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Par Driss Bennani
LEtat encourage la gabegie
| Antécédents |
Tarik Sbai
Avocat président de lInstance
nationale de défense des
biens publics
(TNIOUNI / NICHANE)
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| 1947. |
Naissance à Salé. |
| 1963. |
Rejoint lUNFP. |
| 1979. |
Avocat au barreau de Rabat. |
| 1980. |
Membre de la section Rabat de lAMDH. |
| 2006. |
Président de lInstance nationale de défense des biens publics. |
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Smyet bak ?
Allal Ben Mohamed.
Smyet mok ?
Fatéma Bent Driss.
Nimirou dla carte ?
A 10 340.
Après le ministère de lIntérieur, vous vous apprêtez à publier, vous aussi, une liste de personnes non éligibles aux prochaines élections. Cest lIntérieur qui inspire les associations maintenant ?
Jai participé à lélaboration et la publication par lAMDH de la liste des responsables marocains impliqués dans des atteintes graves aux droits humains. Et depuis cette date, nous pensons à publier une liste des responsables de la dilapidation de biens publics, bien avant la dernière liste du ministère de lIntérieur. Le Maroc a récemment signé une convention internationale pour combattre tous les aspects de la corruption, labus de pouvoir ou le détournement de fonds publics. LEtat doit donc assumer ses responsabilités et faire respecter les termes de la convention, approuvée en Conseil des ministres, et donc sous la présidence directe du roi.
Et vous estimez avoir les compétences et les moyens nécessaires pour mener des enquêtes et des recoupements sérieux, avant de publier votre liste ?
Nous travaillons quotidiennement sur des dossiers qui nous arrivent de tout le pays. Nous recevons, en moyenne, deux dossiers par jour. Cest le signe que notre combat pour la dénonciation de la corruption et des abus en tout genre commence à donner ses fruits. Nos représentants dans les différentes régions du royaume mènent des enquêtes sérieuses pour vérifier les informations contenues dans chaque dossier. Notre rôle est ensuite dencadrer les plaignants, de les encourager à déposer une plainte auprès du tribunal. Pas plus loin quil y a quelques semaines, un ex-président de commune dans la région dAgadir a été poursuivi pour détournement de fonds.
Sinon, à part quelques petits présidents de commune, à qui comptez-vous vous attaquer parmi les grands bonnets du royaume ?
Dans notre démarche, nous avons choisi de ne pas négliger les petits détournements, qui ont un impact direct sur la vie des citoyens dans plusieurs localités. Les grands responsables ne seront pas en reste. Nous avons par exemple su quun conseiller royal a récemment reçu des terres des Habous à des prix symboliques, usant de son pouvoir et de son influence. Nous avons lu sur plusieurs journaux que le fisc a proposé de passer léponge sur des arriérés du premier ministre. Si nos enquêtes confirment ces faits, les noms de ces responsables figureront en bonne place sur notre liste. Nos responsables doivent donner lexemple. Il est ainsi inadmissible que le père dun ministre bénéficie de la gratuité des soins dans un hôpital public. Nous réclamons des garanties légales pour protéger les biens publics.
Comme la déclaration de patrimoine obligatoire ?
Par exemple, mais pourquoi est-ce que cette déclaration exclut les femmes et les enfants des responsables ? Pourquoi est-ce quelle noblige pas les ministres et les généraux à déclarer leur fortune également ? Cest à croire que lEtat encourage la gabegie et la dilapidation des biens publics.
Corruption des grands responsables de lEtat, dilapidation de biens publics, cherté de la vie
Vous navez rien trouvé de plus populiste pour haranguer les foules ?
Ce nest pas du populisme. Nos partis politiques ont toujours privilégié le dossier des atteintes aux droits de lhomme sur celui de la dilapidation des biens publics. Aujourdhui, certains commencent à sintéresser aux droits économiques, et cest tant mieux. Idéalement, le travail sur les crimes économiques aurait dû se faire en parallèle avec celui de lIER sur les crimes politiques.
Cest pour cela que vous avez choisi dêtre une instance plutôt quune association ?
En 2005, nous avons appelé à la création dune instance indépendante pour la vérité et la restitution des biens publics dérobés. À lépoque, notre pétition a été signée par tous les partis de la Koutla, le rassemblement de la gauche et même par des partis dits de droite. Aujourdhui, on se demande pourquoi ils lont fait, puisquils refusent dappliquer les termes de la pétition dans le cadre de leur travail au Parlement ou au gouvernement. |
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