Erreurs médicales. La loi du silence
Administration. Le blues des moqadems
Politique. Un parti islamiste de plus
Société. Profession : inventeur
Abdelaziz Lemsioui. "Nous serons un parti tajine"
Reportage. Bejaâd, la ville des saints
États-Unis / Russie. Des airs de Guerre froide
Saga. La fabuleuse histoire de Benson Shoes
Exclusif. Le pélerinage de Bono
Festival. L'âge adulte de L'Boulevard
N° 277
Webmaster
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Younès Boumehdi
(DR)

Droits d’Auteur. Un site et un appel

Mehdi Benslim, patron de Clic Records, en a un peu assez du néant organisé autour des produits culturels. Puisant son inspiration dans le vieux dicton qui veut qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, il lance soutenirlesartistes.ma, un site pour la promotion des droits des artistes avec, à terme, l’ambition de mettre en place un système de redistribution des droits d’auteur. “Dans d’autres pays, on dit que l’art n’est pas une marchandise comme une autre, qu’il faut lui faire un traitement de faveur. Au Maroc, il faudrait d’abord le traiter comme une marchandise normale, et lui donner une chance d’exister”,
lit-on sur son plaidoyer cybernétique. Le site appelle à la création d’une société de gestion collective des droits d’auteur, pour dépoussiérer les vieux statuts du BMDA, division du ministère de la Communication habilitée à rétribuer les artistes. “Si ça continue comme ça, ce sera peut-être notre dernier disque”, poursuit Benslim, faisant référence à l’album de Casa Crew à paraître la semaine prochaine, “nous avons besoin d’interlocuteurs crédibles, surtout que ce secteur est en crise”. Rappelons par ailleurs que les négociations, entamées l’automne dernier, sur la part des ressources publicitaires que devraient reverser les stations radio au BMDA n’ont toujours pas abouti. “De toute manière, nous ne serons redevables qu’après un exercice complet, soit sur le chiffre d’affaires 2007”, rétorque pour sa part, le président de l’association des radios privées, Younès Boumehdi, qui ajoute : “Notre proposition de 4% se situe dans la bonne moyenne des pays européens. Comme nous l’avons fait avec les radios, les artistes doivent eux aussi se regrouper pour avoir un représentant attitré”, propose-t-il.


Sortie. Royal Penn

Willie Stark, vendeur de détergents au porte-à-porte en Louisiane, est l'idéalisme personnifié. Un rêveur un peu bohème dans l'âme, qui est extrêmement remonté contre un système coupable d'enrichir les plus riches au détriment des plus pauvres. Stark le crie sur tous les toits et dans toutes les manifestations. Décidé à prendre sa bataille au sérieux, il se lance dans la politique et accède envers et contre tous au poste de gouverneur de son Etat. Ce jour-là, Stark retourne sa veste et révèle un autre visage. C'est un homme vénal, manipulateur, prêt à tout pour garder ses nouveaux privilèges. Et ça, personne n'y était préparé, encore moins ses électeurs. Porté en maître par Sean Penn dans le rôle du “monstre”, Les fous du roi, remake du film homonyme de 1949 de Robert Rossen (meilleur film, meilleur acteur et meilleure actrice aux Oscars), lui-même adapté d'un Pulitzer, est la preuve filmée que le meilleur peut toujours être amélioré. 2h 15 de performance grandiose, où Penn éclipse avec une facilité déconcertante un Jude Law déjà surprenant, sans un seul bâillement. Exceptionnel.

Les Fous du roi, au Mégarama.



Première. Le bouquet de Fédala

Longtemps boudée par la floraison des festivals, Mohammedia s’est trouvé un joli créneau pour y nicher son tout premier, simplement baptisé le Festival des fleurs, clin d’œil évident à son surnom d’antan de “cité des fleurs et des sports élégants”. La préfecture de l’ancienne Fédala y a pensé, le pétrolier Samir a financé (en partie) et la toute nouvelle Association des Festivals de Mohammedia a trouvé le moule qu’il faut pour la manifestation. Un concept qui a tout d’une composition florale, mêlant expositions-ventes de fleuristes, tables rondes sur la citoyenneté, mini-marathon et pot-pourri de concerts (Latifa Raafat, Waël Jassar, Hoba Hoba Spirit, Haoussa et Nass El Ghiwane).

Du 7 au 10 juin à Mohammedia.



