Religion. Les oulémas à l'école
Salafistes. Le mea culpa des Chioukh
Diplomatie. La surprise américaine
Droits humains. Madame la présidente
Reportage. Le moussem de Moulay Abraham
Abdelkrim Benatik. "Au Maroc, il n'y a pas de centre !"
Étude. Nos amis les analphabètes
France. Sarkozy et ses immigrés
Show-biz. Ruée sur la nouvelle scène
Bande FM. La radio à papa
Hip Hop. Le pro de la prose
Festival. Dijon à la sauce marocaine
N° 273
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

La campagne d’inscription
aux listes électorales n’a pas
eu l’effet escompté.
(TNIOUNI / NICHANE)

Listes électorales. Les Marocains boudent

La montagne a accouché d’une souris. Malgré la forte mobilisation médiatique et associative autour de l’inscription sur les listes électorales, ils n’auront été que 1,4 million de personnes (on tablait sur trois fois plus) à répondre à l’appel, au terme de la première phase qui s’est terminée le 4 mai. Le gouvernement a décrété la prolongation du délai jusqu’au 14 mai, dans l’espoir d’attirer plus de monde. “Le ministère de l’Intérieur a communiqué assez tard. Ses campagnes étaient courtes. Or, la sensibilisation des jeunes est un travail de longue haleine”, se désole une militante associative. Près de 80% des
inscrits ont moins de 34 ans. Les jeunes se sont-ils conciliés avec la chose politique? Pas sûr. Car sur ces chiffres, on ne sait pas combien sont de nouveaux inscrits sur les listes électorales.

De son côté, le département de Benmoussa préfère voir le verre à moitié plein. Il annonce ainsi une progression de 10% de l’ensemble du corps électoral, qui atteint ainsi 16 millions de personnes, et se fait un malin plaisir d’étaler les prouesses de ses petites trouvailles technologiques : 1,5 million de SMS gratuits et 60 000 consultations Internet. “Chiffres qui seront revus à la hausse à la fin de la deuxième phase d’inscription”, se félicite un cadre du Ministère.

Après le 24 mai, les listes définitives seront affichées sur Internet. Citoyens, à vos portables ! Vous pourrez vérifier si vous êtes bien inscrits en envoyant votre numéro de CIN et votre date de naissance au numéro 2727. Si le message vous est retourné, réessayez toujours ! Après tout, c’est gratuit.


Droits de l’homme. 1er mai fatal

On ne compte pas le nombre de “victimes” parmi les manifestants du 1er mai, jetés en prison et, pour certains, déjà jugés (pour “atteinte aux valeurs sacrées du royaume”). à Ksar El Kébir, cinq personnes séjournent actuellement en prison et cinq autres sont en liberté provisoire, en attendant leur jugement.
À Agadir, on a été plus expéditif : un lycéen et un ouvrier agricole, membres de l’AMDH, ont été condamnés à deux années de prison ferme et 10 000 dirhams d’amende chacun. En retour, l’AMDH a émis un communiqué relatif aux deux cas d’Agadir où elle déclare, citant les intéressés, qu’ils ont été forcés à signer les PV de police “sous la torture et la menace de viol”.


Terrorisme. La fin du jihad marocain en Irak ?

Décidément, l’arrestation de Saâd Houssaïni a été une aubaine pour les services. Arrêté début mars dernier, l’homme avait auparavant réussi à mettre en place plusieurs structures de recrutement de candidats kamikazes. Une vingtaine de ses recrues ont été arrêtés par les services de sécurité, rien que dans la nuit de samedi à dimanche de la semaine dernière. Le coup de filet a été opéré dans différentes villes du royaume, de Nador à Mohammedia, en passant par Fès ou Tétouan. Reste à savoir si, comme on le dit de plus en plus dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, toutes les cellules dédiées au jihad en Irak (dont plus de dix ont été démantelées à ce jour) ont été effectivement neutralisées.


Partis. Le printemps de Bengelloun

Ceux qui trouvent que nos chefs de partis sont vieux jeu seront surpris. Dimanche dernier, Ahmed Bengelloun, secrétaire général du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS), sûrement pris par une soudaine envie de se lâcher, a arrêté son véhicule en plein Boulevard Mohammed V à Rabat, s’est assuré que le volume de l’autoradio était au maximum… avant d’exécuter à haute voix une chanson de l’Egyptien Mohamed Abdelmoutaleb. La scène s’est déroulée devant les passants amusés, qui se sont attroupés autour de lui (l’ont-ils reconnu ?). Le leader du PADS aurait même improvisé des pas de danse, nous rapporte-t-on !


Benmoussa. Y a erreur sur la photo !

Le président français fraîchement élu, Nicolas Sarkozy, faisait la une du Figaro du jeudi 10 mai. L’article du quotidien hexagonal titrait “Le nouveau cap de la diplomatie française”, avec 15 photos protocolaires du nouveau président et cette légende : “Nicolas sarkozy a déjà rencontré les principaux dirigeants de la planète”. Dans le lot, on pouvait apercevoir un Sarkozy tout sourire serrant la pince à George Bush, Tony Blair, José-Luis Zapatero, Angela Merkel, Abdelaziz Bouteflika, Abdoulaye Wade et… Chakib Benmoussa, toujours ministre de l’Intérieur aux dernières nouvelles. Benmoussa s’empressera certainement d’envoyer un rectificatif…


Marrakech. Panique au bord de la piscine

Fait-divers à l'hôtel Sofitel de Marrakech. Le mercredi 8 mai, à 11 h 15, Ahmed B, menuisier de 27 ans, a pu s'introduire jusqu’aux abords de la piscine de l'hôtel, où il a attaqué à l'arme blanche un couple de touristes australiens. Vêtu d'un bleu de travail, arborant une légère barbe et armé de machettes artisanales, il a pu escalader le mur d'enceinte de l'hôtel en s'aidant d'une échelle… Et sans l'intervention des agents de sécurité de l'hôtel, dont deux ont été légèrement blessés, l'agresseur aurait fait, selon plusieurs témoins, bien plus de victimes. Livré à la police, l’homme serait actuellement dans les locaux de la BNPJ à Casablanca. Les autorités le présentent comme un déséquilibré, qui venait de quitter l'hôpital psychiatrique de Marrakech, où il séjournait suite à un accident de chantier. Mais des témoins présents sur place évoquent une voiture qui l'aurait déposé à côté du Sofitel. Ce qui n’écarte pas la possibilité d'une manipulation par quelque mouvement fondamentaliste. D'autant qu'au moment de son arrestation, le "forcené" aurait proféré des slogans à la gloire de Ben Laden et du jihad. à suivre…


Maroc-USA. Taoujni s’en mêle

L’Association le Sahara marocain (ASM), que dirige Réda Taoujni, monte au créneau, suite aux récents propos attribués à l’ambassadeur américain au Maroc, Thomas Riley, au sujet du Polisario. Après avoir envoyé une lettre de protestation à ce dernier (et lancé une pétition destinée à George Bush himself !), Taoujni annonce la tenue imminente de manifestations devant l’ambassade US à Rabat et dans d’autres villes du royaume. “Et nous ne nous arrêterons pas, ajoute le président de l’ASM, tant que l’ambassadeur américain ne nous fournira pas des éclaircissements, voire des excuses…”. Toujours d’après Taoujni, plusieurs partis et associations seraient prêts à se joindre à ce mouvement de protestation, dès la semaine prochaine.


Révélation. Tahona philantrope ?

Etonnante révélation de Mustapha Chaïri, alias Tahona, appréhendé le 3 février dernier à Tanger par la DST et remis ultérieurement à la BNPJ. Le baron de la drogue, qui a comparu le 2 mai dernier devant la Cour d’Appel de Tanger, a confié aux enquêteurs qu’il aurait remis, comme avance, durant l’été 2006, la somme de 30 000 dollars à un irakien… pour faciliter la libération des deux otages marocains en Irak. Tahona se serait engagé, par ailleurs, à régler la somme totale de 100 000 dollars à ce même intermédiaire, toujours dans le but supposé de libérer les otages marocains. Ces informations, qui ont filtré de l’enquête en cours, sont bien sûr à confirmer. Peut-être dès le 15 mai, date à laquelle le procès de Tahona devrait réellement démarrer. Comme Bin Louidane, Tahona est jugé pour “trafic de drogue et corruption de fonctionnaires”.


Koutla. On s’amuse, on s’amuse

C’est reparti pour un tour. Les partis de la Koutla ont engagé des concertations marathoniennes sur les candidatures communes. Selon les premières indiscrétions, ces dernières ne concerneront que quelques circonscriptions “reculées” où les trois partis (USFP, Istiqlal et PPS) n’ont pas une large base électorale et ne sont donc pas sûrs de gagner. “Dans toutes les autres circonscriptions, chacun présentera ses propres candidats, parce qu’il peut facilement obtenir des sièges”, explique un dirigeant istiqlalien. On s’attendait à un geste fort de la part de ces trois formations dans les prochaines élections. Et il est venu : candidatures communes oui, même quand c’est juste pour le fun.


PJD. En attendant le journal

Annoncé en mars, le nouveau journal du PJD ne sortira finalement qu’après les élections de septembre prochain. La direction du parti a préféré retarder sa parution pour “éloigner tout calcul électoral” sur son projet médiatique. Le nouveau canard, un hebdomadaire en arabe, portera le nom d’Arraïe (l’Opinion, à ne pas confondre avec l’organe de presse de l’Istiqlal). L’équipe a été constituée et travaille déjà sur le numéro zéro. Quant au marketing électoral, le parti a une autre idée : éditer un journal pour une durée déterminée qui accompagnera les sorties des candidats uniquement pendant la période électorale et qui portera le nom du parti “Al Adala Wa Tanmia”. Ça cogite fort chez les barbus !


Police. Le Maroc n’exporte plus

Ce sont 300 fonctionnaires de la DGSN qui ont été sommés de regagner le bercail. Les agents et autres commissaires de police marocains, qui avaient été recrutés sous contrat par les différents services chargés de la sécurité intérieure des Emirats Arabes Unis, ont commencé à faire leurs bagages pour se préparer au retour. Une petite minorité a déjà rejoint Rabat, avant d’être affectée dans plusieurs villes du royaume. Des sources fiables mettent ce retour sur le compte de la volonté de la DGSN de renforcer ses troupes pour faire front aux défis du terrorisme.


Sahara. Négociations, acte 1

C’est cette semaine (entre le 15 et le 20 mai) qu’une mission des Nations Unies est attendue en Algérie, à Tindouf et au Maroc, pour “évoquer les préparatifs des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario et les modalités de leur déroulement”, a notamment déclaré un responsable du Front sahraoui à Madrid. Les émissaires de Ban Ki Moon devraient démarrer par un détour à Alger avant de se rendre à Rabat. Leur mission ne sera pas de tout repos. Des dirigeants de la Rasd ont déjà fait savoir qu’ils refusaient que “l’équipe marocaine de négociation comporte des Sahraouis comme Khelli Henna Ould Errachid”. Le Maroc n’a, pour le moment, pas encore dévoilé ses cartes, mais cela ne saurait tarder.


Médium. Pour le plaisir de ces dames

Olivier L. (un nom d’emprunt) est la nouvelle coqueluche des dames de la bourgeoisie marocaine. Alors que les généraux et autres élus se bousculent devant la demeure de Mekki Tourabi, le fameux guérisseur de Skhirat, la gent féminine de la haute préfère prendre l’avion pour Lausanne, où officie le célèbre médium des stars. Olivier L., dont les femmes représentent la majorité de la clientèle, commence à développer un joli carnet de fidèles clientes marocaines, attirées par ses prouesses. Il faut dire que le médium suisse a la réputation d’apporter solutions à tous les problèmes. Y compris ceux d’ordre financier, à commencer par les siens…


MRE. L’après 2007 (déjà)

Non, les MRE ne sont pas totalement à l’écart du processus électoral au Maroc. La preuve, plusieurs partis (le PSU, récemment), notamment de gauche, dépêchent régulièrement leurs représentants à la rencontre de la communauté marocaine d’Europe, notamment en France. L'Association des Marocains aux Grandes Ecoles (AMGE) organise même, le 18 mai à Paris, une conférence (le thème : “Selon vous, quel visage devrait prendre le Maroc après les législatives de septembre 2007 ?”) avec, comme invités les ministres Habib El Malki, Taoufik Hjira, Mohamed Boussaïd, en plus de Ismaïl Alaoui (PPS), Omar Seghrouchni (Parti travailliste) et l’incontournable Saâd Eddine El Othmani, SG du PJD.


