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N° 276
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Barbara Hendricks
(DR)

Festival de Fès. Sacrés invités

Qui a dit que le chiffre 13 portait malheur ? En tout cas, la 13ème édition du Festival de Fès des musiques sacrées serait un bon exemple pour démentir la croyance. Après un violent séisme organisationnel, avec le départ de l’ancien président, et une sérieuse remise en question artistique et éditoriale, qui a abouti à pas mal de changements, le Festival s’offre une édition 2007 haute en couleurs. Une ouverture présidentielle avec le couple Chirac – attendu officieusement au terme d’une semaine de repos dans le sud. La reine Rania de Jordanie aura également été de la fête, de retour de Dublin où elle remettait le
Frontline Award for Human Rights aux côtés de Bono, le chanteur du groupe irlandais U2. Pour rester sur une note politique, c’est Barbara Hendricks, cantatrice réputée pour ses engagements politiques en faveur des réfugiés et des enfants, qui ouvre donc le bal des notes sacrées. Autre pasionaria, la deuxième invitée du festival, Angélique Kidjo - son nom tout autant que sa voix-, Béninoise, citoyenne du monde, militante de la diversité culturelle, et désormais connue du pays – au festival mawazine en l’occurrence. Puis, il y a le jazz de Tania Maria, bercé quelque part entre son Brésil natal, et ses amours parisien et new-yorkais. Et ce n’est pas fini. La touche du maître ; comme pour marquer à vie la singularité de cette édition, Fès reçoit cette année le premier zoulou blanc d’Afrique. Johnny Clegg mesdames et messieurs !

Festival des musiques sacrées de Fès. Du 1er au 9 juin.



Sortie. Pirates United

Le milieu de la piraterie va mal. Lord Cutler Beckett et sa compagnie anglaise des Indes orientales contrôlent les sept mers. Même le terrifiant navire “Le Hollandais volant” et son maudit capitaine, Davy Jones, sont désormais sous leur emprise. Face à cette machine à exterminer les pirates, seul un rassemblement des neuf seigneurs de la piraterie, dispersés aux quatre coins de la planète, pourrait tenir. Pour les réunir, Will Turner (Orlando Bloom), Elizabeth Swann (Keira Nightly) et le capitaine Barbossa devront aller jusqu’au bout du monde et - plus dur encore - retrouver l’inégalable Jack Sparrow (Johnny Depp). “Jusqu’au bout du monde”, c’est 2h 48mn d’aventure fantastique et d’effets spéciaux, avec une bonne dose de dérision, marquant une excellente succession des deux précédents volets à succès de Disney. Petit bémol : on se perd un peu entre les 1001 nouveaux personnages, alignés au casting par le réalisateur Gore Verbinski. Heureusement, un Depp toujours en forme fait vite oublier le reste. Et surtout, si la perfection est divine, le show, lui, est définitivement hollywoodien.

Pirates des Caraïbes III, au Mégarama.



Come-back. No future ya sidi

Ils sont punks, ils sont chaâbi (oui c’est possible) et ils reviennent de loin. Après plusieurs tentatives ratés de come-back, les Haoussa retrouvent enfin la scène. Et pour de bon. La machine s’est remise en marche en février dernier avec de nouvelles têtes, entre autres Ali Tahiri, le bassiste des Mazagan, et Amine Bendriouich, le designer de la griffe urbaine Hmar ou Bikheer, reconverti en vocaliste pour l’occasion. Le groupe est actuellement en résidence avec la formation de reggae belge Deep Culcha, pour préparer sa prestation de retour : du chaâbi punk à base de “Bechnikha”, “Alwadâa” et de nouvelles compositions avec les Deep Culcha en featuring. À (re)découvrir le 3 juin au RUC, à la clôture de L’Boulevard.


