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Propos recueillis par
Mehdi Sekkouri Alaoui
Interview.
Noureddine Naybet. Le foot, cest fini !
Dans cet entretien, le pro le plus titré du football marocain revient sur sa carrière, son récent départ à la retraite et ses projets davenir. Confessions dune légende vivante.
Depuis quelques mois, vous avez soudainement disparu des terrains. Pourquoi ?
Jai tout simplement pris ma retraite. Cest une décision importante que jai prise après mûre réflexion. Et contrairement à ce qui se dit ici et là, ce nest pas à cause dune baisse de régime, mais plutôt pour des raisons strictement personnelles. Il y eut dabord la naissance de |
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mon premier enfant, puis létat de santé de ma mère, qui nécessitaient toute mon attention. Javais la possibilité de prolonger dune année supplémentaire mon contrat avec le FC Tottenham, ou daccepter des offres provenant de nombreux autres clubs. Mais il nétait plus question pour moi de poursuivre ma carrière. Pour moi, le foot cest fini !
Comment expliquez-vous que le départ à la retraite de lun des plus grands joueurs de lhistoire du football marocain que vous êtes soit passé inaperçu ?
Il faut savoir quen Europe, il y a eu tout un tapage médiatique lorsque jai fait part de ma décision de me retirer. Par contre, au Maroc, ce fut, au contraire, comme si rien ne sétait passé. Malheureusement, chez nous, les gens qui doivent aller à la recherche de linformation et la relayer ont pris lhabitude dattendre dans leur coin quon vienne vers eux. Dailleurs, personne nest venu me demander quoi que ce soit. Je ne vais quand même pas me mettre à le crier sur les toits !
Et le jubilé, cest pour quand ?
Cest un peu prématuré den parler. Il y a en effet quelques idées à létude. Des amis mont dailleurs contacté à ce sujet. Mais je pense quil y a plus urgent, dautant que de nombreux anciens joueurs attendent leur jubilé depuis bien longtemps.
Comptez-vous, comme le laisse entendre la rumeur, entamer une carrière dentraîneur ? Il se dit même que vous avez reçu quelques propositions
Laissez-moi au moins le temps de mhabituer à ma nouvelle vie de retraité ! Non, sérieusement, après une longue carrière, jai envie de prendre un peu de recul, me reposer, moccuper de ma famille et voir plus souvent mes amis. Pour le moment, cest tout ce dont jai envie. Peut-être que dans deux ou trois ans, je changerai davis. Dautre part, il faut que les gens se mettent dans la tête quon ne simprovise pas entraîneur, quil faut posséder un bagage suffisant pour pouvoir le faire. Le bon joueur que jétais nest pas assuré de devenir un bon entraîneur.
Revenons à vos débuts. Comment le gamin du quartier de Derb Soltane, fief du Raja, se soit retrouvé chez les ennemis du Wydad ?
Cest sûrement des Rajaouis qui vous lont soufflée celle-là ! (Rires). En fait, je nai passé quune partie de mon enfance à Derb Chorfa, en plein Derb Soltane, avant de déménager à Hay Al Farah. Pourquoi le WAC ? Ce sont des rencontres et surtout le destin qui en ont décidé, parce que je nétais pas un fervent Wydadi. En fait, à lépoque, je navais de préférence ni pour les Rouges ni pour les Verts, jétais seulement un gamin qui adorait taper dans un ballon de foot.
Est-il vrai que lors de votre passage au Deportivo La Corogne, vous avez été approché par le Real de Madrid et Manchester United ?
Tout à fait. Pour ce qui est du Real, tous les entraîneurs qui sy ont succédé voulaient mincorporer dans leur groupe, et jétais à chaque fois en tête de liste des joueurs quils espéraient recruter. Ils se sont déplacés plusieurs fois pour me rencontrer, même au Maroc, mais malheureusement, le Deportivo exigeait des montants astronomiques pour un éventuel transfert. Concernant Manchester United, jai eu directement affaire à son célèbre manager Sir Alex Fergusson. Il me suivait depuis quelque temps et ma dit avoir été impressionné par mon jeu lors du match de léquipe nationale contre lEcosse, durant le Mondial 1998. Il mavait envoyé son jet privé pour me rendre à Manchester, où il mattendait personnellement à laéroport. Jai passé des tests concluants et il était vraiment question que jintègre le club mancunien. Mais là aussi, le Deportivo sest montré très gourmand.
Est-ce que vous ne regrettez pas que ces transferts naient pas abouti ?
Pas un seul instant. Je suis plus que satisfait de ma carrière. Le gamin que jétais naurait jamais pu espérer évoluer un jour dans les plus grands championnats européens. Tout ce qui mest arrivé, ce nest que du bonus, et jen remercie Dieu tous les jours. Et puis jouer au Depotivo La Corogne de lépoque nétait pas donné à tout le monde. Je vous rappelle que nous avons remporté le championnat dEspagne en 2000, la coupe dEspagne et la Super coupe dEspagne en 2002, face au Real Madrid des Zidane, Ronaldo et autre Figo
Plus tard, jai pu réaliser lun de mes rêves : jouer en Angleterre dans un grand club. Je pense que ce nest déjà pas si mal comme carrière !
Que pensez vous du niveau actuel du football marocain ?
Malheureusement, il a beaucoup régressé depuis le milieu des années quatre vingt-dix. Les résultats sont mitigés. Tous nos joueurs ne rêvent que dune chose : quitter le pays. Nos stades sont constamment vides alors quà une époque, les gens sy rendaient même en famille. Cest dommage, surtout que le Maroc a tout pour être une grande nation de football.
Comment expliquez vous ce déclin ?
La raison est très simple : chez nous, tout le monde se focalise sur léquipe nationale et délaisse le championnat, qui devrait au contraire être lobjet de toutes les attentions. Il faut comprendre que pour constituer une sélection nationale de haut niveau, il est nécessaire davoir un championnat de haut niveau. Cest aussi simple que cela. Tous les intervenants, des responsables de la fédération aux dirigeants des clubs, en passant par les journalistes, doivent être conscients de cette réalité. Il suffirait alors de sinspirer de ce qui se passe dans les championnats étrangers. Ils le doivent bien au public marocain. |
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Carrière. De lEtoile à Tottenham
Comme tous les gamins de son âge, Noureddine Naybet tape ses premiers ballons dans la rue casablancaise, à Derb Chorfa plus précisément. Il est très vite repéré par le club de lEtoile, où il ne passe quune petite semaine avant de se retrouver au WAC. Chez les Rouge et Blanc, il brille dans léquipe des juniors, avant dexploser chez les seniors. Avec le club casablancais, il remporte trois titres de champion du Maroc et une coupe de la Ligue des champions africains en 1992. Il entame alors une brillante carrière internationale qui le mène dabord au FC Nantes (1993 1994), au Sporting de Lisbonne (1994 1996), au Deportivo La Corogne (1996 2004) et enfin au Tottenham Hotspurs (2004 2006). En Espagne, celui quon surnommait alors El Matador, a remporté un championnat dEspagne (2000) et une coupe dEspagne, ainsi quune supercoupe (2002).
Sous le maillot de léquipe nationale, Noureddine Naybet sest également illustré avec six participations en Coupé dAfrique des nations et deux en Coupe du monde
sans cependant accrocher le moindre titre. Il détient cependant le record des sélections (115), qui sera difficile à battre. |
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