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Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine.
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Plage de Briech 2006.
Photo de Isabel Muñoz
(VISIONES DE MARRUECOS)
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Exposition. Dix sur dix
Il y a ceux qui voient rouge, ceux qui voient double, et ceux qui voient au centuple : ainsi, Visiones de Marruecos dévoile dans la nef blanche de la ville blanche les cent regards de dix artistes espagnols, français et marocains, sur un Maroc millénaire et mouvant. Ici, Juan Manuel Castro Prieto filtre le temps qui sécoule derrière un pare-brise humide, là, Toni Catany teinte dindigo le clair-obscur dune médina ; portraits sans fard et flous étourdissants de Ricky Davila côtoient les corps artistes, sportifs, oisifs ou libérés chez Isabel Munoz ; les pigments accentués chez Jose Manuel Navia contrastent avec le doux noir et |
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blanc de Joseph Marando ; les compos kaléidoscopiques de Bruno Barbey bousculent les situations les plus classiques ; et jamais le mur, la route, la terre ou larbre ne sont pris comme simple cadre mais comme sujets, êtres en soi. De même que solitude, crasse, effort, vieillesse, pollution, infirmité, mauvais temps et temps qui passe sont tour à tour sublimés dans cette exposition intimiste, burlesque, insolite, intemporelle et moderne, où lon retrouve également Ali Chraïbi, Jamal Benabdessalam et Daoud Aoulad Siyad. Mise sur pied par la Société étatique de laction culturelle extérieure espagnole et lInstitut Cervantès, ces Visiones de Marruecos se veulent nomades, quittant Séville pour Casa, Tétouan, Fès, Marrakech, Rabat et Tanger, avant de voyager vers lEurope et le Moyen-Orient.
Du 10 mai au 20 juin à la Cathédrale du Sacré Cur, Casablanca.
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Sortie. Le retour du tisseur
Vous avez aimé Spiderman 1 et adoré le 2 ? Vous ne serez pas vraiment déçus par le 3. On y retrouve les mêmes ingrédients : alternance dhumour et daction, allers-retours entre spectacle époustouflant et profonde mélancolie, construction honnête de véritables personnages, avec, en prime, la découverte de la face sombre et tellement humaine du tisseur de toile. Ouvrant à Tobey Maguire un nouveau registre dinterprétation, cette noirceur renvoie en filigrane à la fin de linnocence et au passage irrémédiable à lâge adulte.
Cependant, il y a aussi comme un petit goût dinachevé. La multiplication de personnages et lambition den ressortir la psychologie et lhistoire, finissent par brouiller le récit et en hacher le rythme. En revanche, rien à dire sur les effets spéciaux (mention spéciale à lHomme Sable) et aux chorégraphies millimétrées des scènes de combat. Et au final, il a beau nêtre quun divertissement (de haute tenue), certes inférieur au précédent épisode de la série, Spiderman 3 continue à voler largement au-dessus de la production de masse et à écraser les autres films de super-héros.
Spiderman 3, au Mégarama et au Rialto.
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Arts plastiques. Dessine-moi un visa
Des gymnastes au corps élastique, dansant avec leurs ombres dans une mosaïque de pastels : ce dessin, fruit dun imaginaire libre et mature, a valu à Imane Zahid, Casablancaise de 12 ans issue dun milieu populaire, la victoire ex-æquo au concours International Child Art Foundation de Washington. Le jeune talent, qui a déjà passé la moitié de sa vie crayons à la main, est appuyée depuis deux ans par la résidence dartistes Casa Del Arte. Fin juin, elle est invitée au World Children Festival de la capitale américaine. Jusquici, tout va bien
sauf que Imane nira pas à Washington. Consulat fermé, pas dargent, pas de piston... donc pas de visa. Frustrant. |
Docu Musical. DIstanbul au Ténéré
Cétait il y a deux semaines. Maâlems gnaouis, fusionneurs, rappeurs, houariyate
tous les musiciens dEssaouira étaient sur scène pour accueillir le roi en visite. Le Pacha nous a convoqués dans la hâte. Il ny avait pas de temps pour signer des contrats ou négocier des cachets. Nous avons accepté de jouer avec la promesse dêtre payés le lendemain, détaille Yassine, des Ganga Fusion. Deux semaines de silence plus tard, leur commanditaire est revenu avec les cachets. 1000 DH par groupe, cest ce quon nous propose. On aurait préféré la gratuité, çaurait été moins insultant, poursuit le musicien. À lheure où nous mettons sous presse, quelques-unes des formations sapprêtent à organiser une petite manifestation. Quon mette à nu le mensonge dEssaouira, ville de culture. La vérité, cest quun grand maâlem comme Mahmoud Guinea, décoré par le roi, na même pas de quoi se payer un jack pour relier son Hejhouj à un ampli, conclut Yassine. |
Art contemporain. Pros et accros
De passage à Casablanca pour un colloque où il intervenait devant les étudiants de lécole des Beaux Arts, Phillipe Cazal, directeur de linstitut homologue à Paris, a fait ce constat : Ces étudiants nont aucune connaissance de ce qui passe dans le monde (de lart contemporain). Doù sa proposition, adressée à des amateurs dart marocains et français : créer une bibliothèque associative, la première au Maroc, consacrée à lArt contemporain. Lassociation Les Amis des Arts est alors née avec la complicité de Fouad Bellamine, Hassan Darsi et Abdellah Karroum. Bellamine a offert son appartement sur la rue du Caire à Rabat, dautres ont réuni des fonds, lEcole des Beaux Arts de Paris a fait don dun lot douvrages
Résultat, le 2 mars dernier, un fonds documentaire de 600 ouvrages soigneusement sélectionnés a transité jusquà Rabat, pour une première inauguration destinée aux chercheurs. Louverture au public est prévue pour septembre 2007.
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Tournage. Nayda sur celluloïd
Nayda par-ci, nayda par-là
Enième vocation du mot branché de lannée, inspiré de lesprit de LBoulevard, CasaNayda est un documentaire de 52 minutes, produit par Sigma et en tournage actuellement, sur le bouillonnement culturel du Maroc depuis 2003, explique sa scénariste et co-auteur Dominique Caubet. 2003, un moment-clé, avec le procès des 14 musiciens et le 16 mai, aux conséquences inattendues et positives, un questionnement de la société marocaine sur son identité, précise la linguiste experte en darija marocaine. Ce nest pas grave si le terme nayda est galvaudé, limportant est de le faire voyager. Devant la caméra de Farida Belyazid, qui suit Fez City Clan, Driss Ksikes, Fatima Loukili ou encore Momo Merhari et Hicham Bahou, témoins de cette énergie nouvelle qui nourrit musique, presse et image. Action ! |
Festival. À vos Azemmour
Il y a plusieurs Azemmour : lamazighe, la judaïque, la musulmane, la portugaise, landalouse
et plusieurs Printemps dAzemmour : le musical, le photographique, le pictural, larchitectural
Du 24 au 26 mai, ce festival, inspiré dun rendez-vous pluridisciplinaire et urbain tel que le Festival de Casa, aura de quoi réveiller lancienne cité lusitanienne que berce un peu trop tranquillement loued Oum Rabiî. Sur la rive jour, ateliers patrimoine, expo photo dans lintimité du vieux hammam de la Kasbah, peintures murales et rodas de capoeira de rue
Sur la rive nuit, concerts vitaminés avec, en haut de la vague, le flamenco hip-hop flamboyant dOjos de Brujo, la voix suave de Cesaria Evora et la grâce de sa jeune disciple Mayra Andrade. Une com comme il se doit pour la ville chérie de Nabil Benabdellah.
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Hip Hop. Jo et labstrait
Après Bigg et Steph Ragga Man, cest au tour de MC Jo, également ex-Mafia C, de jouer la carte solo. Et son premier fait darme porte le titre Le côté abstrait. Un album de 13 pistes, dont une moitié de featurings avec, entres autres, ses deux anciens compères et un certain Tarik Batma. Pour la petite histoire - et la gloire du système D -, MC Jo a dû puiser dans les samples de Masta flow, Maestro et Amiral pour trouver son compte de beats, et dans le doigté de DJ Van de Fnaïre pour mixer le tout. Le premier titre, Drapeau blanc, est actuellement à découvrir sur les ondes de Hit Radio, et le reste de lalbum sera téléchargeable sur www.j-o.ma à partir du 31 mai. Date aussi où le MC annoncera le lancement officiel de sa marque de vêtements M7A-K. |
Musique. Résidence non surveillée
À Londres, on cuisine en chantant ! Jusquau 28 mai, la résidence Music Matbakh, mijotée depuis trois ans par le British Council, rassemble sur Oxford Street une dizaine de musiciens anglais, libanais, égyptiens, syriens, tunisiens, jordaniens et marocains, pour composer une vingtaine de créations métissées, produites par Serious Ltd et enregistrées aux studios Permisses. Académistes ou artistes nés de la rue, il ny a que des cracks, senthousiasme le rappeur Bigg, heureux élu marocain avec Hicham Bajjou de Dayzine. Music Matbakh sera relevée de quatre concerts britanniques - le 12 à Cambridge, le 19 à Gateshead, les 25 et 26 à Londres - et dun marocain avant, espérons-le, une tournée dans les autres pays membres. |
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Le livre.
LAfrique du Nord (Afriqiya) est sous le règne des arabes venus dOrient, au VIIIème Siècle. La population a été islamisée et Tarik Ibn Zyad, le valeureux guerrier berbère, wali de Tingis, aspire désormais à conquérir lEspagne. Le pays des chrétiens, sur lautre rive de la méditerranée, est fragilisé à force de querelles internes. Cest ainsi quil débarqua, dans la nuit du 20 au 21 mai 711, avec ses bataillons, sur une plage déserte surplombée par une montagne à laquelle il donne son nom, Djebel Tarik. Entre les deux faits historiques, Patrick Girard scénarise lhistoire de lAndalousie, à coups de combats à lépée, dintrigues politico-religieuses et dassassinats historiques saupoudrés de fiction
À en perdre le fil de lHistoire.
Tarik ou la Conquête dAllah ; Patrick Girard. Ed. Calmann-Levy.
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Humeur.
Léon lAfricain
Le résultat des élections françaises a fait sans conteste avancer le débat politique au Maroc. À léchelle des bars, thermomètre de la pensée marocaine en ébullition, ce fut même une révolution intellectuelle. Chacun a pu y aller de son analyse pointue pour expliquer le suffrage français, inventer même des théories tordues et leur donner des noms à coucher dehors. Dans le best of : La défaite de la gauche est la victoire du Sarkozysme monarchiste sur le royalisme républicain. Lancés à la volée par deux guerrouanistes impénitents, ces deux concepts politiques auraient pu être classés dans cette anthologie du génie humain que sont les bêtisiers de comptoir. Ils en avaient toutes les qualités. Bâtis de bric et de broc juste pour le plaisir de polémiquer, le Sarkozysme monarchiste et le Royalisme républicain sont indéfendables passé le cinquième verre, incompréhensibles même pour leurs auteurs après le sixième. Mais leurs inventeurs ont des circonstances atténuantes : leur taux dalcoolémie. Sobre comme un chameau, un politologue distingué a publié dans un quotidien marocain une analyse des résultats encore plus tirée par les cheveux. À rendre glabre un Gremlin. Selon lui, Sarkozy sera plus chaleureux avec le Maroc que ne laurait été Royal. Pourquoi ? Parce que lacteur Jean Reno, proche du nouveau président français, a conservé de forts liens sentimentaux avec le Maroc où il est né et pourrait faire son lobbyiste. Un CQFD un peu juste. Doc Gynéco nest pas Malraux, dixit Ségolène. Et Jean Reno, certainement pas Mehdi Qotbi
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Cherche toiles de Mekaoui
Mustapha Mekaoui, peintre de son état, réalise quon nest jamais mieux servi que par soi-même, et signe un livre dart autobiographique quil baptise De 1970 à nos jours. Une vie de toiles photographiées par Jean-Claude Laffitte, ou du moins certaines dentre elles, car le peintre est toujours à la recherche des détenteurs de ses uvres. À bon entendeur.
Electro des Caraïbes
Dj Mood, diplômé es trancen tek, section Prog, et jusque-là underground, décide de sortir de son terrier, et joue pour la première fois à Rabat, au très ground Cesar palace lounge le 18 mai. Un trip quil a baptisé Caraïbian Paradise.
Le dosage de Mawazine
Un peu de nostalgie avec le Yéké de Kanté, le nec plus ultra de laïta avec Hajja Hamdaouiya, Simon Says au souvenir dune certaine Karima, la 2ème édition de génération Mawazine pour les aspirants musicos et une fenêtre sur les musiques du monde. Le festival Mawazine na rien changé à sa recette. Du 18 au 24 mai à Rabat. |
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