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Par Abdellatif El Azizi
Partis.
RNI. Le sacre de Mansouri
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Mustapha Mansouri
(TNIOUNI/ NICHANE)
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Le 4ème congrès du RNI a officialisé le départ dAhmed Osman et lintronisation de Mustapha Mansouri. Attendu sur des dossiers chauds, tels que lavenir politique du parti et ses relations avec le sérail, Mansouri saura-t-il forger au RNI une nouvelle identité ?
Rabat, Complexe sportif Moulay Abdellah. Les petites mains saffairent : ce dimanche 27 mai, avant minuit, tout doit être prêt pour le sacre du nouveau patron du Rassemblement national des indépendants. Dans une ambiance bon enfant, pendant trois jours de politique-spectacle, |
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avec Driss Jettou et Abdelouahed Radi en invités de prestige, les congressistes ont ainsi suivi les élections les plus démocratiques de lhistoire du RNI. Le rideau est tombé sur ce 4ème congrès avec lélection de Mustapha Mansouri à la tête du parti. Tard dans la nuit, ce dernier a été adoubé avec un score qui na rien du plébiscite : 53,94 % des suffrages exprimés par les membres du conseil national du parti, contre 46,5 % pour lunique concurrent, Mustapha Oukacha.
Ce dernier a pourtant bénéficié du soutien des ministres du RNI, qui ont ouvertement juré fidélité au président de la Chambre des conseillers. Mansouri, lui, doit son élection aux voix des militants des régions de Nador, de Taza et de l'Oriental, et surtout au ralliement décisif, et de dernière minute, du clan Aujjar.
Un véritable show
Près de cinq mille congressistes avaient fait le déplacement pour assister à la grand-messe du parti des notables. Cest Osman qui donna le coup denvoi des travaux, en annonçant officiellement son départ. Mais si le vieux routier de la politique a bien passé la main, il nen quitte pas pour autant le parti dont il a assuré la genèse. Répondant au vu de nombreux amis dans le RNI, jai fini par accepter la présidence dhonneur du parti, assure-t-il. En guise de solde de tout compte, Osman sest contenté de faire lapologie du règne de Mohammed VI, prenant le soin dévacuer les décennies dune gestion quasi féodale du parti. Cette dernière sortie dAhmed Osman est à limage du personnage : attendu sur des dossiers chauds, tels que lavenir politique dune formation à bout de souffle, la régénération des troupes, les finances du parti et les relations incestueuses avec le Pouvoir, lhomme sest contenté de faire dans la pure langue de bois. À la fin de son discours-fleuve, les congressistes nont dailleurs pas hésité à lancer des youyous de joie. En toile de fond, une mise en scène parfaitement orchestrée : écran géant, caméras à foison et une pléiade de chanteurs et dartistes, dont linénarrable comique Mohamed Khyari.
Si lestimation du coût total de ce show nest pas encore définitive, on sait dores et déjà que le parti a au moins dépensé, en lespace dun week-end, près de 7,5 millions DH. Lessentiel a couvert les aspects logistiques, ainsi que le déplacement, l'hébergement et la restauration des cinq mille militants qui ont assisté à ce rendez-vous, sans oublier les 200 invités extérieurs, dont quelques dizaines de représentants dautres partis.
D'où vient largent ? Une source au RNI affirme que le parti a dabord puisé dans les subventions étatiques, concédées au titre de l'appui aux formations politiques, avant de prier quelques-uns de ses membres fortunés de passer à la caisse. Pour rappel, lépineuse question du financement du congrès du RNI avait déjà suscité une grande polémique qui avait conduit à son report décidé en avril dernier.
