Censure. L'affaire Youtube
RNI. Le sacre de Mansouri
Droits de l'homme. Herzenni prend le relais
Migrations. La révolte des réfugiés
Société. Des mariages sans noces
Noureddine Naybet. "Le foot, c'est fini !"
Insolite. "Allez l'Ouueeem !"
Mohamed Benchicou. "Les sociétés arabes sont en avance sur leurs régimes"
Portrait. L'historien de la colonisation
Bourse. Le calme après la tempête
Tendance. Le retour du patriotisme artistique
Cinéma. Quand Scorsese rencontre Maânouni
Coup de coeur. Un film, deux légendes
Exposition. Des toiles et des gestes
N° 276
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Camp de concentration
de Bouarfa, 1941..
(DR)

Camps de concentration. Mohammed V, “juste” en devenir


Pour les besoins de l’enquête sur les camps de concentration de juifs au Maroc (TelQuel n° 274), nous avions soumis une série de questions à Robert Satloff, auteur de Parmi les justes, histoires perdues dans le long prolongement de l’Holocauste dans les pays arabes. Le chercheur américain nous a répondu trop tard pour que nous puissions utiliser ses réponses dans notre dossier. Retour a posteriori sur les explications de Robert Satloff. A propos de l’éligibilité de Mohammed V au statut de “juste parmi les nations”, titre honorifique qui récompense les
personnes qui ont eu le courage de sauver des vies juives pendant la 2ème guerre mondiale, Satloff déclare : “Les critères d’éligibilité à ce statut sont stricts, et bien qu’il n’y ait aucun doute sur la sympathie de Mohammed V envers ses sujets juifs et ses déclarations publiques pour les défendre, les responsables du Mémorial de Yad Vashem (ndlr : institution chargée de trancher) chercheront des actions spécifiques qui ont permis de sauver des vies juives.” En ce qui concerne le cas des juifs marocains, Satloff précise “qu’un nombre infime d’entre eux a été interné dans les camps vichystes au Maroc, mais ils le furent pour des raisons politiques et non pas ethniques, raciales ou religieuses”. À propos du camp de concentration de Berguent, dans l’Oriental, Satloff écrivait dans son ouvrage qu’il était dédié aux seuls juifs. L’auteur confirme ce fait en rajoutant “qu’il est improbable que ce soit une simple coïncidence”. Fin de citation.


Al Qaïda. Le nouveau scoop de Houssaini

La somme de 86 000 DH, tel est le montant total déboursé par Al Qaïda pour présenter ses condoléances aux familles des sept kamikazes marocains morts en Irak, entre 2004 et 2006. L’argent en question aurait été expédié par le moyen de virements électroniques. C’est du moins ce qui ressort des révélations enregistrées à la suite de la confrontation entre Saâd Houssaïni et Abdelaziz Benzine, ordonnée par le juge d'instruction près la Cour d'appel de Rabat, mardi dernier. Les deux hommes, qui s'étaient rencontrés en Afghanistan en 2000, avaient mis en place, quelques années plus tard, des cellules pour le recrutement et l'envoi de kamikazes en Irak.


Insolite. Bodyguard au bord de la crise de nerfs

Le lundi 28 mai, la cérémonie de lancement des travaux du Four Seasons de Marrakech, en présence des princes Al Waleed Ibn Talal et Moulay Rachid, a été marquée par un incident qui a failli dégénérer. Une sérieuse prise de bec a en effet opposé une responsable de l'agence de communication, chargée de cet événement, aux membres de la sécurité royale. Particulièrement fébrile, l'un des gardes du corps de Moulay Rachid s'en est violemment pris à cette dame, qu'il a arrosée d'insultes, au vu et au su des nombreux invités. Morceau choisi: “Si ton mari n'arrive pas à te tenir, moi je suis aroubi (paysan) et je sais comment mater les (…) de ton espèce”… No comment.


Terrorisme. Fuite pas très scientifique

La vidéo (amateur) montre des éléments de la police scientifique attroupés autour d’un cadavre appartenant à l’un des deux kamikazes du 14 avril, sur le Boulevard Moulay Youssef à Casablanca. On y voit une dame (en blouse blanche) manier la tête du kamikaze, l’aspergeant d’un liquide contenu dans une banale bouteille de boisson gazeuse. L’équipe qui procède à l’examen du cadavre reste zen tout au long de la vidéo et l’un des membres de cette équipe de choc se permet même ce commentaire : “Hum, il ne se brossait pas les dents celui-là !”. Selon toute vraisemblance, il y a eu fuite chez nos limiers de la police scientifique, qui a l’habitude d’archiver certaines de ses interventions. Une première au Maroc.


