Religion. Les oulémas à l'école
Salafistes. Le mea culpa des Chioukh
Diplomatie. La surprise américaine
Droits humains. Madame la présidente
Reportage. Le moussem de Moulay Abraham
Abdelkrim Benatik. "Au Maroc, il n'y a pas de centre !"
Étude. Nos amis les analphabètes
France. Sarkozy et ses immigrés
Show-biz. Ruée sur la nouvelle scène
Bande FM. La radio à papa
Hip Hop. Le pro de la prose
Festival. Dijon à la sauce marocaine
N° 273
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Driss Bennani

“L’Istiqlal n’est pas un parti de Fassis”

Antécédents
Nizar Baraka, Membre du comité
exécutif de l’Istiqlal
(AIC PRESS)

1964. Naissance à Rabat.
1974. Mort de Allal El Fassi (son grand-père).
1981. Obtient son bac et intègre le parti.
1992. Obtient son doctorat en économétrie à Aix-en-Provence.
1996. Cadre au ministère des Finances.
2003. Élu au comité exécutif du parti de l’Istiqlal.

Smyet bak ?
Hassan Baraka.

Smet mok ?
Laïla El Fassi.

Nimirou d’la carte ?
A 241108.

Vous êtes jeune, beau et intelligent. Qu’est-ce que vous faites à l’Istiqlal ?
C’est le parti qui porte un projet humaniste en phase avec la société à laquelle j’aspire. Je crois qu’il y a un véritable problème d’image. On colle beaucoup de clichés à l’Istiqlal. On le présente comme un parti de vieux, ringard et archaïque, alors que l’Istiqlal est tout autre. C’est quand même le parti qui a donné leur chance aux jeunes ministres du gouvernement, qui procède à une actualisation régulière de son projet de société et qui n’a pas peur de faire son autocritique.

Dans une récente interview, vous avez défendu une alliance entre l’USFP et l’Istiqlal. Qui a besoin de l’autre finalement ?
Le Maroc a besoin de cette alliance. Un Maroc qui aspire à la modernité tout en défendant sa spécificité, qui veut éviter la fracture religieuse. Il n’ y a donc pas lieu de parler de besoin concernant cette alliance mais d’objectif stratégique : celui d’accélérer la transition démocratique. Et seule cette alliance permet l’obtention de la masse critique nécessaire pour faire aboutir ce projet.

Vous êtes ensemble depuis 1998, M. Baraka, vous semblez l’oublier !
Non, mais beaucoup de choses ont été réalisées. Nous avons dépassé l’ère de la falsification électorale, nous avons pris le bon cap, celui du développement humain.

Expliquez-moi une chose alors : les élections et le développement humain sont les chantiers de l’Istiqlal et l’USFP ou ceux du roi ?
Le roi donne les grandes orientations, déclinées par le gouvernement en politiques et programmes publics. C’est quand même ce gouvernement qui a construit 160 km d’autoroutes par an au lieu de 40. Autre exemple, celui de l’habitat, pour rester à l’Istiqlal. L’approche consistant à encourager la demande à travers les fonds de garantie pour revenus irréguliers était déjà inscrite dans notre programme électoral de 2002. Le roi fixe donc le cap, mais il y a la manière de faire qui compte également.

Vous vous êtes récemment déclaré contre le clivage gauche-droite. Vous avez même présenté l’Istiqlal comme un parti centriste. Où est-ce que vous mettez la monarchie dans ce cas ?
Au-dessus de tout. Le Maroc n’a en fait jamais connu le clivage traditionnel entre la gauche et la droite. L’opposition se faisait plutôt entre partis démocratiques et partis administratifs. Aujourd’hui, l’enjeu est de donner du sens à la vie politique, de réconcilier les citoyens avec les politiques et ces derniers avec les institutions, pour aboutir à une sorte de pacification politique.

Vous ne vous présentez pas aux législatives parce que vous voulez d’abord commencer par les communales. C’est pour effacer l’image de pistonné qui vous colle à la peau ?
J’ai attendu 21 ans avant d’être élu au comité exécutif du parti. Avouez que ce n’est pas très fort comme piston. En fait, je suis maintenant arrivé à la conviction suivante : seule la politique de proximité arrivera à réconcilier les Marocains avec la politique. Les législatives, c’est bien pour les grands chantiers, mais le Marocain a besoin de sentir un changement dans sa vie de tous les jours pour croire à la politique. Le Maroc a besoin d’un nouveau pacte social, d’un modèle éthique de réussite individuelle. Le Marocain doit croire en ses chances de réussir sans piston, sans réseau familial et pas forcément avec un diplôme de Polytechnique ou Ponts et chaussées. Tout cela démarre à l’école. Le savoir doit être un vecteur de promotion sociale.

Vous croyez qu’un homme de votre âge peut devenir secrétaire général de l’Istiqlal ?
Ceux qui ont créé le parti en 1944 avaient mon âge.

Oui, mais le problème, c’est qu’ils y sont toujours…
Je crois que tout membre du conseil national, qui porte un projet et qui peut mobiliser les militants autour, peut devenir secrétaire général.

C’est possible de dissocier parti et famille à l’Istiqlal ?
Voilà un autre cliché. L’Istiqlal n’est pas un parti de familles, encore moins de Fassis. Moi-même, je viens du nord, d’autres viennent du sud et d’ailleurs. Il est vrai qu’il y a, au sein du parti, des gens qui appartiennent à la même famille. Mais que voulez-vous ? Ils partagent les mêmes valeurs. L’appartenance familiale n’est pas un critère de choix.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés