Terrorisme. Les oulémas ergotent
Karim Ghellab. "L'intérêt général passe avant ma popularité"
Société. La maison des enfants perdus
Politique. Y a-t-il une droite marocaine ?
Enquête. Les damnés du phosphate
Hmar ou Bikheer. Le droit à la différence
Reportage. Sabra et Chatila, 25 ans après
Iran. Le nucléaire irréversible ?
Khalid Oudghiri. Grandeur et décadence
Idées. Les maux de l'arabe
Portrait. Tracts en rimes
Nostalgie. Le rossignol de Hassan II
N° 275
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Madeleine Mc Cann
(AFP)

Affaire Madeleine. La piste marocaine

Où est donc Madeleine Mc Cann, cette petite britannique de 4 ans, kidnappée le 3 mai dernier au Portugal, devenue depuis star des médias malgré elle ? “Pas à Marrakech, en tout cas”, selon un gradé de la DGSN. Il infirme ainsi le témoignage d’une touriste norvégienne, qui a déclaré à la presse anglaise l’avoir aperçue, le 9 mai dernier, en compagnie d’un homme dans une station service Afriquia de la ville ocre. “Elle portait un pyjama bleu clair et a demandé à l’homme qui l’accompagnait si elle allait bientôt revoir sa maman”, avait affirmé cette touriste. Largement évoquée par les médias, la piste marocaine
s’est très vite avérée être une impasse. “Nous n’avons reçu aucune demande d’informations de la police britannique et de la police portugaise, en charge de l’enquête. Ni même d’Europol (Police européenne)”, ajoute notre gradé. Du côté du groupe Akwa, propriétaire des stations Afriquia, même son de cloche. Mis à part quelques journalistes et bénévoles britanniques, aucun enquêteur n’a sollicité le groupe de Aziz Akhennouch. Ce dernier a cependant diligenté une investigation : “Il a personnellement ordonné une enquête approfondie. Aucun membre de la station service où aurait été aperçue la petite Madeleine ne se rappelle l’avoir vue”, affirme une chargée de communication d’Akwa. Et ils n’ont aucune raison de mentir : une prime de 4 millions d’euros est offerte à quiconque donnerait des informations permettant de retrouver la fillette.


Commission. Gendarmes contre gendarmes

Une commission de hauts gradés de la gendarmerie royale s’est rendue dans la région du Nord au courant de la semaine écoulée, pour suivre de près le travail… des gendarmes. La commission, qui a débarqué à l’improviste dans plusieurs points sensibles, tels que le poste frontière de Bab Sebta, a inspecté minutieusement les prises de drogue et celles des produits de contrebande opérées par les différents postes de gendarmerie. “Il s’agit avant tout de vérifier les accusations selon lesquelles certains éléments indélicats ne déclaraient pas la totalité des quantités saisies. Le reliquat est souvent remis à des dealers qui se chargent de la revente”, explique une source qui suit le dossier.


Université. Encore un mort

Les affrontements qui ont opposé ces derniers jours à Meknès des étudiants amazighs et gauchistes “pour des divergences idéologiques et le contrôle de l’université” ont fait une victime : un étudiant en première année de droit, décédé des suites de ses blessures mardi après-midi, dans l’ambulance qui le transportait à l’hôpital. Dans la foulée, une quinzaine de personnes, dont six sont soupçonnées d’être les auteurs de ce meurtre, ont été interpellées par la police. Pour rappel, depuis le début du mois, les violences qui ont gagné les universités marocaines ont déjà fait un premier mort, à Errachidia, et des dizaines de blessés.


Médias. Yassine lance sa radio

Après le site Internet et les retransmissions télé du dimanche, Abdeslam Yassine dispose désormais de sa propre radio. Pour cela, le vieux leader d’Al Adl Wal Ihsane n’a pas eu besoin d’une autorisation de la HACA, puisque “Idaât Abdeslam Yassine Lil qoraane” est diffusée exclusivement sur le Net. La station de la Jamaâ passe des versets de Coran en boucle, “mais les passages coraniques, tout autant que les psalmodieurs, sont choisis par Abdeslam Yassine en personne”, confie ce membre d’Al Adl. Le Maroc se retrouve ainsi avec deux stations radio coraniques : la radio Mohammed VI et celle de Abdeslam Yassine. “Mais ce n’est qu’une coïncidence”, jure-t-on chez les barbus de la Jamaâ. Bien sûr.


Information. ça va mal

Au Maroc, l’information est un “secret d’Etat”. C’est le résultat d’un sondage intéressant effectué par le Centre pour la liberté des médias (CMF MENA) auprès de 200 journalistes marocains. La rétention de l’information, l’incompétence des attachés de presse, le blocus sur les sujets liés à la sécurité et à la défense… sont autant de difficultés rencontrées par les journalistes dans l’accès à l’information. Sans surprise, les ministères qui coopèrent le moins sont ceux de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice. En revanche, l’Education nationale et la Communication sont les plus coopératifs. Quant aux sites web des ministères, ils ne servent à rien, d’après 57% des sondés.


Festival de Fès. Jacquot le soufi

Jacques Chirac vient de faire une belle publicité au Maroc en choisissant le royaume pour ses premières vacances de retraité de l’Elysée. Arrivé en famille mardi dernier à l’aéroport d’Agadir, Jacques Chirac y a été accueilli par Rachid Filali, le wali de la région. Puis le président sortant a pris la route pour la Gazelle d’Or de Taroudant, hôtel de luxe où il a ses habitudes. Mais cette année, grande première, le grand Jacquot ne bronzera pas idiot puisqu’il devrait assister au Festival des musiques sacrées de Fès du 1er au 9 juin. Espérons que les chants soufis sauront calmer ses inquiétudes. En effet, Chirac est attendu de pied ferme par la justice française qui désire l’entendre à propos d’un mystérieux compte en banque japonais de 45 millions d’euros (500 millions de dirhams) à son nom, révèle Le Canard enchaîné dans son édition du 23 mai.


Driss Basri. Adieu photos chéries

Quelle ironie du sort pour l’ancien ministre de l’Intérieur Driss Basri ! La villa de l’ex-premier flic du royaume, située au quartier Californie de Casablanca, a été cambriolée la semaine dernière par le gardien censé la surveiller. Selon l’Economiste du 21 mai, le voleur a dérobé les meubles et toutes les photos de Basri avec son ex-mentor Hassan II. Les bisbilles entre le Pouvoir actuel et Basri auront au moins fait un heureux puisque, pour justifier son vol, le gardien a affirmé à la police qu’il savait Driss Basri malade et absent du Maroc pour un bon moment. L’occasion fait le larron, et ça, Basri peut le comprendre en flic qu’il était.


Peine de mort. L’abolition reportée ?

Le gouvernement a une nouvelle fois enterré le projet de loi abolissant la peine de mort après les attentats des mois derniers à Casablanca. Le texte, qui devait être présenté au Parlement en avril, patiente dans les tiroirs du secrétaire général du Gouvernement depuis plus de six mois. Ayant obtenu la bénédiction du roi, le texte n’attend plus qu’un geste – de courage – politique, son adoption par le Parlement n’étant qu’une formalité. Du côté des ONG, on murmure que des exécutions d’islamistes actuellement dans le couloir de la mort pourraient intervenir après les élections de septembre. Si cela se confirmait, le Maroc quitterait le club des pays abolitionnistes de fait. Reste à expliquer comment cela pourrait avoir un effet dissuasif sur des kamikazes !


Justice. Le 1er mai, c’est pas fini !

La justice marocaine n’y est pas allée de main morte avec les manifestants du 1er mai, accusés “d’atteinte aux valeurs sacrées du royaume”. Le Tribunal de première instance de Ksar El Kébir a condamné mardi dernier, après une séance marathon de 18 heures, cinq membres de l’AMDH à trois années de prison ferme et 10 000 dirhams d’amende chacun. Deux semaines plus tôt, c’était au tour d’un lycéen et d’un ouvrier agricole gadiris d’en prendre pour deux ans fermes. Dans un nouveau communiqué, l’AMDH a condamné ces jugements qui reflètent, selon elle, “la situation catastrophique de la justice marocaine, une arme entre les mains des autorités pour se venger des militants”.


Scandale. Des toilettes au dépotoir

Azeddine Ould Bejja est, rappelez-vous, ce père de famille qui vit dans des toilettes publiques à Salé. Après le reportage publié par le quotidien Al Massae, la famille d’Ould Bejja a reçu plusieurs visites d’officiels (visiblement embarrassés), qui tentaient de trouver une solution pour la famille slaouie. En fin de semaine dernière, les autorités de la ville ont finalement trouvé la parade : recaser Ould Bejja, sa femme et ses enfants dans un vieux foundouk abandonné de la ville. Mais surprise : la chambre dont a hérité Azzeddine ne dispose pas de toit, ni de porte et, pire, de toilettes. Le foundouk abandonné ressemble plus à un dépotoir où quelques animaux viennent également passer la nuit.


