, l’AMDH a tapé fort en demandant que les détenus salafistes soient rejugés ou tout simplement libérés. Pour l’Association, les procès qui ont eu lieu après les attentats du 16 mai à Casablanca ont connu de graves violations des droits de l’homme. “Ces affaires ont été marquées par plusieurs cas de torture et des injustices flagrantes. Nous avons toujours dit que la vision sécuritaire toute seule ne pourra pas résoudre le problème du terrorisme”, déclare Abdelhamid Amine, président de l’Association. Le constat est clair : “L’Etat a commis des erreurs. Et il faut qu’il les
corrige”. Cette position, formulée depuis 2003, intervient au moment où l’Etat ne sait plus à quel saint se vouer après les derniers attentats de Sidi Moumen, Hay Al Farah et Gauthier. Sa politique envers les islamistes s’est brutalement durcie. D’ailleurs, l’AMDH prépare un rapport sur ces événements pour voir s’il y a eu violation des droits de l’homme. Quant à l’épineuse question de savoir si les prisonniers salafistes peuvent être considérés comme des détenus d’opinion, l’AMDH affirme qu’elle n’a pas encore pris de position. Une source interne confie qu’il est difficile de dissocier les personnes qui ont été emprisonnées pour leurs idées et les terroristes. “Ils sont nombreux. Pour vérifier leurs intentions, nous devons mobiliser un bataillon d’avocats. Or, nous n’avons pas les moyens”, confie la même source. Peut-être que l’Etat peut le faire…


Mouvement. Ça bouge à la police

Charqi Draïss a signé, en fin de semaine dernière, l’arrêté de promotion des six agents et gradés qui ont été blessés au cours des évènements de Hay Al Farah. L’inspecteur principal, feu Mohamed Zindiba, a été promu officier à titre posthume, Aziz Afan a gagné ses galons d’inspecteur principal, Ahmed Barakat est passé de commissaire à commissaire principal alors que les trois autres agents d’un niveau subalterne ont été également promus. Toujours en relation avec les mêmes événements, un large mouvement de mutations et de réaffectations devrait toucher plusieurs préfectures de police du royaume. À commencer, très probablement, par celle de Casablanca.


Sécurité royale. Bodyguards au placard

Le chef de la sécurité royale et son adjoint ont été suspendus de leurs fonctions, en début de semaine. Les deux gardes du corps ont été, selon les usages en cours, “remis à disposition de la DGSN”. La mise au placard a eu lieu après un incident qualifié de “grave”par les professionnels de la sécurité. Le vendredi dernier, à Essaouira, alors que Mohammed VI se rendait à la mosquée pour la prière du vendredi, l’un des deux gardes en est arrivé aux poings… avec le représentant local de la DST, qui surveillait le passage du roi. La scène, que des badauds ont pu suivre en direct, a été également remarquée par le monarque. C’est cet incident qui a valu leur éviction aux deux gardes du corps.


2007 Daba. Un recueil non exhaustif ?

Le parti Annahda s’en est pris, dans un communiqué diffusé cette semaine, à l’association 2007 Daba. L’ONG y est accusée d’avoir “zappé” de son recueil de formations politiques certains partis dont Annahda, ainsi que des partis de gauche comme le PADS ou Annahj Addimocrati. “C’est discriminatoire, souligne Chakib Bensouda, secrétaire général du parti Annahda. Nous avons contacté l’association pour rectifier le tir, en vain. Si ça continue, nous allons saisir la justice et demander réparation”. Du côté de 2007 Daba, on assure que “tous les partis qui ont répondu à (ses) sollicitations figurent dans ce recueil. Quant aux autres, notre porte rest toujours ouverte”.


Sahara. Washington à l’écoute

Dans un article publié sur le site web de la prestigieuse revue de politique internationale The National Interest, réputée proche de l’ancien diplomate Henry Kissinger, un chercheur et politologue marocain, Talal Belrhiti, appelle à la fin de l'impasse (avec l’appui des Etats-Unis) sur l’affaire du Sahara pour deux raisons au moins : l'alliance stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis dans le domaine de la lutte antiterroriste, et les récentes avancées politico-économiques du royaume. Rien de révolutionnaire. Sauf que, à en croire les indiscrétions du côté de Washington, où l'auteur dirige un centre de recherches, l'administration Bush est plutôt bien disposée à entendre ces arguments.


