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Par Fahd Iraqi,
envoyé spécial à Meknès
Événement. Lagriculture tient salon
Notre terre, notre richesse, tel a été le thème du Salon international de lagriculture sur lequel le rideau est tombé mardi dernier. TelQuel a visité pour vous ce salon, aussi vaste que le secteur dont il est la vitrine.
Et de deux pour le Salon international de lagriculture de Meknès ! Lévénement, plébiscité lors de sa première édition, confirme cette année son statut despace de rencontres internationales entre les professionnels du monde agricole. Les chiffres du cru 2007 ont de quoi impressionner : 850 exposants, représentant 22 pays, 12 hectares |
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despace dexposition et près de 500 000 visiteurs. Après le succès de lannée dernière, nous nous devions de développer davantage cette manifestation, pour quelle soit à la hauteur de limportance du secteur agricole, explique Jawad Chami, haut commissaire du Siagrim. La contribution du secteur primaire dans léconomie nationale nest dailleurs plus à présenter. Lagriculture dégage 22% de la valeur ajoutée du pays, emploie 40% de la population active et réalise 12% du chiffre daffaires à lexport. Autant déléments pour justifier limportance accordée à ce salon, dailleurs placé sous le patronage effectif du roi.
Côté cour
Côté jardin
Néanmoins, derrière les stands rutilants, les chapiteaux gigantesques ramenés de France, le matériel high tech exposé et les grandes annonces dinvestissement, le Siagrim a aussi un côté pile. Exemple : sur les 120 000 m2 despace dexposition, pas un seul cabinet de toilettes à la ronde. Je ne savais quoi répondre à mon partenaire étranger tenaillé par un besoin pressant
Il était en plus diabétique, raconte, mi-amusé mi-agacé, un exposant. Question sécurité, il y en avait pour tous les goûts. Entre les gestes civiques des pompiers, qui guettaient le moindre fumeur dans les stands, les excès de zèle de la société privée de sécurité engagée pour loccasion et le débordement des agents dautorité face aux bousculades devant les portes, le cafouillage est passé miraculeusement inaperçu. Les fellahs et autres visiteurs, de leur côté, ont dû marcher 30 minutes depuis le parking pour atteindre lespace dexposition, franchissant plusieurs portiques de sécurité. Et les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville nont rien arrangé. Déjà, la veille de linauguration du Salon, cétait la course contre la montre pour rattraper les dégâts causés par les fortes précipitations, confie un responsable de lorganisation.
Ces dérèglements mis à part, la manifestation fut relativement réussie. Les entreprises sont arrivées en masse et leurs stands rivalisaient de créativité pour attirer le chaland. Entre la location de lespace dexposition, la construction du stand et le déplacement du matériel et du personnel, lopération Siagrim nous a coûté un million de dirhams, confie un exposant. Dautres entreprises ont fixé la barre encore plus haut. Certaines se sont même offert le luxe dengager des comédiens pour animer leurs stands. Dautres ont préféré ramener du matériel pour la première fois exposé au Maroc, comme une récolteuse dolives coûtant la bagatelle de 1,3 million de dirhams.
Léquipement agricole en vedette
Mais si les entreprises misent sur ce Salon, cest quil y a aussi un important business derrière. Un secteur en particulier vole la vedette : celui de léquipement agricole. Ce pavillon occupe dailleurs le plus gros de lespace dexposition. Un secteur qui bénéficie dune véritable implication des pouvoirs publics. Sans le soutien de lEtat, le secteur courait droit vers la faillite, en raison de limportation massive des engins agricoles doccasion en provenance dEurope, explique Chakib Belkhadir, président de lAssociation des importateurs de matériel agricole (AMIMA). En effet, dès 2002, lEtat avait concédé une prime dinvestissement de 20 000 dirhams pour les agriculteurs qui opteraient pour lacquisition dun matériel neuf. Mais la mesurette na pas eu limpact attendu et les sociétés déquipements continuaient de fermer boutique les unes après les autres. À la fin de lannée dernière, néanmoins, lEtat a rectifié le tir en optant pour une subvention à hauteur de 40% (mais plafonnée à 90 000 dirhams) du prix des tracteurs. Idem pour les autres équipements (semoirs, matériaux de récolte
), pour lesquels laide publique oscille entre 35 et 60%. En parallèle, les importateurs de matériel agricole ont signé une convention avec le Crédit Agricole pour le financement des agriculteurs. Via cette convention, la banque sengage à financer le reliquat du prix dacquisition de tracteurs selon des conditions avantageuses. De notre côté, nous nous engageons à accorder une remise de 3% sur nos prix de vente aux agriculteurs passant par le Crédit Agricole, explique le président de lAMIMA. Limpact ne sest pas fait attendre : les ventes de tracteurs ont été multipliées par trois entre 2005 et 2006. Nous ne savions pas si ces ventes exceptionnelles sont dues à la bonne pluviométrie de lannée dernière ou à leffet de la subvention. Toutefois, le maintien de cette tendance au cours des premiers mois de 2007 confirme que lembellie du secteur est due à leffet subvention, explique Chakib Belkhadir. Jusquà fin mars, et malgré une campagne agricole annoncée comme désastreuse, les ventes de tracteurs culminent à 678 unités et les opérateurs comptent clôturer lannée avec des ventes similaires à celles de 2006. Dailleurs, la réussite de la combinaison subvention publique - financement bancaire a incité les responsables à la dupliquer pour dautres types de matériel agricole. La banque verte vient dailleurs de signer une convention quasi similaire avec lassociation regroupant les marchands de matériel dirrigation. Et la banque a justement profité du Siagrim pour en faire lannonce officielle. Autre preuve que le Salon meknassi devient une véritable date qui compte. |
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Source : AMIMA
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Statistiques des ventes de tracteurs agricoles
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2004
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2005
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2006
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1179
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1080
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2704
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Meknès. Merci les fellaha
Une procession de voitures, immatriculées à Casablanca et Rabat, sallonge le long de la sortie de lautoroute de Meknès. Et pour cause : aujourdhui, cest linauguration du Salon de lAgriculture, effectuée par le roi en personne. Du coup, tout le gotha du monde des affaires a fait le déplacement jusquà la capitale ismaïlienne. Pour cette ville, trop souvent oubliée par le Pouvoir central, cest lévènement de lannée. Sur ses grandes artères, certainement inscrites sur le circuit du cortège royal, les banderoles de bienvenue au souverain (aux accents emphatiques rappelant une autre ère) sont de sortie. Surtout, cest toute lactivité économique de la ville qui se retrouve dopée par le double évènement. Les hôtels de Meknès, sans exception, affichent complet. Cest vraiment avec cette manifestation que nous prenons conscience de linsuffisance de la capacité hôtelière de la ville, explique un hôtelier. Certains exposants ou visiteurs ont même dû migrer à Fès, Ifrane ou Azrou pour dégotter une chambre. Les moins exigeants ont même succombé aux propositions de quelques habitants de Meknès, qui profitent du surbooking pour louer des appartements au prix fort. La médina de son côté, particulièrement la place Lehdim, récemment réaménagée, est prise dassaut par des milliers de touristes dun genre particulier. Restaurants et snacks se retrouvent même en rupture de stock devant laffluence de clients. Et dans les cafés de Meknès, on ne parle que du Salon. Un nom revient souvent dans les discussions : celui de Hassan Aourid, le nouveau wali. Lex-porte parole du Palais, connu pour sa proximité avec le souverain, est justement le véritable initiateur de cette exposition. Pour certains Meknassis, il est devenu le héros, qui permet à la ville de vivre sa semaine de gloire. |
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