Presse. Le PJD a son (2ème) journal

L’annonce trône en bonne place sur la page d’accueil du site Internet du PJD : “Arraay Al Maghribia, bientôt dans vos kiosques”. Le parti islamiste se serait-il décidé à lancer son “vrai” journal et clarifier (enfin) ses relations troubles avec le quotidien Attajdid ? Pas vraiment. “Arraay (l’Opinion)”, attendu en juin, sera édité par une société privée (Alif Média). “Le PJD en tant qu’institution n’a aucune relation avec ce journal. Le tour de table est constitué de personnes privées dont certaines sont membres du parti”, affirme un cadre du PJD. Le nouvel hebdomadaire risque ainsi de devenir le deuxième organe de presse officieux du PJD. Mais à quoi ils jouent ?


Istiqlal. Dissidents déboutés

Le Tribunal administratif de Rabat a donné raison au ministère de l’Intérieur, qui avait refusé d’accorder le reçu pour la création du “Parti de l’union et de la démocratie”. La formation, composée essentiellement de transfuges de l’Istiqlal, avait déposé sa demande de légalisation le 27 Février dernier. Mais le département de Benmoussa a décidé, moins d’un mois plus tard, de porter plainte auprès du Tribunal administratif pour débouter les déçus du partis de Abbas El Fassi. Des sources au sein de la nouvelle formation, qui ne compterait aucun élu, ni Istiqlalien de poids, voient dans ce refus le résultat de fortes pressions exercées par la direction de l’Istiqlal.


Emission. Radio docteur

À peine dix programmations pour l’émission radio “Blouse Blanche”, et déjà un style imprimé. Le programme de Rabat Chaîne Inter, dédié à la santé, est diffusé tous les mercredis depuis deux mois. Les auditeurs ont le loisir d’écouter, en direct, débattre de divers thèmes médicaux. Tout y passe, des gestes de survie au cancer de l’enfant, en passant par les intoxications ou, plus rare, les dysfonctionnements érectiles. Les dix dernières minutes de l’émission, appelées Ten Golden, sont consacrées “aux gestes de survie à réaliser lors de la survenance d’un accident”, explique son animateur, Anwar Cherkaoui. Mortel !


People. Le bogoss’ de Rotana débarque

L’animateur-vedette de Rotana, Youssef El Khal, sera au Maroc le mois prochain. Il viendra soutenir la cause de l’association Ruban rouge de lutte contre le sida, présidée par le même Simo Benbachir qui a fait venir la bimbo libanaise Haïfa Wehbe l’année dernière. Le “bogoss” de Rotana est attendu par un public féminin qui s’émoustille déjà en harcelant l’association sur la date précise de son arrivée. “ça sera la Marche verte”, prévient Simo Benbachir. Hystérie collective en perspective.



3 questions à
Mohamed Merhari
[Organisateur et membre fondateur de L’Boulevard des jeunes musiciens]


L’Boulevard en est à sa 9ème édition et continue de grandir chaque année. Vous comptez grandir encore ?
Depuis le début, on fonctionne au jour le jour. Tout reste fragile. On ne sait pas si on va être interdits demain ou si un sponsor va nous lâcher. Ce qui nous intéresse, ce n’est pas tant l’ampleur de l’évènement que la dynamique qu’il crée. Pour nous, c’est important que ces jeunes évoluent dans un climat dans lequel ils peuvent montrer leurs créations et les diffuser.

L’Boulevard est-il une entreprise rentable, financièrement ?
L’Boulevard est avant tout une association à but non lucratif. Donc, de toute façon, les profits sont redistribués dans l’activité. Personnellement, je n’ai même pas mon permis de conduire. Hicham (membre fondateur) vit encore en colocation. Notre particularité, c’est de ne pas faire avec ce qu’on a, mais de faire ce qu’on veut. Du coup, chaque année, on arrive difficilement à joindre les deux bouts.

Comment vivez-vous la (re)montée du conservatisme dans la société marocaine ?
Ici, on ne vit pas un conflit de générations, mais de mentalités. On sent, malgré tout, une certaine ouverture, même si, parfois, on doit la forcer. Notre devise reste la même : plus les jeunes se sentiront libres, mieux ça ira. En fait, comme l’a bien dit Amale Samie (journaliste et ami de la bande), “quand on part de rien, même un petit pas est grand”.


Rapport. Amnesty accuse

Dans son rapport 2007, Amnesty International a critiqué la lenteur des travaux du CCDH dans l’exécution des recommandations de l’IER. “Les progrès ont été d’une lenteur d’autant plus décevante que le processus avait simplement pour but d’établir la vérité et de la faire connaître et non d’obliger les responsables à rendre compte de leurs actes et de rendre justice aux victimes”, écrit l’organisation qui ajoute une (autre) mauvaise note au royaume pour le respect des droits des réfugiés et le maintien de la peine de mort. Amnesty s’est cependant montrée clémente sur les droits des femmes où, selon elle, le Maroc a réalisé de grandes avancées via la loi sur la nationalité.


Politique. Le parti des papys arrive

Un parti des retraités est en cours de création. Piloté par Abdelaziz Messioui, ancien de l’Union constitutionnelle, la formation verra le jour après septembre 2007, pour “éloigner toute considération électorale”, assure-t-on. Une belle niche car il existe 875 000 retraités au Maroc qui veulent montrer, nous explique cette source, “qu’ils sont toujours utiles, au lieu de passer leur temps dans les mosquées ou sur les parcours de golf”. Question : pourquoi les amis de Messioui ne fonderaient-ils pas plutôt une ONG, voire un syndicat pour faire valoir les droits des retraités ? “Parce qu’ils existent déjà !”, nous répond-on. Le futur “parti” compte éditer un journal en juillet prochain. Bon courage les papys… et n’oubliez pas de réserver un quota pour les mamies!


Le Maroc vu de Washington. What, Monaco ?

Ceux qui s’attendaient à ce que l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis booste les investissements américains au Maroc doivent être déçus. L’étude réalisée dans le cadre du programme “Brand Morocco” est sans équivoque. Le Maroc n’est toujours pas sur les radars des hommes d’affaires américains. En effet, entre 64% et 90% de ces investisseurs ne connaissent pas ou peu le Maroc. Au mieux, le Maroc continue à être perçu comme un pays du Moyen-Orient, avec un environnement politique et économique instable. Le programme “Brand Morocco”, mené avec plus de 45 universités américaines, a eu pour but de jauger la perception qu’ont les entreprises américaines du Maroc, en tant que destination économique pour investir. Pas terrible, apparemment.


Scandaleux. Essaouira sans arbres

On achève bien les arbres à Essaouira. Ainsi, les autorités de la ville ont rasé, courant avril, près d’un tiers des jardins du Méchouar qui comprenaient, entre autres, des palmiers centenaires. En lieu et place de l’espace vert, la ville a aménagé une esplanade dallée, qui a accueilli les concerts de musique classique du dernier Festival des Alizés. En colère, des amoureux de la ville menacent de dénoncer cet abattage massif auprès de l’UNESCO, instance internationale qui a inscrit la médina d’Essaouira sur la liste du patrimoine culturel mondial. Ce classement aurait dû “protéger” les jardins du Méchouar, puisqu’ils sont situés à l’intérieur de l’enceinte de la vieille ville. Une protection purement théorique, visiblement…


Concert. Hoba pour elles

La semaine dernière, quelque 4000 groupies se sont rendues au concert du groupe Hoba Hoba Spirit, exclusivement réservé à la gent féminine. Organisé par une marque de produits cosmétiques, le show s’est déroulé dans la salle couverte du Complexe Mohammed V. Les fans du groupe casablancais, âgés de 15 à 25 ans, ont ainsi pu se dandiner au rythme de la hayha music, pendant que la marque distribuait ses produits. “Très chaud et très étonnant”, raconte un Réda Allali tout sourire. En temps normal, c’est juste en face que le Complexe sportif accueille les équipes du Raja et du Wydad de Casablanca. Là aussi, c’est souvent chaud, mais un tantinet moins charmant.


MBC. La Star’ac junior

Qui a dit que la Star’ac est une affaire d’adultes ? Les enfants s’y mettent aussi. Pour la première fois, la chaîne saoudienne MBC débarque au Maroc pour organiser un casting au profit des “mômes” marocains. Les gagnants participeront à la troisième édition de l’émission phare “Eish safari” (Vis Safari), un concours sous forme de jeux en pleine nature, qui aura lieu en Australie. Pourquoi le Maroc ? “Parce que les Marocains participent en masse, même si le casting se déroule dans des pays lointains”, explique un organisateur. Après Rotana et la Star’ac française, c’est au tour de MBC de draguer nos télécommandes. Le casting a lieu ce dimanche 27 mai à l’hôtel Palace d’Anfa. Allez les enfants !


