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N° 278
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Pages coordonnées par Chadwane Bensalmia

La semaine.

Adil Imam
(AFP)

Festival. Pèlerinage cinéphile

C’était il y a sept ans. Pour sa première édition indépendante du festival de la ville, le Festival de cinéma d’auteur de Rabat instaurait le prix Hassan II pour le cinéma et accueillait la toute première projection de Ali Zaoua, de Nabyl Ayouch. Cinq ans plus tard, la petite manifestation cinéphile présentait Occident, premier long-métrage du Roumain Christian Mungiu, consacré Palme d’or à Cannes 2007 pour son deuxième, “Quatre mois, trois semaines et deux jours”. L’année même, le team cinéphile lançait une section documentaire… C’est que ce festival, quoique discret et intimiste, a toujours eu du flair. Cette
année, le jury, présidé par Majid Rchich, rassemblera une quinzaine de films, dont deux marocains, en l’occurrence Tissée de mains et d’étoffe de Omar Chraïbi, et La route des femmes, de Farida Bourquia, tous deux projetés en avant-première. Du reste, la section Panorama reviendra sur les productions marocaines des deux dernières années – au cas où vous auriez des rattrapages à faire. Une autre fenêtre sera ouverte sur les cinémas du monde, avec une rétrospective sur le Septième art grec. Et pour la touche du maître, le Festival signe un double hommage à deux monstres sacrés du cinéma arabe. Il s’agit du célébrissime Adil Imam et de l’insaisissable Ahmed Bouanani, que l’équipe est parvenue à arracher à son ermitage pour la semaine. Y a-t-il besoin d’en dire plus ?


Sortie. Le retour de l’ogre

L’ogre le plus célèbre de la planète est de retour pour de nouvelles aventures. Le pitch ? Un simple prétexte pour revoir Shrek et ses compagnons : après le décès du père de Fiona, le royaume “Fort fort lointain” a besoin d’un nouveau monarque, à la recherche duquel partira l’ogre vert. Ce faisant, il laisse le royaume sans protection devant les desseins de vengeance du Prince Charmant. Dire que ce troisième opus est un ratage serait une injustice. Toujours est-il que comparé à l’excellent épisode précédent, Shrek le Troisième reste plutôt tiède : gags parfois prévisibles, jeux de mots qui retombent à plat, personnages (notamment celui de l’Âne et du Chat potté) peu exploités… et une fin fleurant trop le happy end. Tout cela permet certes quelques francs sourires, et l’humour subversif et autres clins d’œil cinématographiques sont toujours là. Mais pas de quoi égaler le moment de franche rigolade qu’était le second épisode. Preuve que les plus belles histoires doivent avoir une fin et que les meilleures idées finissent quand même par s’user.

Shrek 3, au Mégarama.



Danse. De Tchaïkowski à Erykah Badu

Black-blanc-beur, la France métissée, mythe ou réalité ? En tout cas pas chez les artistes... Depuis plus de vingt ans, la compagnie homonyme de hip-hop a prôné le métissage dans l’Hexagone, au fil d’une dizaine de spectacles et de plus d’un millier de représentations. La pièce pour huit danseurs, chorégraphiée par Christine Coudun et intitulée “Si je t’m”, est en tournée ces jours-ci. Au menu : des musiques de Tchaïkowsky, de la chanteuse afro-américaine Erykah Badu (révélée aux côtés d’A Tribe Called Quest, Arrested Development ou des Roots) ou du néo-classique Kronos Quartet, auteur des BO des films de Darren Aronofsky. À découvrir.

Le 19 juin 2007, à 20h au Club MAS à Fès.



Festival de Casa. Trois en un

Le Festival de Casa ne sera plus le même. Les deux premières éditions, bien qu’ayant rencontré un grand succès, avaient une programmation si chargée qu’on ne savait plus où donner des yeux et des oreilles, et ses huit jours de hayha effrénée par an avaient pour effet d’accentuer le sentiment de vacuité culturelle le reste de l’année. Pour rééquilibrer les choses, l’association Forum Casablanca scinde le Festival en trois saisons. La session d’été, Casa Music, du 19 au 22 juillet, sera consacrée à la scène musicale marocaine et internationale, ponctuée par des “battles” de breakdance. L’automne évoluera au rythme du cinéma mondial avec plus de 100 projections, sur deux écrans géants et dans 4 salles pour la modique somme de 10 DH. Enfin, en mai 2008, la ville blanche sera (r) animée par des spectacles de rue et des projets artistiques qui serviront autant à réhabiliter certains quartiers historiques qu’à divertir les Casaouis. Pourquoi choisir ? Un festival, c’est bien, trois, c’est encore mieux.


