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N° 273
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Abdeslam Kadiri

La semaine.

Dick Marty
(AFP)

Etats-Unis. Tenet règle ses comptes

Les services secrets américains sont au cœur de nouvelles critiques. Elles émanent de l’ancien chef de la CIA, George Tenet, et du sénateur suisse qui a enquêté sur l’affaire des vols secrets, Dick Marty. Dans un livre explosif, Au cœur de la tempête, publié le 30 avril, l’ex-chef de la CIA, George Tenet, 54 ans, vide son sac et règle ses comptes avec l’administration Bush. Celui qui a dirigé les services de renseignement entre 1997 et 2004, rapporte que les faucons de l’administration (Dick Cheney, Paul Wolfowitz, Richard Perle et Douglas Feith) ont trompé le président sur les armes de destruction massive et les liens entre
Saddam Hussein et Al Qaïda pour déclencher une invasion décidée avant même les attentats du 11 septembre. D’après Tenet, les propositions de Colin Powell seraient restées lettre morte. L’actuelle secrétaire d’Etat, “Condi” Rice, en prend également pour son grade. Tenet lui aurait demandé une entrevue avant la destruction des tours pour l’informer d’une attaque imminente. En vain. Selon lui, des attentats ont été évités grâce à l’intervention de ses services. Une attaque nucléaire et un attentat contre le métro de New York en 2003 ont été déjoués.

De son côté, le sénateur suisse Dick Marty a indiqué avoir recueilli des témoignages d’agents de la CIA pour l’élaboration d’un rapport qu’il présentera le 8 juin à Paris. Ces témoignages accablent un peu plus la CIA dans l’affaire des vols secrets et du transfert illégal de détenus soupçonnés de terrorisme. Des agents de la CIA ont témoigné “parce qu’ils trouvent dégueulasse ce qui se passe”, a-t-il expliqué. “À mon avis, des accords secrets entre les gouvernements occidentaux ont été signés après le 11 septembre 2001 pour donner plus de pouvoirs à leurs services de renseignement. C’est ce qui explique pourquoi certains pays sont hostiles à mes investigations”, ajoute-t-il. “La Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France savaient ce qui se passait (…) mais n’ont pas bougé”. Ces critiques surviennent à l’heure où le FBI a déjoué un complot contre la base militaire du New Jersey.


Royaume-Uni. Blair tire sa révérence

Tony Blair a annoncé, jeudi 10 mai, son départ, qu’il a fixé pour le 27 juin. C’est à cette date que sera désigné son successeur à la tête du Labour, et par conséquent le futur premier ministre. Gordon Brown, actuel ministre des Finances, devra certainement lui succéder. Blair a fait son annonce juste après l’un des succès majeurs de son règne : la mise en place, mardi, du gouvernement d’Irlande du Nord, où cohabitent désormais les ennemis d’hier, protestants et catholiques, avec comme premier ministre le protestant Ian Paisley.
Cinq jours plus tôt, le Parti travailliste avait subi de sérieux revers aux élections locales et régionales en Angleterre, au pays de Galles et en Ecosse, témoignant de la tâche difficile qui attend son successeur. Son départ n’est en rien une surprise, puisque l’intéressé avait exclu l’éventualité d’un quatrième mandat. Tony Blair quitte le pouvoir, fâché avec une bonne partie de son opinion publique, qui ne lui a jamais pardonné son intervention en Irak.


France. Confidences embarrassantes

La présidentielle à peine terminée, Ségolène Royal et son compagnon François Hollande ont décidé de saisir la justice, mercredi, après la publication d’extraits d’un livre évoquant leurs relations de couple. L’ouvrage, intitulé La femme fatale, écrit par des journalistes du quotidien Le Monde, évoque notamment une “crise conjugale” au sein du couple qui “prend un tour politique” avant l’investiture en novembre dernier de Ségolène Royal par le PS. François Hollande aurait désapprouvé les plans de sa compagne, avançant, pour la dissuader, l’hypothèse d’une candidature de… Lionel Jospin. Un ami du couple, Julien Dray, aurait expliqué discrètement aux journalistes que la crise est ouverte entre Royal et Hollande. Elle lui aurait dit : “Si tu vas chercher Jospin pour me faire barrage, tu ne verras jamais tes enfants”.


Arabie Saoudite. Le prince et la poudre

Cela ressemble à un scénario de film. Un prince saoudien, Nayef Bin Fawaz al-Shaalan, a été condamné mercredi par contumace à dix ans de prison par la justice française, pour sa participation en 1999 à un vaste trafic de cocaïne vers l’Europe, pour lequel neuf autres prévenus se sont vu infliger des peines de 4 à 10 ans d’emprisonnement. Le gendre du vice-premier ministre de la Défense était accusé d’avoir importé en France deux tonnes de cocaïne ! Personnalité influente à Riyad, il était absent lors du jugement. Il était accusé, sur la foi des déclarations de trois repentis colombiens, d’avoir usé de sa couverture diplomatique pour acheminer la drogue, d’une valeur de 30 millions de dollars. Il est sous le coup d’un mandat d’arrêt international et interdit de territoire français. Il a annoncé qu’il ferait appel.


Turquie. Gül jette l’éponge

Les manifestations laïques ont eu raison de la volonté d’Abdullah Gül. Le candidat de l’AKP s’est retiré officiellement mercredi de la course à la présidence. Il a remis au président du Parlement une lettre confirmant son abandon. Gül était pourtant l’unique candidat. Cela met fin à un processus électoral laborieux, qui a débuté le 27 avril et provoqué une grave crise politique, poussant le gouvernement AKP à convoquer des élections législatives anticipées pour le 22 juillet. La perspective de voir un islamiste accéder à la magistrature suprême avait déclenché de virulentes protestations des milieux laïques, dont l’armée. Les partis d’opposition avaient boycotté l’élection, qui fut d’ailleurs invalidée. Faute de pouvoir élire le président de son choix, l’AKP a proposé un ensemble d’amendements qui prévoit notamment l’élection du président au suffrage universel.



Lu pour vous.
Le froid Russie-Europe

Le Monde, 9 mai 2007

À quelques jours du sommet semestriel entre l’Union européenne et la Russie, qui se tiendra les 17 et 18 mai à Samara (sur les bords de la Volga), les tensions n’ont jamais été aussi vives depuis la chute du mur de Berlin (…) Les premiers signes de refroidissement sont apparus début 2006, quand les Russes, pour faire pression sur l’Ukraine, ont fermé les gazoducs qui traversent ce pays, frappant plusieurs clients d’Europe occidentale. Dans le même temps, la Russie fermait ses frontières à la viande polonaise ; le prétexte était sanitaire, mais en réalité il s’agissait de punir Varsovie pour son soutien à la révolution orange en Ukraine et au mouvement démocratique en Biélorussie. Dans ces conditions, il est difficile à l’UE d’appuyer la candidature de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce, dont le credo est le libre-échange.

La décision de la Pologne et de la République tchèque d’accueillir sur leurs territoires des éléments du bouclier antimissile américain n’a rien arrangé. Après un discours aux tonalités très guerre froide, au début de l’année à Munich, Vladimir Poutine a menacé de se retirer de deux traités sur la limitation des armements qui consacraient la disparition des blocs en Europe. (…) Il ne s’agit pas de simples escarmouches, mais de la conséquence de l’entrée dans l’UE, en 2004, des pays d’Europe centrale et orientale, en particulier des Etats baltes. Quoi qu’ils en disent, les Russes ne l’ont jamais vraiment acceptée.

 
 
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