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N° 273
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

La Banque centrale a toujours
bloqué l’installation de banques
islamiques au Maroc.
(AFP)

Banques. Les produits islamiques en stand by

Le calendrier de la commercialisation des produits islamiques vient de connaître un nouveau report. Prévue initialement pour ce mois de mai, la mise sur le marché de ces formules financières a finalement été renvoyée au mois de juillet. Trois produits devraient voir le jour. En premier lieu, la “Moucharaka”, qui se veut la version halal du capital investissement. Il y a aussi la “Ijara”, sorte de leasing adapté à la Chariâ et enfin la “Mourabaha”, un crédit à court terme sans intérêts, mais rémunéré tout de même via une marge prédéterminée. Deux points restent en suspens dans les négociations entre le GPBM et la
Banque centrale au sujet de ces nouveaux produit : un régime fiscal adapté, mais surtout le mode de communication. Sur ce dernier point, la Banque centrale refuse catégoriquement l’utilisation par les banques d’une quelconque allusion religieuse dans leurs campagnes marketing. Une décision qui n’est pas trop du goût des banquiers, puisque le label “halal” reste le principal argument de vente pour ces produits. Il faut dire néanmoins que le sujet est sensible : cautionner des produits bancaires islamiques signifierait que les autres formules de financement sont religieusement illicites. C’est d’ailleurs cette considération, d’ordre politique, qui a poussé la gardienne du temple monétaire à bloquer l’implantation au Maroc de puissantes banques islamiques originaires des pays du Golfe.


ONE. Les pertes s’accumulent

Conseil d’administration marathon, vendredi dernier, pour l’Office national de l’électricité. Ordre du jour : l’arrêté des comptes à fin 2006 et l’examen des projets d’investissements sur la période 2007-2015. Côté finances, l’ONE s’enfonce davantage cette année en accusant des pertes de plus de 1,7 milliard de dirhams et ce malgré un chiffre d’affaires qui culmine à 15 milliards de dirhams. “Ce résultat négatif s’explique par la flambée des prix des combustibles (…), la faible hydraulicité et le recours croissant à l’utilisation de moyens de production coûteux”, explique un communiqué de l’Office. Concernant les investissements, le conseil d’administration a donné son feu vert à la réalisation de la première tranche d’équipement de l’Office, qui s’étale jusqu’en 2011. Un programme qui intègre plusieurs parcs éoliens, le redimensionnement d’une centrale thermo-solaire et le lancement de deux projets de turbines à gaz.


Pétrole. Merci le Koweït

Les accords signés entre le royaume et le Koweït, en juin dernier, pour l’acquisition de pétrole brut à des prix préférentiels, commencent à donner leurs fruits. La facture pétrolière marocaine a ainsi baissé de 6,9% au premier trimestre 2007, pour atteindre 4,82 milliards de dirhams contre 5,17 milliards, selon les statistiques de l'Office des changes. Pourtant, cette baisse en valeur s'est accompagnée d'une hausse de 8,5 % en volume. En effet, le Maroc a importé 1,42 million de tonnes pour un prix moyen de 3387 dirhams par tonne (contre 3947 dirhams pour la même période en 2006). Cette baisse ne s’explique pas seulement par l'allègement des cours du pétrole brut sur le marché international. Le cadeau des amis koweïtiens a aussi eu un impact des plus significatifs sur le budget de Oualalou. Choukrane…


Agriculture. Laâm pas du tout zine

Après la récolte record de l’année dernière, la moisson sera très faible cette saison. Le bilan provisoire établi à l’occasion de la réunion du comité interprofessionnel des céréales et légumineuses, tenue le 4 mai dernier, fait état d’une campagne céréalière catastrophique. Outre la baisse de la surface cultivée en céréales d’automne (4,3 millions d’hectares contre 5,4 millions l’année dernière), ce sont 24% des superficies qui sont sinistrées et 37% à profil médiocre. Les professionnels tablent ainsi sur une récolte de 25 millions de quintaux, soit trois fois moins que l’année précédente. Ce volume ne permettrait de couvrir que trois mois des besoins du pays en farine. Les résultats définitifs devraient être communiqués la semaine prochaine. Suite à quoi, le ministère de tutelle devrait prendre des mesures pour gérer la campagne de moissons et l’approvisionnement du pays. Les minotiers exigent une baisse des droits de douane sur le blé tendre, vu la hausse de son prix sur le marché international.


Artisanat. Cap sur la formation

Une convention vient d’être signée entre le gouvernement et treize Chambres d’artisanat pour la formation de quelque 51 000 apprentis à l’horizon 2015. Un chantier qui devrait nécessiter une enveloppe d’investissement de 70 millions de dirhams, dont 60% seront supportés par le secrétariat d’Etat chargé de la Formation professionnelle (SEFP). Un centre d’apprentissage devrait ainsi être construit à Salé pour accueillir, en vitesse de croisière, 500 apprentis par an. Ce centre, où la durée de formation est étalée sur une ou deux années, devrait permettre de couvrir tous les métiers de l’artisanat : poterie céramique, menuiserie, sculpture et autres. D’autres centres devraient ouvrir leurs portes dans différentes villes du royaume.



Pendant ce temps, le peuple….
Visa pour les States

Exportateur d’olives, Samir réalise le gros de ses ventes sur le marché US. Et comme tout entrepreneur marocain normalement constitué, il prenait le soin de confier une bonne partie de ses dollars à l’Oncle Sam. Un placement qui lui a rapporté un interrogatoire à la frontière américaine après le 11 septembre. “Dakhelna Alik Bellah, j’ai une gueule de terroriste ?”, avait-il lancé à Jack Bauer, alors en pleine traque de l’argent des bougnoules. Samir était convaincu d’être un “musulman modéré”. La preuve : il n’aime pas Bush, trouve Condoleezza Rice extrêmement moche, porte des Levi’s et des Nike, fume des Marlboro, carbure au Jack Daniel’s, se gave de Mc Do et pirate Windows. Mais en essayant de renouveler son visa pour les States, Samir découvre que la tâche est désormais plus compliquée. Le consulat américain a décidé d’externaliser le traitement des demandes marocaines à l’étranger. La raison : les deux kamikazes qui ont choisi de se faire exploser à quelques mètres du consulat. “Zaâma, toute cette peur serait justifiée ? Pourquoi ne quitteraient-ils pas l’Irak alors, s’ils sont si soucieux de leur sécurité”, se dit-il, sceptique. Il finit néanmoins par avoir le fin mot de l’histoire : les Américains font tout ce cinéma pour avoir un tronçon supplémentaire du Bd Moulay Youssef. Samir n’est pas contre. Il voudrait juste, en échange, un bout de Sunset Boulevard, pour y apposer une empreinte, à côté de celle des stars : la fameuse khmissa estampillée “Touche pas à mon pays”. Faute d’espace, il se contenterait même de n’y laisser que l’empreinte de son majeur…



OFF.

Bonne nouvelle pour les Casablancais. Tahiti Beach Club, objet d’un litige judiciaire aux multiples rebondissements, ne fermera pas ses portes pour la saison estivale, contrairement à ce que certains titres de presse avaient rapporté. La gestion du club est désormais reprise directement par la société Blue Invest, qui a chargé Talal Alami et Zouhir Mahi d’assurer le quotidien de l’affaire, confiée autrefois à la société “La Compagnie des Plages”.

 
 
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