Maroc - Polisario. À table !
Société. Dessine-moi un visage
Politique. L'union fait la gauche
Justice. Témoins à louer
Télévision. Arriyadia cherche un second souffle
Aérien. Du surbooking dans l'air
Turquie. "Ni Charia, ni coup d'Etat"
Israël. Bishara jette l'eponge
Reportage. Dar As-Sikkah, l'usine à fric
Musique. Hymne à l'oisiveté
Cinéma. Ouarzawood, l'envers du décor
N° 272
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Abdeslam Yassine.
(AFP)

Coming out. Yassine républicain !

On le disait gravement malade. Pour certains, il était même mourant. Le 15 avril dernier, Abdeslam Yassine est pourtant réapparu en bonne forme lors d’une rencontre avec les responsables régionaux d’Al Adl Wal Ihsane. La vidéo de l’événement, mise en ligne sur le site officiel de la Jamaâ, montre le cheikh au milieu de ses lieutenants, faisant face à une vingtaine de disciples, assis à même le sol et notant scrupuleusement les paroles de leur guide spirituel. Yassine commence par commenter les récents attentats de Casablanca : “Le Maroc s’enflamme, la terreur règne partout. Nos jeunes s’immolent par le feu.
Ils préfèrent l’étalage de leurs viscères à l’effusion de leur sang dans des centres de torture”, affirme Yassine, dont l’intervention a, pour la première fois, été sous-titrée en français et en anglais. “Nous avons conseillé ce régime, nous lui avons montré la voie. Il nous a ignorés et le voilà aujourd’hui réduit à récolter la violence. Dans la loi du roi, le conseil est une hérésie, une déviation”, a lancé Yassine à ses adeptes. Le vieux chef d’Al Adl s’en prend ensuite aux “nouveaux pharaons” qui s’accaparent les richesses nationales, les considérant comme les premiers responsables de cette nouvelle vague de violence. Abdeslam Yassine clot son intervention par cette déclaration, pour le moins explosive : “Le pouvoir héréditaire a été sacralisé au fil des années et des siècles. à tort, puisque le pouvoir héréditaire est illégitime”. La référence au système monarchique est sans équivoque.


Partis-élections. La Haca tarde à trancher

La Haute autorité de la communication audiovisuelle hésite toujours quant au dispositif à adopter dans la régulation du temps de parole et d’antenne, à attribuer aux partis politiques au cours de la prochaine campagne électorale, prévue du 17 au 24 août prochains. Deux scénarios sont possibles. Le premier consisterait en une intervention directe de la Haca, à travers des mécanismes semblables à ceux adoptés en période hors électorale. Le second serait de renvoyer la balle au gouvernement. À celui-ci de fixer les marches à suivre dans le cadre d’un dispositif où la Haca serait partie prenante, mais uniquement à travers des mesures de veille. C’est le second schéma qui pourrait être privilégié.


AMDH. Une femme à la présidence ?

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) élira, dimanche prochain, son nouveau président… qui pourrait bien être une présidente, selon certaines confidences. L’Association, qui compte déjà près de 40% de femmes dans son comité administratif, pourrait alors suivre l’exemple de l’OMDH, autre ONG de droits de l’homme qui a porté une femme à sa tête. Le président sortant de l’AMDH, Abdelhamid Amine (deux mandats), devrait rester parmi les dirigeants de l’Association, toujours déchirée entre les deux partis qui lui fournissent ses élites : le PADS et Annahj Addimocrati. Les 21 membre du bureau central, qui éliront le nouveau président ont du pain sur la planche.


Benaïssa. Ministre ou standardiste ?

Lors d’une récente conférence de presse (au sujet du Sahara) tenue au siège du ministère des Affaires étrangères, le ministre Mohamed Benaissa a répondu, à deux reprises, au téléphone du ministre délégué Taïeb Fassi Fihri, occupé, lui, à répondre aux questions des journalistes. “M. Fassi Fihri est en conférence de presse. Pouvez-vous le rappeler plus tard”, a-t-on notamment entendu Mohamed Benaïssa répondre à un interlocuteur insistant. Maintenant au moins, on sait qui est le véritable patron des Affaires étrangères.