Marché de l’art. Gharbaoui au top

Une toile du défunt Gharbaoui a été adjugée à 670 000 dirhams, la semaine dernière, dans une vente aux enchères à… Paris. C’est une double première pour Gharbaoui. Vu qu’il explose son record, qui plus est à l’international, en dehors du giron du marché de l’art local où sa meilleure performance plafonnait à 300 000 dirhams dans les ventes aux enchères et à 500 000 dirhams dans les négociations de gré à gré entre collectionneurs marocains. C’est d’ailleurs l’un d’entre eux qui a réussi à acquérir la toile de Gharbaoui, une œuvre autour de laquelle amateurs d’art marocains et français se sont livrés une bataille rangée. C’est une petite consolation pour Gharbaoui, un artiste torturé que l’on présente souvent comme le Modigliani marocain. Fasciné par le destin de ce peintre, le cinéaste Faouzi Bensaïdi caresse le projet d’une biographie filmée du plasticien.


Presse. Le cas Assahifa

Le quotidien Assahifa a suspendu sa parution en début de semaine. “On arrête parce que nos objectifs, en termes de ventes d’espaces publicitaires et de ventes tout court, n’ont pas été atteint” nous a notamment expliqué l’actionnaire principal, Fadel Iraki. Assahifa, pour rappel, avait lancé la formule quotidien à la rentrée 2006 (le titre paraissait, jusqu’alors, à un rythme hebdomadaire). Le journal a déjà connu une première suspension il y a près de deux mois. “Un quotidien, cela coûte cher. Aujourd’hui j’arrête parce que la société n’a pas les moyens d’assurer tous ses engagements. Mais rien n’est définitif, on verra s’il est toujours possible de remonter le journal avec une autre configuration financière” a ajouté Iraki.


Prévisions. Electeur, où est-tu ?

Le ministère de l’Intérieur aura du mal à élargir l’assiette des électeurs. D’après le Haut commissariat au plan, près de 19,9 millions de Marocains sont en âge de voter, soit un manque à gagner de 4 millions de personnes par rapport au dernier bilan du corps électoral inscrit sur les listes, et qui était de 16 millions. Pour doper ces résultats insuffisants, le ministère de l’Intérieur a prolongé le délai d’inscription, mais les résultats définitifs ne seront connus que le 26 juin. Arrivera-t-il à combler le déficit ? Pas si sûr. Surtout que le profil des électeurs renvoie au “Maroc profond”. L’enquête du HCP a révélé qu’une personne sur deux est analphabète... Dur, dur.


Grève. Les campus encore à l’arrêt

Rien ne va plus dans les universités. Après les affrontements entre étudiants, les enseignants affiliés au SNE-Sup ont observé une grève nationale de 2 jours pour protester contre le retard d’avancement des lauréats des doctorats en français et du troisième cycle. Ce débrayage, qui intervient en pleins préparatifs électoraux, a été largement suivi, à en croire les responsables de ce syndicat, dirigé par les socialistes mais fortement infiltré par les islamistes du PJD. Pourquoi les socialistes se sont-ils dressés contre leur camarade Habib El Malki ? “C’est le premier ministre qui gère ce dossier et non El Malki. Cette grève a été montée de toutes pièces pour récupérer la classe des professeurs universitaires, niche juteuse pour l’USFP”, confie un membre du syndicat, battant pavillon PJD. Ah bon ?


Propagande. La Jamaâ voyage bien

Décidément, il n’y pas que Nadia Yassine qui attire le monde anglo-saxon. Abdelouahed Moutawakil, membre dirigeant de la Jamaâ de Cheikh Yassine, s’y est mis lui aussi. Du 18 au 25 mai, il a séjourné au Québec, sur invitation d’une association répondant au doux nom de “Bel-Agir”, où il a donné une série de conférences sur un thème commun, mais très lucratif politiquement : “Le musulman contemporain, entre la pauvreté spirituelle et le remède de la foi”. On est en droit de “lire” le cours des événements de la manière suivante : interdite de parole au Maroc, la Jamaâ prêche sa littérature à l’étranger. Pourvu que ça dure !


Classement. Le Maroc pas si tranquille que ça

Le magazine britannique The Economist vient de publier mercredi “l’index global de tranquillité”, un classement de 121 pays, qui se base sur des données comme le niveau de corruption, le climat des investissements, le niveau de violence ou des dépenses militaires, l’emprise du crime organisé… Alors que la Norvège peut se vanter de son statut d’état le plus tranquille au monde, juste devant la Nouvelle-Zélande et le Danemark, le royaume pointe, lui, au 48ème rang, devançant des pays comme la Libye (58), les Etats-Unis (96), l’Algérie (107) ou Israël (119). On l’aura deviné, l’Irak ferme la marche sans grande surprise.