Cheikh Hamza. Aux urnes, les enfants !

Le Cheikh Hamza n’est peut-être pas si apolitique que le prétend son entourage. Lors d’une récente veillée à Casablanca, des responsables de la Tariqa Boutchichiya auraient appelé les personnes présentes à s’inscrire sur les listes électorales. Aurait-on soufflé à l’oreille du Cheikh cette idée, si chère à 2007 Daba, l’association de Nouredinne Ayouch, ou alors le “geste” du chikh et de ses amis est-il réellement spontané ? Difficile de savoir. Ce qui est sûr, d’après nos informations, c’est que les amis de Hamza n’ont soufflé à personne pour qui voter. C’est déjà ça de gagné.


Indécent. Une famille dans les besoins

L’information, relayée cette semaine par Al Massae, est plutôt stupéfiante. Une famille composée de 5 personnes, dont un enfant en bas âge, squatte, depuis plus d’un an, des toilettes publiques dans un quartier populaire de Salé. Pire, les deux parents se sont vu délivrer une carte d’identité nationale à l’adresse suivante : “Toilettes Sidi Ahmed Hajji, Salé”. Ceci implique qu’un “Google” (moqaddem) est passé pour faire son enquête habituelle, avant de délivrer un certificat de résidence aux intéressés… sans trouver à y redire. Le calvaire de la famille ne s’arrête pas là. Les autorités ont décidé de couper l’eau, ce qui a réduit le nombre de visiteurs des toilettes, habitués à laisser un pourboire au père de famille, gardien des lieux. Kafka est passé par là.


Sécheresse. Chère farine

Samedi dernier, les paysans du village des Beni Brahim, situé dans la province de Settat, ont failli lyncher le caïd de la localité, qui a dû se réfugier dans le poste de gendarmerie du patelin pour leur échapper. La jacquerie a éclaté à la suite d’une distribution de farine réglementée par les autorités locales. La manière dont ont été distribués les sacs de farine, jugée discriminatoire, n’a pas plu aux fellahs, chauffés à blanc par une année sèche. Pour rappel, la distribution de farine (qui ne se fait décidément pas sans heurt) rentre dans le cadre du programme national de lutte contre la sécheresse.


Retraite. Chirac au Maroc ?

Jacques Chirac pourrait terminer ses jours au Maroc, après avoir remis les clés de l’Elysée à Sarkozy. Selon l’hebdomadaire londonien Sunday Times, le futur ex-président français aurait décidé de s’installer, après sa retraite, à Marrakech, dans une propriété qu’il possède dans la Palmeraie (ah ?). Grand habitué du Maroc, Chirac a toujours eu un faible pour les deux villes ocres du royaume : Taroudant et Marrakech. Ses amis rappellent, par exemple, que c’est lui qui avait décidé, en 2005, de faire déménager le consulat de France à Marrakech, de manière à restituer (à la ville) un lot de jardins attenants à la Koutoubia.


Femmes, enfants. Justice, où es-tu ?

Que se passe-t-il à Béni Mellal ? La Ligue démocratique des droits des Femmes (LLDF) organisait, ce vendredi 11 mai, un sit-in devant le tribunal de la ville, pour protester contre la montée de la violence contre les femmes et les enfants. “Les agressions et les affaires de pédophilie augmentent d’une façon inquiétante”, rapporte une militante de l’association. Une femme a été poignardée par son mari qui, contre toute attente, a été acquitté par le tribunal. Quant à la pédophilie, l’association parle de huit fillettes qui auraient été victimes d’abus commis par leur professeur. Et là encore, l’accusé a été acquitté !



