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N° 271
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Les Madrilènes de Macaco
(DR)

Festival. Bouchon sur L’Boulevard

L’Boulevard prend l’autoroute de la mondialisation culturelle (qui n’a pas que de mauvais côtés) et annonce une neuvième édition à la sauce “auberge espagnole”, avec des rencontres scéniques simplement inédites… L’électron libre electro Zayane Freeman concrétisera son travail musique et vidéo aux côtés de Naab (producteur et MC marocain installé en France) et de deux vidéastes, en partenariat avec le Made in Maroc dijonnais. Le Souss reçoit Marseille avec une triple action Amarg Fusion, Style Souss et les orientaux et métissés Watcha Clan – après leur premier rendez-vous à l’Institut français d’Agadir en mars dernier.
Les piquants Darga cosigneront une création casa-madrilène avec les excellents Macaco, et H-Kayne poseront leurs lyrics sur la vibe du big-band reggae stéphanois Dub Incorporation, après quelques concerts partagés en France en fin d’année dernière… Une neuvième édition également truffée de petites histoires, comme cette création du British Council, Matbakh, qui voit Hicham Bajjou (Dayzine) et Bigg partir pour trois semaines à Londres, pour mettre sur pied un spectacle avec une quinzaine de musiciens d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et d’Angleterre. Côté rock et métal, menu de choix avec les Français dans le vent Gojira, les gothiques aux deux millions d’albums vendus, Paradise Lost, et la découverte libanaise New Government. Enfin, après Hexstatic il y a deux ans, c’est la suite de la remontée aux sources du label londonien Ninja Tune, avec ses fondateurs Coldcut, autre tête d’affiche de ce 9ème Boulevard.

www.boulevard.ma
Du 31 mai au 3 juin aux stades du RUC et du COC à Casablanca.



Sortie. Faut pas rêver !

Le réalisateur Jamal Belmejdoub a sans aucun doute la qualité essentielle que l’on prête aux amateurs d’un art : la passion. Mais aussi le défaut principal : l’amateurisme. Le titre de son film d’abord. Moroccan Dream cède à la tentation du moment, l’anglais de blockbusters qui en a l’air, mais pas la chanson. L’affiche n’est pas plus contractuelle. Avec son fusil, Rachid El Ouali évoque un marshall embringué dans une chasse à l’homme en pays berbère. La réalité est beaucoup moins palpitante. Rachid s’est affublé d’une jouija pour donner le départ d’une course à pied. Dénicheur de talents en athlétisme, venu de Genève, El Ouali prospecte le Haut-Atlas à la recherche de l’Guerrouj de demain. à la clé de la course : l’eldorado suisse et des contrats avec Nike, Siemens et La Vache qui rit. Il est là, le fameux rêve marocain, s’étalant poussivement, poussé à la roue par un gentil Rachid. Mais rebondissement final, une fin en queue de poisson, nous révèle que Rachid n’est finalement pas si net que ça… Grâce à sa tête de gendre idéal, El Ouali avait donné le change 1h40 durant. Par inadvertance et certainement pas par ses talents d’acteur.

Moroccan Dream, au Mégarama.



Tournage. Piaf sera marocaine

Maia Vion, écrivain de profession, manager de groupes à ses heures perdues, réalisatrice de fortune et fan zélée d’Edith Piaf, prêtait son salon à une copine prof de chant - Christie Caro pour ne pas la citer - pour y donner ses cours particuliers. C’est comme ça qu’elle a découvert la “petite Nabila”, un soir où la chanteuse répétait du Piaf. Il n’en fallait pas plus pour lui souffler l’idée d’une folle aventure. Une comédie musicale, biographie d’Edith Piaf, avec Nabila Mâan dans le rôle de la Môme, et une flopée de lauréats du Studio 2M pour jouer Montand, Aznavour, Moustaki ou encore Chevalier... et des danseurs espagnols pour faire le pont entre le Maroc et la France.

Sortie prévue pour le 16 novembre 2007.