Arts plastiques. Train-train culturel

Pourquoi espérer que le public vienne à soi quand on peut aller à sa rencontre, s’épargner l’angoisse de l’attente et les séances de masturbation intellectuelle à chercher les moyens de le séduire ? Maline et pratique, la Fondation Ona a pensé le concept, et l’ONCF a accepté de servir d’hôte pour la première “Semaine tout en couleurs”. Décryptage : ces messieurs de la compagnie ferroviaire ont ajouté une voiture supplémentaire à l’un des trains rapides qui font la navette Casa-Kénitra. Le wagon hébergera, du 20 au 30 juin, une exposition d’œuvres picturales d’étudiants du secondaire. Les galeries et lieux d’exposition de Casablanca resteront ouverts jusqu’à 22 heures le premier jour de la manifestation. Point d’orgue de cet évènement, le sculpteur peintre, Hervé di Rosa, présentera à la Villa des arts de Casablanca, du 20 juin au 20 juillet, une partie de ses œuvres, réalisées au cours de ses nombreuses pérégrinations entre 1990 et 2007. Du Ghana à Cuba, en passant par le Vietnam, à chaque escale, Hervé di Rosa a collaboré avec des artistes locaux avant de porter leurs voix, comme il le fait ici.

Infos au 022 29 50 87



Théâtre. La revanche d’une séquestrée

Dans le Chili de Pinochet, une étudiante, Jamila El Haouni, se fait kidnapper, torturer et violer 15 ans durant. À sa libération, elle fait la connaissance de Kamal El Kademi, président du Comité des disparitions forcées et l’épouse. Un soir, sa voiture tombée en panne, son mari se fait aider par un médecin, Amine Ennaji, qui accepte de le ramener à la maison. En le présentant à sa femme, celle-ci reconnaît la voix de son ancien tortionnaire. Elle décide de prendre sa revanche, le garde en otage, déterminée à le juger par ses propres moyens. Chemaâ, adaptée de la pièce du Chilien Ariel Dorfman, La jeune fille et la mort, par Amine Ennaji, propose une nouvelle lecture de la disparition forcée. Celle d’un monde où chacun peut être, au gré des circonstances, victime ou bourreau. C’est sans doute pour cela qu’Ennaji n’a pas jugé nécessaire d’imaginer des noms à ses personnages, mais les a baptisés des noms des comédiens qui en campent les rôles. Un regard à connaître.

Le 23 juin, au complexe culturel Kamal Zebdi, à Casablanca.



Première. Saga Africa

En ces temps de polémiques autour de la responsabilité marocaine dans l’immigration subsaharienne pour les uns, ou de revendication identitaire africaine pour les autres, célébrer la Journée mondiale du réfugié s’impose… Festivement cela dit, à l’image de cette Afrique pauvre à l’inspiration artistique bien riche. La fondation Orient Occident en prend acte et lance Saga Africa. Ce premier anniversaire des réfugiés du monde rassemblera des artistes africains exilés comme les Amer, slameurs et griots, ou les Congolais Tshambuala. La Saga, c’est aussi des ateliers de percussions et de théâtre, des expositions de sculpture et de manuscrits africains. La célébration, inaugurée par une conférence autour de “la protection des réfugiés dans le droit international”, sera ponctuée par la projection de “Réfugiés au Maroc”, réalisé par des exilés. Toute une leçon de vie… artistique.

À Rabat, du 20 au 23 juin.



Production. Le premier pas du kid

En novembre dernier, Percussion kid, son premier court-métrage, une belle escalade esthétique et tout en beats d’un enfant bercé par le rythme, du groove du chapelet de sa grand-mère aux coups de marteau des artisans de son village du sud, volait la vedette au festival de la radio et de la télévision du Caire. Mohamed Achaouar, originellement musicien - des feu Abarra’z-, comédien de vocation et réalisateur par choix, a trouvé son partenaire pour le grand plongeon. Meryem El Kissi, une autre convertie au Septième art, assureur devenue directrice de production, qu’il a rencontré sur le tournage de Wake up Morocco où il était assistant-réalisateur. Les deux ont fondé A2, la société de production qui signera le premier long-métrage du réalisateur, L’hajjate, une comédie promise pour fin 2008. En attendant, Achaour cosigne avec Narjiss Nejjar une sitcom pour la TVM.


Ateliers radio. Surfez sur les ondes

ça va bûcher au mois de juillet ! Première université d’été des médias et de la communication, dédiée cette année à la radio, Studio Action souhaite instruire la culture des ondes dans le royaume et répondre à un “manque de ressources humaines”, rappelle-t-on au Médias Training Center. Grille des programmes : séminaires ouverts à tous (fréquence libre et responsable, place de la musique marocaine à la radio, l’entreprise et la radio, radios publiques, privées et associatives…) ; et ateliers payants (6000 DH pour une semaine, 9000 DH pour deux) de journalisme, d’animation d’antenne, de publicité marketing et de création et management de radio.

Studio Action, Com’Sup, Casablanca. Du 9 au 21 juillet. Infos et inscriptions au 022 47 30 67.



Le livre.

Joseph, un adolescent réservé et un peu agressif, perpètre son premier meurtre à l’âge 17 ans, fracassant le crâne de l’un de ses camarades de classe, dans un geste horrible et gratuit, juste pour le plaisir de ressentir le pouvoir d’ôter la vie. Egorger un chat ou éventrer un chien ne lui suffit désormais plus. Dans sa soif de sang et sa rage grandissante, il assassine sa propre mère et son copain, avant de rejoindre les quartiers malfamés. À 20 ans, il a la réputation d’un tueur implacable, d’une cruauté sans limites, traqué par toutes les polices de la ville. Récit vibrant, surdosé en sensations fortes et oppressant de souffrances, Le chien qui riait, démonte les mécanismes psychologiques de la violence urbaine, responsable d’enfanter les criminels dans les sociétés actuelles.

Le chien qui riait, Maud Tabachnik ; Ed. Albin Michel.




Humeur.
Rétropédalage

Hassan Hamdani
h.hamdani@telquel.info

On avait bien mis 5 mn à bâtir une question pas trop bancale, digne de l’Economiste. On l’avait notée soigneusement sur un calepin. On s’était dégoté un expert économique à l’agenda pas trop surbooké. Puis, un stylo à la main, on posa cette fameuse question : “Les indicateurs économiques de la nouvelle ère sont-ils plutôt dans le rouge ou dans le vert ?”. Du tac au tac, l’expert lâcha : “Pour le savoir, regardez le Tour du Maroc cycliste à la télé”. Adieu chiffres et analyses pointues, bonjour perplexité. Soit on imitait très mal le style de l’Economiste, soit l’analyste se foutait de notre gueule. On lui accorda cependant le bénéfice du doute car, lui au moins, n’avait jamais posé en couverture d’Exit pour y tenir salon littéraire. Il vivait encore parmi nous les humains et, au vu de son CV, aimait le sport sans être un hooligan décérébré, confondant sa gauche et sa droite. On pouvait donc lui faire confiance, lâcher calepin et stylo, pour se poser devant le résumé de l’étape du jour : 190 km de plaines sèches et de caillasses reliant nulle part à n’importe où. Un paysage de désolation, similaire à une thérapie de choc, vous guérissant du daltonisme en un clin d’œil. Mais le pire restait à venir. La remise du prix au vainqueur de l’étape fut rouge écarlate. Le pauvre homme, qui avait sué sang et eau sous un soleil de plomb, se vit offrir un bouquet de fleurs par deux gaillards, en lieu et place des jolies filles du Tour de France. Si, même dans le monde de la pédale, on ne plaisante plus avec les mœurs, c’est qu’on va direct dans le mur…



Jamel ne viendra pas
La tournée du Jamel Comedy Club a finalement rayé le Maroc de son itinéraire. Annoncée pour trois dates marocaines (du 21 au 23 juin au Mégarama de Casablanca), la bande hilarante de l’enfant Debbouze s’est décommandée sans explication aucune, mais promet néanmoins un rattrapage en décembre prochain.


Rawafid migre au sud
La culture accessible à tous… et partout (ou presque). Le festival Rawafid – pèlerinage annuel des artistes MRE - quitte son Casablanca natal pour Laâyoune, et devient Rawafid Azawane. Une migration décidée par le ministère de la Culture pour développer l’action culturelle dans les provinces du sud. Du 20 au 29 juillet à Laâyoune.


D’une villa à l’autre
Exposition pluridisciplinaire mêlant photo, installations vidéo et sculpture, avec, entre autres, les travaux de Mounat Charrat, Mustapha Chafik Noureddine El Ghomari, Troc’Art déménage à partir du 15 juin de la Villa des Arts de Casa à celle de Rabat.

 
 
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