3 questions à
Fouad Abdelmoumni
[Ancien vice président de l’association marocaine des droits humains]


Vous avez récemment critiqué les résultats du congrès de l’Association marocaine des droits humains, Pourquoi ?
Tout simplement parce que je considère que l’hégémonie partisane, en l’occurrence celle d’Annahj Addimocrati, risque de nuire au potentiel de cette institution, qui a toujours été un bel outil de protection et de promotion des droits humains.

En quoi cela vous pose un problème qu’un parti politique soit largement représenté au sein de l’AMDH ?
D’une part, les gens qui ne sont pas proches des valeurs que prône ce parti ne vont pas être encouragés à adhérer à l’AMDH, parce qu’ils penseront que nous en sommes une dépendance. D’autre part, une ONG des droits humains se doit d’être objective et neutre, et non pas servir à la promotion d’un projet quelconque ou instrumentalisée à des fins politiques.

Aujourd’hui, que faudrait-il faire à votre avis ?
Vous savez, à court terme, ça me fait mal d’étaler tout ceci au grand jour, surtout qu’en face, il y a des amis en qui j’ai entière confiance. Mais je sais que c’est une bataille impérative et bénéfique à moyen et long termes. Il nous faut une association qui garantisse le souffle militant de l’AMDH, tout en préservant la crédibilité de son indépendance. Plus concrètement, il faudrait que les militants se mettent d’accord pour qu’aucune formation politique ne contrôle plus de 20% des instances. Alors là, l’AMDH ne sera plus attaquable.


Edition. Un Maroc inaccessible

Le magazine de luxe, voilà un créneau qui ne demandait qu’à être occupé. Albert Ohayon n’a pas manqué de s’en rendre compte. Ancien directeur de publication de Paris prestige, il a créé, il y a six mois, Maroc d’exception, un trimestriel, de 158 pages de Maroc raffiné et justement exceptionnel, tiré à 8000 exemplaires. Tout un cahier consacré à la joaillerie, un second à la mode, un guide de villégiature haut standing, une section immobilier, des pages people très sélectives, entre Césars, Oscars et autres soirées mondaines. Le tout à 20 DH dans les kiosques… et gratuitement dans les grands hôtels et restos parisiens.


Frontières. Au cas où…

Alors que les politiciens algériens et leurs homologues marocains s’adonnent allègrement à la surenchère, les techniciens préparent fébrilement la réouverture des frontières. Le ministre algérien des Transports a ainsi annoncé la construction d’un tronçon ferroviaire de 70 km qui devrait relier la ville de Tlemcen à la frontière marocaine. Question : cela signifie-t-il pour autant que la réouverture des frontières maroco-algériennes est imminente ? Probablement pas, comme nous l’assure cette source qui suit de près l’état d’avancement du dossier : “De part et d’autre de la frontière, on se tient prêts, juste au cas où…”.


ONCF. À l’heure, coûte que coûte…

Le 7 mai à la gare de Rabat-ville, un jeune homme qui s’apprêtait à traverser la voie ferrée, a été violemment heurté par le train-navette rapide reliant Kénitra à Casablanca. Choqués par l’accident (qui a failli être mortel), les passagers l’ont été davantage par la réaction du personnel de l’ONCF. “Alors que le blessé gisait sur le quai, baignant dans son sang, le conducteur n’a même pas daigné descendre de sa cabine. Quant aux contrôleurs, ils se sont mis à prier tout le monde de circuler, comme si de rien n’était”, nous a déclaré l’un des nombreux passagers. Le train s’est donc arrêté en tout et pour tout une (toute petite) minute. Du côté de l’Office, on nous a expliqué que “puisque toutes les procédures ont été respectées, le train devait poursuivre son voyage”. Plus zélé, tu meurs !


Accident de la route. L’info de la semaine

Une quinzaine de touristes français ont été grièvement blessés dans un accident de la route survenu, mercredi matin, sur la route reliant Fès à Sidi Kacem. Selon des sources locales, le minibus de touristes est entré en collision avec un camion de transport de ciment au niveau du col de Zeggota. Les blessés ont été évacués vers le Centre hospitalier universitaire Hassan II de Fès pour y être soignés. Aussitôt informé de l’accident, le roi a annoncé qu’il prenait en charge personnellement les frais d'hospitalisation des blessés. Toutes ces informations ont été dûment relayées par les médias officiels et placées en ouverture des journaux télé. Inutile de crier sur tous les toits que la nationalité des victimes n’est pas étrangère à ce bel intérêt médiatique.