Expo. Trois zooms, un regard

Deux Marocains et un Américain, chasseurs d’images fortes et insolites, réunis autour de paysages urbains et de la place de l’homme dans la ville, pour signer des clichés en provenance de quatre continents… Thomas Hartwell, installé au Caire, a shooté pour le New York Times ou Newsweek, et voyagé ces dernières années au Moyen-Orient – ses clichés de la fête foraine de Gaza l’an dernier ou de Naguib Mahfouz, peu avant son décès, ont fait le tour du monde. Tout juste sorti d’une résidence de six mois à la Cité des artistes à Paris, Fouad Maâzouz, dont le travail sur la jeunesse marocaine voyage dans une cinquantaine de pays, jette ici un regard sur la vie quotidienne américaine, de Ground Zero au Texas… Troisième oeil de voyageur infatigable, celui de Abdelkrim Raddadi qui, après des travaux sur les signes de “l’omniprésence de l’imagerie américaine au Maroc” a récemment publié Les Portes du succès, recueil de photos de 400 portes marocaines, accompagnées de poésies et proverbes. Un dialogue sur l’identité, en images.

Jusqu’au 10 mai à la Villa des Arts de Rabat.



Université. de Fès Fac le docu !

La première semaine du film documentaire de Fès a fait des frustrés parmi son public estudiantin, après l’annulation, la semaine dernière, des trois projections prévues dans l’enceinte de la Faculté de droit. La direction de la Faculté aurait craint “les réactions des étudiants d’Al Adl Wal Ihsane, (ndlr : qui contrôlent le syndicat estudiantin l’UNEM)”, affirme un responsable de l’Institut Français de Fès, organisateur de la manifestation. Des conclusions niées en bloc par le doyen de la Faculté de droit, Farissi Serghini : “Les amphithéâtres étaient occupés. L’horaire des projections se chevauchait avec les examens de rattrapage en économie”. Et pour avoir validé l’horaire et le lieu en accord avec l’IF, il évoque “une simple erreur d’organisation”, rejoint dans son argumentaire par Mohamed Benmassaoûd, secrétaire général de l’UNEM : “Nous n’avons fait pression sur personne. D’ailleurs, tous les responsables de l’UNEM de Fès étaient à Casablanca pour une rencontre nationale”...


Insolite. Hip Hop musclé

Quel est le lien entre le fitness et le hip hop ? À priori aucun. Ce n’est pourtant pas la conviction de la Fédération royale des sports aérobics et fitness. Selma Bennani, sa présidente, y croit dur comme (une barre de) fer : “le hip hop est une sous-famille du fitness”. Au prix d’un effort intellectuel musclé - et tiré par les cheveux - la Fédération a même trouvé deux liens entre les disciplines. Un festival de fitness, 5ème du nom ceci dit, et son petit bourgeon, le 1er Grand prix de hip hop. Et comme pour lui donner raison, Franck Geleijns, président de la Fédération internationale de hip hop, a joint son nom - et sa Street cred - au jury de la compétition. Ainsi, entre deux séances d’abdo-fessiers, les “festivaliers” seront invités à découvrir les vertus du stretching autant que les méfaits du dopage. Les sceptiques, eux, pourront toujours ruminer sur la cohérence de cette programmation lors des séances de Taï Chi…

Du 27 au 29 avril, au complexe prince Moulay Abdellah, à Rabat.



Cinéma. Descente à Saint-Denis

Avant les paillettes de La Croisette cannoise, le cinéma marocain fait un crochet par les salles de la banlieue parisienne. À Saint-Denis plus exactement, où le cinéma l'Ecran accueillera du 10 au 13 mai la seconde édition du Panorama des cinémas du Maroc. Une vingtaine de projections dont une moitié de longs-métrages, sous le “haut” parrainage de Roshdy Zem et avec Narjiss Nejjar et son Wake up Morocco. Côté docus, la couleur est plutôt militante avec El Batalett de Dalila Ennadre, Général, nous voilà et Le blues des chikhates de Ali Essafi. À noter également deux films en amazigh, une carte blanche à la toute fraîche Cinémathèque de Tanger et une fenêtre sur l'Algérie. Bref, un vrai mini-festival avec, en prime, une tente caïdale, un concert de Sapho, du thé à la menthe et une lecture du poète Mohamed Hmoudane.


Association. Le Sud parle au Sud

Musique pour commencer : Bleu Mogador, FT2I et une troupe de percussionnistes et de danseurs ivoiriens seront réunis à l’affiche du Théâtre royal de Marrakech le 28 avril. Et militantisme au détour : le concert est signé par la jeune association Agir Ensemble, métissage estudiantin de Maghrébins, Européens et Subsahariens, qui prépare le premier Forum international des jeunes Sud - Sud pour novembre 2007, à Rabat… “Nous voulons rapprocher les Subsahariens des Maghrébins”, insiste le président, Gueck Beyeth. Au programme : caravanes de livres, équipement de bibliothèques et séances de “théâtre forum” (en milieu rural essentiellement), le tout sous le label éducation interactive et développement culturel.