16 mai 2003. Houssaïni, encore et toujours

Tandis qu’à Casablanca les arrestations de présumés terroristes se suivent et se ressemblent, à Paris, ce sont huit membres du Groupe islamique combattant marocain (GICM), tous résidents en France, qui viennent d’être renvoyés en correctionnelle dans l'enquête sur les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, où trois Français figuraient parmi les victimes. Ces hommes sont soupçonnés d’avoir hébergé et assuré une aide logistique (dont la confection de faux papiers) à certains des kamikazes de 2003. Ils auraient également, si l’on en croit certaines confidences, reconnu avoir effectué des stages de “formation” en Afghanistan et au Pakistan, où ils auraient appris le maniement des armes et des explosifs. Sous la supervision notamment d’un certain Saâd Houssaïni !


Procès. Bin Louidane, enfin !

L’instruction étant bouclée, le procès de Chrif Bin Louidane devrait démarrer sur les chapeaux de roue. Jamal Serhane, le juge d’instruction, vient de déférer devant la Cour d’appel de Casablanca 17 personnes : le principal accusé, Mohamed El Kharraz, alias Chrif Bin Louidane, neuf prévenus actuellement en détention et huit autres en liberté provisoire. Dans le lot, on trouve de grosses pointures sécuritaires comme Youssef Alami Lahlimi, lieutenant-colonel de la gendarmerie, et l’ex-patron de la Sécurité royale et ex-préfet de Tanger, Abdelaziz Izzou. Ce dernier aurait restauré la préfecture de police et construit 14 postes de proximité à Tanger pour la bagatelle de 3 millions de dirhams, payés rubis sur ongle par Bin Louidane. On doit à notre confrère La Gazette du Maroc d’avoir le premier publié un compte rendu détaillé du rapport d’instruction.


Télévision. Mais où sont passés les otages ?

Les portraits de Abderrahim Boualam et Abdelkrim El Mouhafidi, les deux disparus (et vraisemblablement exécutés) marocains en Irak, qu’on avait pris l’habitude de voir en haut de la lucarne durant les journaux télévisés de 2M, ont disparu des écrans. Pour rappel, ces deux employés de l’ambassade du Maroc à Bagdad avaient été enlevés le 20 octobre 2005 et n’avaient jamais été retrouvés. 2M aurait-elle eu vent de nouvelles informations quant au sort des deux otages marocains ? “Pas du tout, c’est juste un problème technique et non idéologique” nous explique ce responsable à la chaîne. Un problème technique qui dure depuis plusieurs semaines quand même !


RNI. Il vient, ce congrès ?

Le RNI a encore une fois reporté son congrès national. Prévu les 21 et 22 avril, ce fameux rendez-vous, qui devrait élire un nouveau président, a été décalé en mai (du 25 au 27). Selon une source interne, ce deuxième report intervient suite au retard accusé dans la préparation des documents du congrès. “Les cadors du parti se sont rendu compte que rien n’a été préparé. Pourtant, beaucoup de collègues leur ont dit qu’il valait mieux attendre fin mai. Ils n’en ont fait qu’à leur tête”, explique la même source. Trois noms ont annoncé leur candidature: Mustapha Mansouri, Mohamed Aujjar et Mustapha Oukacha. Alors, on se dit au 25 mai… peut-être.



3 questions à
Younès Moujahid
[Secrétaire général du syndicat national de la presse marocaine (SNPM)]


Cette semaine vous avez publié un communiqué critiquant la publication par les organes de presse des photos de cadavres et de restes de kamikazes. Pourquoi ?
En plus des têtes de kamikazes, intestins et autres restes humains, il y a eu également des photos de victimes dans des situations horribles, dégradantes pour la dignité humaine... Depuis quelque temps déjà, au sein du SNPM, nous avons constaté que ces photos prenaient de plus en plus de place dans les pages de nos médias, il était donc temps pour nous de réagir.

Vous êtes-vous inspiré d’une loi quelconque pour justifier votre position ?
Aujourd’hui, il n’y a aucune législation en vigueur à ce sujet au Maroc. Mais il y a un code déontologique émanant de l’instance nationale indépendante de déontologie et de liberté d’expression, créée il y a quelques années par le SNPM (et différentes ONG dont l’AMDH, Transparency, etc). Il stipule que les reportages, les photos et les scènes télévisées sur des événements dramatiques comme les guerres, les crimes et les catastrophes naturelles doivent respecter la dignité humaine et ménager les sentiments des victimes, de leurs familles et de leurs proches.