Tabagisme. Info fumeuse

Aïe ! 18% des Marocains fument. 14,5% d’entre eux le font quotidiennement, le reste occasionnellement. C’est ce qui ressort des résultats préliminaires d’une enquête nationale sur le tabagisme, présentée mercredi lors du lancement, par la princesse Lalla Salma, d’un programme-pilote appelé “Collèges, lycées et entreprises sans tabac”. Grande surprise, nous sommes au-dessus de la moyenne mondiale, qui pointe à 10%. L’étude nous apprend par ailleurs que plus de 60% des fumeurs ont entre 20 et 39 ans. Paradoxalement, 90% des sondés sont bien conscients que le tabac nuit à leur santé. Pourtant…


Accidents de la route. Dieu vous protégera

Un député istiqlalien a demandé (le plus sérieusement du monde) à Karim Ghellab, ministre des Transports, d’installer des panneaux qui “inciteraient les conducteurs à prier Dieu” (dikr Allah). Selon le valeureux député, “cela réduirait drastiquement le nombre d’accidents sur nos routes”. Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, le député a également plaidé en faveur de l’arabisation des panneaux de circulation, “compréhensibles par le plus grand nombre”. Karim Ghellab, qui planche depuis plusieurs mois sur un projet révolutionnaire du Code de la route, a dû s’en arracher les cheveux.



3 questions à Mohamed Sebbar
[Président du Forum Vérité et Justice]


Vous avez annoncé la création d’un collectif de lutte contre la torture. Pourquoi ?
Nous nous sommes regroupés avec sept autres associations pour célébrer la prochaine journée de lutte contre la torture, le 26 juin. Notre objectif est de dénoncer cette pratique qui persiste malgré l’entrée en vigueur de la loi qui la pénalise. Plusieurs cas ont été signalés dans les commissariats de police et les prisons.

Qu’est ce qui explique ces violations ?
Nos lois ne sont pas appliquées et il n’y a pas de volonté politique pour y remédier. Le Maroc a signé la convention internationale sur la torture, mais a émis des réserves sur un point très important, celui qui permet à un Marocain condamné injustement de demander réparation à une commission onusienne. Les mentalités sont difficiles à faire évoluer. Il n’est jamais facile de demander à un bourreau de cesser de torturer.

Quelles sont les “affaires” où des cas de torture sont toujours relevés, d’après vous ?
Les affaires de terrorisme, généralement. Mais ce n’est pas une règle. Nous avons par exemple demandé l’ouverture d’une enquête à propos de deux Marocains torturés à Salé par les anciens GUS. Là encore, nous n’avons reçu aucune réponse des autorités. Sinon, nous avons demandé l’éclaircissement du cas d’un habitant de Taroudant mort dans des circonstances mystérieuses. On attend toujours…


Flirt. La tentation de Jettou

Driss Jettou a convié l’élite du RNI (l’ancien président Osman, le tout nouveau Mansouri, en plus d’une brochette de ministres “bleus”) au lendemain de la tenue du 4ème congrès du parti. L’objet de ce dîner entre amis serait, si l’on en croit certaines confidences, le souhait de Jettou… de se présenter aux prochaines élections sous la bannière du RNI. Le premier ministre hésiterait entre El Jadida, sa région natale, et Casablanca, où le parti bleu compte beaucoup d’appuis. Jettou se donnerait alors toutes les chances de rentrer au Parlement, et peut-être bien au gouvernement, au lendemain des élections de septembre 2007 !


Pêche illégale. Poulpe frais ou congelé ?

Le Syndicat national des officiers et marins de la pêche hauturière a présenté, lors d’une conférence de presse tenue en début de semaine, des preuves matérielles de pêche de poulpe en dehors des périodes légales. Le système pour contourner la loi serait simple comme bonjour. Selon Abderrhamane El Yazidi, secrétaire général du syndicat, “le poulpe pêché en période de repos biologique par des petits pêcheurs est revendu aux gros armateurs, qui le congèlent avant de le revendre une fois la pêche autorisée.” Le syndicat a transmis les preuves de ces transactions au ministère des Pêches maritimes afin qu’il diligente une enquête. Celle-ci serait encore en état de congélation…