Justice. Des soutiens pour Hajji & co

Des nouvelles de Lahbib Hajji, cet avocat de Tétouan radié du barreau en février dernier avec deux autres de ses confrères, pour avoir dénoncé, à travers une “lettre pour l’histoire”, la corruption au sein de la justice. Dans l’attente d’une révision de leur sanction, les “trois de Tétouan” collectionnent les soutiens internationaux. “Non seulement notre affaire vient d’être discutée au sein du Parlement européen, explique Hajji, mais de nombreux avocats arabes et européens connus dans le milieu des droits de l’homme ont proposé de créer une comité de soutien international dédié à notre cause”. La balle est dans le camp de la Cour suprême !


Casablanca. Le consulat US toujours “closed”

Trois semaines après l’explosion de deux kamikazes sur le Boulevard Moulay Youssef, le consulat général américain à Casablanca, qui réétudie ses conditions de sécurité, affiche toujours porte close. Les candidats au visa d’immigration et à la “loterie” ne seront contactés qu’à sa réouverture. Quant aux demandes urgentes de visas de tourisme pour les Etats-Unis, les voyageurs potentiels sont appelés à les adresser aux consulats des pays voisins (Espagne, France, Belgique, Italie, Tunisie…). Selon des habitants du quartier, les autorités américaines auraient demandé la fermeture complète d’une partie du Boulevard Moulay Youssef avant de rouvrir les portes du consulat. Allégation que n’a pas souhaité commenter l’ambassade américaine, contactée par nos soins, qui déclare simplement qu’elle s’est engagée, avec les autorités marocaines, “à mettre en place les mesures de sécurité nécessaires” à la réouverture du consulat…


People. Et Dieu créa Noor

Pour son édition du mois de mai, le magazine VH consacre sa couverture à une femme, ou presque, puisqu’il s’agit de Noor, le transsexuel le plus célèbre du royaume. Confession sur le parcours professionnel, poses photo et mises en scène dignes des plus grands magazines de mode… Noor apparaît, comme elle le déclare elle-même, comme “une femme épanouie”. La danseuse, actrice et mannequin évoque également des sujets plus personnels comme sa relation… avec Dieu. “Je suis très proche de Dieu. C’est mon meilleur ami. Je suis une femme qui parle beaucoup à Dieu”, confie-t-elle notamment. Unique (mais grand) regret : Noor ne dit pas un mot (ou alors très vaguement) sur son passé d’homme, sur son changement de sexe et sur son combat pour obtenir une identité officielle de femme. Ce sera pour une prochaine fois, peut-être.


Télé. 2M Musique arrive

2M emboîte le pas à Rotana et autres Mazzika orientales et crée 2M Musique -nom provisoire-, la première chaîne musicale marocaine. Le lancement, prévu pour août 2007, démarrerait avec douze heures de diffusion quotidienne. La SNRT n’attendrait plus que les autorisations de la Haca pour rendre publique la nouvelle. Et au moment où les musiciens de la nouvelle scène envahissent les ondes, c’est le patron du pôle audiovisuel public, Fayçal Laraïchi lui-même, qui aurait soufflé l’idée de la nouvelle arrivante et décidé de l’associer à 2M, estimée plus jeune, plus urbaine, et plus “branchée” que son premier amour, Al Oula. Un juste partage de territoire entre les enfants de la famille SNRT.


Affaire Abouali. Fès s’en mêle

Suite, et toujours pas fin, du feuilleton judiciaire Rkia Abouali. La semaine a encore apporté son lot de rebondissements dans ce scandale mêlant sexe et corruption dans les arcanes de la justice meknassie. Rkia Abouali, qui avait couché sur CD les aveux de son amant Driss Lefteh, un juge local, sera présentée devant le tribunal de Fès. C’est ce dernier qui instruira l’accusation d’homicide involontaire, trafic de drogue et proxénétisme, dont fait l’objet Rkia Abouali. Selon la version officielle, on a préféré transférer ce dossier encombrant pour éviter que la justice meknassie ne soit juge et partie. Certes, mais Fès n’est qu’à un jet de pierre…



3 questions à
Youssef Madad
[Coordinateur de la coalition pour l’abolition de la peine de mort au Maroc (CNAPM)]


Le retour du terrorisme ne risque-t-il pas d’entraver votre travail pour l’abolition de la peine de mort ?
Je ne crois pas. Les Marocains, dans leur grande majorité, revendiquent la paix et la tolérance et rejettent catégoriquement la violence. Ce qui coïncide avec les valeurs que défendent ardemment les abolitionnistes, à savoir mettre fin à la peine de mort qui est une forme de violence des plus abjectes.