Que comptez-vous faire ?
D’abord analyser, à l’occasion d’un débat public, la couverture médiatique des événements en cours. C’est un premier point indispensable avant d’envisager d’autres recours.


Argent des partis. Midaoui attend les comptes

Une poignée de partis politiques seulement (dont on attend de confirmer les identités) ont répondu à l’injonction d’Ahmed Midaoui, président de la Cour des comptes, les invitant à établir leur bilan financier. Le courrier, qui datait du 22 février, fixait la date du 30 mars comme “deadline” et prévoyait des sanctions (privation des subventions publiques) pour les partis qui n’auront pas envoyé leur réponse à la Cour des comptes. Que se passera-t-il, à présent ? Pas de réponse officielle pour le moment, si ce n’est le commentaire, en off, arraché à ce cadre à la Cour des comptes : “Beaucoup (parmi les partis politiques) semblent déstabilisés à l’idée d’étaler, pour la première fois, leur comptabilité réelle…”.


Terrorisme. 2M dans le coup

Autant pour nous. Mardi 10 et samedi 14 avril, 2M avait diffusé, dès son journal de la mi-journée, les premières images des explosions kamikazes, qui avaient secoué les quartiers casablancais de Hay Al Farah et du Boulevard Moulay Youssef. Des images reprises par de grandes chaînes internationales comme la BBC, CBS News, LCI, Al Jazeera, Al Arabiya… à noter que le 16 mai (un hasard de calendrier), Hamid Berrada recevra Mohammed Tozy dans son émission “Mais encore ?” pour y voir plus clair sur le retour du terrorisme au Maroc. Enfin, une édition très fouillée du magazine d’investigation Tahqiq, consacrée aux “repentis”, est en cours de préparation.


Communication. Ramid, comme d’hab

Dans un long entretien accordé au journal Attajdid, Mustapha Ramid a implicitement appelé l’Etat à reconnaître ses erreurs dans sa politique anti-terroriste. “Les recherchés dans le cadre des attentats de Casablanca préfèrent se faire exploser que de tomber entre les mains de la police. Est-ce parce qu’ils ne veulent pas révéler leurs secrets ou parce que leurs amis ont été torturés dans le centre de Témara et autres ?”, s’interroge faussement le trublion du PJD, se félicitant au passage de la mobilisation de la police. Plus loin, il admet “qu’il n’existe pas une réelle politique de grâce et que, parfois, celle-ci aboutit même à des effets contraires”. “Mais la grâce doit rester”, précise-t-il. Ouf !


Après celle des Sables…
La guerre des pubs


Le 17 Avril au soir, une publicité d’un site marocain vantant les mérites du plan d’autonomie au Sahara (www.plan-autonomie.com) était diffusée… sur le site du journal algérien et pro-Polisario Al Watan. Explication : le site marocain avait, en fait, utilisé la régie publicitaire de Google (Google Adwords) où l’on peut acheter un mot-clé (par exemple “Sahara”) et décider de diffuser sa publicité sur un site en particulier. Al Watan, utilisant également cette régie publicitaire pour son site, s’est vu ainsi pris au piège. En tout, la pub marocaine est restée visible 24 heures durant. Le lendemain, c’était au tour du site du quotidien Aujourd’hui le Maroc d’être squatté par la publicité d’un site pro-Polisario. Mais cette fois, la bannière publicitaire a disparu au bout de trois heures seulement.


Insolite. L’art au tribunal

Le collectionneur casablancais Mohamed Tanji s’est donné pour mission d’ouvrir les lieux de souveraineté à la culture. Après avoir organisé une première exposition dans un poste de police juillet dernier dans le cadre du festival de la ville blanche, Tanji a élu domicile cette fois-ci… au Tribunal d’appel de commerce à l’occasion du cinquantenaire de la Cour suprême. Il fallait y penser ! L’expo a démarré cette semaine, les visiteurs pourront donc visionner une quarantaine de photos retraçant l’évolution de la place Mohammed V depuis 1907. Alors Mohamed, à quand un passage dans une caserne militaire ?


