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N° 271
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Driss Jettou autour de la table
des négociations avec les
centrales syndicales.
(MAP)

Dialogue social. Des salaires indexés sur l’inflation ?

Les rounds officiels de l’habituel dialogue social d’avril sont terminés. Le premier ministre a reçu les représentants de toutes les centrales syndicales, qui espéraient arracher une hausse du salaire minimum. Les négociations ont été visiblement serrées, au point que le gouvernement a fini par concéder un semblant de solution : l’indexation des salaires au taux d’inflation. Le gouvernement serait même prêt à accorder une augmentation de 2% dès janvier prochain. Un taux qui correspond à la moyenne annuelle de la hausse du coût de la vie sur les dix dernières années. Sur cette période, le SMIG a été augmenté à deux reprises de
10%. Arithmétiquement donc, le gouvernement pense réaliser une bonne affaire. Mais la solution semble difficilement acceptable. Des voix s’élèvent déjà pour souligner le risque d’hyperinflation qu’une telle option pourrait engendrer. L’anticipation de fixation des prix sur l’amélioration des salaires pourrait conduire à un cercle vicieux, qui perturberait à terme les équilibres monétaires. Certains s’attendent même à voir Bank Al-Maghrib sortir son veto pour s’opposer à l’indexation des salaires à l’inflation. Les syndicats, de leur côté, se montrent plus gourmands : ils campent sur leur doléance de revalorisation des salaires à 10%, comme rattrapage du manque à gagner des cinq dernières années, avant de discuter toute augmentation en 2008. Affaire à suivre !


Rating. L’Investment grade, enfin ?

Depuis dix ans que le Maroc passe sous la loupe des agences internationales de notation, il vient pour la première fois de décrocher une note lui permettant de figurer sur la catégorie Investment Grade. C’est l’agence Fitch Ratings qui vient de donner ce verdict. Pour l’agence, cette note reflète “les progrès notables qui ont entraîné une amélioration sensible du niveau de vie et de la position extérieure du pays”. l’agence pointe néanmoins du doigt le niveau élevé de la dette publique, qui constitue l’un des principaux handicaps du pays. Dans ses prévisions, elle s’attend même à une aggravation du déficit budgétaire, sous l’effet de la baisse des recettes douanières liée aux différents accords de libre-échange. Un argumentaire quasiment calqué sur les appréciations de Moody’s et Standard & Poor’s. Sauf que ces deux agences, qui font référence en matière de rating, attribuent au Maroc une note l’excluant de l’Investment Grade.


Energie. Le coup de pouce de la Banque Mondiale

L’ONE vient de bénéficier d’un don de 43,2 millions de dollars de la part du Fonds mondial pour l’environnement (GEF), géré par la Banque Mondiale. L’enveloppe est destinée au financement du projet de la centrale thermo-solaire d'Aïn Béni Mathar, située au sud d'Oujda. Une centrale qui devrait, selon le calendrier de l’ONE, entrer en service vers le premier semestre 2009. Ce projet vient répondre au besoin urgent du Maroc de renforcer sa capacité énergétique. Il s’inscrit surtout dans la nouvelle politique énergétique qui vise à réduire la dépendance énergétique du pays et de favoriser le changement technologique pour une transition vers une énergie faible en émissions polluantes.


Tourisme. Une nouvelle enseigne Accor

Le groupe Accor, connu au Maroc pour ses marques Ibis, Sofitel et Mercure, envisage d’introduire le dernier-né de sa gamme. Suitehotel (apparu en 1998 et jusque-là méconnu au pays) offre à ses clients un nouveau concept, constitué de studios de 30 m2. Le principal avantage est de permettre au client de préparer sa propre restauration dans sa chambre, équipée d’une kitchenette. L’hôtel propose aussi une boutique gourmande, avec des coffrets haut de gamme en libre service. Le premier Suitehotel devrait ouvrir ses portes à Marrakech l’année prochaine. Sur ce site, le groupe français devait y installer, à l’origine, un Mercure, avant d’opter pour ce concept qui s’inscrit dans une stratégie de promotion du tourisme national. Le groupe a identifié d’autres sites pour accueillir de futurs Suitehotel, comme le Casa City Center à Casablanca.



Pendant ce temps, le peuple….
Voix agricole

Mohamed est agriculteur dans la région de Meknès. Il possède une dizaine d’hectares hérités de ses ancêtres, qui ont toujours travaillé cette terre par voie de fait. Le côté trouble de ce statut foncier, Mohamed n’en a que faire. “C’est le cas de tout le douar”, se rassure-t-il. Comme tout fellah bien informé, Mohamed a entendu parler du Siagrim. On lui a raconté que le Salon est devenu la Mecque des professionnels du monde rural. Produits du terroir, engins agricoles, bêtes de race… tout est rassemblé pour exhiber une agriculture qui se modernise. Mohamed, lui, en est toujours à une question existentielle : “40 DH le ticket ? Je préfère plutôt me payer un poulet pour le déjeuner avec loulidate”. Pour autant, Mohamed aimerait bien le visiter, ce Salon. Il contacte son élu de la chambre agricole et son élu communal pour tenter d’obtenir un badge “Fellah”, comme celui qu’il a vu sur la poitrine du voisin. L’élu accède à sa demande, lui promet une visite guidée au Siagrim et même une “zerda” en prime. Mohamed comprend alors tout l’enjeu de ce Salon : “Même au Salon, il y a de la syassa. Cette invitation a comme un arrière-goût de pré-campagne électorale”. Et pour étaler sa grande culture politique, il ajoute : “J’ai toujours voté pour un somptueux dîner, un sac de farine et un sac de pains de sucre”. Mohamed se met alors sur son trente et un pour cette virée au Salon. Mais son plan tombe à l’eau : l’élu lui a posé un lapin. “C’est vache de me laisser attendre comme un ‘hmar’. Daba, il n’aura jamais ma voix”, jure Mohamed qui, à coups de publicités sur les élections, a fini par croire que sa voix pourrait vraiment changer les choses.



OFF.

Après Casablanca, Alger et Dubaï, le groupe de communication Ateo s’implante à Marrakech, où il vient d’inaugurer son agence Robinson Marrakech. Première agence senior à élire domicile dans la cité ocre, Ateo ambitionne de capter une demande croissante en matière de communication émanant des opérateurs économiques de la ville. Le groupe fondé par Karim Oughla en 1998 est la quatrième agence marocaine en termes de volume d’investissement, avec un chiffre d’affaires annuel de 140 MDH.

 
 
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