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Israël. Bishara jette l'eponge
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Cinéma. Ouarzawood, l'envers du décor
N° 272
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Ehud Olmert joue
son avenir politique.
(AFP)

Israël. Ehud Olmert sur la sellette

Mercredi, Ehud Olmert était assailli par un tel flot de critiques et d’appels à la démission, que l’on se demandait pour combien de temps le premier ministre israélien tiendrait encore à son poste. La fronde contre Olmert survient après la publication, lundi soir, d’un rapport intermédiaire de la commission Winograd sur les ratés de la guerre de l’été dernier, au Liban. Trois personnes sont étrillées par le document : le premier ministre, Ehud Olmert, le ministre de la Défense, Amir Peretz et l’ex-chef d’Etat major, Dan Haloutz.

Dans ce rapport accablant, il est reproché à Olmert d’avoir foncé tête baissée dans la guerre, sans esprit critique, en faisant une confiance aveugle aux militaires. “Le premier ministre a arrêté sa décision (de déclarer la guerre) à la hâte, bien qu’aucun plan militaire ne lui ait été soumis et sans qu’il en fasse la demande”, a déclaré le juge Eliahou Winograd, qui ajoute qu’Olmert s’est rendu coupable d’un “échec sévère dans l’exercice du jugement, de la prise de responsabilité et de la prudence”.

Amir Peretz, ancien syndicaliste dénué d’expérience militaire, n’a pas demandé l’avis d’experts. Il s’est laissé influencer par les gradés et s’est fait ballotter par les événements au lieu de les maîtriser. “Il n’a pas vérifié le degré de préparation et d’entraînement de l’armée. Il n’a pas examiné la correspondance entre les objectifs et les modes d’action”, a insisté le juge Winograd. Quant au chef d’état-major, Dan Haloutz, le rapport lui reproche de ne pas avoir écouté ses détracteurs au sein de Tsahal, qui préconisaient une vaste offensive terrestre. Il n’aurait pas pris en compte les tirs de roquettes sur les populations civiles au nord d’Israël. Alors qu’Olmert se bat pour garder son poste à la primature et à la tête du parti Kadima, la ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, jadis son alliée, l’a appelé mercredi à démissionner. Livni a annoncé son intention de lui succéder à la tête de Kadima. Même le chef du groupe parlementaire de Kadima, Avigor Itzchaky, a quitté son poste pour protester contre le refus d’Olmert de démissionner. Protégez-moi de mes amis…


Institutions. Banque mondiale et FMI en crise

Les accusations de népotisme visant Paul Wolfowitz et le retrait surprise, lundi, du Venezuela de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) plongent ces deux institutions dans une grave crise de crédibilité. “Il vaut mieux que nous sortions avant qu’on nous ait pillés. Pourquoi ? Parce que ces institutions sont en crise”, a lancé Hugo Chavez. Les relations entre Chavez et le FMI sont tendues depuis que le FMI a apporté son soutien, en avril 2002, à un éphémère gouvernement issu d’un coup d’Etat raté contre le président vénézuélien. D’autres dirigeants sud-américains sont hostiles aux deux institutions, auxquelles ils reprochent d’être aux ordres des Etats-Unis. Pour le FMI, le coup est dur. Le Fonds annonce un trou de 167 millions de dollars pour l’exercice 2007. La BM est, elle, décrédibilisée depuis que son président, Paul Wolfowitz, a accordé des augmentations de salaire aussi conséquentes qu’indues à sa compagne, également salariée de la maison.


Climat. Des solutions à Bangkok ?

Le premier round avait eu lieu à Paris, le 2 février, le second s’était tenu à Bruxelles, le 6 avril : le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) avait abordé les conséquences du réchauffement terrestre. Cette semaine, la troisième reprise se tient à Bangkok, où 400 experts vont évoquer les solutions à apporter au problème planétaire. Enterrer le dioxyde de carbone émis par les grands sites industriels, pour l’empêcher de se répandre dans l’atmosphère, est l’une des solutions envisagées. Une autre suggère d’apporter des primes pour modifier les pratiques agricoles et préserver les forêts. Mais déjà, des frictions se font sentir entre Américains, Européens et Chinois. “La Chine est très méfiante car elle a une économie basée sur l’utilisation d’énergies fossiles”, précise un expert.