Tournage. Adieux amers

Après sept ans de réflexion et un scénario dix fois remanié, Mohamed Ismaïl a enfin donné le premier tour de manivelle de son nouveau film Adieu Mères, long-métrage qui revient sur un épisode tourmenté de l’Histoire du Maroc : l’exode clandestin des juifs marocains vers Israël au début des années 60. “L’idée m’est venue en discutant avec des juifs de Tétouan sur le tournage de mon précédent film, Et après”. L’Histoire, avec un grand H, sera portée par les petites histoires entre Brahim (Rachid El Ouali) et Henri (Marc Samuel), l’un musulman, l’autre juif, mais tous deux liés par une forte amitié depuis l’enfance. Débuté il y a trois semaines, le tournage se déroule là où a germé l’idée du film, à Tétouan et dans son arrière-pays, avant de se déplacer au courant de cette semaine à Casablanca. Par souci de précision historique, Ismaïl a fait appel à un conseiller bien mystérieux. Un ancien agent israélien envoyé dans les années 60 au Maroc pour encadrer l’émigration des juifs. Motus et bouche cousue sur son nom…


Formation. À l’école du cinéma

L’Ecole Supérieure des Arts Visuels de Marrakech prépare activement sa rentrée. “Nous espérons accueillir 48 étudiants contre 18 l’année dernière”, projette son directeur Vincent Mellili, qui a reconduit le système de parrainage, mis en place l’année dernière pour les étudiants désargentés. “Nous avons obtenu des financements d’institutions, comme la Fondation Elle, et l’aide de professionnels du cinéma, à l’instar de l’acteur Pascal Greggory qui a pris en charge les frais de scolarité d’un de nos étudiants”, se réjouit Mellili. La nouvelle fournée de cinéastes en herbe sera accueillie en septembre dans des locaux flambant neuf, qui comprendront deux plateaux de tournage, un auditorium de mixage ainsi qu’un studio photo. En plus, une salle de cinéma de 250 places fera office de cinémathèque ouverte à tous les publics. L’école est d’ailleurs en contact poussé avec Wim Wenders pour animer des Masters Class.

Dépôt de dossier avant le 30 juin.



Azemmour. Ça commence bien

Une Sofia Essaïdi en forme et même à la guitare, c’est nouveau, mais sur un répertoire dominé par des standards plutôt convenus. Un Nabil Benabdellah en campagne (les législatives, c’est pour bientôt), accompagné de sa petite famille… C’est ce que les esprits chagrins ont retenu en premier lieu d’une virée à l’ouverture du Festival d’Azemmour, le 24 mai. Plus marquant, la performance et le nu-flamenco survitaminé des barcelonais Ojos de Brujo, que les Darga avaient rencontrés du côté du festival Pirineos l’an dernier. Les jeunes Espagnols de Casablanca ont d’ailleurs fait le déplacement en masse, reprenant leurs chansons à tue-tête. Enfin, le plus important, c’est sans doute l’engouement populaire suscité par le Festival, avec plus de 20 000 spectateurs présents au concert de la coqueluche de la Star’Ac. Du réconfort pour les habitants d’une ville jadis oubliée, devenue aujourd’hui très hype.


Débordement. Urban part en live

“On ne s’attendait pas à autant de succès... Ni à autant de désordre”, résume Amine Amara, de l’association Urban Style. Et pour cause, près de 4500 fans prenaient d’assaut l’espace de l’IF de Meknès, pour la soirée Urban Live du 24 mai, pour à peine 2000 tickets vendus. “Des gens ivres sont montés sur les barrières et des projectiles ont fusé vers la scène”, poursuit Amara. Ce dernier a dû interrompre le show “pour assurer la sécurité des artistes”, au grand dam des fans, privés des performances d’Aminoffice, Azed, Steph Ragga Man et Loubna. Encore une fois, l’absence de lieux adaptés à ce type de spectacles se fait ressentir. “Nous aurions préféré la gratuité, sur la place publique, mais c’est impossible sans un gros sponsor ou une subvention. Puisqu’il n’y a pas d’autre endroit, nous profitons de l’aide de l’IF, mais gérer un lieu clos est plus difficile”. À bon entendeur...


Album. La moisson de Malek

Il y a des choses qu’on a définitivement du mal à apprécier, même servies avec les meilleures intentions du monde. Des concepts comme la tolérance parce que trop abscons. Des langues comme l’arabe de la télé parce que trop approximatives. Et des musiques comme les ballades de Malek parce que si peu inspirées. Et elles sont onze à en souffrir sur son dernier album, Lhssad (le moissonneur). Des textes un peu trop ressemblants, avec leur mer et leur ciel, leurs temps et leurs infinis, leurs souvenirs imprécis, de cette vie, d’une autre vie. Dans la confusion, en voyage entre Casa et Constantine au triste moyen d’une comptine. Et en parlant de comptine justement, on y résumerait bien les onze mélodies de cette moisson, si ce n’était cet étrange solo de guitare planté au milieu de “On s’attendra”. Bref, sauf si on aime Cabrel…