Cinéma. SOS corruption

On savait que Sahara, le film d'aventure avec Matthew McConaughey et Penelope Cruz, a été tourné en partie au Maroc. Peu importe que l'histoire se déroule au Mali et au Niger, puisque la main-d'œuvre est bon marché et que les administrations ont reçu pour instruction d'alléger les procédures d'autorisation. Justement, le quotidien américain Los Angeles Times (dans son édition du 15 avril) nous apprend que, d'après les comptes du film, des paiements en liquide ont été classés sous les rubriques “pourboires accordés à différents fonctionnaires (marocains)”. On y découvre par exemple un pot-de-vin de 23 250 dollars à telle ville “pour son soutien politique/municipal” et un autre de 40 688 dollars pour “arrêter des travaux d'évacuation des déchets” d’une autre ville du royaume ! Signalons enfin que le film fut un flop comercial absolu. Bien mal acquis…


Oulémas. Abbadi innove

La Rabita mohammadia des oulémas entame un ambitieux programme de communication pour moderniser le discours religieux. Le 26 avril, l’organisation, dirigée par le réformiste Ahmed Abbadi, organise une importante rencontre sur “l’homme et la terre” dédiée… à l’environnement. Le 12 mai, une autre rencontre montrera aux oulémas comment “coacher” les malades du sida, les toxicomanes et les prostituées “au lieu de leur tenir un discours moralisateur stérile”. À la fin, la Rabita se penchera sur le thème du “Contexte et la relecture des textes religieux”. Les adeptes de la modernisation peuvent se réjouir. La machine de la réforme est en marche. Bon courage.


Statistiques. Un peu moins analphabètes

Le gouvernement vient d’annoncer la baisse du taux d’analphabétisme à 38,45% en 2006 (il était de 43% en 2004). Une avancée due, selon le secrétaire d’Etat à l’alphabétisation, Anis Birou, à l’effort au niveau de la scolarisation mais aussi au rétrécissement de la population des vieux, la plus concernée par ce fléau. Cette “prouesse” reste mitigée en raison du taux de déperdition scolaire qui est toujours inquiétant : 15% des enfants âgés entre 9 et 14 ans quittent les bancs de l’école pour aller travailler. Preuve que toute alphabétisation doit être intimement liée à l’emploi. “Je veux faire feu de tout bois”, nous a par ailleurs déclaré, très enthousiaste, Anis Birou, tout heureux de driver le programme gouvernemental pour l’alphabétisation. Bon courage, monsieur le secrétaire d’Etat.


Foot. Zemmama-Raja : match nul

Epilogue de l’affaire Zemmama, qui avait opposé l’actuel joueur des écossais Hibernians au Raja de Casablanca en août 2006. Rappelons que ce dernier avait quitté les verts pour rejoindre le club des Hibernians, arguant qu’aucun contrat ne le liait au club casablancais. Du côté du Raja, la pilule ne passait pas et l’affaire a atterri devant la justice marocaine… jusqu’à ce qu’un arrangement vienne, aujourd’hui, dénouer la situation. “Les deux clubs ont trouvé un accord mutuel sur une base financière”, nous expliqué l’attaquant marocain. Montant de la transaction : 340 000 euros, selon l’information véhiculée sur le site du Raja. Mieux, les Rajaouis ont été conviés à disputer un match amical en Ecosse contre les Hibernians. Sympa !


Poker. Plus fort(s) que Bruel

Marrakech a abrité, il y a deux semaines, le “Mamounia international poker tour” avec la participation d’une soixantaine de “champions” nationaux et étrangers, dont le chanteur et ancien champion du monde de la discipline Patrick Bruel. À la surprise générale, comme cela nous a été confié par l’un des présents, “Bruel n’est arrivé que troisième au classement final”. L’idole française a été devancée par deux champions marocains : un grand patron de la place, qui a raflé par la même occasion la coquette somme de 580 000 dirhams, et un joaillier casablancais qui a récolté quant à lui 370 000 dirhams. Ils sont forts, ces Marocains !


M6 décore les gnaoua. Et Neila ?

A Essaouira, et en présence du conseiller royal André Azoulay, natif et présumé “parrain” de la ville, Mohammed VI a gratifié du Wissam du mérite national les mâallems gnaouis Mahmoud Guinéa, Abdeslam Belghiti et Abdeslam Alikane - ce dernier étant également directeur artistique du festival Gnaoua musiques du monde, qui fête cette année sa dixième édition. C’est la première fois que le roi décore des gnaoua, et beaucoup y ont vu une reconnaissance officielle de cet art et de la notoriété mondiale qu’il a donnée à Essaouira, via le Festival. Personne, en revanche, n’a compris l’absence de Neila Tazi, patronne de l’agence A3 qui, depuis toujours, est l’âme et la cheville ouvrière du festival. Alikane s’en est même dit “profondément désolé”. Pour tout commentaire, Neila Tazi, elle, se contente de préciser que personne ne l’avait invitée.



