Religion. Les oulémas à l'école
Salafistes. Le mea culpa des Chioukh
Diplomatie. La surprise américaine
Droits humains. Madame la présidente
Reportage. Le moussem de Moulay Abraham
Abdelkrim Benatik. "Au Maroc, il n'y a pas de centre !"
Étude. Nos amis les analphabètes
France. Sarkozy et ses immigrés
Show-biz. Ruée sur la nouvelle scène
Bande FM. La radio à papa
Hip Hop. Le pro de la prose
Festival. Dijon à la sauce marocaine
N° 273
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Meryem Saâdi

Hip Hop. Le pro de la prose

Mobydick
(C.M / TELQUEL)

Révélé par l’édition 2006 de L’Boulevard, le rappeur Mobydick commence enfin à se faire connaître du grand public. Portrait d’une future star du hip hop marocain.


“Je n’oublierai jamais le jour du Tremplin Hip Hop de L’Boulevard 2006. Je montais sur scène pour la première fois, devant des milliers de personnes ! C’était l’une des plus grosses frayeurs de ma vie”, se rappelle Younes Taleb, Mobydick pour les amateurs. Et pourtant. Malgré le trac et le manque d’expérience de la scène, le rappeur rbati de 28 ans, totalement inconnu du public à l’époque, arrive à mettre dans sa
poche le public du stade du RUC. Et c’est à l’unanimité que le jury, séduit par ses textes travaillés, ses mélodies originales et sa bonne présence scénique, le désigne meilleur artiste rap de l’année 2006.

Une plume polyvalente
Il faudra cependant attendre plusieurs mois avant que le grand public ne découvre réellement Mobydick. C’est en octobre dernier que Hit Radio commence à diffuser l’un de ses premiers morceaux, intitulé “Ma clique et moi”. Les paroles écrites dans un français soigné ont même fait croire à beaucoup d’auditeurs que Mobydick était originaire de l’Hexagone ! C’est que l’homme ne cache pas sa préférence pour la langue de Molière : “J’ai commencé le rap à l’âge de 14 ans et je me suis directement dirigé vers le français. À l’époque, mes plus grandes influences musicales étaient IAM et MC Solaar. Les jeux de mots de ce dernier me fascinaient”. Mais cela ne l’empêche pas d’écrire également dans sa langue maternelle. La preuve, le titre “Toc Toc”, en darija, connaît un vif succès dès ses premiers passages à la radio. Des paroles crues, une histoire émouvante ancrée dans le quotidien marocain, et “une darija qui ressemble plus à celle de Ali Zaoua qu’à celle de Rachid El Ouali”, précise l’intéressé. “Ce titre a clairement marqué les auditeurs, affirme Momo, animateur et programmateur musical à Hit Radio. Au début, les auditeurs ne savaient pas qui en était l’auteur. Mais maintenant, tout le monde connaît Mobydick”.

Objectif album
Pendant ce temps-là, le rappeur s’était déjà lancé dans la préparation de son premier album, qui devrait être prêt pour juillet prochain. “Ce qui me prend le plus de temps ce n’est pas tant d’écrire, confie-t-il. C’est plutôt de trouver les bons featurings”. Mais si les noms des invités sur ce premier CD ne sont pas encore dévoilés, on connaît en revanche ceux des deux complices qui participent à la composition des instrumentaux. Il s’agit en l’occurrence des rappeurs Nores et Big M. “Je trouve cela très enrichissant de travailler avec plusieurs personnes d’horizons différents. Chacun peut apporter une touche particulière à un morceau. Cela me permet aussi de bien me concentrer sur mes textes”, précise Mobydick. L’auteur du poignant “Touche pas à mon pays” (écrit juste après les attentats du 16 mai) ou “Image vraie” (autoportrait troublant) est conscient d’avoir pris un peu de retard : “Je sais que j’aurais dû sortir mon album depuis un moment. Mais je perds des soirées entières à jouer à la Playstation ! C’est plus fort que moi, j’y suis carrément accro !”, avoue-t-il avec un sourire. Et lorsqu’il ne chasse pas les méchants par console de jeux interposée, Mobydick mène une seconde vie… d’employé dans l’entreprise familiale de BTP. Et en attendant la sortie de l’album, il est possible de découvrir quelques-uns de ses titres sur le site communautaire (Myspace.com/m0bydick). Le rappeur sera également sur scène le 24 mai à l’Institut Français de Meknès, et le 1er juin à L’Boulevard. Une sorte de retour aux sources…

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés