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N° 274
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Le siège de la Bourse
de Casablanca.
(AFP)

Bourse. La correction, enfin…

“Prévisible, attendue, voire relativement tardive, d’où sa violence”. C’est ainsi que les professionnels du marché réagissent à la vertigineuse chute des indices. En quatre séances, le baromètre casablancais a concédé près de 14%. Une correction plus que nécessaire, sachant que le MASI avait clôturé l’année 2006 sur une performance de 70% et qu’il avait démarré 2007 sur les chapeaux de roue (plus de 30% de gains en seulement 4 mois). Mais si la baisse a été incontournable, il lui fallait bien un déclic. Et la grande surprise, c’est que tout est parti du département analyse d’Attijari
Intermédiation. La société de courtage, habituée à ménager les valeurs du groupe ONA-SNI, a rendu publique une note de recherche étayée sur Sonasid, recommandant la valeur à la vente. La réaction du marché ne s’est pas fait attendre. Le cours de l’action a fondu, tirant dans son sillage l’ensemble des lignes de cotation. Chose qui n’a pas été trop du goût des traders et analystes de BMCE Bourse. À la tour sise au Boulevard Hassan II, on venait à peine de sabrer le champagne pour fêter le seuil des 3000 dirhams du titre BMCE. Les analystes de Benjelloun se sont alors vus obligés de répondre à leurs confrères d’Attijari par une note contradictoire sur le titre Sonasid. Le même scénario s’est répété au sujet des valeurs bancaires : Attijari estime qu’elles sont surévaluées, tandis que BMCE considère que le potentiel de hausse des cours est toujours là. Pour l’heure, ce sont les golden boys de BMCE Bourse qui semblent remporter le bras de fer. Le marché a renoué avec la hausse, mais tout porte à croire qu’elle est artificielle. Affaire à suivre !


Introduction. Promopharm en Bourse

Les boursicoteurs s’apprêtent à vivre une sensation nouvelle : l’introduction à la cote, dans les prochains jours, de la société pharmaceutique Promopharm. C’est moins son unité industrielle (14 000 m2 couverts à Had Soualem), ou ses chiffres plutôt flatteurs (40 MDH de résultat net pour 300 MDH de CA en 2006) qui risquent d’attirer les petits porteurs, que sa capacité de croissance à court et moyen termes. Les taux de couverture de l’AMO (Assurance maladie obligatoire) et du Ramed (pareil que l’AMO, mais pour les plus démunis) progressent en effet très vite. Dans ce contexte, la force de Promopharm tient en un chiffre : 90% de sa production est concentrée sur les médicaments génériques, traditionnellement moins chers que les autres. Quand on connaît le pouvoir d’achat des Marocains, cela promet une belle culbute pour l’action, dont le prix de départ, à l’heure où nous mettons sous presse, est gardé jalousement secret…


Drapor. Un label pour le sable

Rimal. C’est le nom de la marque déposée du sable de dragage que vient de lancer Drapor. Une solution qui vient pallier les différents inconvénients de l’approvisionnement en sable. En effet, l’activité de dragage a jusque-là été essentiellement informelle, sur des sites d’extraction incontrôlés, ce qui engendrait des atteintes importantes à l’environnement. De plus, l’irrégularité des volumes conduisait à une instabilité des prix. Rimal, qui a identifié des gisements d’une qualité technique élevée, veut aussi assurer une régularité des stocks pour réponde aux besoins de plus en plus importants du pays en sable. Face aux investissements massifs dans le secteur du BTP, les besoins sont estimés à quelque 25 millions de m3 à l’horizon 2010.


CDG. Les partenariats s’enchaînent

La Caisse de dépôt et de gestion vient de signer pas moins de trois conventions différentes cette semaine. La première est intervenue en marge de la visite d’une délégation d’hommes d’affaires koweïtiens. Un mémorandum a ainsi été signé entre CDG Développement et la société immobilière Massaleh, pour la réalisation de plusieurs projets à travers le Maroc. CDG Développement a également concrétisé la création d’une société mixte avec le Conseil de la ville de Casablanca. Cette entité, dotée d’un capital de 40 millions de dirhams, devrait, entre autres, assurer la gestion du marketing des zones économiques, des grandes infrastructures de la ville et des parkings. Last but not least, l’autre filiale de la CDG, Fipar Holding, vient de prendre une participation de 3% dans le capital du groupe touristique allemand TUI. Un groupe fortement présent au Maroc à travers un hôtel 5 étoiles à Agadir et la compagnie aérienne Jet4You en partenariat avec le groupe marocain Holidays Services.



Pendant ce temps, le peuple….
L’Aéropostale

Ali attrape de justesse l’enregistrement pour le vol AT 644 à destination d’Oujda. Son billet, il l’a payé 1139 dirhams auprès de la RAM. “Plus cher qu’un aller-retour promotionnel pour Paris ! L’Open Sky n’est-il pas valable pour les gueux que nous sommes ?”, pense Ali. Il n’est pas au bout de ses surprises. L’avion n’est pas un Boeing de la RAM, mais plutôt un ATR de Regional Air Lines. Les revues spécialisées ont beau lui expliquer que ce type d’appareil est parmi les plus sûrs au monde, lui réaffirmer que la Regional Air Lines pousse les mesures de vérifications au sol jusqu’à égorger un bouc au pied de chaque nouvel appareil, et ajouter que les pilotes colombiens de la compagnie sont des pros des atterrissages en pleine forêt amazonienne, rien à faire. Cet exposé technique est sans effet sur Ali, il reste convaincu que même Saint-Exupéry aurait refusé de piloter cette machine volante. “Que Dieu nous préserve à bord de cette ‘qesdira’”, se dit-il, avant d’éteindre son téléphone, de relever sa table et d’attacher sa ceinture. Après une demi-heure de vol, ce qu’il redoutait finit par arriver. “En raison d’un problème technique, nous retournons à l’aéroport Mohammed V”, annonce l’hôtesse d’une voix peu rassurante. Notre héros, comme les 40 autres passagers, ne peut s’empêcher de passer en revue sa courte existence. Son seul regret : avoir une fois décliné “le baptême des 10 000 pieds”, gentiment proposé par une hôtesse. En retouchant le plancher des vaches, Ali pense que le plus dur est derrière lui. C’est compter sans l’hospitalité austère du personnel des “ailes du Maroc”. Ces gens pensent sûrement qu’un rescapé doit s’estimer heureux… voire s’en excuser.



OFF.

De nouveau, la rumeur s’intensifie au sujet du départ de Khalid Oudghiri de la présidence d’Attijariwafa. La raison serait toujours la même : le torchon brûle entre Oudghiri et Mounir Majidi, patron de Siger. Néanmoins, son éviction devra passer par un conseil d’administration, pour lequel aucune date n’a été fixée. Oudghiri pourrait toutefois encore rebondir, comme il avait réussi à le faire l’année dernière, évitant de justesse une mise à l’écart.


Le Conseil national de la comptabilité vient d’entériner quatre projets de plan comptable qui devraient entrer en vigueur à partir de janvier 2008. Ainsi, Bank Al-Maghrib, les sociétés mutualistes, les caisses de retraite et les sociétés de Bourse devraient présenter leurs comptes arrêtés à fin 2007 selon les dispositions de ce nouveau plan comptable. Autre nouveauté du régulateur comptable : l’adoption d’un projet de plan comptable spécifique aux partis politiques.

 
 
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