Royaume-Uni. Le bilan de Blair

Tony Blair se prépare à annoncer la semaine prochaine son départ. Gordon Brown devrait lui succéder à la tête du Labour. Après dix ans au pouvoir, Blair a défendu lundi son bilan. Seul regret : ne pas avoir, dans ses premières années, “poussé assez vite certaines réformes”. Les Britanniques s’apprêtent à le voir partir sans regret. Si la moitié jugent sa performance comme premier ministre correcte, 45 % la jugent négativement. À son crédit, les Britanniques lui reconnaissent l’instauration du salaire minimum (54 %), la paix en Irlande du Nord (42 %) et la bonne santé de l’économie (36 %). Ce bilan est terni par la guerre en Irak (55%) et une immigration jugée trop forte (58%). Autre mauvaise nouvelle : le Parti travailliste devrait perdre des centaines de sièges lors des élections locales.


Iran. Stop aux coiffures occidentales

La police iranienne a interdit, par circulaire, aux salons de coiffure pour hommes de faire des coupes à l’occidentale et à leurs employés de porter des cravates et des nœuds papillon. En cas de non-respect, la licence du salon de coiffure peut être retirée. De nombreux jeunes utilisent du gel pour se coiffer à l’iroquoise, avec les cheveux dressés sur la tête, ou se font épiler les sourcils, pratiques désormais bannies. Mais Téhéran compte 1500 salons non enregistrés… Ouf ! La police iranienne a également lancé une vaste opération contre les femmes qui ne portent pas correctement le voile. Plus de 10 000 avertissements ont été adressés à de jeunes iraniennes dans la rue.



Lu pour vous. [PALESTINE]
La puanteur de la vie

Mohammed Omar,
Rafah Today, 1er mai

Il pue ici… littéralement, dangereusement. La puanteur ici est écoeurante, écrasante, vertigineuse, impropre aux humains et aux bêtes. Il est presque impossible de se concentrer, alors que j’écris, avec cette odeur infecte qui pénètre ma chambre et mes pensées. Dans les camps de réfugiés et les villages de Palestine, les rues se sont transformées en un dépotoir d’ordures, énorme, immense et purulent. Les détritus jonchent les trottoirs, jetés nulle part et n’importe où : dans les avenues, au coin des rues et, avec de gros risques, près des supermarchés et des restaurants… Les déchets n’ont pas été ramassés depuis le début de la grève des employés municipaux, il y a dix jours (…) Comme tant d’autres Palestiniens, ils n’ont pas perçu de salaire depuis de nombreux mois, en grande partie à cause de ces sanctions économiques internationales imposées depuis plus d’un an aux Palestiniens, depuis l’élection démocratique du Hamas en janvier 2006. S’il n’a pas d’argent, il ne peut ni fonctionner, ni vivre.
Il existe une situation de crise : nous n’avons plus les moyens pour nos services municipaux élémentaires, comme l’eau et l’électricité. Les autres services publics et d’hygiène sont paralysés. La situation empire chaque jour (...) Cette odeur nauséabonde vient s’ajouter à la malédiction d’être un Palestinien dans la Palestine occupée d’aujourd’hui : pas d’argent, ni nourriture, ni paix, et maintenant, même pas un air respirable.



États-Unis. Bush bloque les Démocrates

Le bras de fer entre les Démocrates et G. W. Bush a atteint son paroxysme. Mardi dernier, le président américain a opposé son veto à un projet de loi réclamant un retrait militaire à partir d’octobre. Le texte, très symbolique, visait à débloquer plus de 124 milliards de dollars, principalement pour financer les opérations militaires en Irak et en Afghanistan, sous condition d’un début de retrait. “Proposer un calendrier pour un retrait est proposer une date pour un échec et cela serait irresponsable”, estime G.W. Bush. “Le président veut un chèque en blanc, le Congrès ne va pas le lui donner”, a réagi Nancy Pelosi. G.W. Bush, qui a invité l’état-major du Congrès à la Maison Blanche mercredi, déclare vouloir “travailler avec des élus pour arriver à un projet de loi qui ne pose pas de calendrier artificiel, qui ne s’immisce pas dans la gestion de la guerre, et qui donne l’argent aux militaires”. Des élus dociles, en quelque sorte.


VITE !

Correspondant à Alger du Figaro et de Ouest-France, Arezki Aït Larbi a été convoqué le 2 mai devant le tribunal correctionnel d’Alger pour répondre d’une rocambolesque affaire de “diffamation”. Un comité de soutien s’est créé pour soutenir notre confrère.

 
 
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