Télé. Thalassa tabassa

L’émission Thalassa, magazine dédié à la mer et diffusé sur la chaîne France 3, a consacré la semaine dernière un reportage aux “brûleurs du Détroit”. Thalassa les a suivi au port de Tanger, filmant en caméra caché (décidément une mode) le racket et la violence qu’ils subissent quotidiennement de la part des policiers. Des images si fortes qu’elles ont alimenté le zapping de Canal+ du lendemain, où l’on a vu un jeune Marocain déclarer qu’en Europe “même une mouche est mieux traitée que nous au Maroc”. “Les brûleurs du détroit” a été programmé par Thalassa après un laïus sur la beauté des côtes du Morbihan en France et une carte postale sur le sable et les palmiers tunisiens. Les paranos y verront sans doute la main (invisible) de l’étranger…



Humeur. Lui !

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Le jour de l’enterrement de Driss Benzekri, j’ai fait comme le prince Moulay Rachid. J’ai marché ! Beaucoup de gens humbles ont marché aussi. Et de savoir qu’ils vivaient la même chose que “lui” (le prince), qu’ils respiraient le même air, foulaient la même terre désolée, sous le même soleil, dans la même direction, les gens ne marchaient plus, ils planaient. Une jeune fille de Sidi Ouahi, village natal de Driss Benzekri, a pincé le bras de sa copine pour lui demander : “Dis-moi, c’est lui, vraiment lui ? Et il marche sur ses pieds ? Il fait comme nous ?”. Je suis convaincu que la jeune fille a dû attendre le flash d’information de la télévision pour s’assurer, bien plus tard, que c’était réellement, définitivement, “lui”. Mais je serais curieux de savoir ce qui a pu se passer dans la tête de la jeune fille : était-elle seulement heureuse de l’avoir vu, elle qui n’a jamais vu une célébrité ailleurs qu’à la télévision ? Ou alors heureuse, rassurée, de voir que le prince est aussi un être humain, quelqu’un qui lui ressemble après tout, capable de se servir de ses pieds là où il est possible de le faire ? Etait-elle, au contraire, déstabilisée, perturbée, à la limite déçue, de voir que son prince est descendu de son piédestal, de sa voiture, qu’il a chassé le halo de hiba qui l’entoure, pour marcher dans la poussière ? D’autres personnes, ce jour-là, ont dû se poser des questions. Le cafetier du village m’a dit : “Je me demande si on aura, un jour, la chance de (re)voir de près l’un de nos prestigieux invités”. Il est probable que non. Mais le cafetier, comme les gens humbles, simples, du village auront vu que les gens de “là-bas”, ceux de Casablanca et Rabat, sont aussi capables de marcher dans la poussière, de piétiner sur une pierre, de transpirer et de ne pas toujours trouver de quoi s’éponger le front. Cela peut bousculer un mode de pensée, une conviction, et c’est pour cela qu’on le dit humblement : c’est bien.



VITES !

Le dossier dédié par le magazine français Choc Hebdo à Marrakech risque d’avoir une suite, puisque deux personnes dont les photos ont été publiées dans ses pages s’apprêteraient à porter plainte à Paris. “Le reportage nous a assimilées à des prostituées et nos photos ont été publiées sans notre autorisation”, nous a déclaré l’une des deux personnes.


Le Maroc s’apprête à acquérir 14 avions de chasse Rafale, à en croire le journal français Le Canard enchaîné. Le contrat d’acquisition de ces avions, construits par le groupe français Dassault, n’attendrait que la signature du roi. Et d’après l’hébdomadaire, l’achat sera financé par l’Arabie Saoudite.


Le prince saoudien et milliardaire Waleed Ibn Talal séjourne actuellement à Marrakech, où il compte lancer à partir du lundi 28 mai les travaux de son nouvel hôtel de luxe, le Four Seasons Marrakech, en présence de plusieurs personnalités marocaines, dont notamment le prince Moulay Rachid.


Zahra R., la “mère adoptive” du jeune Ahmed Yassine a finalement écopé de 5 ans de prison ferme, et son complice, poursuivi pour non-assistance à personne en danger, en a pris pour 2 ans. Les condamnés devront aussi verser un dédommagement de 100 000 dirhams en faveur de l’enfant, toujours hospitalisé dans une clinique rbatie.


Finalement, le décret d'expropriation de l'hôtel Lincoln à Casablanca, classé patrimoine culturel de la capitale économique, vient d'être publié au Bulletin officiel. Selon des sources à la mairie de la ville, l'hôtel sera restauré en préservant son authenticité architecturale.


Transparency International vise un gros morceau en s’attaquant à la corruption dans les systèmes judiciaires, jugée élevée dans beaucoup de pays, dont le Maroc. Cette corruption, d’après le guide de campagne édité par l’ONG, se matérialise par l’ingérence du politique et la pratique des pots-de-vin. Vivement une campagne dans les tribunaux marocains !
 
 
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