Hillary Clinton. I love Morocco

Le Washington Moroccan Club, association regroupant des Marocains des Etats-Unis, a rencontré courant mai Hillary Clinton, dans la capitale américaine, afin de lui remettre un chèque de soutien pour sa campagne à l’investiture démocrate. “Ces réunions de levée de fond sont un bon moyen pour parler aux candidats en comité restreint”, nous a expliqué Hassan Samahouni, président du “Club”. La durée de l’entretien était sans aucun doute proportionnelle au montant du chèque : 2600 dollars, une goutte d’eau dans le fleuve des 26 millions de dollars déjà réunis par Hillary. Mais ce temps d’écoute acheté aura été suffisant pour recueillir les impressions de vacances de Hillary au Maroc. “Elle nous a dit qu’elle gardait d’excellents souvenirs de son voyage effectué en 1999”, raconte encore Hassan Samahouni. Bref, un raout entre gens de bonne compagnie…


Diplomatie. Préparez vos valises, messieurs dames !

Un large mouvement d’ambassadeurs est prévu avant la fête du trône, le 31 juillet prochain. La liste des nominations serait déjà établie par les deux patrons du département (Mohamed Benaïssa et Taib Fassi Fihri) et elle n’attend plus que le feu vert royal. À part le poste de Mustapha Sahel, ambassadeur du Maroc à l’ONU, que l’on dit “fatigué”, les capitales à pourvoir sont essentiellement africaines et arabes. Omar Hilal, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, est pressenti pour remplacer Sahel. Parmi les futurs ambassadeurs, on devrait retrouver la secrétaire d’Etat Nezha Chekrouni et les walis Hassan Amrani et Hassan Aourid, ce dernier étant favori au poste d’ambassadeur du Maroc à Washington.


Casa Espana. Du sang au savoir

La Casa Espana, une des cibles des attentats du 16 mai 2003, sera fréquentée par des étudiants à partir de septembre prochain. Le terrain où s’élève le club a été incorporé au projet d’université que construira le groupe d’enseignement privé ESG Maroc. “Les habitants du quartier (de La Casa) ont apprécié le fait que l’on tourne la page”, déclare Jack Knafo, président du groupe. Rappelons que les promoteurs de l’université privée avaient pris le soin d’organiser une cérémonie religieuse en présence d’un imam, d’un rabbin et d’un prêtre, dans les locaux de la Casa Espana. “Une manière d’exorciser le lieu”, souflle Jack Knafo.


Lee Murray. Braqueur comique

Souvenez-vous de Lee Muray / Brahim Lamrani, le maroco-britannique recherché par New Scotland Yard pour le hold-up perpétré en février 2006, dans le Kent, en Angleterre. Depuis son arrestation au Mégamall de Rabat, l’homme croupit en prison pour “violence, séquestration et détention de drogues”. Aucune mention du “braquage du siècle” (800 millions de dirhams !), comme le rappelle Paris Match. Dans une interview réalisée par le magazine parisien, Lee Murray pense que le Maroc n’extradera pas “un des plus fiers Marocains et son meilleur athlète depuis la retraite de Hicham El Guerrouj” ! Par contre, le magazine ne dit pas si Lee Murray compte se lancer dans une carrière d’humoriste.


PJD/Istiqlal. Fès comme champ de bataille

Les députés du PJD ont envoyé une lettre cassante à Abbas El Fassi, secrétaire général de l’Istiqlal, lui demandant de se prononcer officiellement au sujet des attaques portées contre eux par les élus istiqlaliens de Fès. D’après Lahcen Daoudi, “la guérilla” de l’Istiqlal a barré la route à 14 députés du PJD, qui voulaient rendre visite aux habitants des quartiers Taj et El Mssala. La voiture de l’un d’entre eux a même été saccagée. “Les habitants qui voulaient nous accueillir étaient attaqués à l’arme blanche. Nous ne pouvions circuler que sous escorte policière”, s’enflamme le député. Derrière ces attaques se trouverait Brahim Jamaï, le bras droit du maire de la ville Hamid Chabat. Ce dernier est demeuré injoignable.


Fait divers. La folie du portable

Un vol de portable au quartier Hay Mohammadi de Casablanca a très mal tourné mardi dernier. Revenue sur les lieux du délit, la femme victime du larcin a voulu récupérer son bien, assistée de trois gorilles. S’en est suivie une échauffourée entre les trois malabars et les jeunes du quartier. Le pire restait à venir. La dame a foncé au volant de son 4X4 sur un groupe de jeunes, heurtant mortellement l’un d’eux, avant de percuter une femme enceinte qui a perdu son bébé. Les obsèques du jeune homme écrasé ont été suivies, jeudi, par une foule imposante au “Hay”. Hospitalisée dans une clinique privée, la responsable de l’accident devrait être placée en garde à vue à sa sortie.


