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Par Selma Mestiri,
correspondante au Moyen-Orient
Israël. Bishara jette leponge
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La bataille entre Ségolène Royal
et Nicolas Sarkozy sera arbitrée
par les élécteurs de Bayrou.
(AFP)
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Bête noire des autorités israéliennes pour ses idées pro-arabes et sous le coup dune enquête pour trahison et corruption, le député arabe israélien Azmi Bishara a fini par démissionner.
Les rumeurs sur sa démission allaient bon train depuis quelques semaines. Le député Azmi Bishara, figure de proue de la communauté arabe israélienne, a fini par la remettre à lambassade dIsraël au Caire le 22 avril dernier. Accusé d'être un traître par des députés de droite, considéré par des parlementaires de gauche comme l'un des plus brillants représentants de lEtat hébreu depuis sa création, Bishara ne |
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laisse personne indifférent en Israël. Chef du Rassemblement national démocratique (ou Balad, son acronyme en hébreu), il était sous le coup d'une enquête de police dont, longtemps, aucun détail n'a filtré, à cause de la censure imposée aux médias par la justice. On sait désormais quil est soupçonné d'intelligence avec le Hezbollah pendant la guerre qui a opposé le mouvement libanais à Israël cet été, de blanchiment d'argent et de financement du terrorisme, accusations quil a catégoriquement démenties. Bishara est accusé davoir fourni des informations au Hezbollah pendant la guerre au Liban et d'avoir reçu de l'argent en contrepartie. Des médias israéliens avaient laissé entendre quil pourrait être poursuivi pour trahison à cause dun récent voyage à Damas : la Syrie et Israël étant théoriquement en état de guerre, les citoyens israéliens ne sont pas autorisés à s'y rendre sans autorisation expresse de leurs autorités. Or, quelques semaines après la guerre de juillet-août, Bishara et deux membres de son parti sétaient rendus en Syrie et au Liban. Le député sétait auparavant déplacé à plusieurs reprises en Syrie et avait organisé des voyages pour permettre à des familles arabes de revoir leurs proches réfugiés dans ce pays après la création de l'Etat d'Israël en 1948.
Pas question dexil
Le député, 50 ans, se trouve actuellement au Qatar. Il a quitté Israël en mars et n'y a depuis effectué qu'un bref retour. Il a indiqué qu'il resterait à l'étranger pour le moment. Pas question de parler dexil, a-t-il toutefois tenu à préciser : L'exil n'est pas une option, le retour est certain, a-t-il affirmé. La nouvelle de sa démission a suscité quelques réactions de satisfaction en Israël. Bon débarras. La Knesset pousse aujourd'hui un soupir de soulagement, a ainsi déclaré le chef dun parti d'extrême droite, Effi Eitam. Il était temps, a renchéri le député du Likoud Yuval Stenitz. C'est maintenant un fugitif et Israël doit penser à le capturer et le traduire en justice, a-t-il ajouté. Bouillant défenseur de la minorité arabe dIsraël, Azmi Bishara se disait persécuté. Il a toujours revendiqué son droit dentretenir des relations avec les pays arabes voisins dIsraël. Ce docteur en philosophie, qui parle couramment l'hébreu, l'anglais et l'allemand, est un chrétien originaire de Galilée, père de deux enfants. Diplômé de l'Université Humboldt de Berlin, il a enseigné à l'Université palestinienne de Bir Zeit et a travaillé comme chercheur à l'Institut israélien des sciences humaines Van Leer à Jérusalem. Azmi Bishara défend la conception d'un Etat d'Israël pour tous ses citoyens, qui se traduirait en pratique par un partage égal du pouvoir entre les juifs et les quelque 1,2 million d'Arabes de descendance palestinienne. Brillant orateur, il est coutumier des provocations et des déclarations choc contre Israël. En 2001, il s'était attiré les foudres de la classe politique israélienne et de la justice après avoir fait l'éloge de la résistance populaire contre lEtat hébreu depuis Damas. Il entend désormais organiser depuis létranger une campagne de soutien international avant un éventuel retour en Israël, pour faire face aux accusations qui l'ont conduit à quitter le Parlement. Si laffaire prend tant dampleur en Israël, cest parce quelle touche à la question très sensible des Arabes israéliens et de leur loyauté envers lEtat hébreu. Ces derniers représentent près de 20% de la population. Légalement, ils bénéficient des mêmes droits que les autres citoyens, mais le gouvernement leur attribue moins d'investissements publics et leurs conditions de vie sont globalement inférieures à la moyenne nationale. |
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