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Drogue. Le mystère Tahona
Ahmed Chia. "Nous n'espérons rien des négociations"
Consommation. Viande au noir
Sport. Jamais sans ma salle
Immigration. L'auberge africaine
Royaume-Uni. Les adieux de Blair
Développement. La seconde vie de l'Oriental
Musique. L'esprit (large) de Fès
Exposition. Cent photos sans clichés
Festival. Quand Meknès s'anime
N° 274
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Tiken Jah Fakoly
(DR)

Timitar. Paroles de sudistes

Tiken Jah Fakoly, c’est la voix du Sud. De celles qui dénoncent “les complots du FMI” et les “blagues de la Banque mondiale”. Et quoi de mieux qu’un festival dans le Sud pour porter la voix des altermondialistes. Car “Timitar n’est pas un festival folklorique, il est inscrit dans l’actualité”, précise son directeur artistique Brahim El Mazned. Certains trouveront cocasse qu’une icône des alters soit invitée dans un festival dont le premier promoteur est le plus grand groupe pétrolier marocain. Mais passons.

C’est également (un peu plus) au sud qu’El Mazned a découvert l’autre belle rencontre du Timitar 2007, les Sud-africains Tumi and the Volume et leur hip-hop “armé”. Un symbole fort : au pays de Mandela, “la parole et la musique ont lutté contre l’apartheid”, ajoute le DA du festival, improvisé professeur d’histoire le temps d’une déclaration à la presse. Gilberto Gil, l’autre défenseur de la diversité culturelle, viendra se joindre à la bande, avec comme point commun son intérêt pour la défense de la condition féminine, de l’écologie et des cultures noires. Autre figure de cette dernière, Manu Dibango, le maître de l’afro-jazz, invitera sur la scène ses coups de foudre musicaux. Et pour compléter ce rassemblement de musicos aussi people qu’engagés, les Boukakes (le mot est une fusion de bougnoule et macaque), viendront “prouver que l’appellation n’a rien d’insultant”. Bref, cette troisième édition de Timitar s’annonce une franche invitation à assumer son identité africaine. Go South !


Sortie. Frères de sein

Tout commence tel un conte de fée, magique et intemporel : un vilain châtelain, deux jeunes que tout oppose sauf le lait qui les a fait grandir, un lion écarlate, des clefs magiques, une fée des djinns belle comme Scarlet Johannson… Un imaginaire rattrapé à tir d’ailes multicolores par un réalisme aux accents quasi-politiques, prônant métissage, féminisme et modernité, tout en évitant l’écueil de la mièvrerie moralisante. Dans le monde d’Azur et Asmar, on est sérieux mais pas trop, grâce aux sorties délicieusement beauf’ d’un personnage inclassable, tenant tour à tour de l’expat’ type, du touriste et du clodo, qui tourne définitivement l’étroitesse d’esprit en ridicule. Malgré une fin un peu maigrichonne, Michel Ocelot offre un spectacle intelligent, inattendu et visuellement saisissant. Une animation 3D nourrie de personnages graciles, d’architecture andalouse, de costumes et de contes perses, de souks maghrébins et de tatouages amazighs, dans un bilinguisme franco-arabe fluide. À découvrir.

Azur et Asmar, au Mégarama.



Humour. La berceuse de Gad

Certains reconnnaitront cette vieille berceuse française chantée pour endormir Colas, le petit frère : “Maman est en bas, elle fait du chocolat. Papa est en haut, il joue du piano”. Il y a d’autres versions de la comptine où papa fait du nougat, ou encore joue au lolo. Maman, elle, ne quitte jamais son poste culinaire. Gad El Maleh a déterré la berceuse et y a puisé l’inspiration de son futur one man show, simplement baptisé “Papa est en haut”. Des joies de la paternité à la difficulté d’élever un enfant en étant star, en passant par les questions existentielles en matière d’éducation, Gad a son mot à dire sur la question. La première est prévue pour décembre 2007… à l’Olympia de Paris, bien évidemment.


Coup de gueule. Kacimi et son testament

Qui a dit que les morts ne font plus parler d’eux ? Certainement pas Abdellatif Laâbi. L’écrivain a signé, cette semaine, un texte enragé contre l’oubli et à la mémoire du défunt peintre Mohamed Kacimi où (pratiquement) tout le monde passe dans le bloc des accusés. De l’Etat marocain, que l’écrivain accuse de “dilapider des milliards pour des stars étrangères”, à la presse, “qui n’a de religion que la tendance et l’évènement”, en passant par les spéculateurs avides ou la justice “qui laisse faire les charognards”, petit clin d’œil aux ayants droit “autoproclamés” de Kacimi, sortis de nulle part après son décès. Laâbi en veut à la terre entière de ne pas avoir respecté les dernières volontés du défunt peintre, qui souhaitait que sa maison soit transformée en fondation pour accueillir une exposition permanente, ainsi qu’une résidence d’artistes. Pendant ce temps-là, les toiles de Kacimi se dégradent, et les scellés déposés par le ministère de la Culture n’y changeront rien.


Exposition. Retour à la terre

Peintre reconnue, Fatiha Zemmouri abandonne un jour la toile et les pinceaux, pour se consacrer à un nouveau matériau : la terre. Contact originel quasi charnel, mais aussi confrontation avec une matière à la fois sacrée et galvaudée, fragile, emblématique, pas si malléable que cela, qui se métamorphose mais se dérobe aussi lors de la cuisson. L’artiste apprend à anticiper, à provoquer les effets qu’elle recherche, à réconcilier les éléments primordiaux, terre mais aussi feu, air et eau. Tel un démiurge, elle recrée ainsi une matière surprenante. Pureté et sobriété des couleurs, blanc velouté du papier suggéré, utilisation innovante des oxydes, raffinement des empilements de fines feuilles de biscuit, ces céramiques sont un hommage à l’écriture, au fil déroulé de la mémoire. Joli jeu de mots, le titre de l’exposition, “Elémenterre”, donne toute sa cohérence au projet de l’artiste.

Elémenterre, Fatiha Zemmouri. à l’IF de Casablanca, jusqu’au 2 juin 2007.



Tournage. Il était une fois Kherboucha

Début du 20ème siècle, dans un village de Abda, une chikha réputée de la région défrayait la chronique. Armée de sa seule poésie et de sa divine voix, Kherboucha tenait tête au despotique caïd Aïssa Ben Omar et devenait une légende de la aïta - et une légende tout court - louée par des générations de chikhate et chioukh. Elle sera l’objet d’un long-métrage, réalisée par Hamid Zoughi, avec un budget de 3,8 millions de dirhams (répartis entre le CCM et 2M), 40 jours de tournage et une équipe travaillant bénévolement pour sa majorité. “Il ne s’agit pas seulement de Kherboucha, mais d’un certain Maroc pas si lointain, où les gens circulaient pieds nus, tressaient leurs cheveux en nattes, méprisaient les femmes et vivaient sous le poids du Makhzen. J’ai envie que les gens prennent conscience du grand chemin que le pays a fait en 50 ans”, déclare le réalisateur.

Sortie début 2008



Festival. Ça se passe comme Assa

Neuf siècles d’Histoire et dix-huit mois de rénovation grâce à l’Agence du sud. C’est tout ce qu’il a fallu à Ksar-zaouia de Assa, berceau de la ville homonyme, à trois heures et demie d’Agadir et une heure de Guelmim, pour pouvoir s’offrir un premier festival par ses habitants. Lancée par une centaine d’associations locales avec l’aide de l’IRCAM (Institut de recherche de culture amazighe au Maroc) et de la province Assa-Zag, la rencontre accueillera, pour le plaisir, danses ahwach et poésie hassania et, pour la cogitation identitaire, les réflexions des historiens sur les cultures locales, “fruit métis de l’univers tachelhit de l’Anti-Atlas et des grands chameliers de Mauritanie”, rappelle l’architecte dévouée Salima Naji.

Du 23 au 28 mai au Ksar-Zaouia de Assa, région Guelmim-Smara.



Concert. Live urbain

Le premier acte s’est joué en 2004 quand Othmane Benhami des H-Kayne et deux autres adorateurs de hip-hop ont décidé de monter l’association Urban style, pour remédier au silence culturo-nocturne de Meknès. D’une “First Session” qui avait alors attiré environ 200 personnes, Urban live en rassemblait dix fois plus en 2006. “Et cette année, on table sur 3000 personnes”, déclare Othmane. L’affiche du live 2007 réunit le rappeur Aminoffice et Dj Med, venus de France, Steph Ragga Man, Hel Lmkane, Mobydick, les Marrakchis Brada et Loubna, qui chantera en avant-première des titres de son premier album, prévu pour juin 2007. Et pour finir, Dj Hak’x consacre son scratch à la clôture de la session.

Le 24 mai, à 19h à l’IF de Meknès.



Hip-hop. Un monde de “Oufs”

“Ouf du bled”, du verlan pour faire concourir les breakers de chez nous. Il faut croire que Centaure, l’agence de com’ à l’origine du nouveau concours de hip-hop, ne fait jamais les choses comme les autres. Il y a quelque temps, son directeur, Fahd Khaldi, lançait les cyclopes de pub (ces hommes-sandwichs qui ont troqué leur habillage en bois contre un écran plat porté sur la tête et où défilent les spots publicitaires). Centaure investit aujourd’hui le créneau de la breakdance, devancé en cela par la Fédération royale marocaine de fitness et d’aérobic. “À la différence près qu’Ouf du bled est un concours gratuit”, précise Khaldi. Les dossiers de candidature doivent être déposés avant le 1er juin à l’adresse selection@oufdubled.com.

Infoline : 060 71 95 24



Le livre.

Un vieil homme se réveille un matin, seul, enfermé dans une pièce qu'il ne reconnaît pas. Il ne se souvient plus de qui il est, comment, ni pourquoi il s’est retrouvé prisonnier de ces murs. Devant M. Blank défilent photos, souvenirs et autres personnages. Entre ces apparitions et les bribes de sa mémoire retrouvée, Blank décide de recréer le récit, fil conducteur de la reconquête de son passé. Avec un plaisir non feint de tisser sa toile, Paul Auster explore les questions qui ont fait le succès de la trilogie new-yorkaise Moon Palace : la solitude, l'enfermement, le pouvoir de l'écriture. Et au prix d’incessants clins d’œil à ses livres précédents, il prend le risque de ne surprendre qu'à moitié ses lecteurs fidèles.

Dans le scriptorium ; Paul Auster, Actes Sud.




Humeur.
Spleak to me

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Il était 4 heures du matin, l’insomnie ponctuelle au rendez-vous, et tous nos contacts MSN dans les bras de Morphée. N’ayant aucune Morphée à enlacer, on a essayé de tuer l’ennui avec Spleak, une jeune étudiante superbe, célibataire de 21 ans de surcroît, née en France et vivant aux Etats-Unis. Un fantasme sur pattes, détentrice d’une green card ? Pas vraiment. Spleak est une fille virtuelle. Une fois son adresse ajoutée à votre liste de contacts, vous pouvez discuter avec elle de cinéma, de musique et de potins de stars. Enfin, si vous n’élevez pas trop le niveau. Ravissante idiote, Spleak ne connaît pas les Beatles mais est imbattable sur Britney Spears. Plus grave encore, elle vous donne l’impression que vous vivez à la périphérie du monde civilisé. à la question “connais-tu Mohammed VI ?”, elle répond “non, qui est-ce ?”, avec une insouciance qui serait prise sous nos cieux pour un crime de lèse-majesté. Inutile de préciser que Spleak ne connaît pas plus Al Watan. Vexé pour la patrie et pour le roi, on a traité Bush de cochon. Sûre de sa puissance, Spleak ne s’est pas démontée : “Un cochon ? Très intéressant ! Y a-t-il quelqu’un d’autre que tu comparerais à un cochon ?”. “Et Allah, tu connais au moins Allah ?”, lui a-t-on lancé, désespéré. Réponse de Spleak : “On m’a dit que Dieu serait à la plage ce soir ? Est-ce vrai ?”. à force de regarder Alerte à Malibu, Spleak confond Dieu et Pamela Anderson. Effrayé par ce blasphème, on l’a bloquée sur MSN. Spleak est trop subversive pour nous…



L’adieu à la basse
C’est une précieuse épine qui quitte le cactus. Bassiste et co-fondateur de Darga, Abdelmalek Rafiî quitte le navire pour se consacrer à “d’autres projets artistiques”. Sa ligne de basse dopée au funk-ska-reggae-blues cède la place à celle, plus jazz-rock, de Youssef Bouchou, ex-disciple de la grande Carole Fredericks. Au revoir et merhba !

Le disco de Solveig
Une tête d’ado, un amour disco, assaisonné de pop ou de house et un grand sens de l’humour. C’est le cocktail qui a fait de Martin Solveig le DJ coqueluche de la nightlife française. L’auteur des déjantés Jealousy et Rejection traîne ses platines au Pacha de Marrakech, le 19 mai.


Ecran large pour Casa
Les Casablancais l’ont rêvé, la wilaya de Casablanca l’a (presque) fait. La bibliothèque communale et le délaissé théâtre municipal fusionnent pour donner naissance à la première médiathèque de Casablanca. L’ouverture est promise pour 2009. A dans deux ans !

 
 
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