Marrakech. Un Choc et des ravages

Le dossier consacré par le magazine Choc Hebdo à Marrakech n'a décidément pas fini de faire des vagues. Après la campagne de rafles dans le milieu de la nuit marrakchie (près de deux cent filles arrêtées, d’après nos informations), on parle actuellement de l'introduction illégale au Maroc… de milliers d'exemplaires invendus de ce magazine, qui auraient été écoulés comme de banals produits de contrebande, via des réseaux informels. Chez Sochepress, le distributeur de Choc Hebdo au Maroc, on affirme cependant tout méconnaître de cette affaire. “À notre connaissance, la totalité des exemplaires disponibles sur le marché ont été distribués par nos soins”, affirme un chargé de communication de l'entreprise. Ce qui est sûr, c’est que le numéro en question suscite un engouement rare chez les lecteurs marocains !



Humeur. Une raclée marocaine

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

C’est sûr, le Maroc est un pays violent. Politiquement, mais aussi socialement. Une étude officielle parue cette semaine a indiqué que près de deux Marocains sur trois battent leurs enfants. Le “châtiment corporel”, selon la terminologie officielle, est donc un réflexe majoritaire, à la campagne comme à la ville, chez les analphabètes et les autres. Taper son gosse, taper tout court, est bien un phénomène de société, quelque chose de “normal”. Hier comme aujourd’hui. Mais la violence sociale n’est rien en face de celle des commissariats de police. Sincèrement : combien de Marocains ont échappé à une gifle, où à un récital d’insultes, au lendemain d’une nuit au poste, voire à l’issue d’une simple “balade” en fourgon de police ? J’ai bien peur que le chiffre n’avoisine le zéro. Maintenant, imaginons un seul instant que celui qui reçoit une raclée policière peut très bien corriger ses enfants le lendemain. Victime et bourreau à la fois. C’est tellement ahurissant que cela en devient “normal”. Je me souviens de ce type, relâché par les policiers au petit matin, et qui n’a rien eu à signaler à ses amis. “Il ne s’est rien passé”, leur a-t-il expliqué sans plus de détails. Le type avait pourtant les marques d’une grosse gifle sur la joue ! Il n’a rien dit par pudeur ou, simplement, parce que c’était “normal”, allez savoir. Evidemment, la violence est un phénomène universel, valable de Casablanca à New York. Mais toutes les violences ne reposent pas sur la même colonne vertébrale. Aux Etats-Unis, c’est un phénomène de rue. Ici, c’est d’abord un mode d’éducation, voire de communication, un pilier sur lequel reposent les vieilles valeurs familiales. Parce que le bon père de famille qui reçoit une raclée au poste est le même qui enchaîne son gosse et le prive de nourriture, 24 heures durant, pour ne pas lui avoir embrassé la main le matin. N’est-ce pas extraordinaire !



VITES !

Question : pourquoi Abdeslam Ahizoune a-t-il assisté, l’air sincèrement affecté, aux obsèques de Driss Benzekri, la semaine dernière ? Réponse de ce proche du président de Maroc Telecom : “Ahizoune a été l’élève de Benzekri dans un collège à Tiflet (ndlr : l’ancien président du CCDH y enseignait la langue française) dans les années 70”.


Deux bureaux équipés ont été mis à la disposition des deux patrons de l’Intérieur (Chakib Benmoussa et Fouad Ali El Himma) au sein des locaux de la wilaya de Casablanca. La raison ? Les deux hommes sont appelés à suivre pas à pas les projets lancés par le monarque dans la métropole économique.


Selon le quotidien américain USA Today, le groupe de rock irlandais U2 serait à Fès pour filmer un clip vidéo. Une rumeur circule également depuis quelques jours sur des blogs fassis, affirmant que les musiciens irlandais seraient aussi là pour le Festival de Fès des musiques sacrées et qu’ils logeraient au Riad Al Batha.


Adam était-il de Safi ? Oui, à en croire le crâne d’homo sapiens découvert par des paléoanthropologues marocains et français dans la région safiote. Selon Abdelouahed Bencer, co-directeur de l’équipe, les ossements seraient vieux d’au moins 160 000 ans. Ce qui ferait de notre homo sapiens l’ancêtre de l’humanité.


Une pétition a été lancée pour condamner l’abattage par les autorités d’Essaouira, courant avril, des palmiers des jardins du Méchouar, sis à l’intérieur de la médina. Mise en ligne sur www.myessaouira.unblog.fr, cette pétition sera, selon ses initiateurs, présentée à l’Unesco qui a inscrit la médina d’Essaouira sur sa liste du patrimoine culturel mondial.
 
 
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