Tout ça pour ça ?
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Tant de concessions sur le Sahara pour en arriver à
se disputer sur les virgules dun document de lONU ?!
Cétait prévisible : le dossier Sahara sembrouille à nouveau. Récapitulons et surtout, tâchons de faire simple. Avec le temps et malgré la propagande, on avait donc fini par comprendre que le Maroc était, et depuis longtemps, la partie de mauvaise foi : celle qui renie sa parole, celle qui bloque tout mais ne propose rien. Il y a deux semaines, le Maroc a spectaculairement renversé la vapeur, en remettant au secrétaire général de lONU un plan dautonomie du Sahara aussi surprenant quaudacieux. En gros : à nous la monnaie et
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le drapeau, aux Sahraouis la gestion dà peu près tout le reste, selon des modalités ouvertes à la discussion
à condition que les autres veuillent bien discuter. Le piège était bien pensé : sous pression de lONU, lAlgérie et le Polisario devaient se retrouver acculés à négocier sur la base de la proposition marocaine, entérinant de facto labandon de loption indépendantiste. Mais à la dernière minute, les autres ont eu une idée de génie : proposer à Ban Ki Moon leur propre plan, évidemment centré sur lindépendance. Rien de vraiment nouveau, hormis une promesse peu crédible de partager les ressources naturelles du territoire. Mais le machin quest lONU sest tout de même senti obligé de renvoyer les deux plans, donc les deux parties (lAlgérie et le Polisario nen faisant quune), dos à dos.
Retour, donc, à la case départ : une résolution du Conseil de sécurité soupesée au microgramme, et chacune des parties sattachant à nen retenir que les passages qui larrangent (lire larticle de Driss Bennani, p. 6). Certes, une lecture de bonne foi révèle un léger avantage au Maroc. Mais en matière diplomatique, la bonne foi na aucune importance. Seul compte le rapport de forces. Et entre le Maroc et lAlgérie, le rapport de forces na pas évolué depuis trente ans : cest toujours léquilibre parfait. Résultat : au terme dun an de ramdam, on se retrouve avec une résolution qualifiée par le Polisario déchec cuisant pour le Maroc et par le Maroc de
récompense pour ses efforts diplomatiques ! Et tandis que lONU appelle les parties à des négociations directes, immédiates, de bonne foi et sans conditions préalables, les parties affirment, la main sur le cur, leur disposition à négocier, mais chacune sur la base de son propre plan, et chacune
insultant copieusement lautre ! Vous ny comprenez plus rien ? Cest fait pour !!
Alors, tout ça pour ça ? Tant de concessions et de finesse de notre part (on nen rêvait même plus)
pour aboutir à un nouveau blocage ? Pour lunique plaisir de dire que cette fois, cest lAlgérie qui bloque ? Tout cela ne serait-il, finalement, que dispute denfants sur un immense bac à sable ? Pour linstant, cest limpression que ça donne. À moins que
La proposition marocaine est plus sérieuse que lautre, cest un simple constat de bon sens. Et ce constat est partagé par tous les gens de bonne foi
y compris de lautre côté. Sauf que les gens de bonne foi nont pas le pouvoir, de lautre côté. Et que ceux qui lont, à Tindouf comme à Alger, sont encore suffisamment despotiques pour réprimer férocement toute velléité de dire du bien du Maroc et de son plan. La seule voie de sortie serait que les gens de bonne foi (grands leaders sahraouis marginalisés, ou mieux : le peuple des camps) fomentent quelques troubles que les appareils sécuritaires sahraoui et algérien combinés narriveraient pas à contenir tout à fait. En clair : que le plan dautonomie marocain fasse imploser le Polisario, inversant à nouveau le rapport de forces et poussant à déventuelles négociations sur la base marocaine.
On en est encore loin. Et le hic, cest que ce genre de choses nest pas laffaire de la diplomatie, mais celle des services secrets. Attendons-nous donc à un long silence radio entrecoupé, au meilleur des cas, de rafales de propagande violente de part et dautre. Et soyons patients, très patients
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