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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est

Par Fahd Iraqi

La semaine.

Moulay Hafid Elalamy,
président de la CGEM.
(TNIOUNI / NICHANE)

Code du travail. Les retouches de la CGEM

Le patronat vient de présenter au ministère de l’Emploi un projet d’amendement au Code du travail. Ces retouches portent surtout sur la rectification de certaines résolutions, jugées contradictoires, de ce texte. Un des points abordés concerne le respect du principe, négocié en 2003, qui prévoit un package regroupant le plafonnement des indemnités de licenciement, le non-cumul des indemnités en cas de licenciement abusif et la réglementation du droit de grève. La CGEM propose également une modification de la disposition sur la répartition des heures de travail, en vue de se protéger de crises passagères. La
loi prévoit en effet de maintenir au minimum 50% du salaire, alors que la réduction du temps de travail peut parfois aller au-delà de ce seuil. La CGEM propose une rémunération calculée en fonction de la durée effective du travail. Les périodes d’essai ont également fait l’objet d’une proposition de changement. Le projet d’amendement prévoit entre autres, une augmentation de la période d’essai à 6 mois renouvelables une seule fois, un retour du contrat à durée déterminée (CDD), mais aussi un contrat spécifique pour les chantiers, considéré aujourd’hui comme un CDI. Le personnel de maison et les dispositions sur la médecine du travail sont d’autres points soulevés dans ce draft du patronat, regroupant 67 articles. La Confédération compte le défendre bec et ongles, quitte à court-circuiter le gouvernement pour passer directement à la case Parlement.


Managem. Un gisement de croissance ?

Les actionnaires de Managem ont de quoi être enthousiastes. La valeur, dont le parcours boursier n’a pas toujours été reluisant, depuis son introduction il y a sept ans, semble bien partie pour rattraper son retard. Ses perspectives de croissance sont des plus attrayantes. L’augmentation significative des cours du cobalt et du zinc sur les marchés internationaux laisse présager une forte appréciation des résultats. Les rumeurs les plus folles évoquent même la découverte d’une nouvelle mine d’or en Afrique. Les analystes d’Upline Securities évaluent d’ailleurs Managem à un cours cible de 632 dirhams. Sur le marché néanmoins, la valeur reste bien loin de ce niveau. Elle a même subi une correction technique suite au paiement d’un dividende de 10 dirhams. Un léger recul pour mieux prendre son élan ?


Industrie. Une peinture écologique sur le marché

Odassia. C’est le nom d’une nouvelle peinture pour bâtiment développée au Maroc. Sa spécificité : elle est produite à base d’eau, ce qui la rend inodore et inoffensive pour la santé. Les promoteurs font de ce positionnement dans ce segment de peinture écologique leur principal argument commercial pour asseoir la notoriété de cette nouvelle marque. Surtout que son prix de vente est au même niveau qu’une peinture “normale”. La société a démarré récemment la production sur un site industriel basé à Meknès, qui a coûté la bagatelle de 12 millions de dirhams. Derrière ce projet ambitieux, des anciens cadres de la société Colorado, un des fabricants marocains de peinture.


Bourse. En attendant l’été

Troisième introduction de l’année, M2M, holding spécialisé dans la monétique, va rejoindre les lignes de cotation. Les actionnaires fondateurs et le fonds d’investissement Capital Morocco, cèdent 20% du capital pour le prix de 141 MDH. “La valeur est à première vue chère, mais les cash-flows futurs sont prometteurs, avec le marché des cartes grises à puce décroché par la société”, explique un analyste. Autre introduction attendue : celle de Timar, PME spécialisée dans la logistique, qui placera 15 MDH sur le marché. Les deux opérations devraient connaître un grand succès, à l’image de Promopharm, sursouscrite 60 fois. Mais elles ne sont qu’une mise en bouche avant les gros morceaux, attendus pour juillet. Il s’agit de CGI, filiale immobilière de la CDG et Atlanta – Sanad, l’assureur du groupe Bensalah. L’été sera chaud !


Ciment. Trois unités en projet

Chaâbi, Addoha et l’Espagnol Lubasa sont les trois nouveaux investisseurs qui annoncent la création de nouvelles cimenteries. Les projets ont été proposés à la Commission d’investissement présidée par le premier ministre. Ces futures cimenteries devraient totaliser une enveloppe de 9 milliards de dirhams et générer près de 1700 emplois directs. Pour rappel, le secteur de la cimenterie connaît un essor spectaculaire avec le boom immobilier. Il est dominé par trois opérateurs internationaux, qui se partagent le marché. L’arrivée des nouveaux opérateurs devrait chambouler la configuration de ce marché, peu concurrentiel. Surtout dans la région de Casablanca, puisque deux unités ont prévu de s’installer aux environs de Settat.


Internet. Un million de connexions ?

L’ANRT vient de rendre publique sa dernière enquête sur les technologies d’information au Maroc. L’étude révèle sans surprise que l’utilisation de PC reste quasi exclusivement urbaine (1,8% seulement de ruraux disposent d’un ordinateur) avec un taux de pénétration de 24% chez les ménages. 62% des personnes disposant d’un ordinateur déclarent par ailleurs disposer d’une connexion Internet. D’ailleurs, le nombre de lignes Internet dépasse les 390 000 à fin 2000. Et à en croire l’enquête, le meilleur reste à venir. 28% des personnes interrogées déclarent leur intention de se doter d’une connexion Internet au cours des douze prochains mois : soit un potentiel estimé à un million de lignes. Seul hic : 53% des interrogés assurent que l’accès à Internet reste relativement cher.



Pendant ce temps, le peuple….
Jlaleb oul qwaleb

Tawfik fait partie de ces nouveaux oulémas formés dans les high schools anglo-saxonnes. Sa mission : convertir des théologiens bornés en véritables gestionnaires de patrimoine. Mais il ne s’agit pas d’en faire des requins de la finance sans foi ni loi. C’est plutôt des “Jlaleb blanches” qui doivent concilier rendement financier et préceptes de la Charia. En clair, ils doivent adopter une politique de gestion halal. Il leur est alors formellement interdit de jouer au casino de la Bourse, de faire de la spéculation immobilière ou encore de prêter avec un taux d’intérêt… même si l’emprunteur est l’Etat. Encore plus compliqué dans la mission de Tawfik : il doit faire des courbettes à chaque fois qu’un puissant vient mettre la main sur un beau morceau du patrimoine. À lui de se démener un “qaleb” pour masquer le dégonflement du patrimoine de 20 milliards de centimes. Heureusement, les formules ne manquent pas : il peut toujours demander aux imams des faire des heures sup’ contre une assurance maladie, jouer sur le temps des prêches ou encore fonctionner avec des stagiaires. En plus, Tawfik doit entièrement assumer la responsabilité de ces abus s’ils viennent à s’étaler sur la place publique. Son image d’homme intègre et pieux en pâtit, mais l’essentiel, c’est de rester dans les petits papiers des hommes de pouvoir. Le seul moment désagréable à passer : affronter les salves des barbes grises, très fortes dans le jeu des questions-réponses du “Parle - Ment”. Dur, dur de concilier islam et business. Car si la religion est l’opium du peuple, l’argent, lui, c’est la drogue des riches.



OFF.

Après le départ de dizaines de mécaniciens aériens l’année dernière à destination de Dubaï, une nouvelle vague de départ se prépare dans les hangars de la RAM. On parle d’une soixantaine de mécaniciens approchés par une société de Bahreïn, qui offrirait des salaires entre 40 000 et 70 000 dirhams. À ce rythme, la RAM souffrira bientôt d’une pénurie de blouses bleues qualifiées.


Le nouvel opérateur télécoms, Wana, vient de boucler son prêt de 3 milliards de dirhams. Toutes les grandes banques ont contribué à cet emprunt syndiqué contracté par la filiale de l’Ona. Evidemment, Attijariwafa bank, chef de file de l’opération, a été la première à mettre la main à la poche pour allonger 700 millions de dirhams. Ces fonds sont destinés à développer les infrastructures techniques et commerciales de Wana.

 
 
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