Humeur. Monument

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Hassan II avait dit, dans l’un de ces discours déroutants dont il avait le secret, en s’adressant aux Casablancais : “Je vous ai promis un monument, mais j’ai choisi Rabat pour le mausolée Mohammed V, c’est pour cela que je construis la mosquée (Hassan II) pour vous”. Et voilà. Casablanca était orpheline de monuments historiques, le roi lui a en a donné un. J’ai pensé à la pirouette hassanienne en passant, quelque temps après le Jour J, par le Boulevard Moulay Youssef à Casablanca. L’emplacement où le malheureux kamikaze a quitté ce monde, à quelques mètres du centre américain de langue, est devenu, lui aussi, un “monument”. Mais involontaire. Les gens s’arrêtent pour demander aux policiers : “C’est là, hein ? Ou alors là ? Ou encore là comme j’ai cru le comprendre en lisant la presse ?”. Les plus superstitieux contournent le ground zero casablancais, de peur d’être happés par quelque mauvais esprit. D’autres continuent de faire crépiter les flashes de leurs appareils photo, les plus curieux vont même jusqu’à toucher le sol. C’est ainsi. Des supporters des FAR, équipe de foot militaire, de passage le week-end dernier à Casablanca, ont crié, le jour même du drame : “Vous (les Casablancais) êtes bons pour vous exploser, pas pour marquer des buts !”. Notre monument à nous est là, gravé sur l’asphalte inutile du Boulevard Moulay Youssef. C’est banal, si j’en juge par certaines manchettes de journaux reproduisant, pêle-mêle : une tête de kamikaze “dormant” à côté d’une cartouche de cigarettes, les bénéfices tirés par les dernières sociétés cotées en Bourse, un publi sur une nouvelle marque auto ou un machin-chose sur le gaz. Il ne manquerait plus qu’une pub de plus pour vendre Tanger 2012 ou un week-end en amoureux à Mirleft ! La blessure du Boulevard Moulay Youssef ne mérite peut-être pas mieux, si ce n’est une trace noire dans la mémoire de la ville que j’aime.



VITES !

Ceux qu’on appelle déjà les “Snipers”, brigade spéciale de la Gendarmerie royale, généralement cagoulés et armés de fusils-mitrailleurs à lunette, et qui étaient particulièrement visibles sur les lieux des attentats, avaient pour consigne de tirer à vue sur toute personne qui refuse d’obtempérer ou de se laisser fouiller dans n’importe quel endroit. Gare !


Parade, le magazine du groupe de presse Caractères a annoncé la suspension de sa parution pour quatre mois, à compter de mai 2007. “C’est une pause de réflexion. Nous ne voulons plus sortir de numéro dans la précipitation”, précise Maria Daïf, la directrice de publication. Rendez-vous à la rentrée.


Le retour du terrorisme semble avoir dopé… le besoin de (bien) communiquer chez nos responsables. Après le 14 avril, une délégation de fonctionnaires (policiers et responsables de l’Intérieur) se serait rendue, en France pour suivre “une formation accélérée en relations presse”. On attend impatiemment les travaux pratiques !


L’ONG hollandaise Press Now propose de financer des travaux journalistiques “spéciaux” sur le Maroc, portant sur des thèmes variés allant de l’islam politique à l’émigration illégale, en passant par l’amazighité. Montant maximum du financement : 50 000 DH. Pour plus d’informations : www.pressnow.nl


Le PPS rassemblera tous ses élus ce samedi 21 avril à Rabat pour leur présenter son programme électoral et sa stratégie de communication. La rencontre, qui s’articulera autour du thème de “la politique de proximité et l’écoute des citoyens”, confirme que les “camarades” sont réellement inspirés à l’approche des élections.


Deux paquebots transportant 800 touristes canadiens et américains, qui devaient effectuer une escale de quelques jours au Maroc, ont annulé le débarquement au port de Casablanca, initialement prévu le 18 avril. L’explication, comme nous l’a précisé une source marocaine, est évidemment d’ordre “sécuritaire”, suite aux événements du 14 avril.
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés