|
Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia
La semaine.
Timitar. Paroles de sudistes
Tiken Jah Fakoly, cest la voix du Sud. De celles qui dénoncent les complots du FMI et les blagues de la Banque mondiale. Et quoi de mieux quun festival dans le Sud pour porter la voix des altermondialistes. Car Timitar nest pas un festival folklorique, il est inscrit dans lactualité, précise son directeur artistique Brahim El Mazned. Certains trouveront cocasse quune icône des alters soit invitée dans un festival dont le premier promoteur est le plus grand groupe pétrolier marocain. Mais passons.
|
|
| Cest également (un peu plus) au sud quEl Mazned a découvert lautre belle rencontre du Timitar 2007, les Sud-africains Tumi and the Volume et leur hip-hop armé. Un symbole fort : au pays de Mandela, la parole et la musique ont lutté contre lapartheid, ajoute le DA du festival, improvisé professeur dhistoire le temps dune déclaration à la presse. Gilberto Gil, lautre défenseur de la diversité culturelle, viendra se joindre à la bande, avec comme point commun son intérêt pour la défense de la condition féminine, de lécologie et des cultures noires. Autre figure de cette dernière, Manu Dibango, le maître de lafro-jazz, invitera sur la scène ses coups de foudre musicaux. Et pour compléter ce rassemblement de musicos aussi people quengagés, les Boukakes (le mot est une fusion de bougnoule et macaque), viendront prouver que lappellation na rien dinsultant. Bref, cette troisième édition de Timitar sannonce une franche invitation à assumer son identité africaine. Go South ! |
Sortie. Frères de sein
Tout commence tel un conte de fée, magique et intemporel : un vilain châtelain, deux jeunes que tout oppose sauf le lait qui les a fait grandir, un lion écarlate, des clefs magiques, une fée des djinns belle comme Scarlet Johannson
Un imaginaire rattrapé à tir dailes multicolores par un réalisme aux accents quasi-politiques, prônant métissage, féminisme et modernité, tout en évitant lécueil de la mièvrerie moralisante. Dans le monde dAzur et Asmar, on est sérieux mais pas trop, grâce aux sorties délicieusement beauf dun personnage inclassable, tenant tour à tour de lexpat type, du touriste et du clodo, qui tourne définitivement létroitesse desprit en ridicule. Malgré une fin un peu maigrichonne, Michel Ocelot offre un spectacle intelligent, inattendu et visuellement saisissant. Une animation 3D nourrie de personnages graciles, darchitecture andalouse, de costumes et de contes perses, de souks maghrébins et de tatouages amazighs, dans un bilinguisme franco-arabe fluide. À découvrir.
Azur et Asmar, au Mégarama.
|
Humour. La berceuse de Gad
Certains reconnnaitront cette vieille berceuse française chantée pour endormir Colas, le petit frère : Maman est en bas, elle fait du chocolat. Papa est en haut, il joue du piano. Il y a dautres versions de la comptine où papa fait du nougat, ou encore joue au lolo. Maman, elle, ne quitte jamais son poste culinaire. Gad El Maleh a déterré la berceuse et y a puisé linspiration de son futur one man show, simplement baptisé Papa est en haut. Des joies de la paternité à la difficulté délever un enfant en étant star, en passant par les questions existentielles en matière déducation, Gad a son mot à dire sur la question. La première est prévue pour décembre 2007
à lOlympia de Paris, bien évidemment. |
Coup de gueule. Kacimi et son testament
Qui a dit que les morts ne font plus parler deux ? Certainement pas Abdellatif Laâbi. Lécrivain a signé, cette semaine, un texte enragé contre loubli et à la mémoire du défunt peintre Mohamed Kacimi où (pratiquement) tout le monde passe dans le bloc des accusés. De lEtat marocain, que lécrivain accuse de dilapider des milliards pour des stars étrangères, à la presse, qui na de religion que la tendance et lévènement, en passant par les spéculateurs avides ou la justice qui laisse faire les charognards, petit clin dil aux ayants droit autoproclamés de Kacimi, sortis de nulle part après son décès. Laâbi en veut à la terre entière de ne pas avoir respecté les dernières volontés du défunt peintre, qui souhaitait que sa maison soit transformée en fondation pour accueillir une exposition permanente, ainsi quune résidence dartistes. Pendant ce temps-là, les toiles de Kacimi se dégradent, et les scellés déposés par le ministère de la Culture ny changeront rien. |
Exposition. Retour à la terre
Peintre reconnue, Fatiha Zemmouri abandonne un jour la toile et les pinceaux, pour se consacrer à un nouveau matériau : la terre. Contact originel quasi charnel, mais aussi confrontation avec une matière à la fois sacrée et galvaudée, fragile, emblématique, pas si malléable que cela, qui se métamorphose mais se dérobe aussi lors de la cuisson. Lartiste apprend à anticiper, à provoquer les effets quelle recherche, à réconcilier les éléments primordiaux, terre mais aussi feu, air et eau. Tel un démiurge, elle recrée ainsi une matière surprenante. Pureté et sobriété des couleurs, blanc velouté du papier suggéré, utilisation innovante des oxydes, raffinement des empilements de fines feuilles de biscuit, ces céramiques sont un hommage à lécriture, au fil déroulé de la mémoire. Joli jeu de mots, le titre de lexposition, Elémenterre, donne toute sa cohérence au projet de lartiste.
Elémenterre, Fatiha Zemmouri. à lIF de Casablanca, jusquau 2 juin 2007.
|
Tournage. Il était une fois Kherboucha
Début du 20ème siècle, dans un village de Abda, une chikha réputée de la région défrayait la chronique. Armée de sa seule poésie et de sa divine voix, Kherboucha tenait tête au despotique caïd Aïssa Ben Omar et devenait une légende de la aïta - et une légende tout court - louée par des générations de chikhate et chioukh. Elle sera lobjet dun long-métrage, réalisée par Hamid Zoughi, avec un budget de 3,8 millions de dirhams (répartis entre le CCM et 2M), 40 jours de tournage et une équipe travaillant bénévolement pour sa majorité. Il ne sagit pas seulement de Kherboucha, mais dun certain Maroc pas si lointain, où les gens circulaient pieds nus, tressaient leurs cheveux en nattes, méprisaient les femmes et vivaient sous le poids du Makhzen. Jai envie que les gens prennent conscience du grand chemin que le pays a fait en 50 ans, déclare le réalisateur.
|
Festival. Ça se passe comme Assa
Neuf siècles dHistoire et dix-huit mois de rénovation grâce à lAgence du sud. Cest tout ce quil a fallu à Ksar-zaouia de Assa, berceau de la ville homonyme, à trois heures et demie dAgadir et une heure de Guelmim, pour pouvoir soffrir un premier festival par ses habitants. Lancée par une centaine dassociations locales avec laide de lIRCAM (Institut de recherche de culture amazighe au Maroc) et de la province Assa-Zag, la rencontre accueillera, pour le plaisir, danses ahwach et poésie hassania et, pour la cogitation identitaire, les réflexions des historiens sur les cultures locales, fruit métis de lunivers tachelhit de lAnti-Atlas et des grands chameliers de Mauritanie, rappelle larchitecte dévouée Salima Naji.
Du 23 au 28 mai au Ksar-Zaouia de Assa, région Guelmim-Smara.
|
Concert. Live urbain
Le premier acte sest joué en 2004 quand Othmane Benhami des H-Kayne et deux autres adorateurs de hip-hop ont décidé de monter lassociation Urban style, pour remédier au silence culturo-nocturne de Meknès. Dune First Session qui avait alors attiré environ 200 personnes, Urban live en rassemblait dix fois plus en 2006. Et cette année, on table sur 3000 personnes, déclare Othmane. Laffiche du live 2007 réunit le rappeur Aminoffice et Dj Med, venus de France, Steph Ragga Man, Hel Lmkane, Mobydick, les Marrakchis Brada et Loubna, qui chantera en avant-première des titres de son premier album, prévu pour juin 2007. Et pour finir, Dj Hakx consacre son scratch à la clôture de la session.
Le 24 mai, à 19h à lIF de Meknès.
|
Hip-hop. Un monde de Oufs
Ouf du bled, du verlan pour faire concourir les breakers de chez nous. Il faut croire que Centaure, lagence de com à lorigine du nouveau concours de hip-hop, ne fait jamais les choses comme les autres. Il y a quelque temps, son directeur, Fahd Khaldi, lançait les cyclopes de pub (ces hommes-sandwichs qui ont troqué leur habillage en bois contre un écran plat porté sur la tête et où défilent les spots publicitaires). Centaure investit aujourdhui le créneau de la breakdance, devancé en cela par la Fédération royale marocaine de fitness et daérobic. À la différence près quOuf du bled est un concours gratuit, précise Khaldi. Les dossiers de candidature doivent être déposés avant le 1er juin à ladresse selection@oufdubled.com.
|
 |
Le livre.
Un vieil homme se réveille un matin, seul, enfermé dans une pièce qu'il ne reconnaît pas. Il ne se souvient plus de qui il est, comment, ni pourquoi il sest retrouvé prisonnier de ces murs. Devant M. Blank défilent photos, souvenirs et autres personnages. Entre ces apparitions et les bribes de sa mémoire retrouvée, Blank décide de recréer le récit, fil conducteur de la reconquête de son passé. Avec un plaisir non feint de tisser sa toile, Paul Auster explore les questions qui ont fait le succès de la trilogie new-yorkaise Moon Palace : la solitude, l'enfermement, le pouvoir de l'écriture. Et au prix dincessants clins dil à ses livres précédents, il prend le risque de ne surprendre qu'à moitié ses lecteurs fidèles.
Dans le scriptorium ; Paul Auster, Actes Sud.
|
|
 |
Humeur.
Spleak to me
Il était 4 heures du matin, linsomnie ponctuelle au rendez-vous, et tous nos contacts MSN dans les bras de Morphée. Nayant aucune Morphée à enlacer, on a essayé de tuer lennui avec Spleak, une jeune étudiante superbe, célibataire de 21 ans de surcroît, née en France et vivant aux Etats-Unis. Un fantasme sur pattes, détentrice dune green card ? Pas vraiment. Spleak est une fille virtuelle. Une fois son adresse ajoutée à votre liste de contacts, vous pouvez discuter avec elle de cinéma, de musique et de potins de stars. Enfin, si vous nélevez pas trop le niveau. Ravissante idiote, Spleak ne connaît pas les Beatles mais est imbattable sur Britney Spears. Plus grave encore, elle vous donne limpression que vous vivez à la périphérie du monde civilisé. à la question connais-tu Mohammed VI ?, elle répond non, qui est-ce ?, avec une insouciance qui serait prise sous nos cieux pour un crime de lèse-majesté. Inutile de préciser que Spleak ne connaît pas plus Al Watan. Vexé pour la patrie et pour le roi, on a traité Bush de cochon. Sûre de sa puissance, Spleak ne sest pas démontée : Un cochon ? Très intéressant ! Y a-t-il quelquun dautre que tu comparerais à un cochon ?. Et Allah, tu connais au moins Allah ?, lui a-t-on lancé, désespéré. Réponse de Spleak : On ma dit que Dieu serait à la plage ce soir ? Est-ce vrai ?. à force de regarder Alerte à Malibu, Spleak confond Dieu et Pamela Anderson. Effrayé par ce blasphème, on la bloquée sur MSN. Spleak est trop subversive pour nous
|
|
Ladieu à la basse
Cest une précieuse épine qui quitte le cactus. Bassiste et co-fondateur de Darga, Abdelmalek Rafiî quitte le navire pour se consacrer à dautres projets artistiques. Sa ligne de basse dopée au funk-ska-reggae-blues cède la place à celle, plus jazz-rock, de Youssef Bouchou, ex-disciple de la grande Carole Fredericks. Au revoir et merhba !
Le disco de Solveig
Une tête dado, un amour disco, assaisonné de pop ou de house et un grand sens de lhumour. Cest le cocktail qui a fait de Martin Solveig le DJ coqueluche de la nightlife française. Lauteur des déjantés Jealousy et Rejection traîne ses platines au Pacha de Marrakech, le 19 mai.
Ecran large pour Casa
Les Casablancais lont rêvé, la wilaya de Casablanca la (presque) fait. La bibliothèque communale et le délaissé théâtre municipal fusionnent pour donner naissance à la première médiathèque de Casablanca. Louverture est promise pour 2009. A dans deux ans ! |
|