People. Les sarkozystes votent Marrakech

Alors que Nicolas Sarkozy a opté pour des vacances de nabab à bord d'un yacht au large de Malte pour fêter sa victoire présidentielle, plusieurs personnalités de son clan ont choisi, elles, la douceur de vivre marrakchie pour se remettre de leurs émotions. C'est notamment le cas de la chanteuse Patricia Kaas, qui séjourne quelques jours dans une luxueuse maison d'hôtes aux fin fond de la palmeraie de Marrakech. Fidèle soutien de Sarko lors des élections, Louis Souvet, le sénateur UMP du Doubs et vice-président de la commission des affaires sociales au Sénat a choisi la même adresse pour se ressourcer en compagnie de son épouse.


ONA. Clubbing dans le Nord

L’ONA serait-elle en charge de relancer l’activité nocturne dans les stations balnéaires du nord (Marina, Kabila, Cabo Negro) ? En tout cas, la holding royale vient tout juste de rafler le marché de rénovation et d’exploitation du défunt club Olivia Valère, à Cabo Negro. Le “C”, nouveau nom du temple de clubbing, concept mi-lounge mi-boîte de nuit, sera inauguré cet été même. à charge du Holiday Inn de se joindre à son tour à l’effort général de réanimation du Nord et de lancer sa propre boîte de nuit, à l’été 2008. Objectif des uns et des autres : être prêt pour divertir les 6 millions de touristes de l’Exposition universelle 2012 que pourrait accueillir Tanger. Inchallah.


Polisario. Esclavage dans les camps

Deux réalisateurs australiens ont été brièvement détenus par les services de sécurité du Polisario, le 2 mai près du camp de réfugiés de Rabouni, à 25 km de Tindouf, rapporte Reporters sans frontières. Violeta Ayala et Daniel Fallshaw, qui filment un documentaire sur des familles sahraouies séparées par le mur de défense construit au début des années 80 par le Maroc, n’avaient pas eu de problème lors de leurs premières visites en septembre et janvier. Jusqu’à ce que leur objectif se focalise sur les “pratiques d’esclavage à l’encontre des minorités noires”, nous a confié Violeta Ayala, insistant sur le côté “apolitique” du film, qui intéresse des chaînes espagnoles, françaises, britanniques, australiennes et américaines, et pourrait sortir en salle. Une affaire à suivre.



Humeur. La Suède

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Karim Ghellab n’a décidément pas de chance. Il a mis au point un projet (le nouveau Code la route) moderne et sérieux, sans doute l’un des plus courageux du gouvernement Jettou, et il doit déjà s’en mordre les doigts. Triste sort. Le 1er mai, les travailleurs ont déroulé une banderole d’un autre âge : “La li Al Moudawana Al Masmouma (non au Code empoisonné) !”. Les plus malins scandaient : “Ghellab barra (Ghellab dehors !)”. Carrément. A l’Istiqlal, auquel est censé pourtant appartenir le ministre des Transports, personne n’a bronché. Abbas et ses amis ont sans doute mieux à faire que de soutenir le projet de l’un des leurs. Le gouvernement Jettou, comme celui de Youssoufi quelques années auparavant avec le projet de Moudawana de Saïd Saâdi, a préféré laisser le pauvre Ghellab seul dans l’arène. Livré à lui-même, le ministre a été pris à parti par les syndicats, très remontés, et qui ont failli un jour le lyncher en public, et la presse, cynique au possible. On a ainsi écrit, avec beaucoup de délectation : “Ghellab se croit en Suède (pour pondre un tel projet de Code de la route)”. Ghellab lui-même, dans un réflexe de repli stratégique, a choisi d’opérer une sorte de mea culpa, via une sortie médiatique (la Vie éco du 27 avril) pour dire : “Non, les sanctions ne seront pas applicables dès l’entrée en vigueur du Code de la route”. Pour un peu, le ministre nous dirait : “Excusez-moi d’avoir travaillé dur pour mettre au point un projet moderne”. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : en criminalisant la mauvaise conduite des Marocains, Ghellab s’est vraiment cru en Suède. Saïd Saâdi s’était lui aussi cru en Suède quand il a proposé de réformer le statut obsolète de la Marocaine. L’Histoire, qui a fini par réhabiliter Saâdi, en fera de même avec Ghellab. Parce que, pour aller de l’avant, il vaut mieux se croire en Suède qu’au Maroc de l’ère médiévale.