Télé. Al Oula, Première !

Avis à ceux qui s’y perdraient en allumant leur poste ce week-end : la TVM n’est plus. La vieille dame est morte… pour mieux ressusciter dans la peau d’une fraîche Première Dame, qui prend désormais le nom d’Al Oula. Au programme : des jingles relookés et des plateaux repensés. Le logo a aussi pris la fièvre volage, et se trouve une nouvelle niche : en haut à droite de l’écran. Et pour exaucer les vœux de tous les Marocains, la programmation entière repasse sous la loupe…“Si tout va bien, ce week-end annoncera une nouvelle ère”, souffle-t-on dans les couloirs de Dar El Brihi. On ne demande qu’à le croire. Une certitude sinon, la première de son émission star, Al Oula Show, aura lieu ce 28 avril à 19h, avec Darga, H-Kayne, Hoba Hoba Spirit, Amarg Fusion et Bigg…


Le livre.

En 2005, des sacs piégés explosent en plein cœur de Londres. Les pistes convergent vers Al Qaïda. Les services secrets britanniques et américains montent alors l’opération “Stingray”. Objectif : infiltrer l’organisation terroriste et faire avorter une prochaine attaque, annoncée encore plus meurtrière que l’attentat du 11 septembre. Seul hic, il leur faut trouver un agent au faciès arabe, maîtrisant les subtilités de la langue et, pour finir, l’introduire dans les cercles de décision d’une société afghane fondamentalement tribale et autarcique. Le challenge vaut les exploits d’un super-héros, anglais pour changer. Résultat, “L’Afghan” est un roman d’espionnage quasi hollywoodien, où la planète entière est sur écoute et les espions prolifèrent partout… à la limite de la paranoïa.

L’Afghan ; Frederick Forsyth, Ed Albin Michel.




Humeur.
Modèles économiques

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

D’une poignée de mains, les deux hommes venaient de sceller le destin d’un bout de Casablanca. Une villa d’angle allait bientôt disparaître pour laisser place à des appartements. Le lifting sera à peine perceptible. Nos deux entrepreneurs immobiliers sont des nouveaux riches en devenir, leur folie des grandeurs est encore confinée à ce restaurant de moyenne gamme où ils dînent. Cependant, ils se sentent déjà importants, dans l’actu, pleinement concernés par la une de L’économiste sur la spéculation immobilière. Simple mirage médiatique. Ce sont des Anas Sefrioui à la petite semaine. Ils ont beau jongler avec les millions de dirhams, un nez fin pourrait presque sentir leurs bottes boueuses, comme laissées à l’entrée du restaurant pour ne pas éclabousser leur CV. Hier encore, leurs parents parfumaient le pays au purin. D’un coup de pschitt, leurs rejetons désodorisent ces effluves, les remplaçant par l’odeur du béton. Bâtir rapporte plus que planter. La clientèle est là, grouillante, à l’extérieur du restaurant. Elle conduit des Peugeot 307, la voiture culte par défaut de la classe moyenne. Elle fantasme, au volant, sur un destin flamboyant à la Moulay Hafid Elalamy. Enfin, une fois remboursé le crédit immobilier dans trente ans. Autant dire condamnés à devenir golden boys dans une autre vie. Peut-être…



Anania sur Arte
Il y a quatre mois, Taoufik Izzediou, chorégraphe co-fondateur de la compagnie de danse Anania, imaginait le “Danse F’lappart”, pour contourner l’absence de salles au Maroc. Metropolis, le magazine culturel insolent d’Arte, a pisté l’aventure, à Marrakech même, et la raconte sur petit écran le 28 avril à 18h00.

Blog pas Glob
Wana lance le 1er Grand Prix des Blogs, récompensant les 10 meilleurs blogs créés sur bayn.net.ma. Avis donc aux Marocains pensants de blogspot et aux exhibitionnistes de skyblog, désirant gagner ordinateurs, téléphones et modems Internet. Ils ont jusqu’au 20 mai pour penser et s’exhiber chez Bayn.


Rap militaire
Epaulée par l’association “Chouâlate Achamal”, la formation tangéroise Zanka flow tiendra sa “Military Party”, le 30 avril au cinéma Monumental à Tétouan. Pour la peine, Muslim, le rappeur démissionnaire il y a deux mois, a juré présence pour les trois heures que durera le “show”.

 
 
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