Archéologie. Coquillages et crustacés

La littérature officielle ne cesse de nous répéter que le Maroc est “le plus beau pays du monde”. Soit, mais elle aura omis de nous signaler un détail plus intéressant - et plus véridique : le Maroc est aussi le plus vieux pays du monde. Une équipe internationale de chercheurs vient de découvrir une parure en coquillages datant de 82 000 ans, dans une grotte préhistorique près de Berkane. Selon Abdeljalil Bouzouggar, membre marocain du team d’archéologues, les quatre méthodes de datation utilisées ont toutes confirmé l’ancienneté du bijou. Alertée par la découverte d’un premier mollusque perforé en 2003, l’équipe aura travaillé 4 ans pour mettre au jour le reste de la parure. Pas peu fier, le ministère de la Culture a signalé que cet atour renvoyait à la maternelle de la préhistoire une parure identique, vieille de 75 000 ans, découverte en 2002 en Afrique du Sud. Ils ont la Coupe du monde, nous avons le plus ancien bijou du monde. On se console comme on peut…


Stand up. Le club de Jamel

Saperlipopette ! La tempête Jamel Comedy Club s’approche à grands éclats de rire. L’émission initiée et animée par l’enfant Debbouze, sur Canal +, l’été dernier, traîne ses graines d’humoristes au Maroc pour trois bonnes cures d’humour, savamment dosées entre stand up, métissage et performances live. Thomas Ngijol et son fantasme d’un Superman black, Dedo, un métalleux à l’humour noir, Amelle Chahbi et sa recette du drôle et sexy, le Comte de Bouderbala, Patson, Blanche… Des enfants de la France “Blanc Black Beur” adeptes de la culture urbaine des banlieues. Et, last but not least, le maître de cérémonie, Jamel Debbouze, sera là pour assurer le passage d’un délire à un autre. Il se chuchoterait qu’une version Made in Maroc du Jamel Comedy Club pourrait bien voir le jour… De quoi prêter main forte à une télé locale qui se dépoussière.

Du 21 au 23 Juin, au Mégarama de Casablanca.



Festimode. Style et textile

Si Caftan a beaucoup fait pour la notoriété du costume traditionnel féminin, Festimode lui emboîte aujourd’hui le pas, pour mettre à l’honneur le prêt-à-porter rouge et vert, mais pas uniquement d’inspiration maroco-marocaine. Les participants ont en effet la latitude de créer ce que bon leur semble. Et c’est justement là que se terre la touche rebelle des organisateurs, déclarés farouchement opposés au “diktat d’une identité marocaine imposée”. Mieux encore, les initiateurs du projet comptent faire de Casablanca une des capitales de la mode, au même titre que Milan ou New York, excusez du peu ! Au programme donc de cet Fashion week à la marocaine : défilés, tables rondes, expositions et, last but not least, présentation des nouvelles griffes marocaines, comme Aurore, Mozarabe ou encore Stounami.

Jusqu’au 15 juin 2007, renseignements au : 022 99 09 36



Médiathèque. L’oued du savoir

Riches d’une collection de plus de 380 000 documents, dédiés à la culture contemporaine telle qu’elle s’écrit, se parle ou se regarde, les onze médiathèques des Instituts français au Maroc (et bientôt ceux d’Essaouira et de Safi) se rallient sous une même adresse Internet, pour mieux servir étudiants, chercheurs, professionnels et autres simples curieux, sur les rives du Loukkos. Nommé d’après le fleuve du nord marocain, ce portail offre un accès au catalogue collectif, un service de prêt entre bibliothèques, une sélection de plus de 400 sites web couvrant 80 thématiques, la consultation des dossiers documentaires et l’accès à des bases de données spécialisées, un agenda des évènements culturels et des coups de cœur littéraires et artistiques du moment. Pour résumer, à dater d’aujourd’hui, les fouineurs auront leur adresse pour se faire plaisir : www.mediatheques-france.ma.


Tournage. Daddy Gad

Gad Elmaleh est sacrément doué pour les dribbles. Deux ans à attendre son premier album, et voilà qu’au baptême d’une carrière musicale, il préfère l’inauguration de son nouveau fauteuil de metteur en scène. L’humoriste a en effet l’intention d’écrire et de tourner himself sa prochaine comédie, intitulée Coco, inspirée du personnage homonyme rencontré dans son second one man show, La vie normale. Gad n’aura d’ailleurs pas cherché bien loin pour griffonner le pitch de son film. Pour la communion de son fils, Coco rêve à la plus spectaculaire des bar-mitsva et y met les moyens. Le casting et les dates de tournage n’ont pas encore été annoncés, mais ça ne saurait tarder. Coco a déjà trouvé un bailleur de fonds : Alain Goldman, également producteur de La Môme.