Vos objectifs ont-il changé ?
Non, je ne vois pas pourquoi nous devrions changer quoi que ce soit. Nous poursuivons nos efforts pour investir davantage l’institution parlementaire et pousser le gouvernement à ratifier le Pacte international des droits civils et politiques, qui serait un engagement ferme du Maroc en faveur de l’abolition. Espérons seulement que le gouvernement actuel aura la noblesse de le faire avant son départ.

Pensez-vous que les Marocains sont aujourd’hui assez mûrs pour abolir la peine de mort ?
En tout cas, ils le sont plus qu’avant. Notre coalition reçoit des soutiens émanant de la société civile, des partis politiques, du ministre de la Justice… etc. Même l’opinion publique est de plus en plus “abolitionniste”, surtout depuis que 2M a consacré une émission à ce sujet. Tous les atouts sont donc réunis pour pouvoir y arriver. Ce n’est pas tant un problème de prise de conscience que d’agenda, tout simplement.


Sondages. Le PJD proteste

Question : quel est le parti, le seul, à avoir réagi au dernier sondage très “informel” du ministère de l’Intérieur, au sujet des prochaines élections législatives ? Le PJD ! Dans une lettre adressée à Chakib Benmoussa, le SG du parti, Saâdeddine El Othmani, proteste contre le fait que “seuls les partis de la majorité gouvernementale ont été informés des résultats du sondage”. Ce sondage, pour rappel, donnait le PJD parmi les vainqueurs potentiels des élections, mais au même titre que des partis au gouvernement, comme l’USFP ou l’Istiqlal. Les amis d’El Othmani ne sont pas les seuls à être frustrés de ne pas avoir pris connaissance de tous les détails de l’enquête : nous aussi !


Princesse Mathilde. Bienvenue au Maroc mais…

Attendue au Maroc début mai, en sa qualité de représentante de l’UNICEF et d’ONUSIDA, la princesse Mathilde de Belgique s’est finalement désistée. Alors que le porte-parole de la princesse s’est contenté de parler de report, sans plus de précisions, l’ambassade du Maroc à Bruxelles parle, quant à elle, de “contraintes de calendrier”. Du côté des médias belges, on semble lier cette décision au fait que, quelques jours plutôt, “la presse marocaine s’était interrogée sur le bien-fondé d’une telle visite, estimant que la princesse Mathilde était la bienvenue au Maroc, mais pas en tant que représentante d’Onusida ”. Y’a-t-il erreur quelque part ?


Presse. Le Maroc mauvais élève

Le 3 mai, journée mondiale de la liberté de la presse, est l’occasion de faire le point sur la situation de la profession au Maroc. Dans son rapport annuel, le syndicat de la presse (SNPM) éclaire la vacuité du projet de nouveau “code de la presse”. Le gouvernement rejette encore les revendications principales : suppression des peines de prison et abrogation des dispositions concernant la monarchie, la religion et l’intégrité territoriale. De son côté, le Committee to Protect Journalists (CPJ, New York) dresse un bilan désastreux des cinq dernières années. Dans une étude sur les dix pays où la situation de la presse s’est le plus détériorée depuis cinq ans, le Maroc est classé en neuvième position pour “rejoindre la Tunisie comme le pays arabe qui condamne le plus de journalistes à la prison” !


Palais. Le retour des bodyguards

Les habitués des JT de la RTM ont bien remarqué le retour du chef de la sécurité royale et de son adjoint qui accompagnaient le roi au cours de ses derniers déplacements. Leur disparition du sillage royal n’aura finalement duré, en tout et pour tout, qu’une dizaine de jours. Le temps qu’une mission de bons offices, effectuée par l’un des princes de Meknès, un cousin du roi, ne réussisse à remettre dans le circuit les deux gardes du corps suspendus de leurs fonctions après une faute professionnelle dans le protocole royal à Essaouira.


Maroc-France. Coucou M. de Bonnecorse

Michel de Bonnecorse, ancien ambassadeur à Rabat - et, dit-on, très regretté en haut lieu - a reçu, mercredi 2 mai, la visite surprise des deux juges chargées d’enquêter sur l’affaire Borrel, un magistrat français mort en 1995 à Djibouti. Les deux magistrates souhaitaient perquisitionner la “cellule Afrique” de l’Elysée et en particulier le bureau de Michel de Bonnecorse, conseiller aux affaires africaines du président, mais l’accès à l’Elysée leur a été refusé par les gardes républicains au nom de l’immunité du chef de l’Etat. Ce proche de Jacques Chirac, qu’il connaît depuis les années 1970, avait été nommé à ce poste en 2002 après une longue carrière en Afrique (Sénégal, Kenya, Tunisie) et notamment au Maroc où il est resté en fonction de 1996 à 2002.


