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Par Driss Bennani
Je ne fais pas leffort du grand public
| Antécédents |
Faouzi Bensaïdi
Cinéaste
(AIC PRESS)
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| 1967. |
Naissance à Meknès. |
| 1990. |
Lauréat de lISADAC à Rabat. |
| 1995. |
Lauréat du Conservatoire dart dramatique de Paris. |
| 1997. |
Trajets, premier court-métrage. |
| 2003. |
Sélection de Mille mois à Cannes (catégorie Un certain regard). |
| 2006. |
Sortie de What a Wonderful World (WWW). |
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Smyet bak ?
Ahmed Bensaïdi.
Smet mok ?
Mennana Laâboudi.
Nimirou dla carte ?
Je ne sais pas et je ne veux pas tricher. Je nai pas la mémoire des chiffres, même pas de mes chiffres bancaires.
Cest mal parti pour un tueur à gages, dites donc !
Cest toute la beauté du cinéma. Le héros de WWW est un type froid, distant et calculateur, ce que je ne suis pas. Jai passé deux horribles mois dans une salle de musculation pour jouer ce rôle. Cest dire que même physiquement, nous sommes différents.
Vous avez été récemment vu dans une vente aux enchères, où le prix dun tableau a atteint trois millions de DH. Dkhlouk lflouss a laâfrit ?
Jaurais aimé avoir assez dargent pour payer certaines toiles. Mais jétais là par curiosité, ça mintéressait de découvrir ce monde.
Seulement ?
Allez, je vais le dire. Je prépare un film sur la vie de Gharbaoui, mais jen suis vraiment au tout début. Cest même la première fois que je parle dun embryon de film. En fait, jai rencontré une personne qui ma fait redécouvrir Gharbaoui et qui ma sensibilisé à ce grand personnage.
À 40 ans, vous êtes toujours considéré comme un jeune réalisateur. À quel âge devient-on adulte dans le cinéma marocain ?
Je suis très heureux dêtre ainsi éternellement jeune. Mais en fait, je constate que notre génération est apparue dans les années 90, quelle a été effectivement jeune à lépoque, mais quaucune autre génération nest venue la bousculer depuis. Cest dangereux, parce quil y a risque de sinstaller dans un certain confort. À la limite, sur ce coup, jaurais bien aimé devenir vieux.
Vos films (comme ceux de vos collègues de la nouvelle vague) ont été projetés dans plusieurs grands festivals, mais jamais lors des compétitions officielles. Vous nen avez pas marre des sections parallèles ?
À un moment, il y a le film et tout ce qui le dépasse, comme le positionnement de toute une industrie cinématographique. Les Asiatiques ou les Iraniens ont par exemple su positionner leur cinéma comme un cinéma de compétition. Cela fait que leurs films sont attendus lors des plus grands festivals. Pour y arriver, nous devons dabord faire de meilleurs films, susciter un certain intérêt critique pour que notre industrie gagne son ticket pour les grands festivals.
Votre dernier film, What a Wonderful World, est un mélange de polar, de comédie musicale et de thriller. Vous confondez film et pressbook ?
Je confonds film et cuisine, parce que comme un cuisinier, je mélange les sauces pour trouver de nouvelles recettes. À la limite, si ce film était mon premier long-métrage, on aurait pu penser que cest une sorte de carte de visite, mais cest le deuxième, après un premier plutôt classique. Je pouvais donc méclater en le faisant. Dailleurs, cest un film qui était attendu dans certains festivals, mais il en a dérouté plus dun. Disons que je viens dune région du monde à qui on ne demande pas de séclater en faisant des films. Ces gens sattendaient plutôt à une suite de Mille mois, un film qui donne des nouvelles de cette région du monde.
Finalement, pour qui faites-vous des films, sinon pour vous-même ?
Pour moi-même, et je le dis avec une toute petite voix, ce qui ne plaît pas forcément à mes producteurs. Allez, pour le dire gentiment, disons que je ne fais pas de concessions. Je ne fais pas leffort du grand public. Je me dis que mes goûts sont multiples et que chacun y trouvera forcément quelque chose qui lui parle. Cest un luxe qui mest encore permis aujourdhui.
Vous pensez vraiment quaucun autre réalisateur ne peut diriger votre femme ?
Je sais que je peux la diriger mieux que les autres, puisque je la connais bien. Je ne lempêche pas de tourner avec dautres réalisateurs, mais cest un cas de figure commun à tous les cinémas du monde. On ne fait pas appel à lépouse dun confrère réalisateur. Et peut-être que chez nous, cest encore plus poussé que dans lhistoire du cinéma mondial.
Dernière chose. Vous êtes du genre à penser que les téléfilms et la télévision en général, cest pour les nuls ?
Je trouve juste quil y a plus de risques dêtre nul à la télévision. Et que pour être bon, il faut beaucoup de liberté, daudace, de folie et dexigence des deux côtés. Je ne dirai pas non à la télévision si elle accepte ma folie, mais ça ne risque pas darriver. |
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