Des boulets et des questions
Que le parti des Bleus ait mal à ses finances est un secret de polichinelle. Longtemps, Ahmed Osman a refusé de passer la main, avant davoir en poche un quitus le dédouanant de la gestion opaque des comptes du parti. Ce nest que le 13 mars dernier que le bureau exécutif du RNI a fini par officialiser la décision du président sortant de quitter son fauteuil. En contrepartie, il serait dégagé de toute responsabilité. Osman a bien eu le quitus politique, mais en réalité, rien nempêche le nouveau président douvrir la boîte de Pandore des finances du parti, nuance un cadre du RNI. Mais Mustapha Mansouri semble avoir dautres chats à fouetter. Et sil sest engagé, au lendemain de son élection, à soumettre dorénavant la gestion des finances du parti à un cabinet daudit externe, il devra quand même gérer le legs de Osman, laffaire des imprimeries et des journaux du RNI en tête. Les journalistes, cadres et employés des imprimeries des deux quotidiens avaient intenté une action en justice contre lex-beau-frère de Hassan II. Le tribunal de commerce de Rabat avait rendu, le 10 janvier dernier, un verdict préliminaire prévoyant un audit des registres comptables des publications du parti, pour sassurer de lexactitude des comptes. Des découvertes embarrassantes en perspective ?
Au-delà de la nomination de Mansouri, le congrès a-t-il réellement permis au parti de faire son aggiornamento ? Rien nest moins sûr. Les questions de fond, sur lorientation et le positionnement politiques du parti, sur ses relations avec le Pouvoir, son (ancien ?) tuteur, nont pas été abordées.
Surtout, les congressistes se sont bien gardés de dresser un quelconque inventaire et nont donné ne serait-ce quun début de réponse à une question vitale : où va le RNI ?
Finalement, le congrès, organisé sous le thème dun nouveau rassemblement dans une nouvelle ère, sest contenté de clore ses travaux par l'approbation du projet du statut du parti, pour se conformer aux dispositions de la loi sur les partis politiques. Un statut qui apporte quelques nouveautés comme l'augmentation de l'effectif des membres des structures nationales du parti, la réduction des attributions du président au profit du bureau exécutif et du comité central et la fixation à 15% de la représentativité des femmes et des jeunes au sein de tous les organes du parti.
Des jeunes cadres du parti avaient pourtant cru que la délicate transition dun parti de ladministration à un parti de syndicats, de jeunes et de mouvements associatifs et sociaux, allait enfin être amorcée. En vain. Une grande partie de la direction a visiblement préféré éluder, ou au moins reporter sine die, le débat. Ce parti a besoin de jeunes militants, réalistes, mais qui croient néanmoins en quelque chose. Il a besoin d'un nouveau souffle pour l'aider à changer son image, et ce nouveau souffle ne peut être apporté que par du sang neuf, explique avec dépit un jeune cadre du parti. |
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Carrière. Un parcours sans faute
Issu dune riche famille du Rif, fidèle au sérail, avec un frère général à la Garde royale et un autre conseiller royal, Mustapha Mansouri a montré, au terme du congrès du RNI, qu'il pouvait forcer sa chance pour décrocher une présidence pourtant très disputée. Son élection à la tête du parti est le couronnement d'un parcours sans faute. Et jusquau dernier moment, on ne donnait pas cher de ses chances dévincer Oukacha, commente un membre du parti. À 53 ans, lhomme a déjà été plusieurs fois ministre sous les couleurs du RNI. Ce natif de Nador, titulaire dun doctorat d'État en économie, a fait ses premiers pas en politique en décrochant la députation de sa région natale en 1993. Il a de plus assuré, entre 1993 et 1997, la présidence du groupe parlementaire du RNI. Tout en ayant ses entrées chez les quadras de la nouvelle ère, dans les cercles proches du Pouvoir, lhomme bénéficie de bons appuis auprès des notables du RNI. Conscient d'avoir été appelé essentiellement pour faire oublier les frasques de Osman, Mansouri confie quil compte initier un nouveau style de gestion. Arrivera-t-il pour autant à donner une nouvelle identité au parti des notables ? Wait and see
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