VITES !

Thomas Riley tiendra-t-il une nouvelle conférence de presse ? Ce n’est pas impossible : Rabat, et même Washington, si l’on en croit certaines confidences, ont modérément apprécié le brief de l’ambassadeur américain le 3 mai dernier, au cours duquel il soutenait que le Polisario était “l’unique représentant des Sahraouis”. (lire d’autres détails).


Le 9 mai, pour célébrer l’envolée spectaculaire de l’action BMCE Bank, qui atteignait le cours record de 3005 DH, Othman Benjelloun a réservé une surprise à ses collaborateurs de la salle des marchés. Une tournée de champagne et les services de Maria Naciri pour leur chanter “Oh Happy Day”… C’est le cas de le dire !


La contrebande n’épargne plus aucun produit… même pas le viagra. Les services sanitaires d’Oujda, capitale de l’Oriental, ont dernièrement saisi une grosse quantité de la pilule bleue, vendue à même le sol, dans le fameux souk El Fellah. Détail : la plupart des pilules avaient déjà dépassé la date de péremption !


Comme prévu, le PSU, le PADS et le CNI, les trois principaux représentants de la gauche non gouvernementale, vont officialiser leur “mariage” le 13 mai à Rabat. Un nouveau nom et un nouveau symbole devront voir le jour pour accompagner ce nouveau “parti” qui vivra jusqu’aux élections législatives de septembre prochain.


C’est en juin que l’Istiqlal mettra un terme aux bagarres internes suscitées par la liste nationale réservée aux femmes. “Les candidates seront élues par le conseil national et non désignées, comme cela était d’usage dans le passé”, nous assure une source au parti. Qu’en pensent les doyennes de l’Istiqlal ?


C’est au 16 mai qu’a été reporté le procès en appel de trois anciens détenus de Guantanamo, Mohamed Slimani, Mohamed Ouaâli et Najib Houssaïni, condamnés en première instance, en novembre 2006, à des peines de 3 à 5 ans de prison. Les trois islamistes avaient été remis par les autorités américaines en février 2005 .


Le Maroc sera représenté à la prochaine finale de la coupe de l’UEFA (Espanyol de Barcelone-Séville), qui se jouera le 16 mai en Ecosse. Le milieu de terrain Moha Yacoubi devrait, en effet, faire partie du onze de départ de l’Espanyol. Allez Moha !


C’est le 14 mai qu’on devrait finalement connaître le verdict du procès (qui n’en finissait pas d’être reporté) opposant les héritiers d’Ahmed Réda Guedira, ancien homme fort de l’ère Hassan II, à Joseph Marciano. Les héritiers Guedira accusent ce dernier d’avoir détourné une grosse partie de l’héritage de l’ex-conseiller royal.


Le bruit court que les habitants de Douar Sekouila ont choisi de rebaptiser l’une des mosquées du quartier du nom de… Abbas, en référence au leader du Parti de l’Istiqlal. à l’origine de cette curiosité, le fait, nous explique-t-on, que l’imam de la mosquée affiche (trop) clairement sa sympathie pour le parti de M. El Fassi !


“Et pour une heure de plus”. Ce n’est pas le titre d’un western spaghetti, mais celui d’une requête des Conseillers de la Seconde Chambre, qui ont demandé à Mohamed Boussaïd d’avancer d’une heure le fuseau horaire actuel (GMT). Drôle d’idée… Réponse, en tout cas, du secrétaire d’état à la modernisation des secteurs publics : “on verra”.
 
 
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