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N° 276
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

La croissance en 2007 devrait
être quasi-nulle, principalement
à cause d’une campagne
agricole désastreuse.
(AFP)

Macroéconomie. L’économie ralentit

Une enquête du Centre marocain de conjoncture, sur les perspectives de croissance pour les deux prochaines années, prévoit une “quasi-stagnation de l’activité économique globale”. Les prévisions de ce centre indépendant font état d’un taux de croissance de 0,4% en 2007, contre 8,1% l’année dernière. L’étude, rendue publique récemment, met l’accent sur le bon comportement des activités non agricoles. La tendance haussière doit se maintenir avec un PIB hors - agriculture qui devrait atteindre 387 milliards de dirhams en 2007 et plus de 404 milliards l’année prochaine. Les taux de croissance sont
d’ailleurs assez impressionnants pour les différents secteurs d’activité : BTP (7,9%), industries manufacturières (4,2%), mines (5,6%) ou encore transports et communications (6,5%). Néanmoins, le secteur agricole devrait peser de tout son poids, selon les analyses du CMC. Sur la base d’une récolte céréalière réduite à moins de 30 millions de quintaux (contre environ 86 millions en 2006), le PIB agricole dégringolerait de 22,9%. Ce taux devrait s’aggraver davantage vu que les dernières prévisions du ministère de l’Agriculture sont encore plus catastrophiques : une récolte de 20,5 millions de quintaux. Les superficies couvertes par une assurance agricole ont été toutes déclarées sinistrées. Et dire que les responsables gouvernementaux s’entêtent toujours à assurer que la croissance est indépendante de la pluie et du beau temps.


Tourisme. Encore Fadesa dans le coup

Après Saïdia, la Plage blanche et d’autres projets sur Marrakech ou Agadir, le groupe espagnol Fadesa remporte deux nouveaux méga-projets au nord du pays. Le 26 mai, le groupe a signé une convention d’aménagement touristique des zones de Smir et de Laguna Smir, situées à Tamuda Bay, entre M’diq et Fnideq. L’accord porte sur un montant d’investissement de près de 3,3 milliards de dirhams. Le programme de Fadesa prévoit la création de 5000 lits hôteliers dans les catégories 4 et 5 étoiles ainsi que des résidences touristiques. Le tout devant générer près de 10 000 emplois directs. Seul bémol le groupe est peu regardant sur les questions de l’environnement. A Saïdia déjà, les dégâts causés par le groupe font jaser. Le constructeur espagnol est même candidat au prix Atila, qui est “décerné” chaque année par des ONG écologistes espagnoles aux entreprises ayant le plus contribué à la destruction de l’environnement.


Grande distribution. La parapharmacie s’y met

Le concept de “Cash & carry” fait son entrée dans le secteur pharmaceutique. Pharma Self, le spécialiste en parapharmacie, prévoit un investissement de 10 millions de dirhams dans le secteur à travers la mise en place d’une chaîne de six points de vente. Il s’agit d’un espace commercial exclusivement réservé aux pharmaciens, qui disposeront d’une carte magnétique personnalisée pour avoir accès aux différents services proposés, notamment une offre très large et des conditions commerciales sous forme d’intéressements et de remises. La première unité a été inaugurée cette semaine à Casablanca. Suivront par la suite celles de Rabat, Fès, Tanger, Marrakech et Agadir.


Tanger Med. Bouygues à votre service

A peine la construction du premier quai à conteneurs terminée que Bouygues, le bâtisseur français, rempile pour un nouveau contrat sur le méga-projet du port Tanger Méditerranée. Un marché de 1,66 milliard de dirhams qu’il partage avec sa filiale marocaine, Bymaro, et le groupe Saipem. Sa présence sur le site et surtout, le respect du délai d’exécution du premier marché, ont certainement joué en faveur du groupe français lors du processus d’appel d’offres. Le groupe a d’ailleurs même proposé la construction de huit quais d’accostage au lieu des 6 prévus initialement. Ce port, dédié aux passagers et camions, devrait entrer en service en 2009. Sa capacité sera de plus de 7 millions de passagers et de 700 000 camions par an, soit pratiquement le double de ce qu’assure le port actuel de Tanger.



Pendant ce temps, le peuple….
Destins de banquier

Il s’appelle Saâd et porte mal son prénom. “Je porte plutôt la scoumoune”, se lamente notre héros. Il a bien raison de déprimer. Il y a deux ans à peine, il se la coulait douce dans la banque de Othman Benjelloun. Son poste lui autorisait des virées en jet privé avec le président, sans parler de la Jaguar et des autres cadeaux d’un patron paternaliste. Mais pour une augmentation de salaire de 20%, il a préféré changer de camp : il est passé chez le concurrent Attijari. “Jamais, je n’aurais du faire cette ‘zabla’”, se dit-il. Question sous, il a laissé des plumes dans sa transhumance. Quand il a quitté la BMCE, la banque a distribué des actions gratos à ses salariés. Ses collègues ont obtenu l’équivalent d’un an de salaire en titres sans avoir à sortir le moindre sou. La banque leur a accordé un crédit gratuit, en contrepartie, ils s’engageaient à conserver les titres pendant deux ans. Cette semaine, l’échéance est arrivée à terme. Les salariés BMCE ont pu vendre une partie de leurs actions à cinq fois le prix d’achat. Résultat : au moins deux ans de salaire comme prime. Au-delà du fric, Saâd regrette surtout les cérémonies pour employés modèles chères à Benjelloun. Il aurait tant souhaité participer à la surprise organisée pour le magnat de la finance, afin de le remercier de sa générosité. Et porter le T-shirt “merci président”. Il faut dire qu’il vit un enfer dans la maison Attijari. Depuis qu’on a viré Oudghiri, jalousies et intrigues hantent les couloirs de la banque. Saâd a même dû assister à un pot de départ en l’absence du concerné… vêtu d’un tee-shirt où il est inscrit “adieu président”.



OFF.

Le projet d’une raffinerie de pétrole à Jorf Lasfar serait enteriné. Il aurait été confié à une société émiratie. Depuis l’incendie de la Samir, les pressions étaient fortes sur le raffineur pour délocaliser son outil de production à Jorf Lasfar. Le projet fut cependant écarté, suite au lobbying des Saoudiens. Néanmoins, les distributeurs, le groupe Akwa en tête, ont continué à défendre le principe de la diversification des entrées du pétrole. Ils auraient ainsi obtenu gain de cause et le groupe d’Akhanouch serait partie prenante dans ce deal.

 
 
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