2007 Daba. Vote et gospel

Noureddine Ayouch a décidément de la suite dans les idées. Après avoir lancé l’association 2007 Daba - et osé une vaine tentative de rallier Bigg à sa cause-, l’homme de communication entre en contact avec le groupe de gospel marocain Midnight Shem’s. Le but ? Réaliser le clip officiel Nodou Nodou - diffusé sur les deux chaînes nationales, un spot publicitaire pour encourager les jeunes à aller voter lors des législatives de septembre. Une idée en entraînant une autre, Midnight Shem’s ira prêcher la bonne parole à travers le pays. La formation, se sentant pousser des ailes, décide (enfin) de sortir un album prévu pour le mois d’août 2007. Ce sera le premier album pour les sept membres du soleil de minuit en dix ans de vie commune. Mais après tout, chacun voit minuit à sa porte.


Le livre.

Une lycéenne a disparu. En l’absence de toute trace de violence et d’indices, la police conclut à une simple fugue, d’autant que la disparue a bouclé ses 18 ans. Quelques jours plus tard, une deuxième disparition est enregistrée dans le même lycée. La police réitère ses conclusions, mais Myron Bolitar, ex-détective et ami des parents, décide de mener son enquête… Et c’est parti pour 500 pages haletantes qui démarrent à la rébellion adolescente, plongent dans le désarroi parental et finissent en suspense, sueurs froides et meurtres en série. Dans Promets-moi, Harlan Coben réussit le parfait dosage entre le thriller et le roman psychologique. Particulièrement conseillé aux amateurs des nuits cauchemardesques.

Promets-moi, Harlan Coben ; Ed, Belfond.




Humeur.
Very Important Peanuts

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Anonyme à Cannes où les stars se ramassent à la pelle, le réalisateur Ahmed Boulane déambulait sur la Croisette pour vendre son dernier film, Les Anges de Satan, suivi par une caméra de 2M, relatant les faits et gestes de la délégation marocaine. Le long-métrage du volubile cinéaste avait suscité la controverse avant même sa sortie au Maroc. Dans l’arène cannoise, du producteur hollywoodien au touriste allemand en sandales chaussettes, personne n’avait entendu parler d’une quelconque polémique artistique sur le droit d’adapter l’histoire de jeunes poursuivis pour satanisme. Aussi Boulane avait-il laissé en consigne au Maroc son goût pour la provocation, troquant le show-off pour un prosaïque sac à dos bourré de DVD de son “film évènement”. Il n’était plus question de choix artistiques, mais d’accrocher l’œil d’un distributeur étranger en lui refilant en mains propres un exemplaire de l’œuvre. L’ambivalence du cinéma marocain était tout entière contenue dans ce porte-à-porte du cinéaste. Ici, un orgueil de créateur à fleur de peau. Là-bas, la modestie d’un vendeur de DVD au coin de la rue. Il semblait bien loin le tapis rouge de Marrakech, dans le reportage diffusé par 2M. Et si cruel, ce paillasson cannois où le cinéma marocain devait s’essuyer les pieds avant d’entrer. Mais pour une fois, enfin, un cinéma sans effets de manches, presque touchant d’humilité…



Un week-end à Khouribga ?
Ils arrivent de Beni Mellal, de Fqih Ben salah, de Bejâad, de Oued Zem, de tous les coins du triangle de la mort, les Abidates Rma, champions en titre du coup de ciseaux musical et du gumboot (babouches à la place des boots), se rassemblent à Khouribga du 1er au 3 juin pour leur septième festival.

Vjing Xperience
Les sociétés de productions Visual Propaganda et Let’s Be lancent le “Half Moon Xperience”, une soirée 100% Trance et psychédélisme. Au programme de cette première veillée, des sets des Djs John Phantasme et Cadix, ainsi que le live des VJ (pour Visual Jockey) Vegeta et Addix, transmis sur écran géant. Le 9 juin au Palm Beach de Tamaris, Casablanca.


Ministère rappeur
“Ministère des Affaires populaires”, c’est le nom de ce joyeux band lillois, qui mélange avec bonheur rap, violon et accordéon. Le groupe militant, via son “rap musette”, chantera ses “salutations révolutionnaires”, le 13 juin, à la villa des Arts de Rabat.

 
 
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