Terrorisme. Les oulémas ergotent
Karim Ghellab. "L'intérêt général passe avant ma popularité"
Société. La maison des enfants perdus
Politique. Y a-t-il une droite marocaine ?
Enquête. Les damnés du phosphate
Hmar ou Bikheer. Le droit à la différence
Reportage. Sabra et Chatila, 25 ans après
Iran. Le nucléaire irréversible ?
Khalid Oudghiri. Grandeur et décadence
Idées. Les maux de l'arabe
Portrait. Tracts en rimes
Nostalgie. Le rossignol de Hassan II
N° 275
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Chef de rubrique Youssef Aït Akdim

La semaine.

Une famille de réfugiés palestiniens,
fuyant le camp de Nahr Al-Bared.
(AFP)

Liban. Le mystère Fatah al-Islam

Plus de 10 000 réfugiés palestiniens ont commencé à fuir le camp de Nahr Al Bared, dans le nord du Liban, profitant d’une courte trêve le 22 mai. Auparavant, les 31 000 Palestiniens du camp étaient restés bloqués sans vivres, ni eau, ni électricité, tout au long des affrontements entre l’armée libanaise et les combattants de Fatah al-Islam, qui ont duré trois jours et fait près de 70 morts. Cette organisation a également revendiqué les deux attentats à la bombe commis dimanche et lundi à Beyrouth, où des combattants auraient actionné leurs charges au milieu de civils pris en otage. Les combats
ont commencé lorsque des militants de Fatah al-Islam ont attaqué des positions tenues par l’armée libanaise à l’entrée du camp de Nahr Al-Bared… sans avancer de revendication politique. Le mystère qui entoure l’organisation, créée en novembre 2006, demeure entier. On sait que le camp de Nahr Al Bared est rapidement devenu le bastion de Fatah al-Islam, groupe issu d’une scission de Fatah-Intifada, organisation pro-syrienne rivale du mouvement palestinien Fatah. Toléré par l’armée libanaise qui, au terme d’accords conclus à la fin de la guerre civile, n’est pas autorisée à entrer dans les camps de réfugiés, Fatah al-Islam serait téléguidée par le régime de Damas : les affrontements interviennent au moment où des discussions sont en cours à l’ONU pour la mise en place du tribunal international chargé de juger les assassins présumés de Rafic Hariri. Tout se tient : le crime et le mobile réunis, il ne restait qu’à trouver les armes. C’est là que les choses se compliquent. Sur CNN, le reporter américain Seymour Hersh rappelle une information déjà livrée en février dernier : afin de contrer le Hezbollah, le gouvernement de Fouad Siniora soutiendrait un groupe de militants sunnites, qui ne serait autre que… Fatah al-Islam. L’idée, qui avait germé dans la tête du prince saoudien Bandar Bin Soltan, aurait même eu l’aval de la Maison-Blanche. Aujourd’hui, c’est contre ce même groupe que l’armée libanaise se bat. Vous avez dit confusion ?


France. Les doutes du Monde

Le plus prestigieux des quotidiens français traverse une crise de succession inédite. Jean-Marie Colombani, actuel directeur de la publication, n’a pu recueillir, lors d’un vote organisé au sein de la rédaction, les 60% de voix favorables de la rédaction qui lui auraient permis de se maintenir à son poste. Colombani était seul en lice, mais les noms de Pierre Jeantet, directeur général du groupe et ancien journaliste, de Philippe Thureau-Dangin, directeur de la rédaction du Courrier ou du Pdg de la Fnac, Denis Olivennes, ont été avancés comme successeurs potentiels à la tête du quotidien. Alain Minc, président du conseil de surveillance et homme de réseaux, devrait présenter un nouveau candidat. Colombani a réussi à enrayer la chute des ventes dans un contexte de crise de la presse écrite en France et à faire du Monde un groupe de presse puissant. Mais en engageant une politique de rachat coûteuse et en favorisant un style plus “racoleur”, il a fini par perdre la confiance de nombreux journalistes.


Mauritanie. Le passif de Ould Taya

La Cour criminelle de Nouakchott a renvoyé au 28 mai les plaidoiries dans le procès de 21 islamistes inculpés pour appartenance à des organisations terroristes, après que les avocats de la défense ont décidé de se retirer en signe de protestation. La Cour avait rejeté leurs demandes concernant la comparution de policiers que les défendeurs accusent de mauvais traitements. Arrêtés et inculpés sous le régime d’Ould Taya, la plupart des prévenus sont accusés d’appartenir à la branche mauritanienne du GSPC. Parmi eux, certains sont poursuivis pour la prise d’assaut meurtrière contre un poste militaire en juin 2005 et d’autres ont été appréhendés au lendemain de cette attaque. L’issue du premier procès, depuis l’élection du nouveau président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, est très attendue par les observateurs internationaux.


