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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“L’OMDH n’est pas un syndicat”

Antécédents
Amina Bouayach
Présidente de l’OMDH
(TNIOUNI / NICHANE)

1958. Naissance à Tétouan.
1988. Trésorière de l’OMDH (Organisation marocaine des droits de l’homme).
1992. Master en économie à l’université Mohammed V à Rabat.
1998. Chargée de communication au cabinet de Abderrahmane Youssoufi.
2006. 2006. Élue présidente de l’OMDH.
2007. Vice-présidente de la FIDH (Fédération internationale des droits de l’homme).

Smyet bak ?
Hammadi Ben Ahmed.

Smyet mok ?
Ce n’est pas la peine.

Khayfa la ys’hrou lik ?
Non, mais elle préfère qu’on ne cite pas son nom.

Bon. Nimirou d’la carte ?
L 67920.

Vous avez récemment été élue vice-présidente de la FIDH, aux côtés de Driss Yazami, reconduit dans son poste de secrétaire général. Cela veut dire que le Maroc est un bon élève en matière de droits de l’homme ?
Cela veut dire que le Maroc a de grands militants. Driss Yazami a été reconduit presque à l’unanimité. Pour moi, c’est différent. C’est la première fois que je me présente à une institution internationale. J’ai finalement eu un nombre satisfaisant de votes. C’est une confiance qui me réjouit. D’autant qu’elle est uniquement basée sur des considérations de mérite, sans arrière-pensées sexistes.

C’est quand même la mode des femmes au pouvoir, ces temps-ci. L’AMDH s’apprête elle aussi à élire une femme à sa tête apparemment …
Tant mieux, mais ce n’est pas une mode. C’est l’aboutissement d’un processus de reconnaissance des femmes en tant que compétences pouvant gérer les affaires publiques.

Les membres de l’OMDH ne vous ont-ils pas élue pour redonner du souffle à une organisation en perte de vitesse ?
L’OMDH fait parler d’elle à travers ce qu’elle fait. Je crois que notre force réside dans cette continuité et cette constance dans le suivi des problématiques liées aux droits de l’homme. Nous adoptons une approche singulière qui consiste à dialoguer pour essayer de trouver des solutions. Et pour cela, nous n’avons aucune gêne à utiliser les mécanismes de l’Etat lorsqu’ils existent, et à en proposer lorsqu’ils font défaut.

Vous définissez l’OMDH comme un partenaire de l’Etat ?
Nous sommes le partenaire de tous les acteurs qui oeuvrent pour le respect des droits de l’homme. Nous ne sommes pas un syndicat des droits de l’homme. C’est ça la différence.

La différence… par rapport à l’AMDH ?
À l’OMDH, nous avons toujours privilégié la recherche de solutions. Nous avons toujours œuvré dans la concertation et le dialogue. La protestation n’est qu’un moyen de pression, qu’il faut utiliser à bon escient, jamais une fin en soi.

Cela vous dérange encore qu’on vous taxe d’organisation usfpéiste ?
Oui, parce que ce n’est pas vrai. Si l’Usfp prend en considération nos positions et nos observations, cela ne peut que nous réjouir. En 1988, c’est bien l’USFP qui a appelé à la création d’une organisation de droits de l’homme réellement indépendante et sans couleur politique. Je me rappelle qu’au moment de la création de l’Omdh, les membres venaient d’horizons politiques si différents que cela a suscité la méfiance des autorités, qui ont refusé de nous délivrer l’autorisation.

Vous ne trouvez pas que malgré tout, l’Amdh continue à vous tenir la dragée haute ?
Pas du tout. Nous sommes convaincus que le Maroc a besoin de notre vision des droits de l’homme. Nous avons déjà appelé à une restructuration de l’espace politique. Nous voulons que toutes les associations, y compris la nôtre, se remettent en question de manière à devenir une force de proposition et de mobilisation. Que chacun - législatif, associatif et exécutif - joue son rôle. Aujourd’hui, il y a un mélange des genres qui ne donne pas une bonne visibilité.

Vous avez été chargée de communication de Youssoufi. À quel moment avez-vous arrêté de croire à l’alternance ?
Jamais.

Même quand votre patron a interdit Demain, Le journal et Assahifa ?
C’est une interdiction que je condamne, mais peut-être qu’un jour Youssoufi s’expliquera sur les raisons qui l’ont poussé à le faire. Il y a peut-être eu des raisons d’Etat que j’ignore.

Votre conception des droits de l’homme peut donc vous pousser jusqu’à justifier l’interdiction d’un journal ?
Je ne la justifie pas. J’estime que les journaux incriminés ne méritaient pas l’interdiction. C’est d’ailleurs suite à cette affaire qu’il y a eu amendement de l’article 77 dans le Code de la presse.

Que vous reste-t-il de vos gènes rifains, finalement ?
Etre entière dans mes convictions et mon comportement, directe dans mes propos.

 
 
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