Télé. Aji Tchouf, mais pas de trop près...

Deux épisodes commandés par Aji Tchouf, l’émission hebdomadaire de la RTM calquée sur le modèle de Striptease, au sujet du chanteur Barry et du groupe de rap Biz2Risques, ont été recalés avant leur diffusion, sans motif officiel. Peut-être, s’interroge-t-on du côté des artistes, parce qu’ils montraient simplement une réalité sans maquillage, sans artifice... qui ne plaisait pas à tout le monde ? On les voyait traîner dans les rues de Hay Mohammadi ou dans leurs appartements, jugés un peu cheap. Moralité : les artistes à la télé, c’est bien, tant qu’ils sont riches et politiquement corrects ! En revanche l’émission programmera cet été un 26 minutes dédié à la dernière édition de L’Boulevard. C’est déjà ça.


Le livre.

À 7 ans et demi, Didier entend son père confesser qu’un jour ou l’autre, il finira par se suicider. Il prend sa déclaration pour argent comptant et se considère comme “orphelin à titre préventif”. Décidé à subvenir désormais aux besoins de sa famille, Didier se lance dans une carrière d’écrivain. Il griffonne une dizaine de pages, teste ses histoires sur ses camarades d’école avant de s’attaquer aux éditeurs. Quarante ans plus tard, il n’avait toujours pas fini de les persécuter, et son père n’a toujours pas mis fin à ses jours. Entre-temps, il apprenait aussi qu’il n’a jamais été qu’un fils adoptif. À cette vérité douloureuse, il préfèrera le titre de fils choisi. Simple, personnel et intimiste, Le Père Adoptif est une ode à l’amour entre père et fils.

Le père adopté, Didier Van Cauwelaert ; Ed. Albin Michel




Humeur.
Reservoir dogs

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

Plus les élections législatives de 2007 approchent, plus Hassan II doit se tordre de rire outre-tombe. Il a laissé derrière lui un grand nombre de formations politiques orphelines de ses diktats. Notamment les fameux partis cocotte-minute, créées par le défunt monarque ex-nihilo, poussant comme des champignons après la pluie et qui donnaient aux échéances électorales un air de semaine de l’électroménager à Marjane. Sans vraiment partager la bonne humeur du roi défunt, ni son humour noir d’ailleurs, on le comprend tout de même. Il est indéniable qu’elles semblent tragicomiques les cogitations intellectuelles des partis administratifs pour se mettre au diapason de la “nouvelle ère”. Et leurs migraines carabinées dans leur quête d’un début d’idée politique qui leur soit propre. Devenir des hommes d’Etat est une mission impossible pour eux, trop habitués jusque-là à n’être que des secrétaires de direction, notant soigneusement les désirs de l’ex-boss de Maroc S.A. On les sent pourtant pleins de bonne volonté tels des élèves laborieux devant une équation de plus en plus complexe. Mais au plus profond d’eux-mêmes, pas dupes sur leurs moyens intellectuels limités, ils se savent incapables de vivre sans maître pour leur dire où faire leurs besoins. En attente des ordres de leur nouveau propriétaire. C’est que les chiens ne font pas de chats. Et les caniches, de bons hommes politiques.



Ali Faïk va mieux !
Frappé d’un inquiétant malaise cardiaque le 4 juin, en plein concert lors du Festival des musiques sacrées, Ali Faïk, le chanteur de Amarg Fusion, est sain et sauf. Sorti des urgences de Fès, Faïk a été hospitalisé dans la capitale pour quelques jours. Nous lui souhaitons bon rétablissement.


Chellah Moulay jazz !
Le slammeur anglais Anthony Joseph vs le maâlem Mohamed Chawki, Rhani Krija contre l’électro-jazz du trompettiste Goran Kajfes, Erik Truffaz face au violoniste Abdellah El Miry et au vocaliste Abderrahmane Dadi… Préparez-vous au nec plus ultra des expériences jazz au Chellah. Du 15 au 19 juin à Rabat.


Maxi Fassi
Fez City Clan ont enfin fini de fignoler leur maxi Arde l’baizz nass. La mise en bacs, initialement promise pour avril, aura pris deux mois de retard, le temps de préparer leur cheval de bataille, le clip de Mgharba felbit, signé par le pro des effets spéciaux Len White, qui a notamment officié sur Matrix Revolutions et Spider man 2.

 
 
TelQuel : Le Maroc tel qu'il est © 2008 TelQuel Magazine. Maroc. Tous droits résérvés