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Nostalgie. Le rossignol de Hassan II
N° 275
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

La Bourse de Casablanca
accueillera bientôt du papier frais.
(AFP)

Bourse. Nouvelle vague d’introductions

Après quelques mois d’accalmie, les introductions en Bourse reprennent de plus belle. C’est la société pharmaceutique Promopharm qui ouvre le bal. Les actionnaires de référence procèdent à la cession de 27% du capital, via une offre publique à prix ouvert : la fourchette est fixée entre 800 et 880 dirhams. D’autres opérations sont imminentes, M2M étant certainement la suivante. “Le projet de note d’information est déjà déposé au CDVM”, confie une source proche du dossier. D’autres opérations encore plus importantes viendraient par la suite. Le marché se fait l’écho de l’introduction d’Afriquia SMDC, filiale du groupe Akwa,
mais aussi de la CGI, la filiale de CDG Développement. Les opérateurs du marché s’attendent à un nombre d’opérations au moins égal au record enregistré l’année dernière (9 introductions). L’arrivée de ce papier frais sera salutaire pour un marché qui commence sérieusement à s’essouffler. D’ailleurs, les banques d’affaires conseil ont eu beaucoup de mal à convaincre les émetteurs de maintenir le calendrier des introductions en cette période marquée par une hésitation du marché.

Par ailleurs, le capital de la société gestionnaire devrait accueillir un nouvel actionnaire. Après Alma Finance, la société Artbourse vient de décrocher son agrément auprès du ministère des Finances. Le capital de cette nouvelle société d’intermédiation est détenu à hauteur de 70% par Rachid Ouali Alami, l’ancien DG de Safa Bourse, qui avait quitté le groupe CDG dans des conditions mystérieuses. Le tour de table réunit d’autres investisseurs, dont le plus connu n’est autre que le groupe Saham de Moulay Hafid Elalamy.


Aménagement. Rabat aura sa corniche

Avec trente milliards de dirhams d’investissement et 330 hectares de superficie, la corniche de Rabat devrait totalement changer le visage de la capitale. Les promoteurs du projet, les Emiratis d’Emaar en l’occurence, disent s’inspirer de la corniche de Barcelone. Mais un tel projet reste difficile à mettre en œuvre : il suppose le relogement de 1200 ménages et le transfert de grandes infrastructures de la ville, dont les abattoirs ou le marché de gros. En attendant la résolution de ces problèmes, le premier ministre vient de signer avec l’aménageur une convention d’investissement qui porte sur la première tranche du projet. Celle-ci s’étale sur 156 hectares où 3 hôtels et 2 tours devraient sortir de terre. L’enveloppe d’investissement prévue est de 13,5 milliards de dirhams. Les premiers coups de pioche sont programmés pour juillet prochain.


Auto-emploi. Moukawalati taclé par les banques

Le premier bilan de l’expérience Moukawalati, fer de lance en matière de promotion de l’auto-emploi, est plus que décevant. Les données arrêtées à mi-mai font état de seulement 200 projets concrétisés au cours des 11 derniers mois. Pourtant, le succès populaire était bien au rendez-vous. Près de 13 000 porteurs de projet s’étaient présentés, au cours de cette période, aux guichets Moukawalati. La frilosité des banques serait la seule explication de ce maigre taux de concrétisation. Celles-ci traiteraient les dossiers Moukawalati comme n’importe quel crédit, en favorisant la logique de rentabilité sans grande prise de risque. Une approche qui ne cadre pas avec l’esprit de cette initiative. La promotion de la création d’entreprise suppose que tous les intervenants acceptent un taux d’échec important. Ce qui ne semble guère être le cas…


Assurances. Le Ramed à fin 2007

C’est parti pour le Régime d’assistance médicale aux économiquement démunis (Ramed). Cette semaine, la commission multidisciplinaire, qui planche sur ce dossier depuis bientôt deux ans, a finalement présenté ses conclusions au premier ministre. Principal apport : les conditions d’éligibilité à ce régime ainsi que le montage du financement. Concernant les critères d’éligibilité, ils reposent évidemment sur les conditions matérielles : revenus déclarés en milieu urbain et patrimoine en milieu rural. Ainsi 8,5 millions de personnes seront couvertes par ce régime. Quant au montage financier, le coût estimé du Ramed pour l’année en cours est de l’ordre de 2,6 milliards de dirhams, soit une contribution de plus de 300 dirhams par bénéficiaire. Sur les trois prochaines années, ce coût devrait s’accroître à un rythme annuel moyen de 2%.



Pendant ce temps, le peuple….
La rançon de la gloire

Salaire : 5 millions de dirhams par an, sans compter primes et stock-options. Profession : PDG de la plus grande banque maghrébine. C’est la vie que rêve d’avoir Khalid. Il est encore en classe prépa, alors il bûche jour et nuit. Son premier objectif : décrocher Centrale Paris. Ce n’est que le premier pas. À la fin de ses études, il voudrait faire un crochet par la fonction publique, puis briller dans une multinationale, avant le sacre. Pour sa future banque, il se voit relever de grands challenges. Réussir une fusion titanesque ou dégager des bénéfices mirobolants, pour Khalid, c’est du gâteau. Il maîtrise déjà les équations à variables infinies. Il se donne quatre ans pour faire gagner, à ses actionnaires, plus d’oseille qu’il n’en ont amassé dans toute leur vie. Ses performances cloueront le bec à ses détracteurs. Il se voit une star qui fait la couv’ du Financial Times, FT pour les patrons de sa trempe. Mais Khalid est loin de se douter des effets secondaires de la star attitude sous le soleil marocain. Il ne sait pas qu’il se mettra à gonfler jusqu’à défier les lois de la gravité. Qu’en prenant de la hauteur, il fera de l’ombre à d’autres. Et qu’il sera aussi plus vulnérable aux coups bas. Il finira par être déposé par ceux qui l’avaient choisi. Un jour, il vivra sa cérémonie de remerciements - limogeage : une dernière assemblée générale et une résolution pour “rendre hommage à son action”. Elle ne sera même pas transmise sur le Net comme celle de JM Messier, l’ex-PDG de Vivendi. L’avantage, c’est qu’il ne risque pas de se faire huer comme J2M. Il n’y a pas de raisons d’ailleurs. Des intimes lui feront même un cadeau. Un manuel intitulé : “Une place au soleil : comment garder les pieds sur terre et éviter de se faire cramer”. Une belle carrière en cul-de-sac attend Khalid…



OFF.

Ce sont la BCP et CFG qui ont été retenues comme banques conseil pour accompagner l’Etat dans le processus de cession de 4% du capital de Maroc Telecom. L’opération devrait rapporter 4 milliards de dirhams, au moins, au budget de Oualalou. Le choix des deux banques a eu lieu suite à un appel d’offres lancé il y a quelques semaines. Elles travailleront en collaboration avec un conseiller anglo-saxon, ainsi que des experts en télécoms.


“Sami”. C’est le nom du premier bateau construit sur un chantier naval marocain et qui a trouvé preneur à l’étranger. L’acquéreur n’est autre que la société algérienne Eurl Bougie Poissons. Et il ne s’agit là que de la première livraison. L’entreprise algérienne a passé commande pour quatre bateaux, qui devraient être construits dans les mois à venir. Le prix d'achat de l'unité s’établit entre 700 et 900 000 euros.

 
 
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