Palestine. Trêve avec des si

Le président palestinien Mahmoud Abbas et son premier ministre Ismaïl Haniyeh se sont réunis à Gaza pour discuter d’une trêve susceptible de mettre fin aux raids israéliens. La récente vague d'accrochages entre les partisans du Fatah et du Hamas a fait plus de cinquante morts, selon un décompte officiel, alors que trente-sept autres Palestiniens, dont douze civils, sont morts en dix jours suite aux attaques aériennes israéliennes, en représailles aux tirs de roquettes. Haniyeh veut des garanties sur l’arrêt des frappes israéliennes pour signer la trêve. De son côté, le gouvernement d’Israël s'est dit déterminé à venger la mort d'une Israélienne dans la chute d'une roquette sur Sdérot, revendiquée par le Hamas.


Kazakhstan. Président à rallonge

Le président Kazakh Noursoultan Nazarbaïev, 66 ans, au pouvoir depuis 1989, a promulgué cette semaine des amendements constitutionnels lui permettant de se présenter aux élections présidentielles - et de les gagner à vie. À compter de 2012, le mandat du chef de l’Etat sera réduit de sept à cinq ans, mais cette nouvelle loi qui encadre le mandat présidentiel ne s'appliquera qu'à Nazarbaïev. Ses successeurs ne pourront rester en fonction plus de deux mandats. Cette semaine, une affaire a défrayé la chronique dans le pays : le gendre du président et ambassadeur du pays à Vienne, Rakhat Aliyev, accusé d’enlèvement, est sous le coup d’une enquête de police.



Lu pour vous. [ANGLETERRE]
Les mensonges de Blair

Robert Fisk, The Independent, 19 mai 2007

Lord Blair nous quitte. Ses mémoires intéressées nous rappelleront, bien sûr, l'opinion qu'il a de lui-même, comme d'un quasi-Dieu. J'ai sous les yeux le repoussant discours “d'adieu” de Blair au peuple britannique, qu'il a débité à Sedgefield. Lord Blair voulait se tenir “côte à côte” avec le plus vieil allié de la Grande-Bretagne, qu'il pensait être les Etats-Unis. (…) Suis-je le seul à qui cela répugne ? “La main sur le cœur, j'ai fait ce que je pensais être la bonne chose”. Pardon ? Est-ce le message de Blair aux familles de tous ces soldats qui ont perdu la vie - et aux familles des milliers de morts irakiens ? Cela a été un “honneur de servir” la Grande-Bretagne, nous dit cet homme. Quelle impudence ! (…) C'est vrai qu'il y a l'Irlande du Nord. Si seulement Blair s'en était tenu à cet accomplissement. Mais non ! Il voulait être notre Sauveur - et il a permis à George Bush de faire les mêmes choses qu'Oliver Cromwell aurait trouvées tout à fait normales. Torturer. Assassiner. Violer. Mon père avait l'habitude d'appeler les gens comme Blair des “minables”, c’est-à-dire des baratineurs. J'ai bien peur qu'il ne soit en fait qu'un petit vicieux. Cela me rappelle Cromwell devant le Parlement en 1653, repris par Leo Amery s'adressant à Chamberlain en 1940 : “Vous avez siégé ici trop longtemps pour le peu de bien que vous avez fait. Je dis : partez et qu'on en finisse avec vous ! Au nom de Dieu, partez !”



Amnesty. Cuvée 2007 : la gueule de bois

Amnesty International dénonce dans son dernier rapport annuel “la stratégie de la peur en vertu de laquelle aucun droit n'est sacro-saint”. L’organisation, qui revendique 2,2 millions de membres dans plus de 150 pays, accuse les gouvernements de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, de favoriser une régression des droits de l'homme. “La guerre contre le terrorisme et la guerre en Irak, avec leur cortège d'atteintes aux droits de l'homme, ont créé de profondes divisions qui accumulent de sombres nuages sur les relations internationales”, relève Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty. Evoquant le conflit du Darfour, qui a fait 200 000 morts depuis 2003, elle déplore une “blessure sanguinolente à la conscience du monde”, en espérant que “le pouvoir des peuples changera la face des droits de l'homme au 21ème siècle”.


VITE !

Le pape Benoît XVI, de retour du Brésil, a appelé jeudi l'Eglise catholique italienne à se préoccuper de l'évangélisation des immigrés installés dans la Péninsule, estimant que le “respect” dû aux “autres religions et cultures ne peut affaiblir la vocation missionnaire de l'Eglise”.

 
 
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