Sahara. Une rencontre pour la forme ?
Élections. Mission : observateur
Audiovisuel. La guéguerre des temps d'antenne
Reportage. La caverne des objets trouvés
Société. Sur les traces de Maddie
Salima Naji. La mémoire des pierres
Maghreb. Le coût de la désunion
Proche-Orient. Pas de répit pour le Liban
Bouznika Bay. Capri...ce de puissants
Abdelaziz Stati. Le Bad Boy du chaâbi
Musique. Vox Populi
N° 278
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TelQuel : Le Maroc tel qu'il est



La semaine Maroc

Un journaliste pourra toujours aller
en prison pour ses écrits.
(TNIOUNI / NICHANE)

Code de la presse. Le gouvernement rend sa copie


C’est peut être l’un des rares textes que le gouvernement actuel tient à faire passer (coûte que coûte) sous l’actuelle législature. Lundi 11 juin, Driss Jettou présentait aux membres du Syndicat national de la presse (SNPM) et à la Fédération des éditeurs la dernière mouture du nouveau Code de la presse. Plusieurs modifications y ont été apportées. La plus grande nouveauté du texte, qui s’appelle désormais “Code de la presse et des journalistes professionnels”, est la réduction des peines d’emprisonnement prévues par l’actuel Code. Sur les vingt-six
infractions punies de prison dans le texte actuel, la nouvelle version n’en a gardé que quatre. Elles concernent “l’atteinte aux valeurs sacrées de la nation, aux institutions, à la vie privée et à l’ordre public”. “Le texte a certes réduit drastiquement les peines privatives de liberté, mais il conserve les mêmes termes vagues et sujets à toutes les interprétations”, s’indigne un membre du SNPM. La seule précision qu’apporte le nouveau texte concerne la notion de diffamation. “Pour être établie, cette dernière doit s’accompagner de preuves sur la mauvaise foi du journaliste. La règle étant désormais la bonne foi des professionnels de la presse”, explique un professeur de droit. Comme prévu, le nouveau Code de la presse prévoit la création d’un Conseil national de la presse. Il devra (normalement) jouer un rôle de médiation et d’arbitrage, précédant tout recours à la justice. Selon les responsables du SNPM, “il y aura un second round de négociations et de lobbying au niveau du Parlement, avant que le texte n’arrive à sa version définitive”. Rendez-vous avant septembre 2007, si tout va bien !


Islamistes. La grève du mariage

Quatre détenus islamistes devraient entamer une grève de la faim à partir de la semaine prochaine à Casablanca (prison de Aïn Borja). La raison, comme nous l’explique le président de l’association Annassir, Abderrahim Mouhtad, est la suivante : “Cela fait huit mois que les quatre détenus attendent l’autorisation du Parquet pour convoler en justes noces”. Ce délai, inhabituellement long, serait lié au la crispation qui marque désormais les rapports entre les autorités et les détenus islamistes, devenue palpable depuis les derniers attentats kamikazes de Casablanca.


Arrestations du 1er mai. Amnesty s’en mêle

Dans un communiqué diffusé en début de semaine, Amnesty International a demandé “la libération immédiate” des sept membres de l’AMDH, condamnés à Agadir et Ksar El Kébir (à des peine de 2 à 3 ans de prison), pour avoir scandé des slogans anti-monarchistes lors des manifestations du 1er mai. L’ONG estime que ces hommes sont “des prisonniers d’opinion, incarcérés uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques au cours desquelles des opinions ont été exprimées de manière non violente”. Une journée de “solidarité” devait avoir lieu le 15 juin, dans plusieurs villes du royaume, à l’appel d’un groupe d’ONG (AMDH, OMDH, Attac…).


Social. Le roi et les flics

L’idylle entre Mohammed VI et la police semble se poursuivre. Depuis les attentats terroristes qui ont frappé dernièrement Casablanca, le souverain a multiplié les gestes d’attention à leur égard. Il a d’abord octroyé des primes aux policiers blessés et une augmentation de leur rétribution pour les heures supplémentaires effectuées. Cette semaine, le monarque a fait un nouveau geste en direction des policiers. Dans une lettre adressée aux patrons de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et de la Direction de la surveillance du territoire (DST), le roi a donné ses instructions pour faire bénéficier les membres des forces de l’ordre de logements décents.


Affaire Majidi. Le PJD attaque

Le PJD est le seul parti politique à avoir interpellé le ministre Ahmed Taoufiq sur l’affaire de la cession d’un terrain des Habous au secrétaire particulier du roi, Mounir Majidi. Une question a été envoyée au ministre le 6 juin dernier. Légalement, le gouvernement à un délai de 20 jours pour y répondre. Le fera t-il ? Le parti avait déjà envoyé une question écrite au même ministre et sur la même affaire le 25 janvier dernier, sans suite. Pour rappel, Majidi a acheté un terrain de 4,5 ha à 50 DH le m2, alors qu’il en coûte rééllement… 4500 ! “Tout cela, c’est de la surenchère !”, tempête un proche du ministre Taoufik, qui assure que le terrain en question a été vendu à la valeur foncière réelle de la région. “Nous ne sommes pas à Hay Riyad ou Anfa ! À Taroudant, des terrains similaires ont été vendus à 46 DH le mètre carré pour les grandes parcelles. Quant aux petites parcelles, le plafond de la vente ne dépasse guère les 150 DH”. Nous avons vérifié, c’est totalement faux.


Prénoms amazighs. Indésirables !

La dernière interdiction d’un prénom amazigh a eu lieu dans la localité de Béni Tjit, à côté de Figuig, où un heureux papa s’est vu refuser le prénom de Sifaw pour son fils. “Les autorités locales ont prétexté que ce prénom est interdit à Rabat”, explique Ahmed Arehmouche du Réseau amazigh pour la Citoyenneté. Ce dernier a envoyé des lettres de protestation aux ministres de la Justice et de l’Intérieur, ainsi qu’au premier ministre. Visiblement, c’est la seule manière pour espérer avoir gain de cause. Il y a un mois, le même réseau a dû saisir les mêmes ministres pour pouvoir autoriser l’enregistrement du prénom Anir à un habitant de Hay Riyad à Rabat.


Vocation. Nadia Yassine, poétesse

Nadia Yassine, la fille du leader spirituel d’Al Adl Wal Ihssane, s’est découvert une passion pour les vers. La dernière œuvre poétique de la pasionaria de l’islamiste marocain, parue sur la page d’accueil de son site Internet officiel (nadiayassine.net), est dédiée à son fils. Intitulé “Mon petit ciel, mon petit fils”, le poème est une suite attendrissante de vers, dévoilant tout l’amour que porte la maman à son chérubin. Morceaux choisis : “Rayon de lune et de soleil / Il repose des moments tragiques / Il est mon si doux fruit vermeil / Mon si sucré, mon magnifique”. Au fait, qu’en pense le grand-père du fruit vermeil ?


2M. Sitaïl enfin ?

Il y a du changement dans l’air à Aïn Sebaâ. La rumeur – de plus en plus insistante- fait état d’une redistribution des rôles à la direction de 2M. On n’attendrait plus que la fin de la saison 2007 de Studio 2M (la finale est fixée pour le 28 juillet) pour annoncer les nouvelles nominations. C’est l’actuelle directrice de l’information, Samira Sitaïl, qui reste la favorite pour succéder à Mustapha Benali, plusieurs fois annoncé sur le départ. Rappelons que cet été sera également marqué par le lancement de 2M Musique, nouvelle arrivante dans le holding public SNRT, promise pour le mois d’août.


Sccop. Le PJD à Tel-Aviv ?

Mustapha Alaoui a failli être à l’origine d’une crise politique en direct à la télévision. Lors de la dernière édition de l’émission Hiwar, le présentateur fétiche de la première chaîne a tout simplement “accusé” les leaders du parti islamiste de s’être rendus en Israël. Si Saâdeddine El Othmani a su garder son calme pour nier en bloc “ce genre d’allégations”, d’autres leaders du parti (présents au sein du public) ont bruyamment manifesté leur mécontentement. Certains ont même laissé échapper des “menteur, Allah yenâl lli ma yehchem”. Le tout en direct sur la TVM. Que du bonheur !


Sahara. Crisis Group s'en mêle

Le think tank bruxellois International Crisis Group vient de publier deux études fouillées sur le Sahara occidental. Dans la première, Fouad Abdelmoumni estime que “le coût de ce conflit est tout simplement le non-développement du Maroc”. La deuxième partie, consacrée aux voies de sortie de crise, est très critique sur la gestion du dossier par les Nations Unies. Les auteurs préconisent l'abandon du processus d'autodétermination, aujourd'hui dans l'impasse, au profit d'une solution politique négociée par les parties concernées (Maroc, Polisario et Algérie). Le rapport suggère qu'en mettant la pression sur les acteurs du conflit, il est possible de forcer un compromis, ratifié ensuite par un référendum. Avis aux négociateurs du 18 juin.


Années de plomb. La caravane is back

Le 13 juillet prochain, le milieu droit-de-l’hommiste marocain (Forum vérité et justice, AMDH, OMDH, Amnesty Maroc…) organise “Une caravane de la vérité” de trois jours en direction, d’abord, du cimetière d’Agdz, où seraient enterrées de nombreuses victimes des années de plomb. Un sit-in est prévu, par ailleurs, en face du bagne de Tagounit, toujours dans la région, avant de se rendre à Zagora où aura lieu une veillée à la mémoire des victimes du passé. “Notre objectif est de pousser l’Etat à faire enfin toute la lumière sur les exactions commises dans ces deux centres secrets de détention (Agdz et Tagounit)” nous a expliqué l’un des organisateurs.



3 questions à Khalid Cherkaoui Semmouni
[Coordinateur général du COCASSE (Coalition contre les abus sexuels sur les enfants)]


L’ONG que vous dirigez s’apprête à présenter son rapport sur les abus sexuels au Maroc. Quelles en sont les conclusions ?
D’après les statistiques dont nous disposons, il est clair que le phénomène gagne en ampleur. La réaction du gouvernement, des partis politiques et de la société civile doit se faire au plus vite. Il faut commencer par durcir les lois en vigueur. Au Maroc, une personne condamnée pour abus et sévices sexuels écope au maximum de deux ans de prison, ce n’est pas normal. à l’étranger, les peines sont beaucoup plus lourdes.

Votre coalition ne comprend pas “Touche pas à mon enfant”, pourtant l’association la plus active dans ce domaine. Comment l’expliquez-vous ?
Pour la constitution de notre coalition, qui comprend aujourd’hui près d’une quarantaine d’associations, nous avons lancé un appel à l’association “Touche pas à mon enfant”, qui ne nous a pas répondu. Mais notre porte est toujours ouverte, “Touche pas à mon enfant”, comme d’autres ONG, peuvent se joindre à nous tout en gardant leur indépendance.

Les accointances que l’on vous prête avec les islamistes du PJD n’influencent-elles pas votre travail ?
Pas du tout ! Il faut savoir que j’ai démissionné du PJD il y a bien longtemps pour préserver mon indépendance. Je me définis avant tout comme un militant des droits humains. Tout le reste n’a aucune importance.


People. Généreux Gennaro

Après une saison couronnée par un titre de Champions League, le milieu défensif de l’AC Milan, Gennaro Gattuso, s’est rendu au Maroc pour un séjour de villégiature. Accompagné de sa femme et de ses enfants, le joueur milanais a séjourné une semaine durant à l’Amphitrite Palace, voisin du palais royal, qui donne sur la plage de Skhirat. Généreux sur le terrain, Gattuso n’a pas dérogé à son habitude. Après avoir piqué une tête, il a taquiné le ballon avec les footballeurs locaux avant de signer des autographes à tour de bras. L’international italien a quitté le Maroc en milieu de semaine. Gentil Gattuso, loin, très loin, de son image de méchant belliqueux sur les terrains de foot.


Trafic humain. Les Arabes mauvais élèves

Le Département d’Etat américain a bien encensé le Maroc dans son rapport annuel sur le trafic d’êtres humains dans le monde. Le document a classé le royaume dans le premier groupe des pays respectueux des règles de lutte contre ce fléau, dont sont victimes 800 000 personnes chaque année. Les autres pays arabes n’ont pas eu d’aussi bonnes notes. Huit d’entre eux figurent parmi les cancres : le Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Syrie et le Soudan. Les Américains se disent déçus par le triste bilan des pays du Proche-Orient, qui “ne manquent pas de ressources pour réaliser des progrès significatifs”. Les pays du Golfe sont épinglés pour les mauvais traitements infligés aux travailleurs étrangers, le rapport évoquant “le recrutement des travailleuses étrangères crédules, à qui on propose des emplois de secrétaires ou d'employées de maison et qui se retrouvent esclaves sexuelles ou domestiques en état de servitude”.


Yasmina Baddou. Et la volonté politique ?

“Les Etats-Unis rendent hommage à une militante marocaine en faveur des droits des enfants, Mme Yasmina Baddou (qui) s’est donné pour mission d’émanciper les femmes et de protéger les enfants de son pays”. C’est ainsi que le Bureau des programmes d'information internationale du Département d'Etat américain a décrit, cette semaine, la secrétaire d'État auprès du ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. Un seul bémol : commentant la persistance du travail des enfants au Maroc, Yasmina Baddou explique que pour éradiquer le phénomène, “il suffit simplement d'en avoir la volonté politique”. Question : avoir la “volonté politique” n’est-il pas, justement, la raison d’être d’une ministre politique ?


Benzekri. Le temps des hommages

Le 5 et 6 juillet prochains seront dédiés à la mémoire de l’ancien président du CCDH à l’occasion du 40ème jour de son décès. En effet, le 5 juillet, il sera procédé, comme le souhaitait le défunt, à la mise en place de nouvelles commissions au sein du Conseil et à la signature d’une convention avec l’Union Européenne. Le 6 juillet, une cérémonie de commémoration aura lieu au théâtre Mohammed V à Rabat avec plusieurs invités de marque, notamment les représentants des plus importantes associations internationales de défense de droits humains (Amnesty, FIDH, etc). Certains parmi ces derniers ont par ailleurs donné leur accord pour devenir membres de la Fondation Driss Benzekri, dont la création devrait être officialisée à l’occasion.


Clash. Le Parlement, un grand hammam !

Une bagarre a failli éclater au Parlement le 13 juin dernier à cause d’un accrochage entre les députés du PJD et le Haraki Driss Sentissi, qui présidait ce jour-là la séance plénière. Les amis d’El Othmani ont posé une question sur l’état d’avancement du projet du “tourisme responsable”, dénonçant “la multiplication des actes de dépravation qui portent atteinte à la réputation du Maroc”. N’ayant aucun interlocuteur gouvernemental en face, les parlementaires islamistes ont commenté leur propre question pendant trois minutes. Arrivé en retard, le ministre istiqlalien Saâd Alami a tenu à répondre quand même. Le président de la séance l’autorise à le faire. Les députés du PJD crient à la violation du règlement intérieur. “Vous êtes incapable de gérer une séance parlementaire !”, proteste un député PJD. “Arrêtez de faire votre campagne devant les caméras”, a rétorqué Sentissi.


Fédéralisme. Demain les Imazighen ?

Une coalition, regroupant l’organisation Tamaynut et la Confédération des associations amazighes du sud du Maroc (Tamount n iffus), organise du 4 au 5 juillet, un colloque national à Agadir. À l’ordre du jour, “débattre de la mise en place d’un système fédéral au Maroc, qui garantirait le partage des pouvoirs et des ressources au niveau local, ainsi que l’inscription du tamazight comme langue officielle dans la Constitution”, explique Mohamed Handaine, le président de Tamount n iffus. Succédant à la rencontre Agadir 1, qui avait posé les bases d’une charte relative aux revendications amazighes, celle d’Agadir 2 sera l’occasion d’actualiser et de ratifier cette charte.


Peine de mort. ça n’arrête pas !

Et un condamné à mort, un de plus ! La Chambre criminelle de Salé a condamné un Néerlandais d’origine marocaine pour “le meurtre prémédité” d’une femme à Utrecht en 2005. Recherché par la justice des Pays-Bas, l’homme a été arrêté par la police marocaine à Salé en 2006 à la suite d'un mandat d'arrêt international. “C’est la première fois que la justice marocaine prononce une condamnation à mort après la campagne internationale demandant l’abrogation par le Maroc de cette peine”, précise un cadre associatif. Cette condamnation fait planer des doutes sur la réelle volonté du Maroc d’annuler définitivement cette peine, pourtant gelée depuis 1994.


Mémoire. Driss Chraïbi, le film

Ahmed Maânouni vient de finaliser un documentaire dédié à l’écrivain Driss Chraïbi, mort en 2007. “Ce film repose sur mes propres conversations avec l’écrivain, en France, un an avant sa mort”, explique le réalisateur. Pour les besoins du film, co-produit avec 2M, Maânouni a notamment fait appel à Kacem Basfao, grand ami de Driss Chraïbi. Le résultat, d’après ceux qui ont pu le visionner, serait digne de la mémoire du grand Chraïbi : inspiré, frais, avec des propos durs mais justes. Une réussite de plus à mettre au crédit du réalisateur de “Transes” et “Alyam Alyam”.


Programme électoral. Les travaillistes ouvrent le bal

Le Parti travailliste sera le deuxième parti après l’USFP à dévoiler une partie de son programme électoral. Le parti de Abdelkrim Benatiq organise samedi 16 juin une rencontre réunissant une centaine de militants et d’observateurs, pour débattre des propositions économiques du Parti travailliste. “Nous présentons là un premier jet de notre programme économique et espérons avoir un retour de la part de nos militants et d’autres opérateurs économiques pour sortir avec des propositions concrètes et chiffrées. Pour ce premier rendez-vous, nous discuterons notamment d’emploi, d’agriculture, d’enseignement et de formation professionnelle”, explique Benatiq. Désormais, c’est Hammad Kessal, vice-président de la CGEM, qui pilote la commission économique du parti travailliste.


Campagne. MST sur les routes

Suite à une étude qui a démontré que la diffusion des MST, et principalement du sida, suivait les axes fréquentés par les transporteurs, l’ALCS s’est jointe à l’Institut Pasteur et à un géant du pétrole, pour mener un projet de prévention des maladies sexuellement transmissibles après de la population à risque que sont les routiers. Coût de l’opération : 1,5 millions de dirhams. La convention, donnant le coup d’envoi de ce projet qui s’étalera sur 25 mois, a été ratifiée entre les trois parties le 14 juin. “Nous agirons sur les axes routiers les plus fréquentés (Tiznit-Agadir-Casablanca-Tanger), plus particulièrement dans les stations-service, les aires de repos et autres lieux fréquentés par les routiers”, explique Hakima Himmich, la présidente de l’ALCS.


Lee Murray. La justice se tâte

Il faudra encore attendre pour savoir si Lee Murray, le présumé organisateur du plus important braquage de l’histoire de la Grande-Bretagne (avec un butin de 53 millions de livres), sera extradé ou non vers son pays d’adoption. Mercredi dernier, la Cour suprême, qui a été saisie de la question, a mis en délibéré sa décision. “La Cour n’a pas précisé quand elle rendra son jugement”, a indiqué à l’AFP son avocat Me Abdellah Belhmidi Aïssaoui, ajoutant que son client ne peut en aucun cas être extradé. “La loi interdit l’extradition des ressortissants marocains, quels que soient les crimes qu’ils ont commis”. Lee Murray est détenu à la prison de Salé.


Droits de l’homme. L’Amine est là

“Qui doit présenter des excuses : le roi ou le premier ministre ?”. La question continue de faire débat. Abdelhamid Amine, ancien président de l’AMDH, lui a même consacré un communiqué diffusé il y a une semaine. “Pour la défunte IER, c’est au premier ministre de présenter des excuses, pour une partie de mes camarades à l’AMDH aussi, mais pour moi, c’est au roi de présenter des excuses”, y écrit Amine, qui explique son point de vue de la manière suivante : “Le roi est le symbole suprême de la Oumma, il est le premier représentant de l’Etat”. Amine rappelle, dans le même texte, que “la responsabilité dans les violations des droits de l’homme incombe d’abord et avant tout à la monarchie”.


Visite. Son Excellence Ghosn

Les deux hommes posent, tout sourire, en Une du très officiel Le Matin, tels deux chefs d’Etat qui se connaissent de longue date. L’hôte que Mohammed VI reçoit ce jour-là au palais royal d’Agadir, n’est autre que Carlos Ghosn, grand patron du groupe Renault-Nissan. L’homme se serait-il décidé à installer la plus grande usine du constructeur automobile au Maroc ? Projette-t-il de délocaliser un circuit de Formule 1 à Khouribga ? Que nenni. La visite de Ghosn s’inscrit, peut-on lire en une du Matin, “dans le cadre de la relation excellente entre le Maroc et le constructeur automobile français”. Iwa bessaha a sidi !


Anelka. Un week-end à Marrakech

Comme prévu, aussitôt marié à Paris, le footballeur Nicolas Anelka et son épouse Barbara Tausia ont débarqué le jeudi 7 juin à Marrakech, où ils ont logé dans la somptueuse maison d'hôtes Palais Ghoul. Niché au cœur de la Palmeraie, ce luxueux établissement a hébergé une poignée de proches du nouveau couple, ainsi que certains de leurs célèbres amis, dont les footballeurs Thierry Henry et El Haji Diouf. L'ouverture des festivités a eu lieu le vendredi 8 juin, au Restaurant La Plage Rouge, qui a abrité une soirée décontractée en présence de quelque 300 invités. Plus officielle, la soirée du samedi a eu pour théâtre le cadre féerique de la Kasbah Agafay, un palace situé à une vingtaine de kilomètres de Marrakech, où les nouveaux mariés ont célébrés leur union sur fond de musique de DJ et de troupes folkloriques marocaines. Le programme a été bouclé le lendemain, au restaurant Le Yacout, l'une des meilleures tables de la ville ocre. Au revoir et merci.



Humeur. Malades ou bikheer

Karim Boukhari
k.boukhari@telquel.info

Un enfant calme est un enfant qui va mal. Un pays aussi. Gad El Maleh en a fait un gag : au Canada, c’est tellement calme, propre et silencieux que c’en est flippant. Dangereux. L’un de mes enseignants m’a appris qu’un bébé qui ne pleure pas a probablement un retard de croissance. Les psychiatres vous le diront : un schizophrène calme, “normal”, est un homme en pleine crise. C’est encore plus vrai à l’échelle d’un pays schizo. Le Maroc, notre Maroc, ne s’est jamais mieux porté qu’aujourd’hui, alors que sa stabilité (sécuritaire, politique, identitaire) n’a jamais été aussi ébranlée. Le péril islamiste et le risque terroriste sont même devenus, paradoxalement, un moyen d’expression, le cri poussé par un autre Maroc longtemps réduit au silence. Abdeslam Yassine ou Mustapha Ramid sont, dans leur genre, un signe de bonne santé pour notre pays schizo. Ils existent, ils s’agitent, et c’est tout à fait une bonne chose. Comme me le faisait remarquer, cynique, un grand buveur de lait : “Les pauvres en ont marre d’être pauvres, c’est formidable !”. Je suis d’accord. Quand un sit-in de diplômés chômeurs tourne à la bastonnade, on peut y voir un retour de la répression policière. Mais aussi l’expression d’un droit (tellement) humain : celui d’en avoir marre. Personnellement, j’ai passé toutes mes années au collège avec la crainte que l’un de mes “maîtres” ne me casse la gueule. Ne serait-ce que pour le fun (j’étais dans un collège mixte, alors…). Aujourd’hui, les gamins peuvent boycotter un prof et demander son remplacement. Ce petit vent d’insoumission, toute cette agitation, sont rassurants pour le grand corps malade qu’est notre beau pays. Les médecins diront : “Le malade réagit, pleure, s’agite, c’est bon signe pour son pronostic vital”. Longue vie à nos pleureuses, à nos excités du verbe, et à tous ceux qui nous empêchent de dormir tranquilles !



VITES !

Eh non ! L’Union de la gauche, représentée par le PSU, le PADS et le CNI ne pourra présenter des candidatures uniques, pour les élections de septembre 2007, que sur 75 % des circonscriptions du royaume. Pour le reste, ce sera du chacun pour soi, à l’image de Rabat-Océan, où le camarade Mohamed Sassi (PSU) affrontera le camarade Ahmed Benjelloun (PADS).


Parrainé par la Commission européenne au Liban, le prix Samir Kassir pour la liberté de la presse a été décerné, à Beyrouth au directeur de TelQuel Ahmed R. Benchemsi. Assassiné il y a deux ans, Samir Kassir était une figure du mouvement libanais du 14 mars, qui prône l’indépendance vis-à-vis de la Syrie.


Cette information à la Une, mardi dernier, de notre confrère l’Opinion : Abbas El Fassi a présidé le congrès constitutif… de l’Alliance des vétérinaires istiqlaliens. Et qu’est-ce qu’il a dit ? “Le rôle des cadres marocains est fondamental dans l’édification de la société démocratique et la réalisation du développement global”. Waou !


Pour sa 3ème édition, du 4 au 7 juillet, le Festival Timitar joue le tout communication et lance sa nouveauté : la newsletter (dont la périodicité n’est pas encore arrêtée). Une bonne nouvelle pour accompagner le menu 2007, avec ses Gilberto Gil, Tiken Jah Facoly, Manu Dibango et autres porte-parole altermondialistes.


Première dans un pays arabe : des universitaires, des avocats et des juristes viennent de constituer une Association pour la défense de la laïcité. Pour le collectif, “le couple Etat/religion (…) constitue un obstacle majeur à toute avancée vers une véritable citoyenneté”. ça se passe chez nos voisins tunisiens…


Sur le dernier classement de la FIFA, le Maroc a réalisé la meilleure progression, en passant du 47ème au 35ème rang mondial, devançant l’Egypte (39ème) et la Tunisie (45ème). De quoi booster les poulains de Fakhir, actuellement en déplacement au Malawi pour arracher leur qualification à la prochaine CAN.
 
 
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