VIP Clubbers. Le Very Important Magazine

VIP Clubbers est dans les bacs… enfin, plutôt sur les présentoirs luxueux des lieux branchés, standing oblige. Ce semestriel gratuit (10 000 exemplaires) de 70 pages s’adresse aux CSP+ des grandes villes du royaume. Vous le croiserez certainement au hasard d’une de vos pérégrinations nocturnes dans les lounges, night-clubs et autres temples de la “in-attitude”. VIP Clubbers se décline aussi en CD interactif et en portail Internet, avec possibilité de visite 3D d’espaces de détente pour clientèle argentée. Au menu, décryptages des tendances musicales, interviews de personnalités du clubbing marocain (si si ça existe !), rubrique fashion, etc.


Disparus. ADN, où es-tu ?

Les familles des disparus ont marché à Casablanca, le mardi 1er mai, en tête du cortège de la CDT, comme elles ont l’habitude de le faire depuis les années 1980. La “marche” a été l’occasion pour ces familles de dire “leur désarroi face à la persistance du problème des disparitions (et à l’absence de solutions)”. Il y a un an, en effet, les tests ADN, dont les résultats demeurent encore inconnus, ont été réalisés sous l’égide de l’IER. Une procédure qui ne devait prendre que deux mois. Plus de 800 cas de disparition non élucidés ont été recensés, sans compter ceux qui n’ont pas pu déposer leur dossier dans les délais.


Financement. L’argent d’Al Qaïda

Selon un rapport de la justice espagnole, dont El Pais a divulgué quelques bonnes feuilles, la filiale d’Al Qaïda au Maghreb finance l’acquisition d’explosifs, d’armes et de téléphones mobiles avec des fonds envoyés par des cellules dormantes, mais particulièrement actives, en Espagne et en France. Selon ce même rapport, cet argent a notamment servi à financer des attaques au Maroc, en Algérie, en Afghanistan, au Pakistan et même en Tchétchénie. Ces fonds, qui proviennent de revenus de téléboutiques, de boucheries ou de petits commerces, sont transférés par des méthodes traditionnelles et par la poste, ce qui leur permet d’échapper au contrôle bancaire.


Français du Maroc. Bye-bye Le Pen

Il est loin le temps où Jean-Marie Le Pen dopait ses scores grâce au vote des expatriés… Le patron du FN est en tout cas le grand perdant du premier tour de la présidentielle dans les consulats français au Maroc, avec un tout petit 2,5% des voix, contre 7% en 2002, déjà très loin de son score global. Les quelque 13 000 votants lui ont préféré Nicolas Sarkozy (38%), Ségolène Royal (32%) et François Bayrou (22%), qui dépassent largement leurs scores obtenus en France. À la gauche de la gauche, Marie-Georges Buffet et le Parti communiste n’atteignent pas 1%, et Olivier Besancenot se classe cinquième à Casablanca, Rabat, Marrakech et Fès, alors que Tanger et Agadir lui ont préféré l’altermondialiste José Bové. Les temps changent.


Tanger. Le blues du policier

L’enquête sur le suicide du policier Ahmed Zaïdi a démarré sur les chapeaux de roue. Pour l’équipe d’enquêteurs dépêchés sur place par Rabat, il s’agit de déterminer les raisons qui ont poussé un policier bien vu par ses supérieurs hiérarchiques, intègre et bon père de famille, à se tirer une balle dans la tête avec son arme de service, le lundi 23 avril. Jusqu’à cette date, il occupait la fonction de standardiste à la Sûreté régionale de Tanger, poste qu’il occupe depuis une vingtaine d’années. Les premières investigations se sont orientées vers l’environnement familial, qui pourrait expliquer le geste de désespoir du défunt policier.


Prison. Mort d’un islamiste

Le détenu islamiste Youssef El Aynous est décédé en début de semaine à la prison Zaki de Salé. Le jeune homme, âgé de 23 ans, avait été arrêté pour, nous explique-t-on, “son intention de se rendre en Irak (pour participer au jihad)”. Alors que du côté de la direction de la prison, on parle d’une mort naturelle due à “une insuffisance cardiaque”, des sources parmi les détenus parlent d’un “traitement spécial” et de certaines pressions policières qui auraient conduit à la mort. Seule l’autopsie, que ne manquera pas d’ordonner le procureur, lèvera le voile sur cette mort suspecte, qui a déjà provoqué une grosse manifestation des des salafistes de la prison de Salé. Rappelons que Youssef El Aynous, fils d'un ex-militaire, résidait avec sa famille au quartier Atlas à Meknès, ancien fief de Saâd Houssaïni.



Humeur. Citoyens…

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Dans mon bistrot préféré, une dame du monde s’est levée pour demander : “Mais qu’est-ce qu’on fête, au juste ?”. Une rangée de buveurs de lait lui a répondu, comme une chorale d’enfants contents d’eux-mêmes : “Rien !”. Ce fier monde parlait de ma fête préférée et de la seule raison pour laquelle je n’ai jamais pris les marxistes pour des fous : le 1er mai ! Je suis triste, mais pas surpris. Les buveurs de lait ont dû, comme moi, faire l’impasse sur une matière enseignée dans tous les collèges du royaume : l’éducation civique. Attarbiya Al Wataniya ! La seule matière sans coefficient de tout l’enseignement public. Elle comptait pour du beurre. On pouvait y collectionner les zéros et finir premier de la classe. Incroyable. Je me souviens du “maître” qui nous l’a enseignée comme si c’était hier. Il disait : “La leçon commence, vous pouvez sortir !”. Personnellement, je préférais rester sur place… pour dormir ou essayer de deviner les sous-vêtements de l’une de mes camarades de classe. Attarbiya Al Wataniya nous expliquait nos droits et nos devoirs, là où Attarbiya Al Islamiya (elle avait bien un coefficient, celle-là) se contentait de nous dire, par le menu détail, comment laver les morts, ou assurer son hygiène buccale sans rompre le jeûne. Devinez laquelle des deux Attarbiya on nous obligeait à apprendre par cœur ? Al Wataniya nous expliquait le pays, l’Etat, son découpage, les partis politiques, l’organisation syndicale, etc. Et on s’en foutait ! Comme des millions de Marocains, mes compagnons du bistrot ont dû passer à côté de la matière la plus utile de tout le programme scolaire marocain. L’une des très seules opportunités de savoir ce qu’est un citoyen (marocain), la différence entre le 1er mai et le 11 janvier, entre un moqaddem (on les appelle les “Google” désormais) et un caïd. Rageant.



VITES !

Véritable mémoire vive du département de l’Intérieur, surtout depuis le retour de la menace terroriste, les moqaddems, agents de renseignement tout terrain, sont désormais affublés du sobriquet… “Google” ! Ce sont leurs supérieurs hiérarchiques, les caïds, qui les auraient ainsi rebaptisés. Qui a dit que l’administration ne se modernisait pas ?


Un deuxième contingent d’inspecteurs de police a pris l’avion pour Paris, pour suivre un stage de formation intensive. Lutte anti-terrorisme oblige, la DGSN, qui a constaté les hésitations de ses troupes, notamment dans les stratégies d’approche des kamikazes, avait déjà envoyé un premier groupe en formation.


Même les poulpes font l’objet de contrebande. Une saisie de 2,5 tonnes du précieux céphalopode a été opérée, le week-end dernier, au sud de Tiznit. Une vente aux enchères a été effectuée, au prix de 30 DH le kilo, mais on ne sait pas dans quelle caisse est tombée la cagnotte. Rappelons que c’est la saison dédiée au repos biologique des céphalopodes.


Les autorités marocaines ont arrêté, en milieu de semaine, un nouveau kamikaze, en fuite à Skhirat. Le jeune garçon, d’après certaines sources, se faisait passer pour un malade mental. Pratique nouvelle : l’identité du jeune homme n’a pas été dévoilée par les autorités.


La Tunisie a ses Brésiliens, Santos et Clayton, le Japon a aussi son Santos… et bientôt le Maroc aura Robiz, un footballeur d’origine sénégalaise, installé depuis quelques années à El Jadida, en bonne voie de naturalisation pour rejoindre la sélection marocaines de football. Une première !


Othmane Al Omeir, président du groupe Maroc-Soir et éditeur du portail Elaph.com, a été consacré personnalité médiatique (arabe) de l’année, lors d’une rencontre internationale récemment tenue à Dubaï. Al Omeir, qui a reçu son prix des mains du vice-président émirati, doit plus sa distinction aux performances d’Elaph qu’à celles du groupe Maroc-Soir.
 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés